Après la manière de concevoir la création, l'autre chantier théologique est la raison de l'incarnation et donc la compréhension du salut.
Cela demande de faire droit à d'autres théologies que celles qui ont malheureusement triomphé dans l'occident chrétien : l'Incarnation pour que le Christ sur la croix paie à Dieu la dette du péché. Théologie qui structure malheureusement toute la liturgie de la Messe!
St Irénée au 2ème siècle, la théologie de l'Orient chrétien avec la raison de l'Incarnation comme divinisation, et les théologiens franciscains du 13ème siècle avaient d'autres perspectives.
voici un extrait sur ce sujet du livre de Ilia Delio :
Pour les théologiens franciscains, la vie de Jésus fournissait un indice divin sur la structure et la signification non seulement de l’humanité, mais aussi de l’univers entier.
Le philosophe du 13ème siècle, Duns Scot, disait que l’incarnation était un mystère trop grand pour simplement remédier à un défaut. Au contraire, de toute éternité, le Christ a été voulu par Dieu pour venir dans la gloire la plus haute.
La raison, selon Duns Scot, est simplement que Dieu est amour et voulait aimer une créature qui puisse répondre pleinement dans l’amour. Le Christ serait venu , même s’il n’y avait eu de péché…
Dans la vision franciscaine, l’Incarnation se produit à cause d’un positif, l’amour, et non à cause d’un négatif, le péché.
C’est un point important parce que la façon dont nous comprenons l’Incarnation façonne nos vies en tant que chrétiens dans le monde.
Si l’amour est la raison de l’Incarnation, il est aussi la raison de l’humilité de Dieu… C’est un amour qui sort de lui-même, allant vers l’autre par amour de l’autre.
Ilia Delio, l’humilité de Dieu. Une perspective franciscaine, Ed franciscaines page 64 et 65
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