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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 23:04
31 juillet : fête de St Ignace de Loyola: sa vie et ses fameux Exercices…en bref !

C’est un basque espagnol qui a vécu au 16ème siècle. Son aventure spirituelle commence avec un boulet de canon. Soldat, il est touché à la jambe et doit pendant un an resté allongé sans rien pouvoir faire. Ce repos forcé va lui permettre de faire une expérience personnelle de Dieu. Il va se rendre compte de ce qui se passe dans son cœur, les mouvements intérieurs qui l’habitent. Il y a ce qui le réjouit un moment et ensuite le laisse insatisfait et il y a ceux qui le réjouissent et cela continue dans la durée, une sorte de bonheur durable. Il va découvrir que ces derniers indiquent un chemin à prendre. Par la suite il va approfondir cela mais déjà il y a là l’essentiel de ce qu’il va proposer dans les Exercices : c'est-à-dire de faire des choix selon ce qu’il y a au plus profond de notre cœur comme désir de vivre, comme bonheur d’exister.

 

Il va donc proposer un cheminement : d’abord ce qu’il appelle un principe et fondement. Ce sont comme les fondations d’une maison pour qu’elle soit solide : bâtir ou consolider une relation de confiance avec Dieu, un accueil positif de soi, un regard de bonté sur le monde. La vérité oblige à reconnaitre que nous ne vivons pas cela vraiment. Notre cœur est blessé de diverses manières. Le retraitant entre donc dans l’étape suivante qui est expérience de guérison, de pardon, de miséricorde. Il expérimente Dieu dans son amour inconditionnel et cela l’amène à entendre que Dieu a besoin de nous. Il nous appelle à le suivre pour travailler avec lui à son projet d’amour et de justice pour ce monde. A partir de ce moment s’ouvre une nouvelle étape : quel est ma place dans ce projet ? Pour cela un chemin : regarder Jésus, le contempler, nous laisser imprégner de sa vie pour qu’elle passe en nous. Etre attentif à ce que cela provoque en nous de désir. La décision qui sera prise là pour mieux aimer et servir le Christ doit se découvrir au plus profond du cœur. Elle n’est pas à chercher à l’extérieur de soi mais à l’intérieur de soi selon le critère de la joie, de la paix, de la force, de bonheur durable. Elle n’est pas à chercher dans la fuite des réalités humaines mais dans la manière dont je les habite, dans l’usage que j’en fais.

Donc, les Exercices spirituels : surtout pas un livre à lire mais une expérience à faire ! Venez les faire chez les Sœurs du Cénacle de manière adaptée à chacun-e, dans la liberté de l’Esprit-Saint.

 

 

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 22:13

Voici un travail de théologie pratique que j’ai rédigé pendant mon cursus de maitrise. J’avais pour objectif d’interroger la manière dont je transmets cette forme de prière, les raisons de son adaptation et les enjeux spirituels et humains de cette forme de prière.

 

Introduction :

Parmi les pratiques, celles qui sont les nôtres, ont l’avantage d’être bien connues.

C’est pourquoi, j’ai choisi d’interroger une de mes pratiques : l’enseignement d’une manière de prier, qu’on appelle l’Examen, tel que les Exercices d’Ignace de Loyola nous l’ont transmise. J’ai l’occasion de l’enseigner dans le cadre de mon ministère de prédication ou d’accompagnement de retraites spirituelles. Pratique donc bien connue par moi dont le risque, cependant, est d’y être trop impliquée pour prendre assez de distance et permettre une vraie interrogation.

Cette interrogation, je l’ai quand même tentée dans deux directions. La première : quels sont les enjeux humains et chrétiens d’une telle manière de prier ? La seconde : puisque la manière dont je la présente est différente du texte littéral écrit par Ignace, quelles sont les raisons de cette liberté prise par rapport au texte ignatien ? Ce double questionnement m’a paru intéressant pour réfléchir à ma pratique et, si nécessaire, la modifier.

Puisqu’il s’agit d’une pratique d’enseignement, je donnerai d’abord le texte lui-même de mon enseignement, ensuite, j’essaierai de dégager les enjeux humains et chrétiens de cette manière de prier et après je la questionnerai. Dans la deuxième partie de l’exposé, il y aura d’abord le texte  d’Ignace de Loyola tel qu’il l’a écrit dans ses Exercices et ensuite le questionnement sur les raisons de la liberté que je prends en le présentant différemment. Dans la troisième partie, j’essaierai de tirer les enseignements de ce travail du point de vue de ma pratique et du point de vue méthodologique.

 

I : Une manière parmi d’autres de présenter cette forme de prière.

A/ le texte de l’enseignement :

J’ai gardé à mon texte, son côté oral. Le voici :

« La première partie de cette prière, la plus importante, c’est le merci :

1-Un merci inconditionnel d’abord ;

Le psaume 139 nous fait dire: « Merveille que je suis ». Oui merci pour la merveille que je suis aux  yeux de Dieu, et si je ne le suis pas à mes propres yeux, faire cette demande de grâce : « Donne-moi d’échanger mon regard contre le tien »

2-Mais aussi merci pour tout ce dont j’ai été bénéficiaire aujourd’hui, ce que j’ai reçu des autres aujourd’hui. C’est fou ce qu’on peut trouver si on commence : merci pour celles qui ont fait la cuisine ce midi, merci pour les ouvriers qui ont construit cette maison, ceux qui l’ont améliorée, merci pour ceux qui me permettent d’avoir une Bible entre les mains, les ouvriers du livre mais aussi les chrétiens de toutes les générations qui m’ont transmis la foi, merci pour le conducteur du train qui me permet de me rendre tous les jours à mon travail etc…

Quand on commence, le merci est un petit filet d’eau, il peut devenir un grand fleuve.

L’avantage de ce merci, c’est de quitter une mentalité du « tout est dû » pour parvenir au « tout est don ».

3-Le merci porte aussi sur les bonnes choses que j’ai faites, ce que j’ai réalisé, ce qui construit le Royaume. Dieu a mis en nous une capacité de bonté, de vérité, de beauté, de justice.

C’est important de reconnaître cela : oui, en écoutant telle personne, le Royaume a grandi, oui, en accomplissant mon travail le Royaume a grandi. Et je dis merci à Dieu car la source de tout amour est en Dieu, c’est de Lui que nous recevons  cette capacité d’aimer.

 

La seconde partie est une prière de discernement :

A la fin d’une journée, on peut se rendre attentif à ce qui  habite notre cœur :

- Repérer ce qui a été source de vie, de paix, de foi, de charité, parce qu’il y a des chances que Dieu nous indique par là un chemin à prendre, un chemin à continuer, un appel à répondre, une attitude à garder précieusement.

- Repérer aussi ce qui a été source de tristesse, de découragement, d’amertume. Se demander pourquoi ce ressenti en moi ? Un peu comme les disciples d’Emmaüs qui confient  leur amertume à l’inconnu du chemin. Cela peut être l’occasion d’un appel au secours, d’une demande de guérison ou de pardon que je donne à celui qui m’a offensé,  un pardon que je demande à Dieu car je découvre que cette tristesse peut m’indiquer que ma relation d’amitié avec Lui est blessée.

 

La troisième partie, c’est l’offrande de demain :

Je peux, avec mon agenda ou ma seule mémoire,  confier à Dieu la journée de demain, en demandant son aide sur ce qui me fait souci, en me réjouissant à l’avance avec Lui de ce qui sera certainement heureux

Cette prière a pour effet d’inviter Dieu à être le compagnon de ma vie, à ne pas Le laisser sur le palier de ma vie, mais de L’inviter à y entrer pour qu’Il l’éclaire de Sa Lumière.

Cette prière a pour effet de me faire devenir un peu plus contemplatif de Dieu dans ce qui fait le plus concret de ma vie.

 

B/ Enjeux humains et spirituels de cette manière de présenter l’Examen :

1-L’enjeu du merci inconditionnel

Dire merci est un mot, une action connue de tous et pratiquée par tous. Le premier avantage de cette prière est donc d’enraciner une expérience de foi dans une expérience humaine courante.

Nous disons merci quand nous recevons quelque chose de bon et nous le disons à quelqu’un. Dire merci à Dieu pour ce que je suis, c’est reconnaître la bonté de mon être et mon origine en Lui. Le 2ème avantage est donc d’entrer dans un travail de reconnaissance positive de soi - ce que je suis est bon- et -je suis le sujet d’un don qui vient  de Dieu. Le fait de désigner l’auteur divin du don renforce la reconnaissance positive de soi. Ma pratique d’accompagnatrice spirituelle me montre que pour tous, ce travail d’accueil est important.

Dire merci à Dieu, c’est entrer dans une relation où je consens à venir d’un autre. Cette attitude se joue déjà dans la relation parentale : la vie m’a été donnée, je n’en suis pas la source. La vie spirituelle c’est entrer de plus en plus dans cette relation à Celui qui me précède, de qui je reçois la vie et la relation à Lui comme un cadeau : se vivre en fille ou fils de Dieu.

Dire merci à Dieu, c’est faire l’expérience d’un Dieu bon. Il y a là également un enjeu théologique. L’auteur du don est bon, ce qui est donné est bon et le bénéficiaire est bon. Nous sommes ici dans le lieu biblique de Gn 1 : « Et Dieu vit que cela était bon…que cela était très bon »

Faire l’expérience renouvelée de ce merci peut faire vivre à long terme une transformation de manière de voir et d’agir : Cela peut délivrer de se prouver à soi et aux autres qu’on existe, de manière inquiète et jamais satisfait, délivré de l’inquiétude et de la mauvaise dépendance de l’estime des autres, d’un faire pour exister et paraître. Il n’y a plus à prouver sa valeur puisqu’on la tient d’un Autre. C’est donné, ce n’est ni à revendiquer ni à prendre. L’incidence peut être grande dans la manière de mener sa vie selon l’Esprit, c’est à dire en liberté.

 

2-Les enjeux du merci pour ce dont j’ai été bénéficiaire et ce dont j’ai été l’acteur

La personne ici fait mémoire de sa journée en y repérant ce qu’elle a reçu des autres et ce qu’elle a donné aux autres. En faisant cela, elle est invitée à contempler Dieu à l’œuvre dans ce monde, dans sa vie. Il y a ici un enjeu important de théologie : l’image présentée ainsi est celle d’un Dieu proche, à nos côtés et de notre côté. Il n’est pas le Dieu lointain qui se désintéresse de la vie de ce monde. C’est donc entrer dans l’expérience biblique fondamentale : relecture que le peuple juif a faite de son histoire pour y découvrir le Dieu sauveur et créateur. Dans la foulée, la personne découvre que sa propre histoire est elle aussi « histoire sainte ».

Dire merci permet de guérir d’une cécité qui ne voit pas tout ce qui est donné par la vie et par les autres. Dire merci, c’est signifier que cela n’est pas un dû mais un don. Dire merci fait entrer dans une attitude de gratitude.

Dire des mercis également à ce qu’on a fait peut paraître curieux.  Et pourtant c’est du même ordre que le précédent merci et permet de comprendre que ce merci s’adresse à Dieu. En effet cette présence et cette action de Dieu sont  médiatisées par ma vie et celle des autres. Dieu agit par la capacité de bonté, de vérité, de beauté, de justice qu’il a mise en nous.

 

3-Les enjeux de la prière de discernement

La journée vient d’être vécue et on peut en rester là sans en tirer profit. C’est un fait brut. Si j’accepte de la regarder, d’en faire mémoire, je vais y chercher du sens. Le sens proposé ici est la présence de Dieu, Son Action, Son Appel : contempler Dieu au cœur de notre vie.

La médiation qui va permettre de Le reconnaître est intérieure à nous-mêmes : la répercussion affective en nous de ce qui s’est passé. L’image biblique qui peut nous aider à comprendre l’enjeu de ce moment est sûrement celle des pèlerins d’Emmaüs : « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant pendant qu’Il nous parlait en chemin ».(Lc 24/32.) Les deux disciples reconnaissent après coup la présence de Dieu dans leur vie à la répercussion de joie produite.

Il s’agit donc de repérer ce qui a été source de joie, de paix, de plus de foi, d’espérance, de charité, ce qui a produit en nous force et courage. Ces indices sont le signe d’un accord avec ce que Dieu est, avec Sa volonté, signe de Sa présence, de Son compagnonnage avec nous. Il nous confirme que telle décision, telle action, tel événement vont dans le sens du Royaume.

Ignace l’exprime de la manière suivante dans ses règles de discernement : « Le propre du bon esprit est de donner courage et force, consolations, larmes, inspiration et quiétude, en rendant les choses faciles et en écartant tous les obstacles, pour qu’on aille plus avant dans la pratique du bien. » Ou encore : « En définitive, j’appelle consolation, tout accroissement d’espérance, de foi, et de charité et toute allégresse intérieure qui appelle et attire aux choses célestes et au salut de l’âme, en l’apaisant et la pacifiant en son Créateur et Seigneur »

Les répercussions affectives inverses, tristesse, découragement, amertume etc… sont des appels à s’interroger. Ne seraient-elles pas signe de fausse route, de décision à revoir, d’attitude à remette en cause, de situations à combattre ?

« le propre du mauvais esprit est de mordre, d’attrister, de mettre des obstacles en inquiétant par de mauvaises raisons pour qu’on n’aille pas plus loin ». Ou encore : « J’appelle désolation…obscurité de l’âme, trouble intérieur, motions vers les choses basses et terrestres, absence de paix venant de diverses agitations et tentations, qui poussent à un manque de confiance ; sans espérance, sans amour, l’âme se trouvant toute paresseuse, tiède, et comme séparée de son Créateur et Seigneur ».

La reconnaissance d’un accord avec Dieu se fait donc par une médiation de répercussion affective. Affective au sens de ce qui m’affecte profondément. Revoir sa journée pour y discerner la présence de Dieu, Son œuvre et comment j’y ai collaboré, permet peu à peu de devenir « contemplatif dans la vie ». On y fait l’expérience que le lieu de Dieu est le lieu de nos vies. Et que les critères de discernement de Sa présence sont à chercher au plus intime de nous-mêmes.

 

4-Les enjeux de l’offrande de demain

Pour cette 3ème partie de l’Examen, les enjeux sont les mêmes, sauf que le regard est orienté vers l’avenir. Cette offrande ( ?) est acte de foi en l’alliance inconditionnelle de Dieu pour nous : « Je suis avec vous pour toujours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28/20) et expression du désir de réponse positive à cette offre de Dieu. Mais il s’agit bien toujours de reconnaître à l’avance ma vie comme l’espace d’une rencontre avec Dieu qui Se donne, notre histoire comme espace de révélation petit problème ici… il manque qque chose.

 

C/Un questionnement sur cette manière de présenter l’Examen :

La dérive possible d’appel à la gratitude.

Une très bonne analyse de dérive possible se trouve dans un livre de Geneviève Comeau. La dérive, ce serait d’être dans une logique du donnant-donnant, ce qui enlève le caractère gratuit du don et fait entrer dans une logique de la dette qui peut enfermer le bénéficiaire.

S’inspirant de Maurice Bellet, elle écrit : « Dieu qui n’est qu’amour ne nous condamne pas, mais nous condamne à l’aimer. Le don de Dieu est alors perverti et les chrétiens sont pris dans les marécages d’une religion affective ».

Pour éviter cette dérive, il convient de tenir ensemble la tension de la proximité et de la distance pour qu’il puisse y avoir un accueil libre du don et une vraie gratitude.

Cela suppose de présenter ce merci comme un acte de liberté et non comme une obligation de réponse. La gratitude comme l’amour qui la motive ne se commande pas.

L’attitude du Christ dans les Evangiles peut nous aider à éviter le piège de la contrainte. Dans plusieurs passages nous l’entendons faire appel à une libre décision de ses interlocuteurs. « Que veux-tu que Je fasse pour toi » à l’aveugle en Mc 9/51. « Veux-tu guérir » au paralytique de la Belle Porte en Jn 5/6. Nous Le voyons Se retirer après la multiplication des pains en Jn 6/15. Il le fait pour éviter le piège d’un messianisme politique mais on peut aussi le comprendre  par une volonté de discrétion de celui qui s’efface et ne s’impose pas par un don qui peut étouffer le bénéficiaire.

Il est donc important, quand on parle de la gratitude envers Dieu de bien maintenir que Son don est gratuit et que notre réponse ne conditionne pas le don de Dieu. C’est Sa liberté de donner et de Se donner. C’est la nôtre d’y répondre ou pas.

 

II : Mise en parallèle du texte d’Ignace et de son adaptation

A/ le texte tel qu’il est écrit dans le livret des Exercices

Le premier point est de rendre grâce à Dieu notre Seigneur pour les bienfaits reçus.

Le deuxième point : demander la grâce de connaître ses péchés et de les rejeter.

Le troisième point : demander à mon âme qu’elle me rende compte, depuis l'heure du lever jusqu'au présent examen, heure par heure ou période par période,  d'abord des pensées, puis des paroles, puis des actions, selon le même ordre qui a été indiqué dans l'examen particulier.

Le quatrième point : demander pardon de ses fautes à Dieu notre Seigneur.

Le cinquième point : former le propos de s'amender avec sa grâce. Pater noster.

           

B/ Questionnement sur la liberté prise en le présentant autrement.

            1-Mise en parallèle : équivalence et différence

La méthode présentée est en trois points et elle ne fait intervenir la reconnaissance du péché que de manière allusive. Le texte d’Ignace propose 5 points qui, sauf le premier, ont tous trait à la recherche du péché, de la contrition et de l’amendement.

Les deux manières ont en commun le premier point.

Pourquoi cette adaptation ? Dans les Exercices, l’Examen est proposé durant la première semaine dont le fruit spirituel recherché est : la purification de ce qui peut nous empêcher de faire un choix ajusté, la conversion, l’action de grâce pour la miséricorde de Dieu, se vivre comme pécheur pardonné et sauvé.

Il ne peut être donné dans sa rigueur qu’à des personnes psychologiquement solides et dont la relation à Dieu se vit dans une grande confiance. Souvent ce n’est pas le cas. Et donc, dans ce cas et dans le cadre d’une retraite, je préfère insister sur le merci dans le but de fortifier la confiance et proposer la prière de discernement pour ouvrir à une compréhension du péché par le biais d’une découverte intérieure : l’amitié avec Dieu est source, chemin de vie en nous, notre refus de Dieu a des conséquences dont nous sommes les premiers à souffrir.

            2-l’adaptation : une liberté donnée par Ignace lui-même

Contrairement à certaines pratiques qui font de lui un texte rigide, le livre des Exercices est pour Ignace un outil dont il faut se servir en tenant compte du retraitant. « C’est en fonction des capacités de ceux qui veulent recevoir des Exercices spirituels, c’est à dire en fonction de leur âge, de leur culture ou de leurs dons, qu’il faut adapter ces Exercices. »

                       

 

III : Quelques profits à tirer de cette étude

A/ Le profit pour la transmission de cette manière de prier

Le profit est double. D’abord, cela m’a confirmée dans l’importance de cette forme de prière et dans son enjeu spirituel et théologique. Ensuite le questionnement sur la gratitude va me permettre d’être davantage attentive à la présenter comme une offre dans la liberté.

B/ Le profit pour la méthodologie en théologie pratique

Par manque de temps j’ai choisi ce que je connaissais bien, m’évitant le travail d’apprendre à « connaître » .Mais  j’ai pu me rendre compte de l’importance de bien connaître la pratique qu’on veut travailler.

La pratiquant moi-même, il m’était facile d’avoir un a priori positif sur cette pratique. Cependant, cet a priori doit nous habiter en toute circonstance et chercher auprès de ceux qui la pratiquent les raisons qui les font agir ainsi.

Nous avons étudié dans notre séminaire la méthode de corrélation. J’ai retenu les trois moments suivants : vécu- expérience- référence. En étudiant la pratique de l’Examen j’ai découvert que cette prière était un merveilleux moyen pour entrer dans l’esprit de cette théologie pratique. Le fait brut du vécu d’une journée devient expérience de Dieu par le sens qui y est donné et qui devient lieu de parole.

Nous disions qu’en théologie pratique, il ne faut pas en rester au registre du connaître mais parvenir au niveau de l’interprétation théologique pour à la fois justifier mais aussi questionner et remettre en cause si nécessaire. J’ai tenté de le faire en montrant quelle image de Dieu sous-tendait cette forme de prière et j’ai tenté de la questionner par le piège possible d’une mauvaise gratitude

 

Conclusion.

Une pratique de prière, fut-elle chrétienne, a besoin d’être interrogée. Est-elle vraiment évangélique ? A quelle condition ? Quelle image de Dieu induit-elle ? Quel rapport au monde favorise-elle ? Ces questions sont à poser pour toute pratique de prière et toute expérience spirituelle qui accepte d’être relue.

 

Bibliographie

-Dictionnaire de spiritualité tome 30 à 32, articles : Examen de conscience, Paris : Beauchesne 1961 pp 1789-1838 .

-Dictionnaire de la vie spirituelle dir : DE FIORES Stefano, article : Exercices Spirituels, Paris : Cerf 1984 pp 358-366.

-Revue Christus n°170 HS de mai 1996 : Pratiques ignatiennes. Donner et recevoir les Exercices spirituels , article : l’examen, prière d’alliance de Pierre GOUET , Assas Editions..

-Congrégation pour la doctrine de la foi: quelques aspects de la méditation chrétienne, Joseph Ratzinger dans la DC n)1997 de janvier 1999 tome 87.

 

 

 

 

Ignace de Loyola, Exercices spirituels n° 315 Paris : Desclée de Brouwer 1989

Idem n°316

idem n°315

idem n°317

Geneviève COMEAU, Grâce à l’autre, Paris :les Editions de l’Atelier, 2004.

Idem p.88

Exercices spirituels n°43

idem n°18

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 00:07

 

Voici un enseignement que j’ai donné lors d’une journée de méditation.

Nous en en avons une chaque année où, ensemble communauté et laïcs associés à la mission de notre centre spirituel, nous méditons la parole de Dieu et approfondissons notre foi.

Cette fois-là, nous avons voulu mieux éclairer quelques aspects de la spiritualité ignatienne telle que les Sœurs du Cénacle  la vivent. Car la spiritualité ignatienne que nous vivons est « colorée » fortement par le mystère du Cénacle et l’expérience d’une femme qui a nom Thérèse Couderc.

 

Cette spiritualité prend sa source dans le mystère de Dieu fait chair. C’est à dire embrassent à bras le corps la chair, le monde, le temps et de ce fait faisant de la chair, du monde, du temps, le lieu de Dieu, le lieu où nous pouvons Le trouver.

Il faut peser avec sérieux tout l’inouï de cela. Cela bouleverse toutes les perspectives spontanées de l’attitude religieuse qui se dit plutôt dans la fuite du monde.

Suivre le Christ ne va pas donc être le chemin inverse qu’Il a choisi mais son chemin à Lui : après Lui, avec Lui prendre à bras le corps notre humanité, ce monde, ce temps comme lieu pour L’aimer et faire Son œuvre à Sa manière, selon Son esprit.

Pour cela continuer une quête : la quête d’un visage, celui de Jésus qui est visage de Dieu. Depuis le jour de Noël, Dieu a un visage. Visage à contempler.

 

I : Spiritualité d’une Présence de bonté et de la reconnaissance.

Et que nous dit ce visage ?

Il nous dit une présence de bonté. « Dieu est bon, Il est plus que bon, Il est la Bonté. » ( Ste Thérèse Couderc)

Bonté de l’enfant de la crèche. Bonté de cet homme Jésus dont tous les actes, toutes  les paroles nous disent un Dieu pour nous, en notre faveur et jamais contre nous. Bonté de ce visage défiguré sur la Croix qui continue de nous aimer, de nous espérer, de croire en nous.

Présence de bonté qui a un visage pour nous révéler notre vrai visage. Bonté semée en nous par Dieu pour tous les humains de tous les temps et de tous les lieux.

Bonté communiquée par Dieu comme notre marque de fabrique, la Bible le dit plus joliment en parlant d’humain créé à l’image de Dieu. Bonté à reconnaître et à faire grandir comme le bon grain de la parabole.

Bonté à reconnaître et à faire grandir en soi et en chacun-e.

Bonté à reconnaître en tout ce qui est pour nous, avec nous, de notre côté comme la chaise sur laquelle nous sommes assis.

Ainsi le créé est signe d’une présence de bonté.

Spiritualité qui ne va donc pas s’éloigner du monde mais reconnaître en ce monde la source de la bonté des choses, des personnes. Cette source qui est Dieu, amour qui se communique, se livrant dans ce dont Il est la source.

On y reconnaît bien là la raison de cette première partie de la prière d’alliance qui est le merci.

Merci des signes de cette bonté dans ce que j’ai reçu des autres, des choses, merci de ce que j’ai pu donner aux autres. Spiritualité de la gratitude pour ce qui est donné à fleur de peau, dans le plus banal et le plus concret.

 

II : Spiritualité de l’histoire,  de la responsabilité et du choix.

L’entrée de Dieu dans notre histoire fait de chacune de nos vies des histoires saintes, donnant à nos gestes valeur de louange.  Agir, c’est faire circuler ce que nous tenons de Dieu. Pour cela, l’exigence est dans l’écoute de l’Esprit qui nous rend familier de  Dieu et passionné d’une inépuisable parole à écouter et à dire.

Cet esprit féconde la terre de notre cœur pour que nos vies donnent la vie et soient mobilisées, soient instrument vivant, actif, accordé au cœur de Dieu.

Dieu a besoin de nos vies pour se rendre visible dans l’aujourd’hui de notre histoire.

Il s’agit donc de collaborer au travail même de Dieu qui crée, libère, sanctifie dans un style de vie qui promeut la responsabilité et le choix.

Dieu appelle à un service créateur qui ne se satisfait pas de réponses préfabriquées, annulant les questions, mais qui cherche des chemins de vie. Je pense spécialement à la parabole des talents où le maître confie toute sa fortune en ne donnant aucune instruction, laissant tout à l’initiative amoureuse de ceux et celles à qui il confie tout.

Dieu ne résout pas à notre place mais il nous soutient pour assumer la responsabilité qui est la nôtre dans son œuvre de recréation. Recherche qui n’a pas peur du risque, et consentement aux lentes recherches humaines.

Déceler les besoins les plus profonds, les réalisations les plus ouvertes à l’avenir. Vivre le plein emploi des dons .Vérifier la pertinence des engagements, des intuitions, des analyses. Donc habiter le temps,  favoriser l’être-avec, la rencontre. Chercher le désirable et le possible aujourd’hui. Faire des choix selon le cœur de Dieu.

 

III : Spiritualité du corps et vie mariale.

Ainsi donc comme les  réalités de ce monde sont des matières nobles de l’œuvre de Dieu à poursuivre, creuset d’une transfiguration, le Monde est corps de Dieu, le Corps de l’humain et du monde sont infiniment précieux. Corps du monde qui est corps de Dieu. Et Marie a tissé ce corps.

Elle a offert notre terre à Dieu.

Marie est cénacle de la rencontre, chambre haute de l’Esprit. Lieu et milieu où s’opère toujours dans l’aujourd’hui le  don de l’Esprit, l’enfantement à la vie de Jésus-Christ. Marie nous invite donc à un service amoureux de la terre, à l’audace d’entrer dans le charnel. Etre comme elle et avec elle,  partenaire de Dieu. Elle nous stimule dans le courage des commencements, des incarnations minimes mais réelles portées par un souffle immense. Parce que Dieu naît toujours comme un germe enfoui dans notre monde.

Ce monde fait pour devenir Christ. Ce monde qui est déjà  pain  et vin a déjà été saisi par Lui.

Ce pain de nos vies déjà saisi par Lui pour en faire Son corps. « Ceci est mon corps »

Notre parole, notre agir, notre être pour offrir un corps au Christ.

Vivre joyeusement le don et la tache de laisser Son visage, Son corps devenir en nous.

Nous ne sommes que pour Lui. Il ne sera pas sans nous.

 

Sr Michèle Jeunet, rc

En s’inspirant librement du livre de :

Sr Ghislaine Côté, rc Le Cénacle. Fondements christologiques et spiritualité Editions Beauchesne Paris 1991 p399 à 411

 

 

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 00:18

St Ignace de Loyola ( 16èmesiècle, fondateur des jésuites) a écrit un livre intitulé : les Exercices Spirituels. Ce n’est pas un livre à lire mais à faire. On le trouve en librairie, mais il n’est pas à acheter ! C’est un guide pour accompagnateurs-trices. C'est-à-dire pour celles et ceux qui sont formé-es pour aider d’autres à entrer dans une démarche de méditation durant une retraite spirituelle.

Il commence par le texte qui a pour titre : Principe et fondement. C’est un texte qui n’est pas facile à accueillir. Surtout dans le monde et la culture qui sont les nôtres. C’est pourquoi, je vous propose ce commentaire qui, je l’espère, permet de dépasser les difficultés et ouvre à son intelligence.

 

Voici le texte :

2       L'homme est créé pour louer, révérer et servir Dieu notre Seigneur et par là sauver son âme,  

3       et les autres choses sur la face de la terre, sont créées pour l'homme, et pour l'aider dans la poursuite de la fin pour laquelle il est créé.

4       D'où il suit que l'homme doit user de ces choses dans la mesure où elles l'aident pour sa fin et qu'il doit s'en dégager dans la mesure où elles sont, pour lui, un obstacle à cette fin.

5       Pour cela il est nécessaire de nous rendre indifférents à toutes les choses créées, en tout ce qui est laissé à la liberté de notre libre-arbitre et ne lui est pas défendu ;

6       de telle manière que nous ne voulions pas, pour notre part, davantage la santé que la maladie, la richesse que la pauvreté, l'honneur que le déshonneur, une vie longue qu'une vie courte et ainsi de suite pour tout le reste,

7       mais que nous désirions et choisissions uniquement ce qui nous conduit davantage à la fin pour laquelle nous sommes créés.

 

Voici mon commentaire

L’Homme est créé

Je vous invite à pouvoir d’abord peser ce que cette phrase a de positif pour nous : être créé-e par Dieu veut dire que nous sommes désiré-es par lui. Nous ne sommes pas le fruit du hasard et allant vers le néant, nous sommes le fruit d’un désir en vue d’une relation d’amitié qui ne connaîtra pas de fin.

En plus pas créé n’importe comment : à son image et ressemblance.

Mais on peut sentir une résistance en nous, et il est bon d’en prendre conscience. Etre créé-e c’est aussi ne pas être sa propre origine, c’est la devoir à un autre, c’est se recevoir d’un autre. Est-ce que je sens cela ? La résistance peut venir d’une image fausse de cette création. Créé-e ne veut pas dire formater, fabriquer comme on fabrique un robot. Non. C’est être créé-e à son image, c’est-à-dire liberté, créateur, capable d’aimer, d’inventer sa vie, de réaliser l’être unique que chacun est.

Il est important de sentir ce qui s’agite en vous avec cette phrase. De dialoguer avec Dieu la-dessus et d’en parler.

 

Pour louer, respecter et servir Dieu notre Seigneur

Ces mots disent une réponse de notre part. Pour bien y entrer, il est nécessaire de comprendre que c’est une réponse justement et non un impératif arbitraire. Pourquoi louer, servir, respecter Dieu ?

Parce que c’est d’abord Dieu qui nous loue, nous sert, nous respecte. Quand Dieu en Genèse 1 dit devant l’humain, homme et femme sortit de ses mains : « Ceci est très bon », quand il les bénit, c’est à dire dit du bien d’eux, il est le premier à louer.

Parce que c’est d’abord Dieu qui nous sert, il nous sert par la création, il se fait notre serviteur en Jésus. « Je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie … » Mt 20/28

Parce que c’est d’abord lui qui nous respecte infiniment.

Donc peser l’expérience que vous avez de louange, du service, du respect que Dieu a pour nous. De manière à entendre les mots d’Ignace comme une réponse que vous avez envie de donner en réciprocité : louer comme il me loue, servir comme il me respecte, respecter comme il me respecte. C’est une réponse d’amitié

 

Et par là sauver son âme

Il y a équivalence entre louer, servir, respecter et sauver son âme.

Qu’est-ce à dire ?  Si Dieu lui-même loue, sert, respecte, c’est que c’est un chemin de vie. S’il nous le propose, c’est parce que c’est un chemin de vie qu’il veut partager avec nous.

Sauver son âme. Ne le prenons pas dans un sens étroit (le salut après la mort et ne concernant que l’âme.)  Cela veut dire : « …et par là vivre à plein, trouver sa profonde raison d’être, son vrai accomplissement, être vivant et faire vivre autour de soi » Que le sens de ma vie est là, la fin, c’est à dire la finalité de mon existence est dans cette louange, ce service, ce respect.

 

Les autres choses sur la face de la terre sont créées pour l’homme

et pour l’aider à poursuivre cette fin pour laquelle il a été créé

Cette phrase  n’a l’air de rien, pourtant elle est fondamentale. Ici nous sommes dans l’originalité des Exercices. Cela veut dire :

Que le monde est bon, qu’il est don de Dieu. Un don fait à l’homme. Les choses, c’est à dire le monde, les biens terrestres, les relations humaines, la sexualité, etc.

Ici nous sommes à l’opposé d’une conception qui a pu courir dans le christianisme et qui peut encore sévir qui dit qu’il faut se méfier du monde, que le salut passe forcément par la non- possession, par la fuite du monde. Non, c’est un don qui a pour raison d’être d’aider l’homme à louer, servir et respecter Dieu. Donc les choses sont là pour m’aider à réaliser le sens, la finalité de mon existence.

 

Il s’ensuit que l’homme

-doit en user

            dans la mesure où elles lui sont une aide pour sa fin

-s’en dégager

            dans la mesure où elles lui sont un obstacle

Là nous sommes au cœur des Exercices, car ils sont là justement pour vivre un choix : qu’est-ce que je dois choisir, à quoi dois-je renoncer ? En comprenant bien que il s’agit

*d’user de choses qu’on a dit bonnes et

*de renoncer à des choses qui sont bonnes aussi

Ce n’est pas un choix ici entre du bien et du mal. Mais entre un bien et au autre bien

Par exemple, le choix entre le bien qui est de se marier et le bien qui est la vie religieuse.

Ce qui va me permettre de décider, ce n’est pas un commandement, une loi, une hiérarchie objective (entre un meilleur en soi et un moins bon en soi), quelque chose qui viendrait du dehors de moi. Non, cela va être une recherche à l’intérieur de moi. Avec un seul critère : je choisirai ce qui POUR MOI sera le plus aidant pour louer, servir, respecter Dieu comme lui me loue, me sert, me respecte.

Cela veut dire que les choses sont bonnes mais qu’elles sont relatives et qu’il ne faut pas les absolutiser. Elles sont à mesurer à l’aune d’un plus grand qu’elles. Elles sont à peser en fonction d’une finalité. Cela revient à dire qu’il s’agit de mettre Dieu comme unique absolu. Je vais en user si cela me permet de mieux servir et aimer Dieu.

Je vais m’en dégager si cela ne me permet pas de le servir et l’aimer.

 

Pour cela

C’est à dire pour vraiment faire un choix selon la finalité de mon être, Ignace propose une attitude provisoire de détachement de nos préférences, de nos idées, de nos projets.

Cela me tente bien de prendre ce poste de responsabilité par exemple. Je ne dis pas tout de suite oui. Cela ne me dit rien de prendre cet engagement. Je ne dis pas tout de suite non.

 

Il faut nous rendre indifférents

Le mot est sujet à incompréhension. Il veut dire, je ne vais pas décider sur un coup de tête, je vais prendre du recul, je ne vais pas décider sur le plus superficiel d’une envie (ça me tente) ou d’un recul ( ça ne me dit rien).

-Je dois prendre acte de la fascination ou de la répulsion que des choses peuvent avoir sur moi et qui peuvent entraver ma liberté et obscurcir mon désir profond.

-Je vais essayer de me libérer de préférences ou de refus qui peuvent être superficiels pour donner chance à ce que remonte du plus profond de moi,  ce que je désire vraiment

Il s’agit de remettre les choses à plat, d’entrer dans une disponibilité, une ouverture à ce qui va venir grâce à la prière. Cela se fera par mon écoute de Dieu,  par la contemplation de la vie du Christ, par l’écoute des mouvements intérieurs que cette parole va provoquer en moi et que je vais discerner avec l’aide de l’accompagnateur-trice.

 

De telle manière que nous ne voulions pas , quant à nous

Ne pas vouloir est à bien comprendre aussi : Il faut entendre ne pas m’y accrocher au point que cela obscurcirait mon jugement

 

Santé plus que maladie

Richesse plus que pauvreté

Honneur plus que déshonneur

Vie longue plus que vie courte

Et ainsi de tout le reste

Bien sur qu’il est bon de vouloir être en bonne santé mais si je m’accroche tellement à cette  préoccupation que cela m’empêche d’envisager des choix qui me feraient vivre…Ignace conseille de prendre de la distance par rapport à cela

Et ainsi du reste

 

Mais que nous désirions et choisissions

uniquement

ce qui nous conduit

davantage

à la fin pour laquelle nous sommes crées

Nous retrouvons ici ce qui doit être la boussole de nos choix :

la finalité de notre existence. Choisir ce que j’aurai découvert être le désir profond de mon être, après avoir désensablé ma source pour en faire jaillir un acte libre, pour réussir ma vie dans une vie d’amitié avec Dieu.

 

 

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Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans Spiritualité ignatienne
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