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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 17:17

 

 

Bonne Sœur, c’est une expression que je n’aime pas…De manière caricaturale, on pense tout de suite à la bonne Sœur « toutes voiles dehors » du film la Grande Vadrouille ou encore à la série télévisée Thérèse.com qui donne l’image d’une religieuse certes perspicace mais dont la communauté ne brille pas par l’ouverture et l’intelligence !

Bonnes sœurs, on pense aussi tout de suite à un monastère, un lieu fermé et triste où des femmes s’enterrent. De récentes émissions ont pu déconstruire heureusement ces images.

 

Mais il existe une autre forme de vie religieuse encore plus inconnue, méconnue : les religieuses apostoliques. Savez-vous que vous pouvez les rencontrer sans savoir qu’elles le sont ?

J’en connais qui sont médecin, aide-ménagère, juge, éducatrice et… j’en ai même connu une qui était conductrice de bus !

 

Pour moi, c’est un peu différent, car j’ai choisi une forme de vie religieuse apostolique, on pourrait dire « spécialisée ». Vous allez le découvrir en me suivant durant une semaine. Ce ne sera pas exhaustif mais cela vous donnera une idée de mon travail, de ma vie. Vous verrez, c’est varié, on ne s’ennuie pas, et cela me passionne !

 

Les incontournables :

Chaque jour avec ma communauté, on commence par une prière ensemble le matin. Les « lève-tôt » auront déjà eu un temps de méditation personnelle. Pour moi, pour qui le réveil est toujours difficile, ce sera après !

Chaque jour, on mange ! Et les repas sont des temps de partage, ça peut être sérieux mais jamais triste et souvent joyeux. A la différence de beaucoup de gens, comme nous vivons dans un centre spirituel, il y a un service de restauration pour les groupes et personnes accueillis et nous en bénéficions. Donc pas de repas à faire !

Chaque nuit, on dort. Ici pas d’horaire fixe. Cela dépend des sœurs. On peut avoir des réunions le soir ou aimer travailler sur son ordi pour préparer des animations ou plein d’autres choses.

Etc. Etc. c'est-à-dire tout ce que tout le monde fait : S’occuper de soi : prendre  une douche, faire des achats…Et j’en oublie !

 

Plantons le décor !

Je travaille dans un centre spirituel. Nous le définissons ainsi :

Un lieu pour se poser et être à l’écoute de soi, de sa vie, de la Parole de Dieu, afin d’éclairer son existence, faire l’expérience d’une rencontre personnelle avec Dieu, s'épanouir dans tout son être, choisir en toute liberté dans l’esprit des Exercices d’Ignace de Loyola. Il est animé par une communauté de Sœurs  du Cénacle et une équipe de laïcs collaborateurs.

 

Maintenant, voyons cette semaine !

Dimanche

J’ai accueilli un groupe CVX venu pour une journée de partage de leur vie et de leur foi. J’ai célébré l’Eucharistie avec eux.

Ensuite j’ai fait des modifications sur le site internet http://www.ndcenacle.org de ma communauté. Il fallait changer la manière de s‘inscrire à certaines de nos propositions.

Le midi toute la communauté a déjeuné avec un autre groupe, Foi et lumière  qui regroupe des personnes handicapées. Un moment fort de rencontre. J’étais à côté de l’un deux qui en quelques mots m’a partagé sa foi.

L’après-midi j’étais de permanence au standard : répondre au téléphone mais aussi une présence pour les groupes dans la maison. J’avais amené mon ordinateur et j’ai pu aussi pendant ce temps travailler. Quel travail ? Vous allez voir, c’est divers !

Je fais partie de l’Equipe d’un site : NDW http://www.ndweb.org  qui propose en ligne diverses manières de méditer : avec un texte biblique, un psaume mais aussi une vidéo… ce jour-là j’ai travaillé à la mise en forme d’un psaume pour en faciliter la méditation.  Nous proposons aussi des retraites spirituelles en ligne. Ce jour- là j’ai continué à rédiger une retraite qui sera mise en ligne en février.

Revenue dans ma chambre, j’ai traité les mails de ma boîte, mis un article sur mon blog http://aubonheurdedieu-soeurmichele.over-blog.com , envoyé une newsletter aux sœurs d’Europe du groupe Justice qui a pour mission de sensibiliser, communiquer, agir sur des questions de justice. Par exemple dans ce numéro d’octobre il y avait un excellent article sur la manière dont les suédois ont réussi à faire diminuer la prostitution.

Le soir à 18h, nous avions en communauté un partage sur l’Evangile de ce dimanche.

Et le soir : les novices nous ont invitées à un jeu : un bon moment de rire

Retour dans ma chambre pour encore quelques moments de travail, un temps de relecture priée de ma journée, quelques pages d’un roman de Ken Follet et sommeil !

 

Lundi

Le lundi est une journée de repos…ou presque ! En tout cas, pour moi, cela veut dire ne pas mettre de réveil et pouvoir dormir jusqu’à plus soif. Donc petit déjeuner tardif, courses pour mon régime ( fromage 0% de MT !) , téléphone à ma famille, ménage de ma chambre et du couloir du 2ème étage, côté communauté

J’avais à répondre à un questionnaire sur les diverses implantations de nos communautés en Europe : je m’y suis donc mise car la date limite est le 1er novembre.

J’ai travaillé au  commentaire continu de l’Evangile de Marc que je mets au fur et à mesure sur mon blog et que peut-être je publierai un jour sur un livre.

 

Mardi

En novembre j’anime avec Agnès Penet, un WE spirituel qui allie le travail du clown et l’expérience spirituelle. Cela demandait donc de se rencontrer pour préparer. Ensuite, mettre noir sur blanc le déroulé et lister les choses à faire : interventions, points pratiques à répercuter au Centre Spirituel. Je me mettrai plus tard à la préparation des interventions.

Par contre ce qui devenait urgent, c’était la session européenne qui va avoir lieu du 19 au 21 octobre. Pour l’animer, nous avons fait appel à Sr Nathalie Becquart. Elle va nous aider à prendre la mesure du paysage actuel et du développement du numérique, en quoi cela engage une anthropologie, quelles répercussions éthiques et théologiques. Mais la journée de dimanche demande à être finalisée car j’ai fait appel à trois jeunes qui vont nous former ou nous faire progresser sur les réseaux sociaux. Il fallait aussi être au clair sur les questions de coût de cette session.

Du temps a été occupé aussi pour mettre en ligne d’autres dépliants sur le site de la communauté, finaliser une date pour une rencontre du groupe Justice de nos communautés  européennes à Liverpool : ce sera en février.

Le soir j’avais une réunion d’un groupe « baptisé-es 78 », et j’ai préparé le temps de prière.

Tous les mois, avec une Equipe de quatre  (trois laïques et moi) nous animons un temps fort spirituel : Goûter et partager la Parole http://www.ndcenacle.org/?fonction=rubrique&lieu=4&proposition=985&id=24 A chaque fois et à tour de rôle nous préparons des pistes pour la méditation et une homélie. C’était mon tour de faire les pistes. Ensuite, on s’envoie nos textes pour avis.

 

Mercredi

La session de formation approche : nous allons être 11 à nous former ou  progresser sur les réseaux sociaux.

Je prépare cette session depuis déjà un bon bout de temps. Ce jour- là j’ai travaillé à la préparation pratique : l’horaire pour les participants, briefing par mail aux jeunes qui vont intervenir le 1er jour, questions d’intendance à régler.

Dans mes journées, il ya toujours des mails à traiter, et ce jour-là j’ai continué à essayer de trouver une solution pour une rencontre du groupe Justice de soeurs anglaises et françaises. La solution n’est pas encore trouvée !

 

Jeudi

Ce jour- là, le problème de la rencontre du groupe Justice n’était pas encore réglée donc à nouveau mail pour trouver une solution ! Ensuite je suis allée à la Mission locale. C’est une décision que j’ai prise qui me permet d’avoir un engagement humanitaire qui est non-confessionnel. La Mission locale est un organisme officiel qui permet d’aider des jeunes en dehors du système scolaire. Depuis un an, j’accompagnais un garçon de Côte d’Ivoire pour perfectionner son français. Il a maintenant intégré un lycée professionnel. J’ai donc arrêté le parrainage avec lui mais notre prochain rendez-vous sera un repas avec la communauté. Ce matin je commençais avec une jeune femme du Sri lanka, également pour l’aider à mieux maîtriser le français.

Après j’ai accueilli une personne désireuse de suivre ce qu’on appelle la retraite dans la vie. http://www.ndcenacle.org/?fonction=rubrique&lieu=4&proposition=1039&id=24 C’est une possibilité de vivre un temps fort spirituel tout en gardant sa vie quotidienne ordinaire : une rencontre tous les 15 jours qui dure 1h30 qui permet de s’initier à la méditation chrétienne et où sont présentés des textes bibliques pour les méditer chez soi et un accompagnement personnel entre chaque rencontre. Cela se passe de novembre à mars.

Le reste de la journée, j’ai continué à préparer la session NTIC et j’ai finalisé une intervention que je dois donner à une rencontre qui aura lieu le 11 novembre organisée par le site : temoins.com

 

Vendredi

C’est la journée « réunion ». Cela commence par la réunion dite de secrétariat. Nous traitons certaines demandes d’accueil de groupes, les demandes d’animation, les demandes d’accompagnement et des points d’organisation.

L’après-midi : réunion de communauté. Ici plein de choses sont traitées car notre fonctionnement est assez « démocratique ». C’est le lieu aussi de réflexion, de partage.

Et certains vendredis, il y a une 3ème réunion : celle de programmation. Ici nous élaborons peu à peu le programme de l’année suivante. Relecture de ce qui a été proposé, modifications à faire, nouvelles animations à proposer…

 

Samedi

Ce matin, j’ai pu dormir plus tard. Et ensuite finaliser la préparation de la session qui commence demain : installation du matériel technique, rédaction de l’introduction que je vais faire pour cette session, photocopie d’articles qui vont être donnés.

Dans l’après-midi, j’ai été faire un petit tour devant la mairie car il y avait des stands d’associations versaillaises qui luttent contre la misère.

 

Maintenant, je suis prête pour accueillir les sessionistes

Ainsi s’achève mon récit d’une semaine de la vie d’une bonne Sœur ! La semaine suivante comportera des choses semblables et d’autres différentes. Ce n’est pas la monotonie, loin de là…et c’est passionnant !

 

 

 

 

 

 

 

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 15:22

 

De ma conversion au Christ à 18 ans jusqu’à mon entrée chez les Sœurs du Cénacle, Marie n’avait pas beaucoup de place dans ma vie de foi.

Je n’aimais pas l’image de femme qui était véhiculée sur elle : femme silencieuse, effacée, présentée comme modèle aux femmes pour les cantonner dans des positions secondes.

 

Et puis à peu, une relation s’est établie avec elle et ma vision sur elle a changé grâce à la contemplation de l’Evangile.


Je l’ai vue à l’Annonciation comme une femme qui ose questionner, qui ne prend pas pour « argent comptant »  ce qu’elle entend. Une femme qui discerne si cela vient bien de Dieu et y acquiesce par les signes de la joie, de la paix, de la force qu’elle perçoit dans son cœur à cette annonce.

 

Je l’ai vue à la Visitation qui prend l’initiative de partir, qui sait prendre des décisions. J’ai écouté son Magnificat qui est un chant de libération pour tous les opprimé-es du monde.

 

Je l’ai vue à la Nativité sachant réfléchir à son existence, conservant dans son cœur les événements de sa vie pour mieux être actrice de sa vie.

 

Je l’ai vue sur les routes comme tous ceux et celles que des pouvoirs injustes forcent à l’exil.

 

Je l’ai vue à Cana, véritable maîtresse du repas de noces, prenant l’initiative pour sa réussite et disant aux servants ce qui résonne toujours dans mon cœur : «Tout ce qu’Il vous dira de faire, faites-le»

Je l’ai vue enfin au Cénacle, la Chambre haute, où sur ordre de Jésus, Marie, les apôtres mais aussi les disciples, femmes et hommes, sont réuni-es dans l’attente de la venue de l’Esprit Saint. Et je l’ai vue, non pas seulement silencieuse,  mais aussi enseignant à toutes et tous les chemins nouveaux d’accès à Dieu inaugurés par Jésus. Qui donc, mieux qu’elle, pouvait le faire ?

 

Marie n’est pas le modèle exclusif des femmes, elle est une maîtresse de spiritualité et de vie chrétienne pour tout homme, toute femme saisi-e par Jésus.

 

 

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 23:13

 

Dimanche dernier, j’ai participé à une messe qui prend son temps. C’est une manière originale de vivre la liturgie de la Parole au cours d’une Eucharistie. L’Evangile est lu deux fois. Après la première fois,  quelqu’un en fait un commentaire. Ensuite il y a 15 minutes de silence avec des pistes qui aident à la méditation. Puis, 5 minutes de partage en petit groupe. Enfin l’Evangile est lu une deuxième fois.

Il y a plusieurs avantages à cette manière de vivre la liturgie de la Parole :

 

*On a le temps de prier ces textes. Ces 15 mn permettent à chacun-e d’intérioriser la Parole.

*Les 5 mn permettent une vie fraternelle où l’on partage quelque chose d’important qui est le fruit de sa méditation.

*le commentaire peut être fait par un-e baptisé-e ce qui permet à des femmes et des hommes d’enrichir, d’élargir la compréhension de la Parole de Dieu.

*cela enlève donc à la célébration eucharistique son caractère trop clérical. C’est la prière de toutes et tous et moins un « one man show » du prêtre.

 

Cette manière de célébrer a été initiée par le cardinal Martini quand il était évêque de Milan. Elle est célébrée dans plusieurs villes de France, par exemple à Paris, tous les dimanches soir à l’église St Ignace.

Dans les Yvelines, cela se passe trois fois dans l’année à l’Ecole Ste Geneviève, à l’initiative d’ordres religieux et de mouvements qui vivent de la spiritualité d’Ignace de Loyola (Jésuites, Sœurs du Cénacle, MEJ, CVX, Cor Unum, Chemin neuf, MCC)

 

Ce dimanche, c’était aux sœurs du Cénacle de l’animer ;

Je vous mets ci-dessous le commentaire que j’ai fait et les pistes que j’ai données pour la méditation.

 

Personnellement, j’aime beaucoup cette manière de célébrer. Cela permet d’entrer plus profondément dans le Mystère qu’on célèbre. Les 15 mn de silence sont comme une respiration où l’on s’emplit de la Parole, où on peut la goûter, s’en nourrir.

Il s’agit bien alors des 2 tables : celle de la Parole et celle du Pain

 

Livre de Baruch - Chapitre 5

01 Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours,

02 enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l'Éternel.

03 Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel,

04 car Dieu pour toujours te donnera ces noms :« Paix-de-la-justice » et « Gloire-de-la-piété-envers-Dieu ».

05 Debout, Jérusalem ! tiens-toi sur la hauteur, et regarde vers l'Orient : vois tes enfants rassemblés du levant au couchant par la parole du Dieu Saint ; ils se réjouissent parce que Dieu se souvient.

06 Tu les avais vus partir à pied, emmenés par les ennemis, et Dieu te les ramène, portés en triomphe, comme sur un trône royal.

07 Car Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées : ainsi la terre sera aplanie, afin qu'Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu.

08 Sur l'ordre de Dieu, les forêts et leurs arbres odoriférants donneront à Israël leur ombrage ;

09 car Dieu conduira Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire, lui donnant comme escorte sa miséricorde et sa justice.

 

Psaumes - Psaume 125

01 Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,* nous étions comme en rêve !

02 Alors notre bouche était pleine de rires, nous poussions des cris de joie ; + alors on disait parmi les nations : « Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! » *

03 Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête !

04 Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert.

05 Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie : +

06 il s'en va, il s'en va en pleurant, il jette la semence ; * il s'en vient, il s'en vient dans la joie, il rapporte les gerbes.

 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc - Chapitre 3

01 L'an quinze du règne de l'empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode prince de Galilée, son frère Philippe prince du pays d'Iturée et de Traconitide, Lysanias prince d'Abilène,

02 les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie.

03 Il parcourut toute la région du Jourdain ; il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés,

04 comme il est écrit dans le livre du prophète Isaïe :A travers le désert, une voix crie :Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route.

05 Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies ;

06 et tout homme verra le salut de Dieu.

 

Commentaire

Dans le temps de l’Avent, toutes les lectures sont en cohérence les unes avec les autres. Ici, l’Evangile se sert de citations tirées des livres l’Isaïe et de Baruch.

Au début de Christianisme, certains chrétiens refusaient l’Ancien Testament ! Heureusement ils n’ont pas réussi car nous aurions perdu comme un code d’interprétation du Nouveau.

Le livre de Baruch a été écrit un siècle avant le Christ. On sent bien dans le texte de ce jour qu’il est un appel à l’espérance dans une situation désespérante. Il offre une vision d’avenir faite de joie, de dignité retrouvée, d’un peuple exilé qui retrouve sa terre. Il utilise des images de collines abaissées, de ravins comblés, comme autant de difficultés dépassées.

En quoi cela peut-il nous concerner ? En quoi cela rejoint-il les situations qui sont les nôtres ?

Et si, pour l’Evangéliste, le Christ est celui qui réalise cela,  comment nous redonne-t-Il espérance au cœur des difficultés. Comment nous offre-t-Il une vision de joie. Comment nous fait-Il sortir de nos exils ? Comment nous fait-Il quitter nos robes de tristesse ?

 

Questions importantes à nous poser en ce temps de l’Avent. Je risque quelques réponses :

Avec le Christ nous faisons l’expérience d’être aimé-e inconditionnellement ;

Avec le Christ, notre vie a du sens ;

Avec le Christ, des chemins de vie nous sont offerts ;

Il nous ouvre un avenir dès maintenant et pour toujours.

Il est avec nous, comme un ami.

Cela ne règle pas les problèmes comme par magie mais cela nous donne de l’énergie pour les prendre à bras le corps. Nous ne sommes pas seuls-es.

Avec le Christ, avec d’autres, nous pouvons bâtir une cité de justice et de paix.

Alors des ravins peuvent être comblés, des montagnes abaissées ; les passages tortueux devenir droits, les routes déformées être aplanies.

Alors tout homme, toute femme peut voir le salut de notre Dieu.

 

Pistes pour la méditation

1ère piste

« Quitte ta robe de tristesse ».

Comment j’entends cet appel du prophète Baruch ?

Ai-je à quitter une tristesse ?

 

2ème piste

« Enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l'Éternel. »

S’il nous est proposé ce manteau de la justice de Dieu et ce diadème de gloire, c’est que nous avons du prix aux yeux de Dieu. Goûter cela comme un cadeau que Dieu nous fait. Accepter ce manteau, ce diadème.

 

3ème piste

« Car Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées »

Prendre conscience que c’est une décision de Dieu.

Me demander quelles sont dans nos vies ces montagnes abaissées et ces vallées comblées. Comment ma foi au Christ permet-elle cela ?

 

 

 

 

 

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 23:25

 

 

Ce WE, j’étais à la rencontre nationale de Equipes END Siloë. Le thème était la diaconie. Il m’ont demandé de faire un enseignement sur ce thème. Le voici. J’en profite pour vous recommander un livre superbe : Un lien si fort. Quand l’amour de Dieu se fait diaconie de Etienne Grieu, sj aux Editions de l’Atelier, 2012

 

Ce WE a pour thème la diaconie.

Ce n’est pas un mot courant ! C’est un mot du vocabulaire chrétien et pas d’ ailleurs. Et même peu employé. Le connaissiez-vous avant de vous inscrire à ce WE ?

 

Introduction

 

1-La chose la plus simple à dire, c’est que c’est un mot grec qui veut dire serviteur. La diaconie, c’est la dimension de service que l’on peut mettre dans sa vie. Vivre sa vie comme un service. C’est d’abord une attitude spirituelle qui peut changer beaucoup de choses dans une vie si l’on adopte cette posture. Pas forcément faire plus de choses mais les vivre autrement. Donc c’est un lieu de conversion. C’est ce qui est déjà bien indiqué dans le titre de ce WE : « Laissez Dieu convertir tous nos rapports humains ». La diaconie, vivre sa vie comme un service est un lieu de conversion. Un même métier exercé dans un esprit de service, ou dans un autre esprit (domination sur les autres, accumulation de richesses …) produira des fruits différents.

Mais entendez bien qu’il s’agit de « laisser Dieu » Cela indique que pour cela, il y faut aussi l’aide de Dieu. C’est de l’ordre d’un combat spirituel : vivre sa vie comme une diaconie requiert notre désir, un travail sur soi, une vigilance, mais aussi l’aide de Dieu. Nous verrons que pour cela, l’un des chemins à prendre pour laisser Dieu convertir tous nos rapports humains, c’est de regarder comment Jésus a vécu sa vie humaine comme un service.

 

La 2ème chose à dire en préambule, c’est que la diaconie est une des quatre réalités par lesquelles on définit l’Eglise. Mais aussi que la diaconie traverse toutes les autres.

Pour parler d’elle on parle de :

*Koinonia : pour dire que l’Eglise est communauté.

Dans communauté, il y a commun. Mettre en commun. La question à se poser est donc : les communautés d’Eglise auxquelles j’appartiens ( équipe ENDS, paroisse) sont-elles des communautés où se vit un service mutuel. Sont-elles des lieux de partage, de soutien. Ses membres se considèrent-ils frères et sœurs ? Est-ce une communauté ouverte ?

Le 2ème élément qui définit l’Eglise est la :

*Leitourgia :

Au sens large, cela veut dire : se tourner vers Dieu, Le célébrer, se nourrir de la parole, contempler le Christ pour avoir les mêmes sentiments que Lui Ph 2/5, faire une liturgie contemplative du Christ pour Lui devenir semblable : devenir ce que nous sommes par notre baptême : d’autres Christ.

Nous avons là un des deux chemins que j’ai déjà évoqués pour laisser Dieu convertir nos rapports humains : regarder le Christ Serviteur. C’est ainsi qu’Il S’est défini : Je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir »

Le 3ème élément

le kerygma ou martyria= le témoignage.

Ce 3ème élément est comme la conséquence. Si la communauté est lieu de service, de partage, de vraie fraternité, si elle se nourrit et se laisse modeler par le Christ, elle sera crédible aux yeux des autres.

Le témoignage est aussi une diaconie, un service, le plus beau qui soit car il s’agit de témoigner de la vie du Christ, du chemin de vie qu’Il nous propose. Il doit être service humble et non s’imposer par la force, la contrainte.

 

 

A deux reprises, j’ai dit qu’un des chemins pour laisser Dieu convertir tous nos rapports humains était de regarder le Christ. C’est ce que nous allons faire.

 

La diaconie du Christ

Plongeons dans l’Evangile :

*Il se définit comme celui qui sert.

Deux citations  des paroles de Jésus.

Mt 20/25-28

"Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir.

Il n'en doit pas être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur,

et celui qui voudra être le premier d'entre vous, sera votre esclave.

C'est ainsi que le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner Sa vie en rançon pour une multitude."

 

Lc22/24-27

Il s'éleva aussi entre eux une contestation : lequel d'entre eux pouvait être tenu pour le plus grand ?

Il leur dit : "Les rois des nations dominent sur eux, et ceux qui exercent le pouvoir sur eux se font appeler Bienfaiteurs.

Mais pour vous, il n'en va pas ainsi. Au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune et celui qui gouverne comme celui qui sert.

Quel est en effet le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N'est-ce pas celui qui est à table ? Et moi,Je suis au milieu de vous comme celui qui sert !

 

*Il donne l’exemple du service.

C’est le texte bien connu du lavement des pieds en Jn 13 que l’on lit le Jeudi Saint. Ce texte est d’abord une révélation du visage de Dieu. Dans sa parole faite chair, le Christ, Dieu se met à genoux devant nous. Il se fait notre serviteur. Il nous lave les pieds. Le refus de Pierre est intéressant. C’est le refus de voir Dieu comme cela. C’est le refus de se laisser aimer comme cela par Jésus. Pierre rêve d’un Dieu puissant qui lui permettrait de l’être. Jésus lui montre un Dieu humble, serviteur, qui prend soin des humains. S’il se laisse aimer de cette manière, cela va l’inviter à aimer de la même manière. Il ne sait pas que s’il se laisse aimer ainsi, c’est l’amour même du Christ qui va le transformer pour aimer comme Lui. Et il pourra agir comme Jésus a fait pour lui : « Je vous ai donné l’exemple pour que vous agissiez comme J’ai agi envers vous ». pas par un effort volontariste du « il faut » mais laisser Dieu nous aimer pour faire passer en nous l’amour même dont Il nous aime.

 

*Il enseigne la diaconie

-C’est l’Evangile du Bon Samaritain. Un des textes proposés pour ce WE. C’est un texte magnifique.

On peut le lire à plusieurs niveaux.

Le 1er niveau :

Qui est ce Bon Samaritain qui s’occupe du blessé ?

C’est le Christ.

Qui est le blessé du chemin ?

C’est chacun de nous.

Ce texte nous dit d’abord que c’est Dieu qui s’approche de nous, qui se fait notre prochain, qui prend soin de nous.

Mais encore faut-il que nous acceptions la diaconie du Christ à notre égard. Reconnaître ce qui est blessé en nous, ce qui fragile, vulnérable.

Le 2ème niveau :

Si nous avons accepté la diaconie du Christ à notre égard, nous pouvons voir que le samaritain cela peut être nous et que le blessé, c’est le Christ.

Ici, cela permet de voir que Jésus a été incompris, Il a été exclu, Il a été jugé de manière injuste, Il a connu la souffrance et la mort dans le mépris. Donc là, le Christ s’est fait proche de tous ceux et celles qui d’une manière ou d’une autre sont des blessés de la vie. Il sait ce que c’est.

Il nous invite à vivre sa diaconie auprès de ceux-là.

         -C’est aussi son enseignement dans une autre parabole, celle du jugement en Mt 25. C’est une parabole difficile ; je voudrais en retenir seulement ceci pour notre sujet. C’est un roi qui donne sa bénédiction à des gens parce que dit-il, ils l’ont vu avoir faim et ils lui ont donné à manger, il l’ont vu avoir soif et ils lui ont donné à boire, ils l’ont vu étranger et ils l’ont accueilli, ils l’on vu nu et ils l’ont vêtu, ils l’ont vu malade et prisonnier et ils sont venus le voir. Etonnement des gens. Oui, ils l’ont fait pour des gens mais pas pour le roi !

Et celui-ci de répondre : « pour autant que vous l’avez fait à un seul du moindre de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » Mt 25/40

 

Nous avons là un texte important. Il nous indique une présence réelle du Christ dans la rencontre avec celui qui est blessé d’une manière ou d’une autre.

 

*Il révèle le sens de sa venue

En Lc 4/18 :

Nous sommes dans la synagogue de Nazareth, Jésus ouvre le livre du prophète Isaïe et lit :

« L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs qu’ils sont libres, et aux aveugles le retour à la vue, rendre la liberté aux opprimés »

Et Il continue en disant : « Aujourd’hui s’accomplit à vos oreilles ce passage de l’Ecriture »

Cette déclaration est comme le programme de ce qu’Il appelle le Royaume.

Il y a d’abord à prendre ce texte pour nous. Est-ce que j’accepte la Bonne Nouvelle de Jésus au cœur de nos pauvretés de toutes sortes, est-ce que j’accueille la liberté qu’Il vient m’offrir, est-ce que je souhaite qu’Il guérisse mes aveuglements et me libère de ce qui me rend prisonnier ?

Ensuite entendre le cœur de ce discours : Il vient apporter une bonne nouvelle. C’est pour nous un critère essentiel. Cela va permettre de faire du tri dans ce que je dis, dans ce que je fais. Ce que je dis sur le monde, sur les autres, sur moi, sur Dieu est-ce une bonne nouvelle ?

Ce que je fais pour ce monde, pour les autres, pour moi, pour Dieu, est-ce une bonne nouvelle ?

Enfin entendre ce discours à deux niveaux : les pauvretés, les captivités, les cécités, les oppressions qu’elles soient  spirituelles ou physiques font partie du programme de libération de Jésus.

 

Pour terminer, je vais reprendre les définitions qui sont dans votre livret et que vous avez trouvé sur le site de Diaconia 2013. Elles feront une bonne conclusion et honoreront le super travail de l’Equipe nationale :

 

Vivre la diaconie, c’est être solidaire des blessés de la vie.

 

Vivre la diaconie, c’est accueillir le don de Dieu et se rendre disponible au service de sa Parole.

 

Vivre la diaconie, c’est vivre la visitation dans les rencontres humaines de la vie quotidienne en partageant épreuves et joies.

Vivre la diaconie, c’est rendre grâce à Dieu, prier et vivre le Magnificat. 

 

Vivre la diaconie, c’est vivre la charité : se laisser toucher, prendre soin, accompagner celui qui est dans la détresse, lui redonner dignité.

 

Vivre la diaconie c’est donner ou redonner vie et espérance aux blessés de la vie.

 

Vivre la diaconie, c’est dépasser les ségrégations, les frontières sociales, raciales, sexuelles, religieuses, politiques, aimer toute personne, tout peuple pour rechercher le bien intégral de l’homme.

 

Vivre la diaconie, c’est oser appeler au-delà du cercle des habitués et des initiés.

 

Vivre la diaconie, c’est faire en sorte que dans toutes les communautés, les pauvres se sentent appelés, accueillis, chez eux, que la pauvreté soit physique, matérielle, morale ou spirituelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 00:10

Ce WE dernier, dans notre Centre spirituel, nous avons accueilli une trentaine de personnes du Carrefour des Chrétiens Inclusifs.

Qui sont-ils ? Voici, sur leur site, comment ils se définissent :

 

« Le CCI regroupe des chrétien-nes de toutes confessions souhaitant promouvoir une Eglise inclusive, c'est-à-dire pratiquant l'accueil inconditionnel de tous et toutes quels que soient leur sexe et leur orientation sexuelle »

 

Elles et ils venaient pour 4 jours de retraite avec pour thème :

« Y a pas de honte à être aimés de Dieu!" »

Ce groupe avait demandé à deux sœurs de la Communauté d’animer le dimanche matin. Après la louange du matin, Sr Vanessa a donné un enseignement  qui avait pour titre : « Je reconnais devant Toi, le prodige, l’être étonnant que je suis : étonnantes sont Tes œuvres toute mon âme le sait » Psaume 138/14. Et ensuite j’ai présenté un texte biblique tiré du livre d’Isaïe 43/1-4 avec des pistes pour un temps de méditation personnelle.

Le reste de cette retraite était pris en charge par des membres du groupe avec des ateliers créatifs, des tables rondes, un culte réformé, une étude biblique, une étude du livre de Paul Tillich, le courage d’être, une Eucharistie et pour finir l’Assemblée générale de leur association.

 

Personnellement, j’ai été touchée par la joie des membres de ce groupe. Leur joie dans la foi et la profondeur de leur foi.

Lors de l’eucharistie, un texte écrit par l’une des membres, Marina Zuccon m’a particulièrement intéressée.

Ce texte pourrait s’appeler : GPS de vie spirituelle. Avec humour cela dit des choses profondes. Le voici :

 

« Pour sortir du garage de la honte dans lequel vous êtes enfermés, vous devez passer les trois grilles

de la culpabilité,

de la condamnation

et

du mépris,

avec les trois codes:

-quelqu'un

- qui est là

-en avant

Prenez la rampe « lâcher prise »,

et vous vous trouverez sur la Rue de la promesse.

Continuez tout droit et passez le pont de la légèreté qui enjambe la crainte.

Vous arrivez sur l'avenue de l'amour indéfectible, et sans rougir et sans honte, vous  arrivez au carrefour  du Mystère, 

laissez la sortie " le rejet",

et

suivez la direction "Un ami",

pour arriver, sans faute  ni péché, sur la grande place de la Confiance »

 

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 10:41

 Je viens par cet article vous informer d'un événement grave qui se passe dans l'Eglise catholique romaine aux Etats-Unis d'Amérique.

Rome impose à la Leadership Conference of Women Religious ( LCWR , en français on peut traduire par Conférence des Religieuses en responsabilité de leur communauté) une refonte de ses statuts, un évêque qui aura pouvoir de contrôle sur leurs décisions et  leur future organisation. La raison de cet ingérence, c'est leur liberté de parole sur un certains nombre de points en divergence avec celles des évêques.

Vous trouverez ci-dessous une réaction à cette situation. C’est une « actu » du site des Sœurs du Cénacle de France-Togo

http://www.ndcenacle.org/avec-nos-soeurs-etats-unis.html

Cet article montre bien le prophétisme et la liberté de la vie religieuse quand elle est fidèle à sa vocation.

 

Vous pouvez aussi visiter le site de cette LCWR, pour y découvrir l’ampleur de leur travail pour la justice et la foi, l’audace libre de leur parole qu’elles puisent dans l’Evangile de Jésus.

 http://www.lcwr.org 


 American Nuns...


Une Actu pour dire notre soutien et notre amitié aux religieuses américaines
Ce mercredi 18 avril, le Saint-Siège a décidé une réforme complète de la Conférence des religieuses des Etats-Unis, la Leadership Conference of Women Religious, l'organisme rassemblant plus des 80% des sœurs vivant aux Etats-Unis (plus de 50 000 membres).

Nos sœurs du Cénacle aux USA font partie de cette Conférence. C'est pourquoi, par ces quelques lignes nous venons leur dire notre soutien et notre amitié en cette période où elles sont publiquement mises en cause.

La Congrégation pour la Doctrine de la Foi reproche notamment aux soeurs de trop "axer leurs travaux sur la pauvreté et l'injustice économique" et leur " absence de soutien aux enseignements de l'Eglise sur l'ordination des femmes et sur l'homosexualité." Elle déplore aussi "leur silence" concernant le droit à la vie de sa conception à la mort naturelle. De fait, le soutien des religieuses à la réforme de la santé du président démocrate - "Obamacare", qui comprend tout un volet de médecine reproductive et contraceptive - n'est certainement pas étranger à leur recadrage. 

Vivre à la suite du Christ dans la vie religieuse apostolique, c’est chercher à Lui ressembler toujours plus, à regarder et à aimer ce monde et tous ses habitants comme le Christ Jésus les aime et regarde. Filles d'un même Père qui ne fait pas acception de personnes Actes 10,34-35, nous désirons être la voix qui transmet une Bonne Nouvelle, celle de la Parole fondamentale dont le Souffle nous maintient en vie : C'est bon, c'est très bon  Genèse 1, 1-31.

Quand nous accueillons une personne, nous cherchons à imiter le Christ. C'est-à-dire, nous cherchons à rencontrer l'autre tel qu'il est, en entier, de manière inconditionnelle… sans lui demander ses papiers d'identité, son origine sociale, sa religion, son orientation sexuelle, etc. A la suite du Christ, nous voulons donc rejoindre chacun-e dans son aspiration à la vie et à l'amour.Je suis venu pour qu'ils aient la vie, et la vie en abondance Jean 10-10Choisis donc la Vie !  Deutéronome 30,19  C'est ce cri de notre Bon Dieu que nous faisons retentir. Oui, nous accueillons des couples qui ont recours à la contraception, des personnes homosexuelles, des femmes qui envisagent d'avorter, des hommes et des femmes qui ne vivent pas en conformité avec la loi morale de l'Eglise catholique… Oui la Bonne Nouvelle du Christ,l'Évangile de Dieu  Marc 1,14  n'exclut personne !

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 23:41

Ce lundi au Centre spirituel du Cénacle de Versailles, nous avons eu une liturgie de la parole. Nous célébrons ainsi une fois par mois. Ce jour-là, c’était Sr Agnès Hédon qui l’animait.

Après un chant, nous avons écouté l’Evangile du jour. Elle nous a invité-es à le méditer en silence. Le voici

Jésus disait à la foule :

« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.

Ne jugez pas, vous ne serez pas jugés ;

Ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés.

Pardonnez, et vous serez pardonnés.

Donnez, et vous recevrez :

                   une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante,

                   qui sera versée dans votre tablier ;

 Car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. » Lc 6,36-38

Puis, par groupe de 3, nous avons partagé le fruit de notre méditation.

 

Nous avons ensuite écouté son commentaire. Le voici :

Il était une fois un homme assis près d'une oasis, à l'entrée d'une ville du Moyen Orient. Un jeune homme s'approche de lui et lui demande :

Je ne suis jamais venu dans cette ville. Comment sont les gens qui vivent ici ?

Le vieil homme lui répond par une question :

Comment étaient les gens de la ville d'où tu viens ?

Égoïstes et méchants. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'étais bien content de partir.

Tu trouveras les mêmes ici, lui répondit le vieil homme.

Un peu plus tard, un autre jeune homme s'approche et lui pose la même question :

Je viens d'arriver dans la région. Comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?

Le vieil homme lui répondit de même :

Dis-moi, mon garçon, comment étaient les gens de la ville d'où tu viens ?

Ils étaient bons, accueillants, honnêtes. J'y avais beaucoup d'amis et j'ai eu beaucoup de mal à les quitter.

Tu trouveras les mêmes ici, lui répondit le vieil homme.

Un marchand, qui faisait boire ses chameaux, avait entendu les deux conversations. Dès que le second jeune homme s'éloigna, il s'adressa au vieillard sur un ton de reproche :

Comment peux-tu donner deux réponses différentes à la même question ?

Mon fils, dit le vieillard, chacun porte son univers dans son cœur. D'où qu'il vienne, celui qui n'a rien trouvé de bon par le passé ne trouvera rien ici non plus. Par contre, celui qui avait des amis dans l'autre ville en trouvera de nouveaux ici. Car on se retrouve toujours dans l'autre, comme dans un miroir.

« La mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »

Une parole de sagesse.... ce que nous apprend la vie !

« Ne jugez pas, vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et vous recevrez. »

Finalement il s'agirait de savoir faire un bon calcul. Une sagesse qui serait une simple hygiène de vie : le moyen de ne pas se trouver pris dans des conflits et de cultiver la tranquillité ou au moins une paix apparente....

C'est la première phrase de ce petit passage de l'évangile de Luc qui fait la différence :

« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. »

C'est ce « comme » qui change tout !

Cette miséricorde du Père, qui se décline en non jugement, non condamnation, don et pardon sans mesure, amour des ennemis, Jésus l'a manifestée sous nos yeux.

Le pardon tel que Jésus le révèle et l'incarne est inaccessible à l'homme laissé à ses seules forces.

Il faut être introduits dans la gratuité de Dieu, y avoir part, pour pouvoir offrir et accueillir un pardon à la manière de Dieu « comme lui ». Ce que nous, nous essayons de vivre tant bien que mal au jour le jour dans nos relations porte la trace de cette gratuité de Dieu.

Quand nous ne nous contentons pas d'excuses, d'oubli, de négation ou de silence, de justification, quand nous résistons à  la distance et la mésestime, déjà nous sommes sur le chemin du pardon évangélique et cela a goût de recréation, de résurrection.

« Apprenez de moi, mettez-vous à mon école, dit Jésus, car je suis doux et humble de cœur. »

Devant le Christ en croix :

« ...imaginant le Christ Notre Seigneur devant moi, placé sur la croix... » (Ex. Sp. n° 53)

Ecouter de lui :

« Père, pardonne-leur... »

« Aujourd'hui tu seras avec moi... »

« ...imaginant le Christ Notre Seigneur devant moi, placé sur la croix... »

Lui parler comme à un ami.

 

Nous sommes resté-es un moment en silence devant le Christ en croix, puis nous avons écouté le chant « Ame du Christ » en latin.

 

Cette liturgie de la Parole s’est terminée par une prière de conclusion :

« Quand j'aurai faim, donne-moi quelqu'un à nourrir.

Quand j'aurai soif, donne-moi quelqu'un à abreuver.

Quand j'aurai envie de pleurer, donne-moi quelqu'un à consoler.

Quand j'aurai mal, donne-moi quelqu'un à soigner.

Quand j'aurai envie d'être seul-e, donne-moi quelqu'un à visiter... »

Seigneur, élargis notre tablier, nos cœurs, pour les ajuster au tien

pour les ajuster au don que tu veux nous faire.

Conforme-nous chaque jour davantage à ta miséricorde.

Donne-nous aussi de bons yeux pour voir cette mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante

que tu verses déjà chaque jour dans nos tabliers,

et pour accueillir avec gratitude ce don des années de vie 40, 50, 60, 70 et 80 ans que tu nous donnes pour louer, aimer, servir.

Nous te le demandons par Jésus Christ, visage de ta miséricorde ;

Lui qui règne avec toi, Père, et avec l'Esprit Saint dans les siècles des siècles.

 

 

 

 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 17:26

Ce WE, j’ai fait ce que je fais souvent : aider des chercheur-euses de Dieu à entrer dans une écoute profonde de la Parole de Dieu. C’est mon « cœur de métier » comme on dit ! Je le fais lors de soirées, journées, WE et retraites de plusieurs jours.

 

Mais ce WE dernier était particulier, parce que ce n’étaient pas des catholiques-romains qui me le demandaient. C’étaient des chrétiens d’une autre Eglise. Est-ce que cela changeait beaucoup de choses ? Non, car nous avons la même foi en Dieu Trinité d’amour, le même baptême, le même Christ, nous nous abreuvons au même Evangile de grâce et de liberté.

 

Ils et elles étaient  6 (dont 2 prêtres) venant de Suisse.

Nous avons commencé le vendredi par un temps de méditation guidé avec le texte du prophète Isaïe au chapitre 43 : Dieu qui dit à chacun-e de nous : « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime ».


Le samedi matin, nous avons fait un « dialogue contemplatif ». C’est une manière de contempler ensemble un Evangile.

L’après-midi, nous avons eu un temps d’expression artistique ( dessin, peinture, modelage) et je leur ai proposé un autre texte mais cette fois-ci en donnant des pistes comme je le fais sur ce blog, ce que j’appelle un REP ( Regard et Ecoute de la Parole).


Le dimanche, nous avons commencé par un temps d’éveil des sens dans le parc ( regarder, écouter, sentir, toucher, goûter) et nous avons terminé par la célébration de la Messe.

 

De la Messe ? Et bien oui, puisqu’il y avait 2 prêtres !  Je sens que vous vous interrogez. Je vous ai bien dit que ce groupe n’était  pas catholique-romain… mais ils sont tout de même catholiques !

Cela demande une explication.

Ce groupe est membre d’une Eglise qui  est née en 1870 du refus du dogme de l’infaillibilité pontificale et du refus de la juridiction du pape sur tous les diocèses du monde. Cela se passait au concile Vatican I. Des évêques ont refusé cela et ont fait scission. 

Cette Eglise compte actuellement 500 000 personnes dans une vingtaine de pays, en particulier en Suisse, Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Pologne, République tchèque, Croatie, USA…et France. Elle fait partie du Conseil œcuménique des Eglises.

 

Sur l’essentiel, peu de choses la séparent de l’Eglise catholique romaine.

Mais elle a quand même un certains nombre de différences qui touchent à l’ecclésiologie et à la discipline des sacrements :

Le mariage des prêtres est possible et il y a des femmes prêtres (à ce WE il y avait un homme prêtre et une femme prêtre) ; les divorcés et remariés ne sont pas  exclus des sacrements de l’Eucharistie et de la Réconciliation et peuvent se marier une seconde fois.

 

Tous les ans, dans chaque diocèse, un synode est convoqué avec des délégués élus par les fidèles des paroisses. Ce synode est composé de laïcs, de diacres et de prêtres, chacun-e ayant une voix à égalité.

Une Eglise d’un pays peut prendre une décision qui n’engage pas la même Eglise dans un autre pays.

Les évêques de chaque diocèse se retrouvent régulièrement autour d’un Evêque-Primat qui est à Utrecht aux Pays-Bas. Celui-ci  est garant de l’unité de cette Eglise mais  n’a pas juridiction sur les autres évêchés des autres pays.

 

On peut les appeler catholiques de l’Union d’ Utrecht. Ils sont connus aussi sous le nom de vieux-catholiques ou, en Suisse, sous celui de catholiques-chrétiens.

 

J’ai donc vécu avec eux et pour eux un super WE œcuménique.

 

Pour en savoir plus, on peut consulter

le site suisse-roman :

www.catholique-chretien.ch 

 le site d’une communauté à Strasbourg : 

www.vieux-catholique-alsace.com     

le site d’une fraternité :

www.fraternitestvincentdelerins.fr 

Enfin, si vous lisez l'allemand) vous pouvez aller voir le site de l’Union d’Utrecht :

www.utrechter-union.org 

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 16:32


Vendredi dernier, au Centre Spirituel du Cénacle de Versailles, nous avons proposé une soirée pour des étudiants et des jeunes pro. pour écouter le témoignage de Thierry Bizot.

Il est l’auteur du livre : Catholique anonyme. D’où a été tiré le film : Qui a envie d’être aimé ?

Ce fut une superbe soirée.

J’ai été particulièrement intéressée par une de ses réflexions car elle rejoint ma propre expérience.

Thierry Bizot pose la question suivante : le succès du livre et du film montre bien que beaucoup sont travaillé-es par la question de Dieu. Pourquoi si peu font-ils le pas de la conversion ? A cette question, il répond : « Parce que les gens ont peur de Dieu. » Peur d’un Dieu qui demanderait forcément des choses à l’opposé de leurs désirs. Donc on reste à distance pour ne pas entrer dans cette opposition.

 

Thierry Bizot répond que cette image de Dieu est fausse. Dieu est au contraire celui qui nous aide à découvrir et réaliser nos vrais désirs.

Je signe mille fois cette réponse.

C’est cela que j’ai découvert en faisant les Exercices spirituels de St Ignace de Loyola : cette expérience m’a permis de libérer mon désir profond.

Ensuite, je n’ai pas cessé d’aider les gens que j’accompagne dans des retraites ou dans la vie, à découvrir cela.

 

Cela rejoint la question de la fausse compréhension de la volonté de Dieu. Elle n’est pas à chercher en dehors de soi. Comme si Dieu aurait écrit dans un grand livre ce que je dois faire. C’est terrible cette image, car comment découvrir ce qui y serait écrit ? Mais aussi quelle image de Dieu cela véhicule !  : Un tyran qui décide à notre place.

 

Non, l’expérience de Dieu  m’aide à aller au plus profond de moi pour découvrir ce qui me fera le plus vivre à plein, libère les désirs les plus profonds, les plus humains, les plus vivants qui vont me permettre de bâtir ma vie.

Ce n’est donc pas un conflit entre mon désir et le désir de Dieu mais la recherche du désir de Dieu au plus profond, au plus fort et au plus vivant de mon désir.

Un épisode de l’Evangile le montre très bien. C’est en Marc au chapitre 1 verset 40 à 45. Un lépreux vient vers Jésus et lui dit : « Si tu le veux, tu peux me guérir » et Jésus répond : « Je le veux, sois guéri ». Le désir de Jésus est le même que le désir de cet homme.

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 23:38

Au début de janvier, j’ai fait ma retraite annuelle. Tous les ans, nous prenons une semaine de solitude pour mieux écouter la Parole de Dieu.

Je voudrai vous partager une des joies de cette retraite.

J’ai contemplé la venue des mages à la crèche racontée par Matthieu au chapitre 2 versets 1 à 12.

Je les ai regardés  ouvrant leurs trésors et offrant des présents.

Et d’un seul coup, j’ai eu une lumière en moi, une joie immense,

Dieu ne leur avait rien demandé. Il ne demandait pas aux mages d’offrir ce qu’ils ont offert. Ils l’ont fait de leur propre initiative.

Mais Dieu accueille les dons qu’on lui fait. Il les accueille car il sait y voir une réponse d’amour.

Pourquoi, cela me réjouit tant de voir les choses comme cela ?

Le fond de cette joie porte sur le célibat consacré.

Ne pas se marier, ne pas avoir d’enfant est en soi une privation. Ce choix est rejeté, incompris, méprisé, par beaucoup. Si on attribue cela à Dieu, « Dieu le veut, le demande à certains »  on véhicule l’idée que c’est Dieu qui exige un sacrifice.

Ce texte des mages m’a délivré de cette idée. Dieu ne demande cela à personne. Il n’a pas écrit dans un grand livre que certains devraient vivre cela. Non, mais ce qui est vrai, c’est que certain-es d’entre nous ont choisit de vivre cela. Ce choix peut s’expliquer de diverses manières mais si c’est un choix juste, c’est en réponse à un amour. Un choix de vivre cela car on sent que cela permettra pour soi, une recherche de Dieu, une manière d’aimer Dieu et les autres, une source de liberté.

Cela reste un combat mais c’est en fait un vrai plaisir de liberté. En ce sens et de cette manière là, être seul-e peut être vécu comme une chance, une joie. Je l’expérimente souvent le soir en rentrant dans ma chambre. Joie d’être seule. Car c’est une solitude habitée par une recherche spirituelle.

Cette manière de dire les choses peut être mieux comprise par nos contemporains. C’est mon choix et ce n’est pas une décision que Dieu exigerait.

Il est urgent  de se libérer de tous les discours qui déforment l’image de Dieu et en font ce que Maurice Bellet appelle un « Dieu pervers ».

 

L’autre parole qui m’a un jour procuré la même joie, je la dois à un prêtre qui m’a dit : « vous ne devez rien à Dieu ».

Joie, car cela permet de donner à Dieu, non en raison d’une dette à payer mais en raison d’un amour.

 

J’ai continué à prier avec cette lumière et une autre est venue : Dieu n’exige rien…Il donne tout.

 

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