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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 20:07

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Dans l’Evangile de Luc au chapitre 4 verset 1 à 13

[1] Jésus, rempli d'Esprit Saint, revint du Jourdain et il était mené par l'Esprit à travers le désert

[2] durant 40 jours, tenté par le diable. Il ne mangea rien en ces jours-là et, quand ils furent écoulés, il eut faim.

[3] Le diable lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, dis à cette pierre qu'elle devienne du pain."

[4] Et Jésus lui répondit : "Il est écrit : Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme."

[5] L'emmenant plus haut, le diable lui montra en un instant tous les royaumes de l'univers

[6] et lui dit : "Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car elle m'a été livrée, et je la donne à qui je veux.

[7] Toi donc, si tu te prosternes devant moi, elle t'appartiendra tout entière."

[8] Et Jésus lui dit : "Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et à lui seul tu rendras un culte."

[9] Puis il le mena à Jérusalem, le plaça sur le pinacle du Temple et lui dit : "Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d'ici en bas ;

[10] car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, afin qu'ils te gardent.

[11] Et encore : Sur leurs mains, ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre."

[12] Mais Jésus lui répondit : "Il est dit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu."

[13] Ayant ainsi épuisé toute tentation, le diable s'éloigna de lui jusqu'au moment favorable.

L’Evangile  que nous venons d’entendre, on l’appelle habituellement le récit des Tentations de Jésus.

J’ai envie de l’appeler autrement : l’Evangile de la Victoire de Jésus.

Là où dans le désert, le peuple hébreu avait succombé, Jésus, lui, sort vainqueur.

Cela me semble intéressant de commencer notre Carême par la contemplation d’une victoire : Jésus victorieux.

Cela me semble intéressant parce que nous avons besoin de cette victoire, besoin de comprendre que Jésus a su vaincre le mal, que le mal s’est comme brisé sur Sa Personne.

Toute la vie du Christ est une victoire sur le mal, toute Sa vie est un non à la mort, au mensonge, à l’idolâtrie, à la haine, au péché.

Toute la vie du Christ est un oui à la vie, oui à Dieu, oui à la vérité, à la justice, à la bonté, au pardon.

Toute Sa vie est une victoire et la Croix, dans cette perspective, est la victoire absolue, puisqu’elle est victoire de l’amour et du pardon qui vont jusqu’au bout.

Cette victoire nous révèle quelque chose d’inouï : Dieu nous a donné son Fils pour que nos vies, notre humanité, notre Histoire trouvent en Lui, la source du salut.

Sauvées en Lui, définitivement, parce que Dieu est plus grand que notre mal, parce que Dieu est plus fort que notre péché.

En nous donnant son Fils, Dieu a introduit dans notre monde, pour tous les temps, pour aujourd’hui, pour hier et pour demain, la semence de Sa victoire.

Oui, nous avons besoin de regarder cette victoire, car dans nos vies qui sont toutes marquées d’une manière ou d’une autre par une souffrance, un échec, une faute, il nous est bon de regarder cette victoire du Christ, gage de cette victoire définitive qui nous est promise et semence qui travaille le monde à la manière d’un ferment.

Sa victoire qui est notre victoire.

 

C’est pourquoi, après la victoire, je vous invite à regarder où Jésus a remporté cette victoire.

Il l’a remportée dans un désert, c’est à dire qu’Il nous a rejoints dans le désert de nos vies, jusqu’à ce qu’il peut y avoir de désertique dans nos vies.

Il vient donner la vie, Sa vie par Sa présence, faire jaillir la source d’eau vive qu’est Son amour.

Pour que cet Evangile fasse son œuvre en nous, cela suppose de regarder Jésus :

Dieu fait homme, lumière du monde, chemin, vérité, venu pour nous donner une vie qui ressemble à La Sienne, nous partager Sa lumière.

Il est au désert de notre monde, de nos vies et Il l’habite de Sa présence.

Alors, puisqu’Il est venu pour habiter de Sa présence le désert de nos vies, cela veut dire cette chose capitale :

Il est là, avec nous, à côté de nous, d’une présence définitive. Il a fait tout le chemin pour nous rejoindre et nous rejoindre  jusque dans les recoins les plus désertiques de nos vies.

S’Il a fait tout le chemin, Il est là présent, alors que nous reste-t-il à faire ?

La seule chose à faire, c’est d’y croire et de me laisser aimer par Lui.

Ce temps du Carême, un temps privilégié pour croire que Dieu est là, compagnon de ma vie, l’ami par excellence qui ne me lâchera jamais la main.

Ce temps de Carême, un temps privilégié pour m’offrir à Son amour, me laisser aimer par Lui au cœur même des déserts de ma vie.

Chacun de nous a ses déserts…Ce sont nos pauvretés, nos fragilités, nos blessures, nos souffrances, nos choix tordus, nos cœurs étriqués…Et même notre péché !

Nous laisser aimer au cœur même de nos pauvretés, au cœur même de notre péché. Accepter Sa présence au cœur même de notre misère.

Ce n’est pas facile, car notre réaction spontanée c’est de croire que nous serons dignes de Dieu quand nous serons impeccables.

Non, Dieu nous veut tout de suite et Il nous prend dans Ses bras, avec notre boue, et nous embrasse tendrement.

Jésus vient dans nos déserts pour les habiter de Sa présence :

Une pauvreté habitée par Sa présence est toujours une pauvreté mais cela devient un lieu de rencontre avec l’Amour qui est Dieu, un lieu où je laisse Dieu m’aimer tel(le) que je suis, un lieu d’ouverture à la Grâce, une brèche où Dieu peut enfin laisser couler Sa vie.

Nous entrons dans cette 1ère semaine de Carême, une semaine devant nous pour :

Croire que Dieu est présent au cœur de nos déserts,

Le laisser m’aimer au cœur même de ce qui cloche dans ma vie.

Voilà notre lieu de conversion, une attitude qui va permettre à Dieu d’agir et de faire du neuf dans nos vies.

Pour cela, il nous donne trois  Paroles :

« l’homme vivra de la Parole de Dieu » :

*appel à écouter Dieu :

-  « tu adoreras le Seigneur ton Dieu et c’est à Lui seul que tu rendras un culte » :

*appel à la préférence pour Dieu :

- « tu ne mettras pas à l’épreuve, le Seigneur ton Dieu » :

*appel à la confiance en Dieu.

 

Ces trois paroles sont le secret de la victoire du Christ pendant ces 40 jours au désert et durant toute Sa vie.

Ce sont les paroles de notre victoire et de notre bonheur.

 

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 21:45

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Dans l'Evangile de Luc chapitre 3 verset 15-16 et 21-22

 

[15] Comme le peuple était dans l'attente et que tous se demandaient en leur cœur, au sujet de Jean, s'il n'était pas le Christ,

[16] Jean prit la parole et leur dit à tous : "Pour moi, je vous baptise avec de l'eau, mais vient le plus fort que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales ; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu.

 [21] Or il advint, une fois que tout le peuple eut été baptisé et au moment où Jésus, baptisé lui aussi, se trouvait en prière, que le ciel s'ouvrit,

[22] et l'Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix partit du ciel : "Tu es mon fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré."

 

Nous venons d'entendre ce récit. Mais cela ne suffit pas. Il mérite d'être écouté et contemplé pour qu'il fasse une œuvre de vie en nous, qu'il transforme quelque chose en nous.

 

Regardons Jésus

Il était au milieu de la foule. Il attendait son tour.

Le regarder attendant comme tout le monde sans privilège.

Un homme au milieu d'autres.

Regarder Jésus qui est rentré dans l'eau jusqu'au cou, entièrement enseveli par l'eau. Quel est le sens de cet acte du Christ ?

Il n'avait aucun besoin de ce baptême de Jean qui était un rite de purification des péchés. Non. Cette plongée dans l'eau est à l'image de Son Incarnation.

Dieu Très-Haut qui se fait Très-Bas pour nous rejoindre.

Il n'a pas besoin de baptême, mais rentrant dans l'eau, Il sanctifie toute la matière de nos vies. Il rend saint le plus quotidien de nos vies.

Laissons-nous étonner par ce que nous voyons : le Très-Haut qui se fait Très-Bas, l'humilité du Verbe qui s'est fait l'un de nous sans revendiquer aucun privilège. « Lui de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu... » Ph2/6

 

Regardons Jésus qui prie.

Luc est le seul comme à son habitude à mentionner la prière de Jésus. Il nous met devant le mystère de la prière de Jésus.

Un mystère qui s'éclaire un peu si l'on comprend que prier n'est pas seulement demander. Prier, c'est écouter, contempler. Jésus écoute le Père et l'Esprit. Il écoute la vie trinitaire en Lui au coeur même de Son humanité.

Sa prière est donc sa présence à son être même.

A notre petite mesure il en va un peu de même pour nous.

Persévérons dans cette prière qui est descente dans notre coeur profond là où demeure la Trinité pour écouter et contempler Dieu présent à l'intime de nous.

 

Ecoutons ce qui nous est dit : « Alors le ciel s'ouvrit »

Les juifs ne prononcent pas le nom de Dieu. Ils le remplacent par d'autres mots comme celui-ci : le ciel

S'ouvre le ciel cela veut donc dire Dieu s'ouvre.

Dieu s'ouvre comme une porte qui s'ouvre et donne accès, permet d'entrer.

Il est de toujours à toujours ouverture puisqu'Il est amour mais ici l'ouverture est portée à son achèvement de révélation.

Révélation trinitaire du Père comme source de vie, de l'Esprit comme souffle de vie, du Fils comme parole de vie.

La porte est donc ouverte, c'est une invitation à entrer.

Resterons-nous à la porte ?

Ou alors, accepterons-nous cet accès à Dieu, offert, gratuit, sans conditions, pour tout homme, toute femme, chacun, chacune de nous ?

 

Entendre ce que Jésus entend.

«C'est toi mon fils. Moi aujourd'hui, Je t'ai engendré »

Il faut bien comprendre cette phrase. Dieu prononce cette phrase de toute éternité. Nous le rappelons dans le Credo de Nicée-Constantinople :  «  engendré, non pas créé ». Ce n'est pas un aujourd'hui temporel mais un aujourd'hui éternel, sans commencement ni fin. C'est l'identité du Christ qui se dit là.

Mais c'est aussi la nôtre. Nous sommes filles et fils avec le Fils. Il est l’aîné d'une multitude de frères et de sœurs.

Avec Lui, par Lui, nous avons mission d'être les célébrants de Son amour ; mission d'écouter Sa parole pour pouvoir en témoigner par nos actes, nos paroles et dire partout les merveilles de Dieu ; mission d’être au monde justice de Dieu et œuvrer à un monde selon le cœur de Dieu.

 

Pour cela, pour faire cela, pour être cela, entrons dans le don qu'Il fait de Lui à chaque Eucharistie : Il S'est livré, entrons avec Lui dans Son offrande.

 

 

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 22:54

 Dans l’Evangile selon Luc au chapitre 2 verset 1 à 20

 

[1] Or, en ce temps-là, parut un décret de César Auguste pour faire recenser le monde entier.

[2] Ce premier recensement eut lieu à l'époque où Quirinius était gouverneur de Syrie.

[3] Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa propre ville ;

[4] Joseph aussi monta de la ville de Nazareth en Galilée à la ville de David qui s'appelle Bethléem en Judée, parce qu'il était de la famille et de la descendance de David,

[5] pour se faire recenser avec Marie son épouse, qui était enceinte.

[6] Or, pendant qu'ils étaient là, le jour où elle devait accoucher arriva ;

[7] elle accoucha de son fils premier-né, l'emmaillota et le déposa dans une mangeoire, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans la salle d'hôtes.

[8] Il y avait dans le même pays des bergers qui vivaient aux champs et montaient la garde pendant la nuit auprès de leur troupeau.

[9] Un ange du Seigneur se présenta devant eux, la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière et ils furent saisis d'une grande crainte.

[10] L'ange leur dit : " Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :

[11] Il vous est né aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur ;

[12] et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. "

[13] Tout à coup il y eut avec l'ange l'armée céleste en masse qui chantait les louanges de Dieu et disait :

[14] " Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien-aimés. "

[15] Or, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, les bergers se dirent entre eux : " Allons donc jusqu'à Bethléem et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. "

[16] Ils y allèrent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la mangeoire.

[17] Après avoir vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant.

[18] Et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers.

[19] Quant à Marie, elle retenait tous ces événements en en cherchant le sens.

[20] Puis les bergers s'en retournèrent, chantant la gloire et les louanges de Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, en accord avec ce qui leur avait été annoncé.

 

« Elle mit au monde son fils premier-né » verset 6.

Regarder cette mise au monde. Ne pas hésiter à la regarder dans le plus concret. Regarder cet enfant qui est mis au monde et ce que notre foi nous en dit : Verbe fait chair, Dieu mis au monde. Nous laisser étonner. Dieu qui vient à naître, Dieu qui vient au monde. Sentir que cela bouleverse nos images de Dieu. Cela dit du neuf en Dieu, du jaillissement, de la nouveauté, du mouvement. Alors que nous voyons souvent Dieu du côté de l’immobilité. Verbe dans la fragilité d’un enfant. Il peut donc y avoir de la fragilité en Dieu, de la petitesse alors que nous le voyons du côté de la puissance et de la grandeur. Ici, un enfant qui peut pleurer, qui a faim, qui boit le lait du sein de sa mère. Se laisser toucher par ça. Et peut-être sentir nos résistances à accueillir ce que Dieu donne à voir de Lui dans Sa fragilité.

« Elle l’enveloppa de langes » v 6.

Regarder comme Marie prend soin de Lui. Et oser nous aussi prendre soin de Lui. Pourquoi ne pas demander à Marie de nous permettre de le prendre dans nos bras ? Si nous le faisons, il nous sera peut-être donné de vivre plus profondément que Dieu a besoin de nous, de nos soins, de notre attention. Cela aussi peut bousculer nos images. Habitués-es à vouloir que Dieu prenne soin de nous, ici, Le voir qui a besoin de nous et prendre soin de Lui. C’est peut-être entrer dans une vie spirituelle adulte qui donne et se donne après avoir beaucoup reçu.

« Couché dans une mangeoire »  v 6 ;12 ;16.

Etonnant cette insistance pour dire 3 fois qu’il est mis dans une mangeoire. C’est un endroit où l’on met la nourriture pour les animaux. Jésus dira un jour : « Prenez et mangez ceci est mon corps livré pour vous » Ce corps est déjà là à la crèche, pour être nourriture de vie. Aller de la Crèche à la Cène, de la Cène à la Crèche pour y voir Dieu qui se donne. Recevoir et donner dans le va et vient d’une véritable amitié.

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 18:41

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Dans l’Evangile de Matthieu au chapitre 9 verset 9 à 13

[9] Etant sorti, Jésus vit, en passant, un homme assis au bureau de la douane, appelé Matthieu, et il lui dit : "Suis-moi !" Et, se levant, il le suivit.

[10] Comme il était à table dans la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent se mettre à table avec Jésus et ses disciples.

[11] Ce qu'ayant vu, les Pharisiens disaient à ses disciples : "Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ?"

[12] Mais lui, qui avait entendu, dit : "Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades.

[13] Allez donc apprendre ce que signifie : C'est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs."

 

Pour bien comprendre l’attitude de Jésus vis à vis des pécheurs, il faut savoir que Jésus vit dans une société qui pense qu’il y a des justes et des pécheurs. Les justes (ou plutôt ceux qui se croient justes) sont ceux qui peuvent respecter toutes les prescriptions juridiques de la loi religieuse (respect du sabbat, des règles de puretés etc…) . Beaucoup ne le peuvent pas à cause de leur condition sociale, et de leur travail qui les empêchent d’observer tout cela.

Quand Jésus dit : « Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs » c’est ces pécheurs-là dont Il parle : Il est venu pour ceux qu’une loi religieuse a exclus de l’accès à Dieu et donc qui se croient exclus ! Il vient leur dire : non, vous n’êtes pas exclus, Dieu vous aime.

.Il vient donc dire à ceux qui se croient justes par ce qu’ils sont en règle avec des lois religieuses : vous êtes pécheurs. Et à ceux que la loi religieuse déclare pécheurs : vous êtes aimés de Dieu.

Mais Il vient surtout dire à tous que la racine du péché, c’est le manque d’amour. Et là, tous sont pécheurs. Il vient dire à tous que le Dieu de miséricorde est comme un berger en quête de sa brebis perdue, comme une femme à la recherche d’un trésor perdu, comme un père dans l’attente de son fils perdu.

Il n’y a donc pour Jésus qu’une seule loi, celle de l’amour.

Amour et miséricorde permettent de comprendre le comportement de Jésus et l’étonnement qu’Il a pu susciter. Il veut manger chez un collecteur d’impôts, appelle l’un d’eux, sans poser aucune condition. Il dira explicitement ce qu’Il veut : « C’est la miséricorde que Je désire » Considérerons donc l’homme que Jésus appelle. C’est un voleur mais Il ne lui demande pas de changer pour pouvoir ensuite l’appeler. Il ne met pas de condition préalable à l’appel. Il l’appelle au cœur même de sa situation de voleur.

Regardons Lévi qui offre un repas à Jésus. Mais quel est le sens symbolique de ce repas ? C’est l’offrande de la misère de sa vie vide de sens. La première chose que Jésus attend de nous c’est que nous lui fassions l’offrande de nos pauvretés pour Lui donner la liberté de nous combler.

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 23:10

Dans l’Evangile selon St Matthieu au chapitre 20 verset 17 à 29

 

[17] Devant monter à Jérusalem, Jésus prit avec lui les Douze en particulier et leur dit pendant la route :

[18] "Voici que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort

[19] et le livreront aux païens pour être bafoué, flagellé et mis en croix ; et le troisième jour, il ressuscitera."

[20] Alors la mère des fils de Zébédée s'approcha de lui, avec ses fils, et se prosterna pour lui demander quelque chose.

[21] "Que veux-tu ?" Lui dit-il. Elle lui dit : "Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton Royaume."

[22] Jésus répondit : "Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ?" Ils lui disent : "Nous le pouvons" -

[23] "Soit, leur dit-il, vous boirez ma coupe ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, il ne m'appartient pas d'accorder cela, mais c'est pour ceux à qui mon Père l'a destiné."

[24] Les dix autres, qui avaient entendu, s'indignèrent contre les deux frères.

[25] Les ayant appelés près de lui, Jésus dit : "Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir.

[26] Il n'en doit pas être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur,

[27] et celui qui voudra être le premier d'entre vous, sera votre esclave.

[28] C'est ainsi que le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude."

[29] Comme ils sortaient de Jéricho, une foule nombreuse le suivit.

 

« Accorde-nous de siéger dans Ta gloire » demandent les fils de Zébédée. De quelle gloire s’agit-il ?

Cela n’a rien à voir avec la renommée, le bruit qu’on peut faire autour d’un nom célèbre, la réussite, le prestige, les honneurs.

Dans la Bible, cela veut dire la richesse de l’être, sa plénitude, sa densité d’existence, son poids.

Puisque Dieu est amour et qu’Il n’est que cela, la gloire de Dieu, c’est Son poids d’amour.

La demande de Jacques et de Jean peut donc être prise positivement : siéger, habiter Sa gloire, c’est nous enraciner dans l’amour, c’est une demande d’intimité, de proximité, être au plus près possible. C’est pourquoi Jésus ne fait aucun reproche. Il sait discerner, je dirais, faire du tri dans cette demande, Il sait y voir ce qu’il y a de bon : ce désir de proximité et ce qui demande à être purifié : il n’y a pas de fauteuil dans le Royaume de l’amour. Fauteuil au sens de privilège, hiérarchie, préséance, place d’honneur. Il accueille leur désir et va le purifier. Pas de fauteuil mais une coupe à boire et être plongé dans un baptême.

Sa réponse est une manière de dire : Vous avez raison de vouloir être associés à ma gloire, au sens fort de ce poids d’amour. Mais cela doit être un amour qui ne triche pas. Un vrai amour, donc humble et souffrant, car aimer amène forcément de la souffrance.

Pouvez-vous être avec moi autant dans la souffrance que dans la joie ? Pouvez-vous me suivre autant au jour de la Passion qu’aux jours de la Résurrection ? Boire à la coupe et être plongé dans son baptême, c’est  se faire serviteur, renoncer aux formes diverses de domination. Sentons l’ambition que le Christ a pour nous dans cet enseignement sur le service. Il s’agit, oui de devenir grand, oui d’être le premier. Et cette ambition est celle des saints, des saintes : être premier-e dans le don.

 

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 23:24

« Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu le Père, et la communion de l’Esprit-Saint soient avec vous tous ».

2 Co13/13 


Bienheureux sommes-nous de pouvoir nous situer devant l’Amour qui est Dieu.

Amour,  donc pas Dieu solitaire.

Amour,  donc Dieu qui est relation en Lui-même, car pour aimer il faut qu’il y ait de l’altérité, de la différence.

Il y a Dieu source de l’amour et c’est le Père.

Il y a Dieu parole de l’amour et c’est le Fils.

Il y a Dieu souffle vivifiant de l’amour et c’est l’Esprit.

Dieu-Trinité de la foi chrétienne est donc communication d’amour en elle-même.

En Elle-même mais aussi pour nous et tournée vers nous.

Aucune inégalité en Elle-même, pas de supérieur et d’inférieur, une parfaite égalité.

Un infini et divin respect de l’altérité, sans confusion ni séparation.

Une relation faite de don et d’accueil du don dans la réciprocité.

Dieu-Trinité nous façonne à Son image et nous invite à vivre entre nous, ce qu’Elle vit en elle-même donc nous invitant à nouer entre nous le même type de relation faite d’égalité, de respect, de réciprocité.

La Trinité dit notre vocation : une existence fraternelle, sororelle.

Car il y a un lien fort entre la manière de vivre entre nous et la vie trinitaire. L’amitié entre nous est à l’image de l’amitié trinitaire.

De ce fait les affirmations de la foi ne nous laissent pas tranquilles. Confesser Dieu Trinité d’amour, s’est s’engager à une vie qui promeut l’égalité, l’amitié, le respect, la réciprocité pour chacun, chacune.

C’est une grâce à désirer et à demander que pour notre foi s’incarne davantage dans nos vies.

 .

 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 00:22

Dans le livre du prophète Osée au chapitre 11verset 1 à 8

 

 [1] Quand Israël était jeune, je l'aimai, et d'Egypte j'appelai mon fils.

[2] Mais plus je les appelais, plus ils s'écartaient de moi ; aux Baals ils sacrifiaient, aux idoles ils brûlaient de l'encens.

[3] Et moi j'avais appris à marcher à Ephraïm, je le prenais par les bras, et ils n'ont pas compris que je prenais soin d'eux !

[4] Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d'amour ; j'étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson tout contre leur joue, je m'inclinais vers lui et le faisais manger.

[5] Il ne reviendra pas au pays d'Egypte, mais Assur sera son roi. Puisqu'il a refusé de revenir à moi,

[6] l'épée sévira dans ses villes, elle anéantira ses verrous, elle dévorera à cause de leurs desseins.

[7] Mon peuple est cramponné à son infidélité. On les appelle en haut, pas un qui se relève !

[8] Comment t'abandonnerais-je, Ephraïm, te livrerais-je, Israël ? Comment te traiterais-je comme Adma, te rendrais-je semblable à Ceboyim ? Mon cœur en moi est bouleversé, toutes mes entrailles frémissent.

Ce texte commence par une déclaration d’amour : « Je l’ai aimé ». C’est un rappel de libération : « D’Egypte, J’ai appelé mon fils », c’est à dire que Je l’ai libéré de l’esclavage d’Egypte.

 

Il nous offre une belle image maternelle de Dieu : Elle est  comme une mère qui élève ses enfants apprenant à marcher, prenant dans ses bras, prenant  soin d’eux, menant avec des liens d’amour, posant contre sa joue, donnant à manger.

 

La suite est en complet contraste par la description de la réponse ingrate d’Israël. Ils se sont détournés, ils ont offert des sacrifices et rendu un culte à des idoles. Ils se sont endurcis dans l’idolâtrie qui consiste à adorer quelque chose qui n’est pas Dieu.

 

Il y a l’idole du pouvoir, de l’avoir auquel on sacrifie le reste au mépris des gens. C’est à la racine de la misère dans le monde, de la violence. Il y a l’idole du fanatisme, du racisme, du sexisme,  source d’injustice. Tout cela, c’est se détourner de Dieu, se détourner de l’Amour qui est Dieu. Cela « extermine, dévore », défigure ce que Dieu a voulu.

 

Devant cela Dieu pousse un cri« Comment pourrais-Je t’abandonner Israël ? »

Dieu nous dit là, qu’Il n’interviendra pas pour faire cesser cela. Mais qu’Il est avec nous pour  combattre ce qui est « malade » dans notre monde et pour bâtir un monde plus juste, un monde où seul l’Amour est premier. Amour des autres, du monde, de Dieu.

 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 23:42

Dans l’Evangile de Luc au chapitre 10 verset 38 à 42

[38] Comme ils faisaient route, il entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison.

[39] Celle-ci avait une sœur appelée Marie, qui, s'étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.

[40] Marthe, elle, était absorbée par les multiples soins du service. Intervenant, elle dit : "Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur me laisse servir toute seule ? Dis-lui donc de m'aider."

[41] Mais le Seigneur lui répondit : "Marthe, Marthe, tu te soucies et t'agites pour beaucoup de choses ;

[42] pourtant il en faut peu, une seule même. C'est Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée."

 

Cet épisode de Marthe et Marie a été « lu » comme symbolique de la vie contemplative (Marie) et de la vie active (Marthe). C’était une lecture justificatrice de la supériorité de l’une sur l’autre.  C’est un bon exemple d’interprétation qui se fourvoie faute de connaissance du contexte historique mais aussi d’aveuglement plus ou moins conscient qui favorise des intérêts.  Comment se fait-il que la situation scandaleuse décrite dans ce texte, pour la société où vivait Jésus n’a pas été perçu ? Le scandale, c’est qu’une femme  ne peut pas être disciple d’un maître, un rabbi. Etre assise au pied d’un maitre et l’écouter,  est la position du disciple. Marie la prend et Jésus approuve son choix qui est une transgression du rôle dévolu aux femmes. La meilleure part est donc, pour les femmes, d’être disciple, une part à laquelle Jésus les autorise, les appelle, auquel il leur reconnaît le droit d’aspirer. Il ne s’agit donc pas dans ce texte d’opposer l’écoute de Jésus au service de la maison. C’est un texte fort pour dire que les femmes de la même manière que les hommes, peuvent être disciples. Jésus prend position ainsi contre les discriminations dont étaient victimes les femmes sur ce point à son époque.

Contemplons donc cette scène en nous attachant à cette relation étonnante entre Jésus et Marie.

Regardons Jésus. Comprenons que le désir de Son cœur, c’est qu’on prête attention à ce qu’Il dit, qu’on L’écoute. C’est cela dont Il a besoin, dont Il a soif.

Regardons Marie qui Lui offre ce que désire Son cœur. Elle lui offre un cœur qui écoute « elle restait à écouter Sa parole ». Regardons-la désirant cette place de disciple que seul Jésus à l’audace de lui accorder. Regardons-la briser les limites qu’on lui impose.

Laissons-nous étonner par la transgression qu’Il opère, similaire à tant d’autres qu’Il a accomplies pour faire éclater tout ce qui limite, tout ce qui enferme, tout ce qui exclut.

 

 

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 14:27

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Guérison d'un aveugle. Codex Egberti, 283X234

Dans l’Evangile de Jean au chapitre 9 verset 1 à 38

 [1] En passant, il vit un homme aveugle de naissance.

[2] Ses disciples lui demandèrent : "Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle ?"

[3] Jésus répondit : "Ni lui ni ses parents n'ont péché, mais c'est afin que soient manifestées en lui les œuvres de Dieu.

[4] Tant qu'il fait jour, il nous faut travailler aux œuvres de celui qui m'a envoyé ; la nuit vient, où nul ne peut travailler.

[5] Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde."

[6] Ayant dit cela, il cracha à terre, fit de la boue avec sa salive, enduisit avec cette boue les yeux de l'aveugle

[7] et lui dit : "Va te laver à la piscine de Siloé" - ce qui veut dire : Envoyé. L'aveugle s'en alla donc, il se lava et revint en voyant clair.

[8] Les voisins et ceux qui étaient habitués à le voir auparavant, car c'était un mendiant, dirent alors : "N'est-ce pas celui qui se tenait assis à mendier ?"

[9] Les uns disaient : "C'est lui." D'autres disaient : "Non, mais il lui ressemble." Lui disait : "C'est moi."

[10] Ils lui dirent alors : "Comment donc tes yeux se sont-ils ouverts ?"

[11] Il répondit : "L'homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, il m'en a enduit les yeux et m'a dit : Va-t'en à Siloé et lave-toi. Alors je suis parti, je me suis lavé et j'ai recouvré la vue."

[12] Ils lui dirent : "Où est-il ?" Il dit : "Je ne sais pas."

[13] On le conduit aux Pharisiens, l'ancien aveugle.

[14] Or c'était sabbat, le jour où Jésus avait fait de la boue, et lui avait ouvert les yeux.

[15] A leur tour les Pharisiens lui demandèrent comment il avait recouvré la vue. Il leur dit : "Il m'a appliqué de la boue sur les yeux, je me suis lavé et je vois."

[16] Certains des Pharisiens disaient : "Il ne vient pas de Dieu, cet homme-là, puisqu'il n'observe pas le sabbat" ; d'autres disaient : "Comment un homme pécheur peut-il faire de tels signes ?" Et il y eut scission parmi eux.

[17] Alors ils dirent encore à l'aveugle : "Toi, que dis-tu de lui, de ce qu'il t'a ouvert les yeux ?" Il dit : "C'est un prophète."

[18] Les Juifs ne crurent pas qu'il eût été aveugle tant qu'ils n'eurent pas appelé les parents de celui qui avait recouvré la vue.

[19] Ils leur demandèrent : "Celui-ci est-il votre fils dont vous dites qu'il est né aveugle ? Comment donc y voit-il à présent ?"

[20] Ses parents répondirent : "Nous savons que c'est notre fils et qu'il est né aveugle.

[21] Mais comment il y voit maintenant, nous ne le savons pas ; ou bien qui lui a ouvert les yeux, nous, nous ne le savons pas. Interrogez-le, il a l'âge ; lui-même s'expliquera sur son propre compte."

[22] Ses parents dirent cela parce qu'ils avaient peur des Juifs ; car déjà les Juifs étaient convenus que, si quelqu'un reconnaissait Jésus pour le Christ, il serait exclu de la synagogue.

[23] C'est pour cela que ses parents dirent : "Il a l'âge ; interrogez-le."

[24] Les Juifs appelèrent donc une seconde fois l'homme qui avait été aveugle et lui dirent : "Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur."

[25] Lui, répondit : "Si c'est un pécheur, je ne sais pas ; je ne sais qu'une chose : j'étais aveugle et à présent j'y vois."

[26] Ils lui dirent alors : "Que t'a-t-il fait ? Comment t'a-t-il ouvert les yeux ?"

[27] Il leur répondit : "Je vous l'ai déjà dit et vous n'avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous l'entendre à nouveau ? Est-ce que, vous aussi, vous voudriez devenir ses disciples ?"

[28] Ils l'injurièrent et lui dirent : "C'est toi qui es son disciple ; mais nous, c'est de Moïse que nous sommes disciples.

[29] Nous savons, nous, que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d'où il est."

[30] L'homme leur répondit : "C'est bien là l'étonnant : que vous ne sachiez pas d'où il est, et qu'il m'ait ouvert les yeux.

[31] Nous savons que Dieu n'écoute pas les pécheurs, mais si quelqu'un est religieux et fait sa volonté, celui-là il l'écoute.

[32] Jamais on n'a ouï dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né.

[33] Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire." (34) Ils lui répondirent : "De naissance tu n'es que péché et tu nous fais la leçon !" Et ils le jetèrent dehors.

[35] Jésus apprit qu'ils l'avaient jeté dehors. Le rencontrant, il lui dit : "Crois-tu au Fils de l'homme ?"

[36] Il répondit : "Et qui est-il, Seigneur, que je croie en lui ?"

[37] Jésus lui dit : "Tu le vois ; celui qui te parle, c'est lui."

[38] Alors il déclara : "Je crois, Seigneur", et il se prosterna devant lui.

 

 

Au début du texte nous sommes en pleine ténèbre. Celle où est plongé un aveugle de naissance ? Oui, certes, mais il y a pire. C’est celle des disciples qui sont plongés dans les ténèbres d’une religion qui explique la maladie par une faute commise. Et derrière cette explication se cache une ténèbre encore plus ténébreuse, celle d’un dieu qui punirait les fautes en envoyant des maladies. Quelle ténèbre ! Et aujourd’hui encore en sommes-nous indemnes ? Cet évangile, comme tout l’Évangile, est d’abord une libération par la parole forte de Jésus : « Ni lui n’a péché, ni ses parents »Parole forte qui fait passer de la nuit au jour, de la ténèbre à la lumière. Première guérison si nous acceptons de nous laisser guérir.

Et le pire du pire, si c’est possible, est la ténèbre de la religion des pharisiens. Cette impossibilité à sortir d’un système légaliste : selon eux une guérison faite le jour du sabbat ne peut pas venir de Dieu, celui qui l’accomplit ne peut être qu’un pécheur. C’est la ténèbre de l’exclusion de tous celles et ceux qui ne rentrent pas dans leur système. L’impossibilité à s’ouvrir à la nouveauté d’une parole, à l’inattendu d’une action. La culpabilisation qui enferme les gens dans la fatalité.

Devant ce type de ténèbres, Jésus lui même n’a rien pu faire. La révolution spirituelle de Jésus ne peut rejoindre des gens murés dans leur certitude, les privilèges que cela leur donne et pour certains le « fonds de commerce » ou de position sociale, ecclésiale que cela leur procure.

 

 

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 21:54

Dans l’Evangile de Matthieu au chapitre 13 verset 44 à 46

[44] "Le Royaume des Cieux est semblable à un trésor qui était caché dans un champ et qu'un homme vient à trouver : il le recache, s'en va ravi de joie vendre tout ce qu'il possède, et achète ce champ.

[45] "Le Royaume des Cieux est encore semblable à un négociant en quête de perles fines :

[46] en ayant trouvé une de grand prix, il s'en est allé vendre tout ce qu'il possédait et il l'a achetée.

 

« Il va vendre tout ce qu’il possède et il achète ce champ ; il va vendre tout ce qu’il possède et il achète la perle » Qui donc est cet homme ? L’interprétation habituelle de cette parabole oriente toujours notre regard vers nous-mêmes, nous invitant à une réponse généreuse à l’appel de Dieu.

Mais ne pourrait-on pas renverser les rôles ?  Pour cela, faisons  un détour par l’admiration que Jésus a eue devant la veuve du temple : « Elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre » (Lc 21,4). Car il a vu là, dans ce geste, la préfiguration du don qu’Il allait faire, donner tout ce qu’II a, toute Sa vie.

Alors ne pourrait-on pas voir dans ce chercheur de trésor et ce découvreur de perle Jésus Lui-même ? Jésus qui donne toute Sa vie pour acquérir le trésor et la perle précieuse que nous sommes. « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime » disait déjà le prophète Isaïe (Is 43,4).

Avec cette interprétation Dieu se révèle découvreur et chercheur. Surpris de la rencontre ou en quête de nous rencontrer. Dans les deux cas, aimant de notre beauté, nous considérant comme précieux à Ses yeux. Sur la croix, où Il donne tout, Il va jusqu’au bout du désir fou de nous montrer le vrai visage de Dieu qui peut vaincre nos résistances. Il est le démuni devant qui toutes nos peurs de Dieu peuvent tomber.

Il n’est pas habituel d’interpréter cette parabole ainsi. Cette interprétation peut nous aider aussi à mieux nous accueillir nous-mêmes : nous sommes trésor et perle, précieux aux yeux de Dieu. Alors pourquoi ne pas échanger notre regard contre le Sien ? M’accueillir comme Il m’accueille, me voir comme Il me voit.

Cette interprétation peut nous aider aussi à mieux accueillir Dieu comme chercheur de notre amitié, offrant la sienne et l’ayant prouvé au prix fort de la Croix.

 

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