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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 09:46

Vous avez été nombreux à apprécier les articles de Cécile de Broissia qui est l’une des invitées de mon blog.

Je suis heureuse de vous informer qu’elle a créé son propre blog !

Vous pouvez maintenant la lire en cliquant sur : http://evangileetcommentaires.over-blog.com/

N’hésitez pas à faire des commentaires, cela encourage beaucoup.

Si vous vous abonnez, vous serez informé-e à chaque nouvel article qu’elle écrira.

 

Bonne lecture

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 14:16

 

 

Des questions, des réponses, des réflexions...

TED, pour élargir notre vision du monde.

 

Vous allez découvrir des milliers de videos par des spécialistes dans  divers domaines de la connaissance.

Un élargissement du cœur au dimension du vaste univers !

 

Quelques exemples parmi les plus récentes :

les 3 agences qui ont le pouvoir de faire et défaire l’économie

comment j’ai vaincu le trac

ce que j’ai appris de Nelson Mandela

ce que peuvent nous apprendre les galaxies très lointaines

les appareils du futur pourront-ils lire les images depuis notre cerveau


Cet article est sur le site des Sœurs du Cénacle :

 

http://www.ndcenacle.org/page-1244.html

 

Beaucoup de ces videos sont en anglais mais vous pouvez demander la traduction. Elle apparait sous la video.

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 22:33

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TÉMOIGNAGE CHRÉTIEN

Grand hebdomadaire chrétien issu de la résistance, engagé dans tous les combats du XXème siècle : 
- Contre le nazisme, les guerres coloniales et le totalitarisme. 
- Pour le droit des personnes, les conquêtes sociales et les nouveaux droits du XXIème siècle

Témoignage chrétien est un journal au service d'une démocratie exigeante et de l'unité de la famille humaine.

Chaque jeudi, un quatre pages format journal pour décrypter l’actualité résolument tourné vers l’action, l’engagement, le partage des savoirs et les initiatives des groupes et des personnes qui se mobilisent pour faire grandir l’humanité… 

Tous les mois, un supplément magazine de 100 pages à l’hebdomadaire pour approfondir avec des témoignages, des initiatives, des rencontres et des débats les grandes interrogations qui nous traversent et ce sur le terrain politique comme sociétal, religieux ou éthique…

Pour s’abonner

http://temoignagechretien.fr/abonnements

En vous abonnant, vous permettez à cet hebdomadaire et au site temoignagechretien.fr de gagner en autonomie et indépendance financière tout en soutenant l’information plurielle !

J’écris dans cet hebdomadaire un billet spirituel.

Vous pouvez aller  lire les 2 premiers en cliquant sur les liens suivants :

http://temoignagechretien.fr/articles/commentaires-spirituels/saints-de-dieu

http://temoignagechretien.fr/articles/commentaires-spirituels/etonnante-famille

 

 

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 22:41

 

Actualité & retraites  2014

 

A quelques jours de la fête de Pâques...

toute l'équipe vous souhaite une très belle semaine sainte.

Que ce temps soit une chance pour chacun d'entre nous, d'entrer dans une plus grande "connaissance intérieure du Christ", en l'accompagnant sur son chemin de passion et de résurrection.

N'hésitez pas à vous inscrire à nos prochaines retraites* :

  • Retraite du temps pascal : Avec Manuel Grandin sj et l'équipe de NDWeb, découvrir les Actes des Apôtres comme fondement de la première histoire chrétienne. [24 avril - 9 juin Pentecôte]
  • Retraite Écologie : Avec Eric Charmetant sj et Jean-Pierre Delhomme cvx, répondre à l'appel du pape François à prier et grandir dans l'émerveillement et le respect de la création. [2-29 juin]
  • Retraite de l'été : Avec l'équipe de NDWeb, ne pas oublier de se nourrir spirituellement en méditant l'exhortation apostolique du pape François : La joie de l’Évangile.

 * : Pour s'inscrire, cliquez sur le lien modifier votre souscription en bas de ce mail. Il vous dirigera vers la page pour sélectionner la retraite désirée.


A bientôt,
Marie-Thérèse, Michèle et Grégoire, bref... NDWeb !

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 20:23

 

Heureusement qu’il y a les nouvelles/news pour en parler !

 

 

 

 

http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/plaisirs-articles-section/bouger/3496-la-france-remporte-le-tournois-des-vi-nations-et-le-grand-chelem


La France remporte le Tournois des VI nations et le Grand Chelem


Mis en ligne le 17/03/14 I Rédaction par Isabelle Germain

19-15, face à l’Irlande. Les Bleues ont remporté le quatrième Grand Chelem de leur histoire à Pau dans un stade euphorique... Et dans l’indifférence de médias récalcitrants au sport féminin.


Ce n’est pas une blague, la France a bel et bien remporté le Tournois des VI nations cette année... mais un tournois féminin. Alors, point de commentateurs extatiques. Pas de reportage dans le principal quotidien sportif l’Equipe (pourtant subventionné par des fonds publics à hauteur d’environ 4 millions d’euros). Pas de glorieux « elles ont du cœur les petites » avec l’accent chantant du sud-ouest. Et pourtant, elles en ont du cœur ces joueuses. La plupart d'entre elles prennent des congés sans solde pour honorer ce tournois et s’entrainent dans des conditions matérielles compliquées.

Mais étant donné le peu d’écho qui est donné à leur performance, il est probable qu’elles poursuivent leur aventure sans grands moyens. Elles ont fait vibrer le stade du Hameau de Pau ainsi que le raconte le site rugbyrama qui voit les Françaises sur le toit de l’Europe. Elles ont su donner du plaisir à leur public. Mais chut, elles ne feront pas l'ouverture des journaux télé. Un progrès tout de même :le match a été transmis sur France 4 vendredi dernier.

Tabou

Le sport féminin semble encore être tabou. Ce lundi, le CSA faisait connaître sa désapprobation concernant le traitement journalistique des JO féminins de Sotchi sur le service public. Le tandem Monfort /Candeloro ayant à plusieurs reprises glosé sur le physique des sportives et fait des allusions à leur vie privée. Un comportement qui reflète le traitement du sport féminin dans les médias mainte fois dénoncé par les sportives lasses d’être réduites à une fonction décorative (voir Marion Bartoli fait mouche)

Le sport féminin est subversif aux yeux de ceux qui considèrent que « la » femme doit être sexy sans autre forme de procès. Et ils le font savoir dans les micros que le service public leur confie. Il faudra attendre que les mentalités des journalistes sportifs évoluent pour que le rugby, sport dit « viril mais correct » sorte de l’ombre quand il est joué par des femmes.

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 10:39

 

Voici un article trouvé sur le site d'une paroisse à Bordeaux animée par une communauté jésuite

http://nda33.fr/les-jesuites-et-les-femmes/

Merci à nos amis jésuites d'avoir publié ce décret lors de leur rencontre internationale en 1995. Il est toujours d'actualité.


 

En cette journée internationale des femmes, il intéressant de découvrir la parole… d’hommes religieux…

Il s’agit des jésuites… En effet, aux hasards de navigation sur Internet vous pouvez tomber sur leur site et découvrir un texte de loi étonnant… Il s’agit d’un texte créé en 1995 à l’occasion d’une de leur Congrégation Générale, l’instance suprême de leur gouvernement, qui ne fut réunie que 35 fois depuis leur fondation au XVIe siècle… C’est dire que, lorsque cette instance publie des décrets, ceux-ci ne sont pas des documents qui peuvent être considéré avec légèreté…

Or que trouvons nous dans le 14e décret ? La position de « la Compagnie et la situation des femmes dans l’Eglise et dans la société civile ». Un document qui, aux dire mêmes de ceux qui l’ont réalisé a provoqué « une grande surprise », car « rien ne faisait prévoir à l’avance » la possibilité d’un tel texte… C’est dire si ce document n’est donc pas le fruit d’un quelconque lobby, préparé à l’avance, mais bien le fruit d’un patient travail d’écoute, de prière et de lecture fine d’une situation historique. Et il est clair que cette émergence laissa place « à un accueil chaleureux et un appui sans ambigüité ».

Cette Congrégation Générale a donc voulu attirer l’attention des jésuites sur leurs attitudes et leurs réactions face à ce problème de la situation des femmes. Car il ne s’agit pas d’un « décret sur la femme », et ils n’ont pas la prétention de « parler au nom des femmes » mais comme ils le disent eux-mêmes, c’est un décret qui s’adresse aux jésuites et veut que, dans la fidélité à leur mission, ils n’oublient pas un problème aussi évident que celui de cette « tradition civile et ecclésiale qui a blessé les femmes »

Ce décret commence donc par une analyse lucide et sans fard de la situation. Dès le début le ton est donné : « La domination des hommes dans leurs relations avec les femmes s’est traduite de multiples manières. » (§ 2) Et les jésuites reconnaissent leur part de responsabilité : « Pourtant nous portons encore avec nous l’héritage d’une discrimination systématique contre les femmes.  […] il fait partie d’un ensemble de préjugés et de stéréotypes culturels plus profonds. Beaucoup de femmes, en vérité, estiment que les hommes ont été lents à reconnaître la pleine humanité des femmes. Elles font souvent l’expérience d’une réaction de défense de la part des hommes quand elles attirent leur attention sur cet aveuglement.» (§ 3)

Ils rappellent que c’est Jean-Paul II lui-même qui « a demandé à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté, spécialement aux catholiques, de faire de l’égalité fondamentale des femmes une réalité vécue. Ceci est un authentique “signe des temps” » (§ 5)

Aussi les jésuites en prennent acte et en assument les conséquences : « Ces sources nous appellent à changer nos attitudes et à travailler à un changement des structures. […] Le ton de cette réflexion de l’Église sur l’Écriture indique clairement qu’il y a urgence à relever le défi de traduire la théorie en pratique, non seulement hors de l’Église, mais aussi au sein de celle-ci. » (§ 6). Et cela sans confusion des genres ou de la place qui tient à chacun : « La Compagnie de Jésus relève ce défi et accepte la responsabilité qui est la nôtre de faire ce que nous pouvons en tant qu’hommes et en tant qu’ordre religieux masculin. Nous ne prétendons pas parler au nom des femmes. Nous parlons, cependant, à partir de ce que nous avons appris des femmes sur nous-mêmes et sur nos relations avec elles. » (§ 7)

La première démarche commence alors par un acte de repentance impressionnant par sa simplicité et de pardon : « En réponse à cette interpellation nous, jésuites, demandons d’abord à Dieu la grâce de la conversion. Nous avons fait partie d’une tradition civile et ecclésiale qui a offensé les femmes. Comme beaucoup d’hommes, nous avons tendance à nous convaincre qu’il n’y a là aucun problème. Fût-ce sans la vouloir, nous avons souvent participé à une forme de cléricalisme qui a renforcé la domination masculine en l’accompagnant d’une sanction prétendument divine. Par cette déclaration, nous voulons réagir personnellement et collectivement, et faire ce que nous pouvons pour changer cette situation regrettable. » (§ 9)

Vient alors le temps d’une reconnaissance du bienfait de la complémentarité du travail avec les femmes : « Nous savons que le développement de notre propre foi et une grande part de notre ministère seraient considérablement amoindris sans le dévouement, la générosité et la joie que des femmes apportent dans nos écoles, nos paroisses et d’autres champs d’apostolat dans lesquels nous travaillons ensemble. Cela est particulièrement vrai de l’apport des femmes, laïques et religieuses, parmi les pauvres, en milieu urbain ou rural, souvent dans des situations très difficiles et pleines de défis. […] De nombreuses femmes ont contribué à renouveler notre tradition théologique d’une manière qui a libéré à la fois les hommes et les femmes. Nous voulons dire ici que nous apprécions cette généreuse contribution des femmes, et nous espérons que cette collaboration dans le ministère pourra se poursuivre et se développer. » (§ 10)

Peut alors s’envisager avec lucidité, sans idéalisme ou angélisme, l’avenir pour continuer à avancer : « Nous ne supposons pas qu’il y ait un modèle unique de relations entre homme et femme qui doive être recommandé, encore moins imposé, pour le monde entier ou même dans une culture donnée. Nous soulignons plutôt la nécessité de beaucoup de tact dans notre réponse. […]Nous devons être spécialement attentifs à adopter une pédagogie qui ne mène pas à une plus grande séparation entre hommes et femmes, celles-ci étant déjà, dans certaines circonstances, soumises aux énormes pressions d’autres forces culturelles et socio-économiques sources de division. » (§ 11)

Vient alors la reconnaissance de ce que l’on pourrait appeler un ministère d’écoute, première étape fondamentale avant d’aller plus loin : « En tout premier lieu, nous invitons tous les jésuites à se mettre sérieusement et courageusement à l’écoute de l’expérience des femmes. Beaucoup de femmes sentent que les hommes tout simplement ne les écoutent pas. Rien ne peut remplacer cette écoute. Plus que toute autre chose, c’est elle qui apportera le changement. Sans écoute, toute action dans ce domaine, quelque bien intentionnée qu’elle soit, passera probablement à côté des préoccupations réelles des femmes, confirmera la condescendance masculine, et renforcera la domination des hommes. L’écoute, dans un esprit de partenariat et d’égalité, est la réponse la plus concrète que nous puissions donner, et le fondement même de notre partenariat pour la réforme des structures injustes. » (§12)

Peut venir alors l’invitation à des actions de solidarité très concrètes à savoir
« l’enseignement explicite dans nos ministères, […] de l’égalité essentielle entre hommes et femmes ;
un soutien donné aux mouvements de libération qui s’opposent à l’exploitation des femmes et encouragent leur entrée dans la vie politique et sociale ;
une attention spéciale au phénomène de la violence exercée contre les femmes;
une présence adaptée de femmes dans les ministères et les institutions jésuites, sans exclure la formation ;
la participation authentique de femmes dans les instances de consultation et de prise de décision dans nos ministères ;
une collaboration pleine de respect avec nos collègues femmes dans les projets communs ;
l’emploi du langage “inclusif” qui convient dans les discours et les documents officiels ; la promotion de l’éducation des femmes et, en particulier,
l’élimination de toute forme de discrimination injustifiée entre garçons et filles dans le processus d’éducation. » (§ 13)

 

Les jésuites mesurent bien que de telles attitudes ne peuvent aller sans provoquer des changements profonds au sein même de l’Eglise : « Le changement de sensibilité que cela comporte aura, inévitablement, des implications pour l’enseignement et la pratique de l’Église. Dans ce contexte nous demandons aux jésuites de vivre, comme toujours, avec la tension qu’implique le fait d’être fidèles aux enseignements de l’Église et d’essayer en même temps de lire avec exactitude les signes des temps. » (§ 14)

Vient alors le temps de la conclusion : « La Compagnie rend grâces pour tout ce qui a déjà été accompli, souvent au prix d’une lutte difficile, pour de plus justes relations entre hommes et femmes. Nous remercions les femmes pour l’exemple qu’elles ont donné et continuent à donner. » « Surtout nous voulons engager la Compagnie d’une manière plus formelle et plus explicite à considérer cette solidarité avec les femmes comme faisant partie intégrante de notre mission. » (§15 & 16)

 

Un bel exemple qui nous est donné en Eglise et qui peut en inspirer d’autres 

 

 

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 13:46

Voici le début d'un article paru sur le site du Comité de la Jupe. J'ai mis en fin de citation, les lien pour lire l'article sur l'exclusion des filles et des femmes de fonctions liturgiques ouvertes aux laïcs ainsi que la lettre aux curés.

 

"Beaucoup d’entre nous connaissions personnellement des situations de discrimination sexuelle pendant les messes des paroisses catholiques que nous fréquentions : des jeunes filles et des femmes exclues de fonctions liturgiques ouvertes aux laïcs comme le service de l’autel (enfants de chœur), la distribution de la communion, voire les lectures de la Bible. Mais qu’en était-il au-delà de notre expérience personnelle ?

Pour répondre à cette question, le 24 mars 2012, le Comité de la Jupe lança une cartographie des pratiques d’accueil ou d’exclusion des femmes dans la liturgie dominicale des paroisses. Le but annoncé était triple : « donner une information aux femmes et aux hommes qui souhaitent rejoindre une communauté manifestant leur égale dignité ; rendre visible l’exclusion des femmes afin que les pratiques arbitraires et silencieuses de certains curés soient débattues ; faire prendre la mesure par nos évêques des exclusions non autorisées par le droit canonique concernant la distribution de la communion et les lectures. » La Croix et Témoignage Chrétien informèrent de l’initiative et très rapidement la carte reçut des milliers de visite.

Aujourd’hui nous dressons un premier bilan de l’initiative et alertons les responsables par une « lettre ouverte aux curés ».


http://www.comitedelajupe.fr/laics-et-femmes-deglise/415-des-paroisses-excluent-les-femmes-de-services-liturgiques-premier-bilan-de-notre-cartographie/

 

http://www.comitedelajupe.fr/nos-actions/lettre-ouverte-aux-cures-de-nos-paroisses-sur-l%E2%80%99exclusion-des-femmes-des-fonctions-liturgiques/

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 22:43

Le charisme d’un Institut religieux est un don de l’Esprit, pour l’Eglise entière, que l’Institut doit vivre et partager en qualité de témoin, auprès de tous et de toutes. Il est une manière particulière de suivre le Christ car aucune réalité ecclésiale ne dit à elle seule la totalité du mystère du Christ mais chacune, humblement, en rappelle tel ou tel aspect.

L’Institut religieux des Sœurs de Notre-Dame du Cénacle veut vivre, partager et rappeler l’importance de l’écoute de la Parole qui est le Christ Lui-même ; écoute comme expérience et pas seulement comme connaissance ; écoute de la Parole qui éclaire et fortifie nos vies, dans le plus concret de l’existence humaine ; écoute de l’Esprit pour discerner et choisir ce qui va dans le sens de Dieu -c’est à dire de ce qui fait vivre ; écoute avec d’autres, en Eglise, communauté de sœurs et de frères livrés à l’Esprit ; écoute, condition première pour communiquer le Christ aux autres ; écoute, ouverture à cet apostolat spécifique : permettre cette expérience à autrui, par les moyens concrets des retraites spirituelles, par les divers types de formations chrétiennes et d’accompagnement spirituel personnel comme de toutes les « formes de service spirituel du prochain ».( Constitutions n° 23.)

Ce charisme a trouvé sa « forme évangélique » dans le mystère de Marie au Cénacle. Marie et les disciples y étaient sur « ordre de Jésus »( Ac 1/4 dans la traduction liturgique.) pour vivre le primat d’une expérience de Dieu dans le silence de l’écoute de la Parole ; il fallait que leur action soit sous l’inspiration de l’Esprit qui donne force et audace afin qu’ils deviennent les apôtres de cette Parole qui a transformé leur vie.

Ce charisme a été inauguré par la fondatrice de N-D du Cénacle, sainte Thérèse Couderc(1805-1885). Dés 1926, il a commencé à être partagé bien au-delà de la communauté des Sœurs donnant naissance à deux autres branches de cette famille spirituelle : le Groupement Séculier - femmes laïques consacrées par des vœux- et la Fraternité - laïcs, hommes et femmes, mariés ou célibataires, voulant irriguer leur vie chrétienne de la spiritualité du Cénacle.

 

Une quatrième branche naît le 19 mai 2007 : Communion Apostolique Notre-Dame du Cénacle. Nouveauté de l’Esprit venue à la demande de deux femmes, collaboratrices de l’un de nos Centres spirituels, partageant déjà avec les sœurs du Cénacle un même apostolat des retraites, de l’accompagnement et de l’animation de week-ends spirituels. Elles sentaient un appel à vivre plus profondément leur consécration baptismale en mettant l’accent sur quatre points : vivre leur baptême, se nourrir d’une spiritualité, être apôtres envoyé(es), avoir un lien privilégié avec une communauté.

- Vivre son baptême :

L’une est mariée, l’autre veuve, toutes deux sont bien enracinées dans leur vie familiale, sociale, ecclésiale. C’est au cœur même de leur baptême, qui les configure au Christ, prêtre, prophète et roi, qu’elles entendent être disciples à la manière de la famille spirituelle du Cénacle, sans rupture avec les solidarités prises antérieurement.

- Se nourrir d’une spiritualité :

Elles désirent vivre une vie de disciples et d’apôtres vivifiée aux sources d’une spiritualité particulière, fruit de l’expérience de Thérèse Couderc, des Exercices spirituels d’Ignace de Loyola et du mystère du Cénacle.

- Etre apôtre envoyé(e) :

En acceptant leur engagement, notre Congrégation a reconnu en elles une compétence à exercer l’apostolat à la manière de la famille spirituelle du Cénacle, et selon son charisme. Chacune a reçu une lettre de la Provinciale fixant les grandes lignes de la mission qu’elles exerceront au titre de leur appartenance à la Communion Apostolique Notre-Dame du Cénacle. La provinciale a désigné à chacune une sœur avec laquelle discerner -les appels reçus, relire -leurs apostolats et être soutenues -dans leur mission- --Avoir un lien privilégié avec une communauté : Leur communauté de rattachement est celle de Versailles ; elles y trouveront soutien, ressourcement et fraternité.

 

Nouvelle branche d’une famille spirituelle ! Nouveauté ! Un projet qui commence signe une évolution. Le livre de vie, actuellement en cours d’élaboration, est qualifié de  « Projet évolutif » pour bien souligner son caractère expérimental. Il ébauche les différentes étapes qui précédent l’engagement : discernement de la vocation, formation, premier engagement de deux ans, suivi de l’engagement définitif. Il décrit aussi les exigences de cet engagement : prière, vie sacramentelle, accompagnement, formation humaine et théologique. Cette vocation s’adresse à des femmes et à des hommes, saisis dans leur être baptismal par le désir d’un service spirituel fort.

Il s’agit d’un véritable appel, d’une vraie vocation. Et il est significatif que la Revue nationale des Vocations fasse écho à ce mouvement qui touche actuellement de nombreux Instituts religieux, tant masculins que féminins, dans la suite du grand mouvement inauguré par le Concile Vatican II.

D’une part, le Concile affirme avec force que les laïcs sont « incorporés au Christ par le baptême, intégrés au Peuple de Dieu, faits participants à leur manière de la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ, exerçant pour leur part dans l’Eglise et le monde, la mission qui est celle de tout le peuple chrétien » (Constitution dogmatique sur l’Eglise : Lumen Gentium § 31)

D’autre part, le Concile affirme avec autant de force que tous les chrétiens, quel que soit leur état de vie, sont appelés par Dieu à « une sainteté dont la perfection est celle même du Père » ( Lumen Gentium § 11) et à « marcher à la suite du Christ pauvre et humble ».(Lumen Gentium § 41)

Ainsi ce mouvement des laïcs associés vient nous redire que l’appel à la sainteté, l’engagement à être apôtre, à la suite du Christ ne sont pas des « monopoles » réservés à certaines vocations mais sont l’horizon de tout baptisé-e !

 

La liturgie du 19 mai 2007 signifiait vraiment qu’entrer dans la Communion Apostolique Notre-Dame du Cénacle est une vraie vocation. L’engagement a eu lieu après la lecture de l’Evangile. Il a débuté par un appel auquel chacune de ces deux femmes a répondu par cette formule dynamique : « Seigneur me voici » !

Ensuite il y a eu un dialogue entre elles et la Supérieure Générale ; elles ont répondu « oui, je le veux » aux cinq questions posées :

- « Par le baptême, le Seigneur a fait alliance avec vous. Aujourd’hui il vous appelle personnellement à renouveler cette alliance par votre engagement dans la Communion Apostolique Notre-Dame du Cénacle. Voulez-vous, par cette appartenance, vous laisser saisir de plus en plus par le Christ ? »

- « Voulez-vous suivre Jésus Christ  sur le chemin de la vraie liberté des enfants de Dieu? »

- « Voulez-vous participer à la mission apostolique  de la Congrégation de Notre-Dame

du Cénacle et vivre de sa spiritualité ? »

- « Voulez-vous enraciner votre vie dans l’écoute de la Parole de Dieu et l’accueil de l’Esprit Saint ? »

- « Voulez-vous coopérer à la croissance humaine et spirituelle de toute personne qui désire découvrir ou approfondir le chemin de vie offert par le Christ ? »

Enfin l’engagement, proprement dit, commençait ainsi : « Père, pour répondre à l’appel de Ton Fils Jésus et m’offrant à la force de Ton Esprit, je me livre à Toi sans réserve pour le service de l’Eglise… »

 

En 2005, alors que nous fêtions le bicentenaire de la naissance de Sainte Thérèse Couderc, par son intercession nous avons demandé à Dieu la grâce « d’accueillir les vocations nécessaires pour vivre la mission qui nous est confiée ». La naissance de la CApNDC -Communion Apostolique Notre Dame du Cénacle- est une des réponses que Dieu nous a faites et qui réalise aussi la demande de notre dernier Chapitre Général : l’ouverture à de nouvelles formes d’appartenances à la famille du Cénacle.

Que la nouveauté de l’Esprit continue d’être accueillie dans notre Eglise et dans le monde !

 Article paru dans la revue Jeunes et vocations n°126 d'août 2007                                                                                               

 

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 15:11

Aujourd’hui, je vous partage une intervention que j’ai faite lors d’un rassemblement à Lourdes. Cette rencontre avait pour but de montrer la vitalité d’un partenariat entre des ordres religieux et des laïcs. En effet, de plus en plus nombreux sont des laïcs qui font alliance avec des communautés religieuses pour un partage de spiritualité ou de mission. La famille spirituelle du Cénacle était présente à ce rassemblement car elle vit cette réalité : une famille spirituelle composée d’une fraternité de laïcs, d’un Institut séculier, d’une Communion Apostolique, d’un ordre religieux.

Il m’avait été demandé d’animer un forum avec la question suivante : dans une famille spirituelle où il y a des religieux-ses et des laïcs, qui est garant du charisme ? Comment les laïcs l’enrichissent-ils ?

Voici ma réponse :

 

Pour répondre à la double question qui est posée : Qui est garant du charisme et comment les laïcs l’enrichissent, il est nécessaire d’abord d’être au clair sur ce qu’est un charisme.

I : Qu’est-ce que le charisme d’un Institut religieux ?

Le mot charisme attribué à un Institut est une manière récente de parler. On le trouve pour  la première fois dans un document officiel de l’Eglise, l’exhortation apostolique de Paul VI Evangelica  Testificatio(PAUL VI, Exhortation apostolique « Evangelica testificatio », DC n°1590, année 1971, p.652-661) .Il sera ensuite repris fréquemment dans des documents traitant de la vie religieuse.

On parlera du charisme d’un Institut. Le père Dortel-Claudot définit le charisme d’un Institut comme « l’ensemble des éléments essentiels et non- contingents , qui constituent sa spécificité, son originalité , son côté un peu unique. »( M. DORTEL-CLAUDOT, Les laïcs associés. Participation de laïcs au charisme d’un Institut religieux,

Paris, Médiasèvres 2001, p. 62) Il le modélise sous forme la forme d’un triangle

Ce triangle lui-même en comporte 4 :

Le 1 est le cœur du charisme : la spiritualité.

Le 2 est le type de relation qu’il y a entre contemplation et action.

Le 3 est le type de service apostolique.

Le 4 est le type de relation qu’il y a entre pôle apostolique et pôle communautaire.

Etant au cœur du charisme,  la spiritualité va informer les 3 autres éléments.

Elle va informer le rapport contemplation/ action, le type de service apostolique et le rapport apostolat/ communauté.

Précisons donc ce qu’est une spiritualité puisqu’elle au cœur du charisme !

A : C’est d’abord une manière particulière d’être saisi par l’expérience du Christ.

C’est une saisie particulière de Son visage, une attirance sur tel ou tel aspect de Son être, de Ses paroles, de Ses options et  de Ses actions

Pour mieux saisir ce qu’est une spiritualité, voilà deux questions que Michel Dortel-Claudot  proposait un jour à des membres d’un Institut religieux, pour les aider à définir leur charisme. Il leur demandait :

« D’après vous quels gestes concrets du Christ, quelles attitudes face à son Père, face aux hommes vous sentez-vous invités à reproduire de préférence en raison de votre charisme… 

Quels gestes  du Christ, vers quels mystères de Sa vie votre instinct spirituel vous conduit-il naturellement » ?( M.DORTEL-CLAUDOT, « Réflexion sur le charisme d’une Congrégation », U.I.S.G.,n°48 (1978), p.28-29)

C’est donc une théologie ou plutôt une christologie.

Mais non pas sous forme d’un savoir, d’un contenu, « ce dont on parle », mais ce dont on fait l’expérience et une expérience qui touche au plus intime de soi.

B : Cette christologie vécue informe une anthropologie.

Une manière particulière de se vivre soi-même, d’être en relation avec les autres, de vivre au monde et de considérer le monde.

C : C’est aussi une pédagogie spirituelle.

Elle ouvre des chemins pour marcher avec Dieu et venir à Lui : des chemins de prière, des moyens de progrès, des vigilances particulières, des attitudes privilégiées.

D : Cette pédagogie spirituelle a été vécue et inaugurée par une fondatrice, un fondateur.

Elle ou il a donné goût à d’autres de suivre le Christ de cette manière-là. Leur expérience en a attiré d’autres qui se sont joints à elle ou à lui.

 

II : Ce charisme peut-il être partagé ?

Cette deuxième question est à poser avant de se demander  « qui est garant du charisme ? » dans le cadre d’un charisme donné en partage et dont peuvent vivre à la fois des laïcs et des religieux.

Qu’est-ce qui dans la configuration (donnée plus haut) du charisme d’un Institut Religieux peut être partagé ?

La spiritualité ?

Oui complètement. C’est de l’ordre d’un appel, d’une vocation. Une figure spirituelle fondatrice attire des chrétiens parce qu’elle est déjà au plus intime d’eux-mêmes. En lisant ses écrits, en découvrant sa vie, en rencontrant une  famille dont cette figure est à l’origine, ces chrétiens reconnaissent un chemin spirituel qui est déjà en eux en germe ou en croissance. Cela vaut pour tous les membres d’une famille spirituelle, laïcs et religieux-ses.

Le rapport contemplation/action ?

Oui, aussi, car comment vivre d’une vie chrétienne authentique s’il n’y a pas un enracinement profond dans la prière quelle que soit sa forme ? Comment vivre ce visage préférentiel du Christ si on ne Le contemple pas dans Son Evangile, si on ne prend pas du temps dans le silence et le recueillement pour Le regarder, L’écouter, L’aimer ? Et L’aimer à notre tour dans le service de ce monde ?

Ce sera vécu avec des différences selon les situations particulières de chacun-e ou selon l’état de vie. Mais cela doit rester une exigence forte

Le type de mission apostolique ?

Ici, des nuances sont à apporter.

*Le partage du service apostolique au sens strict :

Des laïcs n’ont pas forcément à travailler dans les même œuvres que les religieux.

Pas forcément, mais cela peut se faire et se fait quelquefois.

*Le partage du service apostolique au sens large :

Oui dans un certain sens car si le charisme est une certaine sensibilité au visage du Christ, leur service apostolique que les laïcs tiennent de leur baptême aura forcément une coloration dûe à la famille spirituelle à laquelle ils appartiennent. Ici le mot partage veut dire «  souci d’un même service »  et pas « service vécu ensemble ».

D- Rapport pôle apostolique et vie communautaire ?

*Si l’on prend vie communautaire au sens de vie sous un même toit

2 cas sont possibles :

-oui : à l’exemple de certaines communautés nouvelles où cohabitent des laïcs et des religieux :

dans ce cas, le partage va jusque là.

-non : il n’est pas nécessaire ,ni même souhaitable que le partage aille jusque là.

*Mais la dimension « communautaire » au sens large peut être vécue très fortement sous forme d’un esprit fraternel fort, fait de soutien, de solidarité, de relations de toute sorte. Le  « voyez comme ils s’aiment » d’une fraternité laïque  a aussi à être vécu sans qu’il y ait pour cela vie commune. Et elle peut s’exprimer aussi dans des actions communes.

 

III : Qui est garant ? A quelles conditions ?

Après avoir clarifié la notion de charisme d’un Institut Religieux et vu comment il peut être partagé, selon des modalités variées et différentes, il est possible maintenant de répondre à la question posée : qui en est le garant ?

Il me semble que la réponse s’impose : tous et toutes, laïcs comme religieux. Quel que soit le type de liens entre un Institut Religieux et des laïcs, le charisme d’une famille spirituelle, étant le bien de tous, tous en sont responsables.

Il est de la mission de tous de le vivre le plus intensément possible, d’y être fidèles en inventant pour aujourd’hui les chemins nouveaux nécessaires pour l’actualiser pour qu’il continue d’être pertinent pour le monde d’aujourd’hui et adapté aux besoins nouveaux.

Mais pour cela deux conditions sont à réaliser :

A : un changement de mentalité

Il est nécessaire que l’Institut Religieux ne se considère pas comme « propriétaire » du charisme ou encore son lieu  privilégié, ne se  considère pas comme le centre autour duquel graviteraient des groupes de laïcs. Parce que ce qui est au centre, c’est le Christ dont le fondateur ou la fondatrice a fait l’expérience et qui a inauguré une manière particulière de le vivre. Voilà le centre auquel tous et toutes nous sommes  arrimés, laïcs et religieux-ses, et dont laïcs et religieux-ses sont les héritiers à égalité, à part égale.

Dans son livre Bernadette Delizy(B.DELIZY, Vers des  «  familles évangéliques » : le renouveau des relations entre chrétiens et congrégations, Paris, Editions de l’Atelier et editions ouvrières, 2004, p. 481) suggère une image qui me semble parlante :

Dans une famille il y a l’aîné qui est né en premier puis sont venus  les suivants.

Dans la plupart des cas (mais pas toujours), ce qui est né en premier du charisme d’un fondateur, d’une fondatrice, c’est l’Institut Religieux et ensuite les groupes de laïcs (c’est pourquoi on les a appelés souvent tiers- ordre, c’est à dire qu’après l’ordre masculin et l’ordre féminin, une troisième règle de vie pour laïcs était écrite.) Mais venir en premier fait-il de l’aîné quelqu’un qui aurait une supériorité spirituelle ? L’image au contraire induit que l’aîné ou les cadets ont en héritage une unique filialité, en partage un unique héritage et une commune fraternité.

Il nous faut donc pour cela un changement de mentalité.

Quitter un modèle hiérarchique qu’on peut modéliser par des flèches descendantes   :

Charisme

 

Institut religieux

 

Groupes de laïcs

Que nous montre cette modélisation ? Elle montre que les laïcs n’ont accès au charisme que par la médiation de l’Institut Religieux. Celui-ci, dans ce schéma, au lieu d’être le frère et la sœur premier né-e, se considère comme « parent », ce qui fait rester les laïcs dans la posture de l’ « enfant ».

Par contre, on peut vouloir vivre et vivre déjà selon un autre modèle

Je l’ai trouvé dans une fraternité de laïcs(M.ETHIER, Au cœur de nos arrimages, laïques et personnes consacrées sur des chemins d’alliance, dans Cahiers de Spiritualité Ignatienne, Québec, mai-aout 2005, n°113, p.51) : on peut l’appeler la modélisation en marguerite.

Le cœur de la fleur, c’est le charisme : ce visage particulier du Christ à expérimenter, à aimer et communiquer à d’autres, ce qui colore une manière d’être au monde, de prier, de servir, de faire communion.

Les pétales, ce sont les différentes branches qui vivent de ce charisme, s’en nourrissant et le rendant fécond pour l’Eglise et le monde : l’Institut Religieux est un pétale parmi les autres : aîné oui, peut-être selon les cas, mais tout autant fils comme les autres et frères avec les autres.

Changement de mentalité  qui va produire une certaine façon de transmettre l’héritage de la part de l’Institut religieux.

B : Une certaine manière de transmettre.

Il y a deux manières de transmettre. La première va maintenir l’autre dans une attitude de dépendance. On ouvrira les trésors de la tradition de l’Institut, mais ce sera toujours les religieux qui dispenseront l’enseignement. Ou alors, la formation sera telle qu’elle permettra aux laïcs de se l’approprier pour pouvoir la transmettre à leur tour.

C : Une ecclésiologie.

Cette modélisation n’est possible, souhaitable et souhaitée que si l’on se situe résolument dans la perspective ecclésiologique inaugurée par le concile Vatican II.

Le concile a inauguré une rupture avec un modèle compartimenté et hiérarchique.

Je vais caricaturer ce modèle. Une caricature a l’avantage du choc et de l’humour. De plus cette caricature est encore présente dans les esprits.

1-Quitter une ecclésiologie compartimentée et hiérarchisée :

- Compartimentée :

L’Eglise serait le domaine des prêtres. Les médias en sont encore là, et peut-être encore nous, quand nous disons « Qu’en pense l’Eglise ? » Nous mettons-nous dans cette Eglise qui pense, ou désignons-nous les évêques ou le pape ?

La spiritualité et la voie plus parfaite seraient le domaine des religieux-ses. Dans nos têtes traîne encore que cette vocation est une suite du Christ de plus près, plus parfaite, toujours de l’ordre du plus, sous le signe d’un « hors monde »

Le monde serait le domaine des laïcs. Mais comme le monde n’est pas forcément vu positivement, lieu de tous les dangers, ce qui leur échoit n’est pas le meilleur !

-Hiérarchisée :

Selon les cas, avec la vie religieuse comme médaille d’or ou le clergé ! Mais de toute manière la médaille de bronze pour les laïcs !

2-Entrer dans une ecclésiologie du Peuple de Dieu :

Pour apporter un démenti à ce cloisonnement et à cette hiérarchisation il y a d’abord une réalité autre en accord avec l’ecclésiologie de Vatican II

-La réalité :

Des laïcs sont acteurs dans la vie interne de l’Eglise (que serait l’Eglise, par exemple,  sans les milliers de catéchistes laïcs ?) ; des religieux sont à même la pâte humaine dans leurs lieux d’insertions sociales, professionnelles, humanitaires ; même un curé de paroisse est au cœur du monde par tout ce que suppose l’animation d’une paroisse, etc…

Tous et toutes sont à l’œuvre dans ce monde car l’Evangile dont nous sommes tous responsables est fait pour la pâte de la vie de ce monde. Faire vivre des communautés vivantes et qui donnent goût à croire, est la mission de tous et de toutes. Et pour cela toutes et tous sont appelés à vivre de l’Evangile de la manière la plus radicale qui soit, enracinés dans une vie spirituelle forte.

-La rupture ecclésiologique inaugurée par Vatican II :

Pour la  constitution dogmatique sur l’Eglise, Lumen Gentium, ce qui est premier, ce qui caractérise l’Eglise, c’est d’être peuple de Dieu. La constitution met en premier ce qui est commun à toutes et tous. Par le baptême nous

«sommes rendus semblables au Christ…élevés à la communion avec Lui et entre nous ». n°7

« Consacrés pour être une demeure spirituelle et un sacerdoce saint…porter témoignage du Christ sur toute la surface de la terre » n°10

 « Délégués pour le culte chrétien » n°10

-    «  Commune est la dignité du fait de leur régénération dans le Christ…commune la vocation à la perfection…il n’y a donc dans le Christ et dans l’Eglise, aucune inégalité qui viendrait de la race ou de la nation, de la condition sociale ou du sexe » n°32

-Apostolat auquel « tous sont députés par le Seigneur Lui-même en vertu du baptême et de la confirmation » n°33

-« Tous ceux qui croient au Christ, quelque soit leur condition ou leur état de vie, sont appelés par Dieu, chacun dans sa route, à une sainteté dont la perfection est celle même du Père. » n°11

 

Cette ecclésiologie inaugurée par le Concile (mais qui est encore loin d’avoir donné tous ses fruits et qui peut être aussi mise en danger par des retours en arrière,) rejoint donc le vécu.

C’est sur ce fondement, qu’il me semble possible de répondre clairement à la question posée. Qui est garant du charisme ?

De même que tous et toutes  laïcs et religieux d’une même famille spirituelle) sont baptisés, consacrés, envoyés, apôtres, liturges de Dieu, vivant d’un charisme reçu d’un fondateur, ils et elles sont toutes et tous garants du charisme.

C’est leur propre fidélité créatrice à ce charisme qui fera que les uns et les autres, les laïcs comme les   religieux,  garderont ensemble la fécondité d’un charisme et l’enrichiront mutuellement.

Cela demandera peu à peu à l’inscrire de manière institutionnelle. On peut imaginer que chaque branche d’une famille spirituelle ait un chapitre et envoie des délégués à un chapitre qui représenterait les diverses branches.

 

Je veux terminer en faisant écho au livre de Bernadette Delizy « Vers des familles évangéliques »

Sa recherche l’a conduite (et je la cite) : « à dépasser le terme même de charisme pour le remplacer par celui de famille évangélique, à délaisser le clivage religieux/laïcs pour se situer dans la perspective d’une communion de communautés ecclésiales. Chacune étant fondée par une figure évangélique et se différenciant des autres par un projet ecclésial et social typé, toutes étant reliées par cette même figure »

Son interprétation « invite à revenir à Jésus-Christ, à repartir de Lui, à Le situer au centre de toutes ces relations. Il est l’unique force centripète et centrifuge. Voilà la source ! D’elle et d’elle seule découle tout le reste. Les relations mutuelles sont bâties sur un visage référentiel et préférentiel de Jésus-Christ : L’accueillir sans cesse Lui-même comme un don et Le traduire solidairement et différemment dans la société. A ce visage particulier de Jésus Christ, à cette manière typique de L’accueillir et de Lui donner chair, nous avons donné le nom de Figure évangélique »

 

Eléments de bibliographie :

CONCILE VATICAN II, Constitution dogmatique sur l’Eglise, Lumen Gentium, Editions du centurion, 1967

B.DELIZY, Vers des familles évangéliques. Le renouveau des relations entre chrétiens et congrégations, Paris, Editions de l’Atelier, Editions ouvrières, 2004

M.DORTEL-CLAUDOT, Les Laïcs Associés. Participation de laïcs au charisme d’un Institut Religieux, Paris , Médiasèvres, 2001

ACTE DU COLLOQUE, Laïques et personnes consacrées. Quel arrimage ? Cahiers de spiritualité ignatienne, Québec, Canada, 2005

 

 

B.DELIZY, Vers des  «  familles évangéliques » : le renouveau des relations entre chrétiens et congrégations, Paris, Editions de l’Atelier et Editions ouvrières, 2004, p. 486

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 21:00

Cet interview a été publié dans la revue Biblia n°7 de janvier-février 2011.

Biblia est une superbe revue que je vous conseille. Son but est de lire, comprendre de raconter la Bible.

 

Écouter, méditer et partager l’Évangile, telle est la proposition de la communauté qui anime le Centre spirituel du Cénacle de Versailles. Depuis son lancement,  il y a deux ans, elle attire une quarantaine de personnes. Suivons leur démarche.

 

Biblia magazine : Sœur Michèle Jeunet, comment vous est venue l’idée de ces rencontres, et comment ont-elles vu le jour ?

Sr M. J. : Les formations de notre centre spirituel sont souvent le fruit d’un mûrissement. Nous animons depuis plus de vingt ans une « retraite dans la vie », et des personnes qui l’ont faite demandaient une suite. La première interpellation est venue de là. Ensuite, nous faisons ce constat qui nous désole tout autant qu’il nous stimule à inventer : beaucoup de chrétiens n’ont pas encore découvert qu’on pouvait prier à partir d’un texte biblique. Enfin, nous nous sommes inspirées de la « messe qui prend son temps », célébrée chaque dimanche soir à l’église Saint-Ignace, à Paris. Elle propose, au cœur même de la célébration, une demi-heure de méditation silencieuse, précédée d’indications pour aider à méditer l’Évangile. Nous avons donc inventé une sorte de « liturgie de la Parole qui prend son temps » !

 

B. M. : Comment se déroule cette liturgie ?

Sr M. J. : Pour ceux qui le veulent, elle commence par le partage d’un pique-nique apporté par chacun-e. C’est déjà l’Évangile vécu, puisque Jésus est souvent à table et qu’il nous a donné le sens de sa vie un certain Jeudi saint, au cours d’un repas. C’est la joie de partager les mots et la nourriture de la vie qui nous rassemblent.

Ensuite, une autre nourriture nous attend, celle de la Parole. Cette Parole vient d’un ami qui nous dit notre dignité et nous appelle à la liberté. Un texte de l’Évangile est d’abord proclamé, puis une personne de l’équipe donne des pistes pour aider à le prier, à le relier à notre vie car il est d’abord une Bonne Nouvelle pour aujourd’hui.

Il ne s’agit donc pas seulement d’entendre, mais d’entrer dans une expérience personnelle de cette Parole ! Pour cela, est alors proposée une bonne demi-heure de contemplation silencieuse et personnelle. Vient ensuite le temps du partage car la Parole de Dieu donne la parole à tous et toutes. En petit groupe de quatre ou cinq, chacun-e partage les fruits de son écoute.

Pour conclure, nous écoutons une seconde fois l’Évangile et l’une de nous en fait un commentaire, une « parole forte » pour aller plus loin. Enfin, chacun-e repart avec un petit livret contenant l’essentiel de la proposition de cette soirée (pour pouvoir y revenir à loisir) et trois textes pour le mois qui suit (accompagnés aussi de pistes de prière).

 

B. M. : Quel objectif poursuivez-vous ?

Sr M. J. : Ce temps pour « goûter et partager la Parole » veut permettre à des chercheurs de Dieu de prier avec la Bible : c’est nouveau pour beaucoup, qui n’ont jamais « appris » à le faire. Pour ceux qui en ont déjà l’habitude, cela leur permet de nourrir leur foi et leur relation au Christ, de s’abreuver à cette source qu’est sa Bonne Nouvelle de liberté. La demi-heure de méditation personnelle est fondamentale. Combien de chrétiens la prennent ?

De ce fait, cette liturgie est une école d’oraison. Elle permet de découvrir que l’Évangile n’est pas un texte du passé mais que le Christ vivant, ressuscité, parle dans l’aujourd’hui de notre vie pour la transformer.

 

B. M. : Pour vous, personnellement, qu’est-ce que cela représente ?

Sr M. J. : C’est pour moi un lieu où des baptisés peuvent, du fait même de leur baptême, « donner la Parole ». L’animation est donc faite par des baptisé-es – laïcs et religieuses – qui se partagent à égalité ce service de la Parole : donner des pistes pour prier, commenter l’Évangile par une « parole forte ».

Les participant-es sont invités à accueillir la Parole pour pouvoir la partager ensuite. Cela offre une image d’Église où le baptême dit cette capacité à être prophète, à écouter la Parole et à la transmettre. Telle est la raison pour laquelle ce n’est pas une messe mais une liturgie de la Parole.

 

B. M. : N’est-ce pas nouveau de voir une communauté féminine accompagner la prière des fidèles du Christ ?

Sr M. J. : Oui et non ! Pour l’ordre religieux auquel j’appartiens, ce n’est pas nouveau. Depuis notre fondation en 1826, nous le faisons. Cela a pris des formes diverses selon les époques, mais notre mission a toujours été de donner accès à la Parole pour qu’elle transforme des vies. Ceci en accompagnant spirituellement, en donnant des retraites, et par toutes sortes de ministères d’éveil et d’approfondissement de la foi. D’autres congrégations religieuses le font aussi. Pas assez cependant. Pour preuve : les Centres spirituels vraiment animés par des femmes… se comptent sur les doigts d’une main !

 

B. M. : L’expérience pourrait être reprise ailleurs ? Vous l’a-t-on demandé ? Aideriez-vous ceux et celles qui voudraient se lancer ?

Sr M. J. : Ah oui, tout à fait ! Le défi dont je parlais – beaucoup de chrétiens ne prient pas avec la Bible – doit être relevé. C’est vital aujourd’hui pour la foi. Je pense proposer l’an prochain une formation de formateurs qui, ensuite, dans leurs communautés, leurs paroisses ou leurs mouvements pourraient initier cette formule et d’autres, comme par exemple la contemplation communautaire d’une scène évangélique. Mais, dès à présent, c’est avec joie que je suis prête à partager notre « méthode ». De plus, nous sommes en train de faire un nouveau site pour notre famille spirituelle. Les pistes de prière données lors de ces soirées seront mises en ligne.

Propos recueillis par Anne Soupa.

 

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