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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 23:52

Nous sommes au nord de l’Espagne dans un château au 16 ème siècle.

Un homme est en convalescence, il a fait la guerre contre les Français et il a reçu un boulet de canon qui a brisé sa jambe.

Il va s’en sortir mais pour l’instant il est encore immobilisé pour de long mois.

C’est un type super actif et cette immobilisation est pour lui  insupportable.

« Pour tuer le temps » il demande des livres de chevalerie. Manque de chance, aucun dans cette maison !

Le seul livre qu’on peut lui donner, c’est une vie de saints.

Faute de mieux, il le lit.

Quand il s’arrête il se remet à penser aux exploits de chevalerie, ce qu’il pourra faire une fois guéri pour conquérir de l’honneur.

Soit il rêve de ces exploits de chevalier,

Soit il lit la vie des saints et s’éveille en lui le désir de les imiter.

2 désirs en lui qui le mobilisent, dans lesquels il investit son imagination, dans lequel il se projette.

Mais un jour il se rend compte d’une différence

- quand il pense aux exploits des chevaliers, il est heureux un moment, cela l’excite mais cela ne dure pas et le laisse insatisfait, avec un petit goût amer dans son cœur.

- quand il pense à la vie des saints, cela le rends heureux aussi mais d’un bonheur qui dure, qui lui donne courage, force, paix avec un goût de joie dans son cœur qui ne le quitte plus.

Il se met à réfléchir sur cette différence.

Et peu à peu comprend

1-  qu’il y a en nous des désirs qui nous trompent, qui sont des bonheurs d’un moment, mais qui ne peuvent combler le désir d’absolu qui est au fond de nous même.

2- Par contre, il y en nous un Esprit qui nous fait vivre, qui nous appelle à une vie qui vaut la peine d’être vécu, qui nous donne du courage, nous stimule, qui nous indique un chemin de vrai bonheur. Ce n’est pas forcément le plus facile, mais c’est celui qui fait que la vie est passionnante.

Cet Esprit, c’est l’Esprit de Dieu qui nous fait vivre et nous appelle à vivre un vrai bonheur d’exister.

L’homme qui raconte ainsi son expérience s’appelle Ignace de Loyola.

C’est lui-même qui en fait le récit dans son autobiographie qu’on appelle le récit du pèlerin.

Parmi tous les épisodes de la vie d’Ignace, j’ai choisi celui-ci,  où il est initié par Dieu au discernement.

Par ce que cela dit quelque chose de son originalité.

Il n’a pas écrit un ouvrage de spiritualité, il n’a pas écrit un livre à lire, il a écrit un livre à vivre : ces fameux Exercices dont nous nous inspirons pour donner des retraites

Il donne des clés pour ouvrir un chemin, mais c’est à chacun d’y marcher

Il nous a laissé une carte, comme une carte routière ou topographique

Carte précieuse pour marcher en évitant de se perdre en sachant où l’on va.

Mais elle n’est précieuse que si nous décidons d’y aller voir nous-mêmes, de nous engager profondément dans cette aventure intérieure.

Oui, il y a là une profonde originalité.

Il ne décrit pas la beauté du sommet mais il indique des chemins pour y arriver.

Il propose des moyens.

Ce qui donne une spiritualité éminemment concrète :

Trouver Dieu au cœur de mon existence,

le trouver avec ma mémoire, mon intelligence, ma volonté,

le trouver avec mon corps et ses 5 sens,

le trouver par mes décisions, dans la manière de mener ma vie.

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 21:11

Guerison-de-l-hemoroisse--fresque--Rome--catacombe-des-S.jpg

 Cela se passe dans une région du Proche-Orient, il y a plus de 20 siècles. A cette époque, si vous étiez atteint de certaines  maladies, cela vous excluait de la société.  Une femme, par exemple, qui souffrait de perte de sang continuelle, ne pouvait avoir aucun contact avec les autres. Elle rendait impur tout ce qu’elle touchait, personnes et choses.

Nous sommes ici dans une mentalité qui distingue le sacré et le profane, et où la pureté donne accès au sacré, et l’impureté en exclut. La perte de sang des femmes relevait de la catégorie de l’impureté.

 

Mais il se trouve que dans ce pays, un homme se met à contester cette vision du monde. Pour lui la seule chose qui est sacrée, c’est notre humanité, la seule chose à respecter c’est une femme, un homme dans sa singularité. Rien ne doit leur être sacrifié. Notre humanité  a du prix et rien n’est au-dessus de cela.

 

Une femme l’avait entendu parler ainsi, elle avait déjà remarqué combien il était attentif à ceux que des règles religieuses excluaient, combien il leur avait redonné espoir en la vie.

Elle aussi souffrait de cette maladie qui la faisait considérer comme impure. Alors quand elle sut qu’il était présent dans son village, elle s’est faufilé dans la foule en cachant son visage pour que personne ne la reconnaisse.

Et surtout que personne ne sache le fait qu’elle touchait ainsi tant de gens. Elle faisait cela avec l’espoir fou qu’en touchant le manteau de cet homme, elle serait guérie. Mais là aussi sans que personne ne le sache, car son acte était interdit. Elle, l’impure, elle rendrait impur les gens qu’elle toucherait donc cet homme lui-même.

 

Alors quand cet homme se retourne, demande qui l’a touché, c’est l’angoisse. Elle a transgressé un interdit majeur ! Pourtant elle se dévoile, car elle a confiance dans la nouveauté que cet homme apporte. Elle a raison car il lui dit des parole inouïes :

il lui donne un titre dont les autres l’excluait : elle est fille d’Abraham comme les autres,

il l’admire en la louant pour sa foi,

il lui annonce sa guérison.

Et enfin, il déclare par la même, que ces règles d’impuretés sont nulles, caduques, sans fondement. L’acte de cette femme n’a rendu personne impur, ni la foule, ni lui-même.

L’acte de cet homme, c’est de lui redonner toute sa dignité et la réintroduire dans la relation aux autres.

 

Qui est cet homme ? Si vous ne l’avez pas reconnu, aller voir dans une Bible, vers la fin, ouvrez le livre appelé « Evangile selon Saint Matthieu, le chapitre 5, les versets 25-34…et vous saurez comment il s’appelle !

 

Et vous entendrez la clarté libératrice de son enseignement qui  exorcisait toute  peur,  vous verrez comment

«  il rendait possible  un avenir différent aux gens, comment il rendait la parole à ceux  qui en était dépossédés. »

Citation tirée de J. MOINGT, l’homme qui venait de Dieu, Cerf, 2002, Cogitatio fidei n°176, p 47

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