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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 21:02

 

Moise

Ce dimanche, ce sera la 1ère lecture qui va retenir notre attention : cette rencontre de Moïse avec Dieu.

Et il me semble qu’il nous faut retrouver l’étonnement devant ce qui nous est dit dans ce texte que nous connaissons bien.

Retrouver l’étonnement parce que  l’habitude risque de nous voiler l’inouï de ce qui est révélé.

Retrouvons des oreilles neuves, retrouvons des yeux étonnés devant l’image de Dieu qui nous est présentée.

Quoi ! Un Dieu qui prend l’initiative de la rencontre alors que nous pensons d'abord à  l’effort de l’homme à la recherche de Dieu.

Ici c’est le contraire : Dieu qui va au devant, c’est Lui qui provoque la rencontre,  Dieu en quête  d’un dialogue ; Dieu rejoint cet homme Moïse au cœur même de ce qui fait son travail ; Dieu qui se découvre dans la banalité du travail quotidien et qui déclare ce lieu de la vie des hommes comme une terre sainte.

Quoi !  Un Dieu qui nous connaît par notre nom, un Dieu pour quelqu’un et pour chacun-e et qui nous appelle.

Etre appelé-e, c’est être attendu-e, espéré-e, reconnu-e.

Et surtout l’étonnement est à son comble quand nous découvrons que non seulement Dieu nous parle mais qu’Il a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, enfin un cœur pour souffrir de notre souffrance, enfin une volonté de nous délivrer : « J’ai vu la misère de mon peuple, j’ai entendu ses cris. »

Mais ce n’est pas encore fini… d’étonnement en étonnement :

Il nous est donné de voir un Dieu qui associe l’homme à Son projet, un Dieu qui ne  fait pas tout, tout seul : « Tu feras sortir mon peuple » dit-il à Moïse.

Un Dieu qui a voulu avoir besoin de nous pour que nous soyons la visibilité de Son cœur, de Ses mains, de Son amour.

Et puis encore et encore, ce dialogue de Moïse avec  Dieu. Etonnant ! Un Dieu avec qui on peut discuter, auquel on peut poser des questions, qui autorise un questionnement : « s’ils demandent quel est son nom, que leur répondrai-je ? »

Et Marie sera bien fille d’Israël dans cette dignité et liberté qu’elle aura apprise de son Dieu quand elle demandera à L’Annonciation : « comment cela se fera-t-il ? »

Laissons-nous bouleverser, étonner ! Aucune autre religion ne dit cela.

Et j’ai envie de dire : soyons fiers de notre foi, pas au sens d’un mérite de notre part mais d’une fierté d’admiration : qu’elle est belle notre foi, qu’il est beau notre Dieu. Notre beau et grand Dieu comme dit St Paul.

Soyons fiers pour nourrir en nous un vrai désir de dire ce Dieu auquel nous croyons, pour faire partager la joie de Le connaître et de L’aimer.

Soyons fiers et surtout restons dans l’étonnement, ne nous habituons jamais.

Mais j’ai aussi envie de dire laissons-nous bousculer par Dieu, bousculer par cette image que Dieu donne de Lui-même, cette image belle et bonne qu’Il révèle à nos cœurs étonnés.

Laissons-nous convertir parce que la conversion la plus urgente du Carême, c’est la guérison de nos fausses images de Dieu.

Et nous en avons un exemple qui est dénoncé dans l’Evangile de ce jour :

Croire qu’un massacre est une punition de Dieu!

Croire qu’une tour qui s’effondre en faisant 18 victimes est une punition de Dieu!

Vous savez cette fameuse expression : « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour qu’il m’arrive ce malheur ».

Image du dieu vengeur qui nous attend au coin de la rue pour nous punir et toutes les autres fausses images que nous traînons tous comme un fardeau et qui nous empêchent de nous abandonner dans la confiance comme un enfant dans les bras de ses parents, quand ceux-ci sont des parents aimants.

« Retire tes sandales » dit Dieu à Moïse.

Ces sandales à retirer, ce peut être pour nous, ces fausses images pour que nous puissions enfin nous approcher de la chaleur et de la lumière de ce Feu de l’amour de Dieu qui ne détruit rien ni jamais mais qui veut nous faire vivre en plénitude.

La conversion la plus urgente, la plus profonde, c’est la guérison de ces fausses images, car le péché a blessé notre intelligence de Dieu, a introduit son venin de suspicion.

C’est pourquoi nous avons tant besoin de nous laisser bousculer par Dieu, qu’Il vienne Lui-même contester nos fausses images. Il l’a fait, Il le fait par Sa Parole et Son Visage :

Parole de la 1ère Alliance comme ce texte de l’Exode.

Mais surtout Sa Parole et Son Visage qui est Jésus.

Notre prière dans ce temps de Carême peut se faire prière de reconnaissance et de gratitude :

« Merci Trinité toute sainte pour ce don de ce Visage révélé en Jésus, vérité sur Dieu que nous étions incapables d’imaginer ni d’espérer mais Visage  donné pour qu’enfin nos cœurs puissent contempler, adorer, aimer.

Beauté de Dieu qui seule peut nous combler. »

 

 

 

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 23:54

transfiguration.jpg

Evangile de Luc au chapitre 9 verset 28 à 36

 [28] Or il advint, environ huit jours après ces paroles, que, prenant avec lui Pierre, Jean et Jacques, il gravit la montagne pour prier.

[29] Et il advint, comme il priait, que l'aspect de son visage devint autre, et son vêtement, d'une blancheur fulgurante.

[30] Et voici que deux hommes s'entretenaient avec lui : c'étaient Moïse et Elie

[31] qui, apparus en gloire, parlaient de son départ, qu'il allait accomplir à Jérusalem.

[32] Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil. S'étant bien réveillés, ils virent sa gloire et les deux hommes qui se tenaient avec lui.

[33] Et il advint, comme ceux-ci se séparaient de lui, que Pierre dit à Jésus : "Maître, il est heureux que nous soyons ici ; faisons donc trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie" : il ne savait ce qu'il disait.

[34] Et pendant qu'il disait cela, survint une nuée qui les prenait sous son ombre et ils furent saisis de peur en entrant dans la nuée.

[35] Et une voix partit de la nuée, qui disait : "Celui-ci est mon Fils, l'Elu, écoutez-le."

[36] Et quand la voix eut retenti, Jésus se trouva seul. Pour eux, ils gardèrent le silence et ne rapportèrent rien à personne, en ces jours-là, de ce qu'ils avaient vu.

 

Le sens de cet Evangile est bien connu. Jésus vient d’annoncer à Ses disciples, Sa mort prochaine. Par la Transfiguration, il leur annonce Sa Résurrection. Il leur révèle aussi la gloire de Sa divinité.

Cet Evangile doit être lu avec tout son arrière-fond biblique.

Je vais seulement m’attarder sur trois points :

le sommeil des apôtres

la suggestion de Pierre concernant les trois tentes

la prière de Jésus

 

- Le premier concerne le sommeil des apôtres.

On nous dit : « Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil. »

Ce n’est pas de la fatigue, ni du sommeil de la nuit : c’est une expérience de Dieu.

Rappelez-vous la 1ère lecture de ce jour : «  un sommeil mystérieux s’empara d’Abraham ».

Le sommeil ici est expérience de l’homme que Dieu fait entrer dans Son mystère. Le sommeil qui est arrachement à soi-même, oubli de soi, abandon confiant. Sommeil, là où Dieu agit secrètement et où nous nous laissons faire par Dieu. C’est l’expérience de la nuit, ces nuits que nous connaissons tous, nuit de la foi, nuit où Dieu semble absent mais nuit où Dieu travaille en nous sans que nous en ayons conscience, nuit de purification pour habituer nos yeux à la lumière.

Passage par la nuit. Mais pour un réveil…comme les apôtres dont on nous dit que « se réveillant, ils virent  la gloire de Jésus »

 

- le deuxième concerne cette histoire de tentes, de la demande de Pierre d’en planter trois, le texte nous disant qu’il ne savait pas ce qu’il disait.

Cette tente, ce n’est pas une simple question de camping !

C’est la tente de la rencontre. Quand le peuple était dans le désert, il allait à la tente de la rencontre, lieu de la présence de Dieu.

Mais pourquoi donc Pierre ne sait-il pas ce qu’il dit ?

La réponse est dans la suite du texte. On nous dit :

La nuée les couvre de son ombre,( remarquez, c’est la même expression utilisée pour l’Annonciation.)

Une voix leur demande d’écouter Jésus, le Fils.

Ils ne voient plus que Jésus seul.

Il n’est pas question de planter trois tentes car il n’y a qu’une seule tente qui est la personne même de Jésus. La seule et unique tente, c’est le Christ dans la vérité de Son Humanité et de Sa Divinité.

Jésus seul : unique chemin, unique salut, unique lumière pour tous les temps et tous les peuples, unique pâque, unique passage de la mort à la plénitude de la vie.

Jésus, nouveau Moïse, nouvel Elie, nouvel Israël qui va accomplir un nouvel Exode, celui du passage de la mort à la résurrection.

Premier  né d’une multitude de frères, celui qui ouvre le passage pour que, à Sa Suite nous entrions dans la vie éternelle.

Avec le récit des tentations, nous savons que Sa Victoire est notre victoire.

Avec la Transfiguration, nous savons que Sa Résurrection est notre résurrection. Le Christ transformera, transfigurera nos pauvres corps à l’image de Son Corps glorieux (Ph 3/20).

Une victoire pour nous encore en germe, une résurrection encore en gestation mais bien réelle, déjà commencée et qui s’épanouira en vie éternelle. Nous sommes déjà citoyens des cieux comme nous l’assure St Paul dans la deuxième lecture, Nous sommes déjà ressuscités.

 

Cet Evangile est d’une immense richesse, je termine seulement par un dernier point :

Nous sommes dans St Luc, et St Luc, c’est l’Evangile de la prière. Matthieu et Marc ont aussi un récit de la Transfiguration. Luc est le seul à dire :

« Il alla sur la montagne pour prier.

Et pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre »

La prière, pour nous à la suite du Christ est une rencontre transfigurante.

C’est le lieu par excellence de la foi, puisqu’elle n’a de sens qu’en Dieu ; elle est le lieu de notre identité profonde, là où on s’affirme fils, fille du Père.

Prière de l’oreille, puisqu’il s’agit d’écouter Jésus comme le Père nous le demande : « écoutez –le » Et j’entends cette demande de Dieu, non comme un ordre mais comme une supplication, une prière de Dieu : «Je vous en prie, écoutez-Le ! » écoutez-Le pour vivre vraiment et pas à moitié !

Prière du regard aussi, qui est souvent une prière sans parole comme le paroissien du Curé d’Ars : « Dieu m’avise et je l’avise », prière d’admiration, d’étonnement, de gratitude, prière de simple présence dans la sécheresse mais qui attend le jour de voir Dieu, prière du veilleur qui est sûr que se lèvera l’aurore où je connaîtrai comme je suis connu, où j’aimerai comme je suis aimé.

Le jour où la Résurrection de Jésus, deviendra la nôtre en plénitude.

 

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 20:07

tentations-copie-1.jpg

 

 

Dans l’Evangile de Luc au chapitre 4 verset 1 à 13

[1] Jésus, rempli d'Esprit Saint, revint du Jourdain et il était mené par l'Esprit à travers le désert

[2] durant 40 jours, tenté par le diable. Il ne mangea rien en ces jours-là et, quand ils furent écoulés, il eut faim.

[3] Le diable lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, dis à cette pierre qu'elle devienne du pain."

[4] Et Jésus lui répondit : "Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme."

[5] L'emmenant plus haut, le diable lui montra en un instant tous les royaumes de l'univers

[6] et lui dit : "Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car elle m'a été livrée, et je la donne à qui je veux.

[7] Toi donc, si tu te prosternes devant moi, elle t'appartiendra tout entière."

[8] Et Jésus lui dit : "Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et à lui seul tu rendras un culte."

[9] Puis il le mena à Jérusalem, le plaça sur le pinacle du Temple et lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d'ici en bas ;

[10] car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, afin qu'ils te gardent.

[11] Et encore : Sur leurs mains, ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre."

[12] Mais Jésus lui répondit : "Il est dit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu."

[13] Ayant ainsi épuisé toute tentation, le diable s'éloigna de lui jusqu'au moment favorable.

L’Evangile  que nous venons d’entendre, on l’appelle habituellement le récit des Tentations de Jésus.

J’ai envie de l’appeler autrement : l’Evangile de la Victoire de Jésus.

Là où dans le désert, le peuple hébreu avait succombé, Jésus, lui, sort vainqueur.

Cela me semble intéressant de commencer notre Carême par la contemplation d’une victoire : Jésus victorieux.

Cela me semble intéressant parce que nous avons besoin de cette victoire, besoin de comprendre que Jésus a su vaincre le mal, que le mal s’est comme brisé sur Sa Personne.

Toute la vie du Christ est une victoire sur le mal, toute Sa vie est un non à la mort, au mensonge, à l’idolâtrie, à la haine, au péché.

Toute la vie du Christ est un oui à la vie, oui à Dieu, oui à la vérité, à la justice, à la bonté, au pardon.

Toute Sa vie est une victoire et la Croix, dans cette perspective, est la victoire absolue, puisqu’elle est victoire de l’amour et du pardon qui vont jusqu’au bout.

Cette victoire nous révèle quelque chose d’inouï : Dieu nous a donné son Fils pour que nos vies, notre humanité, notre Histoire trouvent en Lui, la source du salut.

Sauvées en Lui, définitivement, parce que Dieu est plus grand que notre mal, parce que Dieu est plus fort que notre péché.

En nous donnant son Fils, Dieu a introduit dans notre monde, pour tous les temps, pour aujourd’hui, pour hier et pour demain, la semence de Sa victoire.

Oui, nous avons besoin de regarder cette victoire, car dans nos vies qui sont toutes marquées d’une manière ou d’une autre par une souffrance, un échec, une faute, il nous est bon de regarder cette victoire du Christ, gage de cette victoire définitive qui nous est promise et semence qui travaille le monde à la manière d’un ferment.

Sa victoire qui est notre victoire.

 

C’est pourquoi, après la victoire, je vous invite à regarder où Jésus a remporté cette victoire.

Il l’a remportée dans un désert, c’est à dire qu’Il nous a rejoints dans le désert de nos vies, jusqu’à ce qu’il peut y avoir de désertique dans nos vies.

Il vient donner la vie, Sa vie par Sa présence, faire jaillir la source d’eau vive qu’est Son amour.

Pour que cet Evangile fasse son œuvre en nous, cela suppose de regarder Jésus :

Dieu fait homme, lumière du monde, chemin, vérité, venu pour nous donner une vie qui ressemble à La Sienne, nous partager Sa lumière.

Il est au désert de notre monde, de nos vies et Il l’habite de Sa présence.

Alors, puisqu’Il est venu pour habiter de Sa présence le désert de nos vies, cela veut dire cette chose capitale :

Il est là, avec nous, à côté de nous, d’une présence définitive. Il a fait tout le chemin pour nous rejoindre et nous rejoindre  jusque dans les recoins les plus désertiques de nos vies.

S’Il a fait tout le chemin, Il est là présent, alors que nous reste-t-il à faire ?

La seule chose à faire, c’est d’y croire et de me laisser aimer par Lui.

Ce temps du Carême, un temps privilégié pour croire que Dieu est là, compagnon de ma vie, l’ami par excellence qui ne me lâchera jamais la main.

Ce temps de Carême, un temps privilégié pour m’offrir à Son amour, me laisser aimer par Lui au cœur même des déserts de ma vie.

Chacun de nous a ses déserts…Ce sont nos pauvretés, nos fragilités, nos blessures, nos souffrances, nos choix tordus, nos cœurs étriqués…Et même notre péché !

Nous laisser aimer au cœur même de nos pauvretés, au cœur même de notre péché. Accepter Sa présence au cœur même de notre misère.

Ce n’est pas facile, car notre réaction spontanée c’est de croire que nous serons dignes de Dieu quand nous serons impeccables.

Non, Dieu nous veut tout de suite et Il nous prend dans Ses bras, avec notre boue, et nous embrasse tendrement.

Jésus vient dans nos déserts pour les habiter de Sa présence :

Une pauvreté habitée par Sa présence est toujours une pauvreté mais cela devient un lieu de rencontre avec l’Amour qui est Dieu, un lieu où je laisse Dieu m’aimer tel(le) que je suis, un lieu d’ouverture à la Grâce, une brèche où Dieu peut enfin laisser couler Sa vie.

Nous entrons dans cette 1ère semaine de Carême, une semaine devant nous pour :

Croire que Dieu est présent au cœur de nos déserts,

Le laisser m’aimer au cœur même de ce qui cloche dans ma vie.

Voilà notre lieu de conversion, une attitude qui va permettre à Dieu d’agir et de faire du neuf dans nos vies.

Pour cela, il nous donne trois  Paroles :

« l’homme vivra de la Parole de Dieu » :

*appel à écouter Dieu :

-  « tu adoreras le Seigneur ton Dieu et c’est à Lui seul que tu rendras un culte » :

*appel à la préférence pour Dieu :

- « tu ne mettras pas à l’épreuve, le Seigneur ton Dieu » :

*appel à la confiance en Dieu.

 

Ces trois paroles sont le secret de la victoire du Christ pendant ces 40 jours au désert et durant toute Sa vie.

Ce sont les paroles de notre victoire et de notre bonheur.

 

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 21:45

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Dans l'Evangile de Luc chapitre 3 verset 15-16 et 21-22

 

[15] Comme le peuple était dans l'attente et que tous se demandaient en leur cœur, au sujet de Jean, s'il n'était pas le Christ,

[16] Jean prit la parole et leur dit à tous : "Pour moi, je vous baptise avec de l'eau, mais vient le plus fort que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales ; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu.

 [21] Or il advint, une fois que tout le peuple eut été baptisé et au moment où Jésus, baptisé lui aussi, se trouvait en prière, que le ciel s'ouvrit,

[22] et l'Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix partit du ciel : "Tu es mon fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré."

 

Nous venons d'entendre ce récit. Mais cela ne suffit pas. Il mérite d'être écouté et contemplé pour qu'il fasse une œuvre de vie en nous, qu'il transforme quelque chose en nous.

 

Regardons Jésus

Il était au milieu de la foule. Il attendait son tour.

Le regarder attendant comme tout le monde sans privilège.

Un homme au milieu d'autres.

Regarder Jésus qui est rentré dans l'eau jusqu'au cou, entièrement enseveli par l'eau. Quel est le sens de cet acte du Christ ?

Il n'avait aucun besoin de ce baptême de Jean qui était un rite de purification des péchés. Non. Cette plongée dans l'eau est à l'image de Son Incarnation.

Dieu Très-Haut qui se fait Très-Bas pour nous rejoindre.

Il n'a pas besoin de baptême, mais rentrant dans l'eau, Il sanctifie toute la matière de nos vies. Il rend saint le plus quotidien de nos vies.

Laissons-nous étonner par ce que nous voyons : le Très-Haut qui se fait Très-Bas, l'humilité du Verbe qui s'est fait l'un de nous sans revendiquer aucun privilège. « Lui de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu... » Ph2/6

 

Regardons Jésus qui prie.

Luc est le seul comme à son habitude à mentionner la prière de Jésus. Il nous met devant le mystère de la prière de Jésus.

Un mystère qui s'éclaire un peu si l'on comprend que prier n'est pas seulement demander. Prier, c'est écouter, contempler. Jésus écoute le Père et l'Esprit. Il écoute la vie trinitaire en Lui au coeur même de Son humanité.

Sa prière est donc sa présence à son être même.

A notre petite mesure il en va un peu de même pour nous.

Persévérons dans cette prière qui est descente dans notre coeur profond là où demeure la Trinité pour écouter et contempler Dieu présent à l'intime de nous.

 

Ecoutons ce qui nous est dit : « Alors le ciel s'ouvrit »

Les juifs ne prononcent pas le nom de Dieu. Ils le remplacent par d'autres mots comme celui-ci : le ciel

S'ouvre le ciel cela veut donc dire Dieu s'ouvre.

Dieu s'ouvre comme une porte qui s'ouvre et donne accès, permet d'entrer.

Il est de toujours à toujours ouverture puisqu'Il est amour mais ici l'ouverture est portée à son achèvement de révélation.

Révélation trinitaire du Père comme source de vie, de l'Esprit comme souffle de vie, du Fils comme parole de vie.

La porte est donc ouverte, c'est une invitation à entrer.

Resterons-nous à la porte ?

Ou alors, accepterons-nous cet accès à Dieu, offert, gratuit, sans conditions, pour tout homme, toute femme, chacun, chacune de nous ?

 

Entendre ce que Jésus entend.

«C'est toi mon fils. Moi aujourd'hui, Je t'ai engendré »

Il faut bien comprendre cette phrase. Dieu prononce cette phrase de toute éternité. Nous le rappelons dans le Credo de Nicée-Constantinople :  «  engendré, non pas créé ». Ce n'est pas un aujourd'hui temporel mais un aujourd'hui éternel, sans commencement ni fin. C'est l'identité du Christ qui se dit là.

Mais c'est aussi la nôtre. Nous sommes filles et fils avec le Fils. Il est l’aîné d'une multitude de frères et de sœurs.

Avec Lui, par Lui, nous avons mission d'être les célébrants de Son amour ; mission d'écouter Sa parole pour pouvoir en témoigner par nos actes, nos paroles et dire partout les merveilles de Dieu ; mission d’être au monde justice de Dieu et œuvrer à un monde selon le cœur de Dieu.

 

Pour cela, pour faire cela, pour être cela, entrons dans le don qu'Il fait de Lui à chaque Eucharistie : Il S'est livré, entrons avec Lui dans Son offrande.

 

 

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 22:54

 Dans l’Evangile selon Luc au chapitre 2 verset 1 à 20

 

[1] Or, en ce temps-là, parut un décret de César Auguste pour faire recenser le monde entier.

[2] Ce premier recensement eut lieu à l'époque où Quirinius était gouverneur de Syrie.

[3] Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa propre ville ;

[4] Joseph aussi monta de la ville de Nazareth en Galilée à la ville de David qui s'appelle Bethléem en Judée, parce qu'il était de la famille et de la descendance de David,

[5] pour se faire recenser avec Marie son épouse, qui était enceinte.

[6] Or, pendant qu'ils étaient là, le jour où elle devait accoucher arriva ;

[7] elle accoucha de son fils premier-né, l'emmaillota et le déposa dans une mangeoire, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans la salle d'hôtes.

[8] Il y avait dans le même pays des bergers qui vivaient aux champs et montaient la garde pendant la nuit auprès de leur troupeau.

[9] Un ange du Seigneur se présenta devant eux, la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière et ils furent saisis d'une grande crainte.

[10] L'ange leur dit : " Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :

[11] Il vous est né aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur ;

[12] et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. "

[13] Tout à coup il y eut avec l'ange l'armée céleste en masse qui chantait les louanges de Dieu et disait :

[14] " Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien-aimés. "

[15] Or, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, les bergers se dirent entre eux : " Allons donc jusqu'à Bethléem et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. "

[16] Ils y allèrent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la mangeoire.

[17] Après avoir vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant.

[18] Et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers.

[19] Quant à Marie, elle retenait tous ces événements en en cherchant le sens.

[20] Puis les bergers s'en retournèrent, chantant la gloire et les louanges de Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, en accord avec ce qui leur avait été annoncé.

 

« Elle mit au monde son fils premier-né » verset 6.

Regarder cette mise au monde. Ne pas hésiter à la regarder dans le plus concret. Regarder cet enfant qui est mis au monde et ce que notre foi nous en dit : Verbe fait chair, Dieu mis au monde. Nous laisser étonner. Dieu qui vient à naître, Dieu qui vient au monde. Sentir que cela bouleverse nos images de Dieu. Cela dit du neuf en Dieu, du jaillissement, de la nouveauté, du mouvement. Alors que nous voyons souvent Dieu du côté de l’immobilité. Verbe dans la fragilité d’un enfant. Il peut donc y avoir de la fragilité en Dieu, de la petitesse alors que nous le voyons du côté de la puissance et de la grandeur. Ici, un enfant qui peut pleurer, qui a faim, qui boit le lait du sein de sa mère. Se laisser toucher par ça. Et peut-être sentir nos résistances à accueillir ce que Dieu donne à voir de Lui dans Sa fragilité.

« Elle l’enveloppa de langes » v 6.

Regarder comme Marie prend soin de Lui. Et oser nous aussi prendre soin de Lui. Pourquoi ne pas demander à Marie de nous permettre de le prendre dans nos bras ? Si nous le faisons, il nous sera peut-être donné de vivre plus profondément que Dieu a besoin de nous, de nos soins, de notre attention. Cela aussi peut bousculer nos images. Habitués-es à vouloir que Dieu prenne soin de nous, ici, Le voir qui a besoin de nous et prendre soin de Lui. C’est peut-être entrer dans une vie spirituelle adulte qui donne et se donne après avoir beaucoup reçu.

« Couché dans une mangeoire »  v 6 ;12 ;16.

Etonnant cette insistance pour dire 3 fois qu’il est mis dans une mangeoire. C’est un endroit où l’on met la nourriture pour les animaux. Jésus dira un jour : « Prenez et mangez ceci est mon corps livré pour vous » Ce corps est déjà là à la crèche, pour être nourriture de vie. Aller de la Crèche à la Cène, de la Cène à la Crèche pour y voir Dieu qui se donne. Recevoir et donner dans le va et vient d’une véritable amitié.

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 18:41

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Dans l’Evangile de Matthieu au chapitre 9 verset 9 à 13

[9] Etant sorti, Jésus vit, en passant, un homme assis au bureau de la douane, appelé Matthieu, et il lui dit : "Suis-moi !" Et, se levant, il le suivit.

[10] Comme il était à table dans la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent se mettre à table avec Jésus et ses disciples.

[11] Ce qu'ayant vu, les Pharisiens disaient à ses disciples : "Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ?"

[12] Mais lui, qui avait entendu, dit : "Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades.

[13] Allez donc apprendre ce que signifie : C'est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs."

 

Pour bien comprendre l’attitude de Jésus vis à vis des pécheurs, il faut savoir que Jésus vit dans une société qui pense qu’il y a des justes et des pécheurs. Les justes (ou plutôt ceux qui se croient justes) sont ceux qui peuvent respecter toutes les prescriptions juridiques de la loi religieuse (respect du sabbat, des règles de puretés etc…) . Beaucoup ne le peuvent pas à cause de leur condition sociale, et de leur travail qui les empêchent d’observer tout cela.

Quand Jésus dit : « Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs » c’est ces pécheurs-là dont Il parle : Il est venu pour ceux qu’une loi religieuse a exclus de l’accès à Dieu et donc qui se croient exclus ! Il vient leur dire : non, vous n’êtes pas exclus, Dieu vous aime.

.Il vient donc dire à ceux qui se croient justes par ce qu’ils sont en règle avec des lois religieuses : vous êtes pécheurs. Et à ceux que la loi religieuse déclare pécheurs : vous êtes aimés de Dieu.

Mais Il vient surtout dire à tous que la racine du péché, c’est le manque d’amour. Et là, tous sont pécheurs. Il vient dire à tous que le Dieu de miséricorde est comme un berger en quête de sa brebis perdue, comme une femme à la recherche d’un trésor perdu, comme un père dans l’attente de son fils perdu.

Il n’y a donc pour Jésus qu’une seule loi, celle de l’amour.

Amour et miséricorde permettent de comprendre le comportement de Jésus et l’étonnement qu’Il a pu susciter. Il veut manger chez un collecteur d’impôts, appelle l’un d’eux, sans poser aucune condition. Il dira explicitement ce qu’Il veut : « C’est la miséricorde que Je désire » Considérerons donc l’homme que Jésus appelle. C’est un voleur mais Il ne lui demande pas de changer pour pouvoir ensuite l’appeler. Il ne met pas de condition préalable à l’appel. Il l’appelle au cœur même de sa situation de voleur.

Regardons Lévi qui offre un repas à Jésus. Mais quel est le sens symbolique de ce repas ? C’est l’offrande de la misère de sa vie vide de sens. La première chose que Jésus attend de nous c’est que nous lui fassions l’offrande de nos pauvretés pour Lui donner la liberté de nous combler.

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 23:10

Dans l’Evangile selon St Matthieu au chapitre 20 verset 17 à 29

 

[17] Devant monter à Jérusalem, Jésus prit avec lui les Douze en particulier et leur dit pendant la route :

[18] "Voici que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort

[19] et le livreront aux païens pour être bafoué, flagellé et mis en croix ; et le troisième jour, il ressuscitera."

[20] Alors la mère des fils de Zébédée s'approcha de lui, avec ses fils, et se prosterna pour lui demander quelque chose.

[21] "Que veux-tu ?" Lui dit-il. Elle lui dit : "Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton Royaume."

[22] Jésus répondit : "Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ?" Ils lui disent : "Nous le pouvons" -

[23] "Soit, leur dit-il, vous boirez ma coupe ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, il ne m'appartient pas d'accorder cela, mais c'est pour ceux à qui mon Père l'a destiné."

[24] Les dix autres, qui avaient entendu, s'indignèrent contre les deux frères.

[25] Les ayant appelés près de lui, Jésus dit : "Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir.

[26] Il n'en doit pas être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur,

[27] et celui qui voudra être le premier d'entre vous, sera votre esclave.

[28] C'est ainsi que le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude."

[29] Comme ils sortaient de Jéricho, une foule nombreuse le suivit.

 

« Accorde-nous de siéger dans Ta gloire » demandent les fils de Zébédée. De quelle gloire s’agit-il ?

Cela n’a rien à voir avec la renommée, le bruit qu’on peut faire autour d’un nom célèbre, la réussite, le prestige, les honneurs.

Dans la Bible, cela veut dire la richesse de l’être, sa plénitude, sa densité d’existence, son poids.

Puisque Dieu est amour et qu’Il n’est que cela, la gloire de Dieu, c’est Son poids d’amour.

La demande de Jacques et de Jean peut donc être prise positivement : siéger, habiter Sa gloire, c’est nous enraciner dans l’amour, c’est une demande d’intimité, de proximité, être au plus près possible. C’est pourquoi Jésus ne fait aucun reproche. Il sait discerner, je dirais, faire du tri dans cette demande, Il sait y voir ce qu’il y a de bon : ce désir de proximité et ce qui demande à être purifié : il n’y a pas de fauteuil dans le Royaume de l’amour. Fauteuil au sens de privilège, hiérarchie, préséance, place d’honneur. Il accueille leur désir et va le purifier. Pas de fauteuil mais une coupe à boire et être plongé dans un baptême.

Sa réponse est une manière de dire : Vous avez raison de vouloir être associés à ma gloire, au sens fort de ce poids d’amour. Mais cela doit être un amour qui ne triche pas. Un vrai amour, donc humble et souffrant, car aimer amène forcément de la souffrance.

Pouvez-vous être avec moi autant dans la souffrance que dans la joie ? Pouvez-vous me suivre autant au jour de la Passion qu’aux jours de la Résurrection ? Boire à la coupe et être plongé dans son baptême, c’est  se faire serviteur, renoncer aux formes diverses de domination. Sentons l’ambition que le Christ a pour nous dans cet enseignement sur le service. Il s’agit, oui de devenir grand, oui d’être le premier. Et cette ambition est celle des saints, des saintes : être premier-e dans le don.

 

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 23:24

« Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu le Père, et la communion de l’Esprit-Saint soient avec vous tous ».

2 Co13/13 


Bienheureux sommes-nous de pouvoir nous situer devant l’Amour qui est Dieu.

Amour,  donc pas Dieu solitaire.

Amour,  donc Dieu qui est relation en Lui-même, car pour aimer il faut qu’il y ait de l’altérité, de la différence.

Il y a Dieu source de l’amour et c’est le Père.

Il y a Dieu parole de l’amour et c’est le Fils.

Il y a Dieu souffle vivifiant de l’amour et c’est l’Esprit.

Dieu-Trinité de la foi chrétienne est donc communication d’amour en elle-même.

En Elle-même mais aussi pour nous et tournée vers nous.

Aucune inégalité en Elle-même, pas de supérieur et d’inférieur, une parfaite égalité.

Un infini et divin respect de l’altérité, sans confusion ni séparation.

Une relation faite de don et d’accueil du don dans la réciprocité.

Dieu-Trinité nous façonne à Son image et nous invite à vivre entre nous, ce qu’Elle vit en elle-même donc nous invitant à nouer entre nous le même type de relation faite d’égalité, de respect, de réciprocité.

La Trinité dit notre vocation : une existence fraternelle, sororelle.

Car il y a un lien fort entre la manière de vivre entre nous et la vie trinitaire. L’amitié entre nous est à l’image de l’amitié trinitaire.

De ce fait les affirmations de la foi ne nous laissent pas tranquilles. Confesser Dieu Trinité d’amour, s’est s’engager à une vie qui promeut l’égalité, l’amitié, le respect, la réciprocité pour chacun, chacune.

C’est une grâce à désirer et à demander que pour notre foi s’incarne davantage dans nos vies.

 .

 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 00:22

Dans le livre du prophète Osée au chapitre 11verset 1 à 8

 

 [1] Quand Israël était jeune, je l'aimai, et d'Egypte j'appelai mon fils.

[2] Mais plus je les appelais, plus ils s'écartaient de moi ; aux Baals ils sacrifiaient, aux idoles ils brûlaient de l'encens.

[3] Et moi j'avais appris à marcher à Ephraïm, je le prenais par les bras, et ils n'ont pas compris que je prenais soin d'eux !

[4] Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d'amour ; j'étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson tout contre leur joue, je m'inclinais vers lui et le faisais manger.

[5] Il ne reviendra pas au pays d'Egypte, mais Assur sera son roi. Puisqu'il a refusé de revenir à moi,

[6] l'épée sévira dans ses villes, elle anéantira ses verrous, elle dévorera à cause de leurs desseins.

[7] Mon peuple est cramponné à son infidélité. On les appelle en haut, pas un qui se relève !

[8] Comment t'abandonnerais-je, Ephraïm, te livrerais-je, Israël ? Comment te traiterais-je comme Adma, te rendrais-je semblable à Ceboyim ? Mon cœur en moi est bouleversé, toutes mes entrailles frémissent.

Ce texte commence par une déclaration d’amour : « Je l’ai aimé ». C’est un rappel de libération : « D’Egypte, J’ai appelé mon fils », c’est à dire que Je l’ai libéré de l’esclavage d’Egypte.

 

Il nous offre une belle image maternelle de Dieu : Elle est  comme une mère qui élève ses enfants apprenant à marcher, prenant dans ses bras, prenant  soin d’eux, menant avec des liens d’amour, posant contre sa joue, donnant à manger.

 

La suite est en complet contraste par la description de la réponse ingrate d’Israël. Ils se sont détournés, ils ont offert des sacrifices et rendu un culte à des idoles. Ils se sont endurcis dans l’idolâtrie qui consiste à adorer quelque chose qui n’est pas Dieu.

 

Il y a l’idole du pouvoir, de l’avoir auquel on sacrifie le reste au mépris des gens. C’est à la racine de la misère dans le monde, de la violence. Il y a l’idole du fanatisme, du racisme, du sexisme,  source d’injustice. Tout cela, c’est se détourner de Dieu, se détourner de l’Amour qui est Dieu. Cela « extermine, dévore », défigure ce que Dieu a voulu.

 

Devant cela Dieu pousse un cri« Comment pourrais-Je t’abandonner Israël ? »

Dieu nous dit là, qu’Il n’interviendra pas pour faire cesser cela. Mais qu’Il est avec nous pour  combattre ce qui est « malade » dans notre monde et pour bâtir un monde plus juste, un monde où seul l’Amour est premier. Amour des autres, du monde, de Dieu.

 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 23:42

Dans l’Evangile de Luc au chapitre 10 verset 38 à 42

[38] Comme ils faisaient route, il entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison.

[39] Celle-ci avait une sœur appelée Marie, qui, s'étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.

[40] Marthe, elle, était absorbée par les multiples soins du service. Intervenant, elle dit : "Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur me laisse servir toute seule ? Dis-lui donc de m'aider."

[41] Mais le Seigneur lui répondit : "Marthe, Marthe, tu te soucies et t'agites pour beaucoup de choses ;

[42] pourtant il en faut peu, une seule même. C'est Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée."

 

Cet épisode de Marthe et Marie a été « lu » comme symbolique de la vie contemplative (Marie) et de la vie active (Marthe). C’était une lecture justificatrice de la supériorité de l’une sur l’autre.  C’est un bon exemple d’interprétation qui se fourvoie faute de connaissance du contexte historique mais aussi d’aveuglement plus ou moins conscient qui favorise des intérêts.  Comment se fait-il que la situation scandaleuse décrite dans ce texte, pour la société où vivait Jésus n’a pas été perçu ? Le scandale, c’est qu’une femme  ne peut pas être disciple d’un maître, un rabbi. Etre assise au pied d’un maitre et l’écouter,  est la position du disciple. Marie la prend et Jésus approuve son choix qui est une transgression du rôle dévolu aux femmes. La meilleure part est donc, pour les femmes, d’être disciple, une part à laquelle Jésus les autorise, les appelle, auquel il leur reconnaît le droit d’aspirer. Il ne s’agit donc pas dans ce texte d’opposer l’écoute de Jésus au service de la maison. C’est un texte fort pour dire que les femmes de la même manière que les hommes, peuvent être disciples. Jésus prend position ainsi contre les discriminations dont étaient victimes les femmes sur ce point à son époque.

Contemplons donc cette scène en nous attachant à cette relation étonnante entre Jésus et Marie.

Regardons Jésus. Comprenons que le désir de Son cœur, c’est qu’on prête attention à ce qu’Il dit, qu’on L’écoute. C’est cela dont Il a besoin, dont Il a soif.

Regardons Marie qui Lui offre ce que désire Son cœur. Elle lui offre un cœur qui écoute « elle restait à écouter Sa parole ». Regardons-la désirant cette place de disciple que seul Jésus à l’audace de lui accorder. Regardons-la briser les limites qu’on lui impose.

Laissons-nous étonner par la transgression qu’Il opère, similaire à tant d’autres qu’Il a accomplies pour faire éclater tout ce qui limite, tout ce qui enferme, tout ce qui exclut.

 

 

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