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1 mai 2025 4 01 /05 /mai /2025 13:48

Les chansons peuvent être aussi des lieux de méditation quand elles ont goût d’Evangile.

Celle-ci a été chantée en 1977 et a obtenu le prix de l’eurovision de la chanson. Chantée par Marie Myriam, écrite par Joe Gracy sur une musique de Jean-Paul Cara.

Voici une analyse de cette chanson qu’on peut trouver sur  Wikipedia :

« L'Oiseau et l'Enfant est un hymne à la paix avec une mélodie disco contenant des envolées lyriques. Le texte de la chanson, poétique, évoque une petite fille qui vit dans la misère, plus vraisemblablement dans un pays en guerre, mais qui, à la vue d'un oiseau, s'émerveille, et qui imagine qu'elle et lui pourraient changer le monde et le rendre plus pacifique. Il s'agit d'une allusion implicite à la colombe, symbole de paix.

Il évoque aussi la vision du monde de l'oiseau, qui voit la beauté du monde. L'oiseau et l'enfant représentant tous deux les images de la beauté et de l'innocence du monde, face à sa cruauté. La petite fille rêve que son pays devienne un pays d'amour, un pays d'amour qui dans un cœur d'enfant n'a pas de frontières. La chanson est devenue ensuite le symbole de la ligue des droits de l'enfant. »

1-Ecouter et voir une première fois cette vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=XQG8dtWClc8

2-Sentir comment cette chanson vous touche :

La voix, la musique, les paroles, les images.

3-Lire les paroles et méditer ces paroles

Comme un enfant aux yeux de lumière
Qui voit passer au loin les oiseaux
Comme l'oiseau bleu survolant la terre
Vois comme le monde, le monde est beau

Beau le bateau dansant sur les vagues
Ivre de vie, d'amour et de vent
Belle la chanson naissante des vagues
Abandonnée au sable blanc

Blanc l'innocent, le sang du poète
Qui en chantant invente l'amour
Pour que la vie s'habille de fête
Et que la nuit se change en jour

Jour d'une vie ou l'aube se lève

Pour réveiller la ville aux yeux lourds
Où les matins effeuillent les rêves
Pour nous donner un monde d'amour

L'amour, c'est toi
L'amour, c'est moi
L'oiseau, c'est toi
L'enfant, c'est moi

Moi, je ne suis qu'une fille de l'ombre
Qui voit briller l'étoile du soir
Toi, mon étoile qui tisse ma ronde,
Viens allumer mon soleil noir

Noire la misère, les hommes et la guerre
Qui croient tenir les rênes du temps
Pays d'amour n'a pas de frontières
Pour ceux qui ont un cœur d'enfant


Comme un enfant aux yeux de lumière
Qui voit passer au loin les oiseaux
Comme l'oiseau bleu survolant la Terre
Nous trouverons ce monde d'amour

L'amour, c'est toi
L'amour, c'est moi
L'oiseau, c'est toi
L'enfant, c'est moi

Lesquelles me touchent le plus ? Et pourquoi ?

4-A nouveau écouter et voir cette video :

 https://www.youtube.com/watch?v=XQG8dtWClc8

Et me laisser rejoindre par l’espérance qui est chanter là.

5- Ouvrir la Bible   

Ex 3,7-10  

Sg11,21-26

Is 58,2-7

Mt 19,13-15

6-Parler à Jésus à partir de cette chanson et de ces textes bibliques.

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27 avril 2025 7 27 /04 /avril /2025 20:00
Retraite spirituelle animée par Sr Michèle en juillet 2025

Quoi ?

L’Evangile, une révolution qui libère

Quand ?

6 jours du 30 juin 18h au 7 juillet 9h

Quelle thématique ?

L’Evangile est une bonne nouvelle qui vient transformer, voire bouleverser nos représentations de Dieu mais aussi de nous-même et du monde. Cela demande du temps pour l’accueillir en profondeur et pour laisser l’Evangile nous libérer des impasses du religieux. 6 jours, c’est peu…mais déjà du neuf pour advenir !

Quelles particularités ?

Une manière de faire retraite spirituelle avec quelques originalités !

  • Retraite en silence mais on se dira bonjour chaque matin
  • Textes bibliques avec pistes pour la prière personnelle mais on vivra chaque matin la contemplation d’un texte biblique ensemble ( Un Partage Contemplatif )
  • Une écoute par le cœur mais aussi ce qui peut nourrir l’intelligence
  • Prière avec la communauté mais aussi un court office de Complies le soir
  • Une entrée dans l’oraison par des œuvres d’art.

Où ?

Centre spirituel ND du Cénacle

68 av de Paris 78000 Versailles

secretariat@cenacle78.fr

https://www.ndcenacle.org/activite/retraite-levangile-une-revolution-qui-libere/

06 39 50 21 56

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26 avril 2025 6 26 /04 /avril /2025 17:28
Homélie du 2ème dimanche de Pâques: Jn 20,19-29

Dans l’évangile de Jean au chapitre 20 verset 19 à 28

Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

 

Les évangiles ne sont pas faits pour être lu seulement mais pour qu’on y entre ! Y entrer et être là à regarder, écouter pour qu’ils nous communiquent la vie de Jésus.

Alors regardons et écoutons.

Regardons le lieu. Les disciples sont à l’intérieur d’une maison qu’ils ont verrouillée. Un lieu clos.

Et c’est la peur qui les a fait s’enfermer. On peut comprendre ! Disciples d’un condamné à mort, ils appartiennent au camp de la défaite, au parti de la défaite. En fait, ils sont comme leur maître : enfermés dans un tombeau.

Soyons avec eux dans ce lieu : lieu de la déception après tant d’espoir suscité par l’action de Jésus quand ils le suivaient , lieu de tristesse après tant de joie que sa parole avait éveillé en eux, lieu de la nuit après tant de lumière que sa présence leur donnait, lieu de mort après tant de vie qu’il donnait à qui le rencontrait !

Les rejoindre dans ce lieu là. Pourquoi ?

Parce que ce lieu c’est aussi le nôtre : notre vie aussi est traversée par des déceptions, des tristesses, des nuits, des morts.

Si nous consentons à les rejoindre dans le lieu là, ce texte va nous concerner, ce texte va pouvoir nous parler.

Il va nous dire que Jésus aujourd’hui vient nous rejoindre nous aussi.

Nous allons pouvoir accueillir la phrase étonnante : « Jésus vint et se tint au milieu d’eux ».

Cette bonne nouvelle va nous être dite à nous : Jésus nous rejoint au cœur même de ce qui peut faire mal dans notre vie, et aucun verrou au monde ne peut l’empêcher de nous rejoindre.

Même ceux que je me suis mis moi-même.

Mais pour cela, il vous sera nécessaire d’oser nommer ce qui en vous relève de la déception, de la tristesse, de la nuit, de la mort dans votre vie pour pouvoir ensuite regarder, étonné, ébloui, Jésus venir et se tenir là pour vous assurer de sa présence, et vous adresser sa parole de paix :

« Paix à vous », parole 3 fois dites dans ce passage.

Ecoutons une autre parole toute aussi étonnante :« Moi je vous envoie recevez l’Esprit Saint, remettez les péchés »

Ces paroles du Christ, s’adressent aux disciples, donc à chacun de nous.

Nous aussi sommes envoyés, recevant la force de l’Esprit Saint pour être signe du pardon offert.

Souvent, nous ne prenons pas assez au sérieux ce que nous dit Jésus, nous nous protégeons de ses paroles en nous disant : ce n’est pas à nous qu’il s’adresse.

Baptisés, donc disciples nous sommes envoyés :

Accueillons cet envoi en mission, c’est constitutif de notre être baptismal.

L’Esprit nous a été donné au baptême et à la confirmation.

Il nous a fait prêtre, prophète et roi.

-Roi pour gérer notre vie dans le sens de la justice, et ouvrer à un monde selon le cœur de Dieu

-Prêtre pour être des célébrants de son amour, devant lui pour le louer

-Prophète pour écouter sa parole et pouvoir en témoigner par nos actes et nos paroles

-Envoyés pour dire la miséricorde.

Ces mots de Jésus aux disciples sont donc pour nous.

Ecoutons une autre parole : « Nous avons vu le Seigneur » et mesurons l’extraordinaire de la joie des disciples : le vaincu, le rejeté, le condamné, le crucifié mort sur la croix, il est vivant et on l’a vu vivant.

La lumière après la nuit, la joie après la douleur.

Pesons ce poids de joie des disciples.

Pesons la force de cette joie, qui seule explique la force de leur témoignage, la transformation que cela va opérer en eux et qui ira jusqu'à donner leur vie pour témoigner de lui.

Cela voulait dire pour eux que tout dans la vie de Jésus est véridique, que tout est digne de foi.

Dieu a donné raison au crucifié contre ceux qui en avait fait un paria, un blasphémateur.

Notre foi repose sur leur témoignage.

Ils ont vu c’est pourquoi ils ont parlé.

Ce « voir » des disciples n’est pas le nôtre. Et pourtant, nous aussi d’une autre manière il nous est donné de voir ! Comment ? Une question que je laisse à votre réflexio priante !

Regardons Thomas.

Patron des douteurs dit-on, un modèle pour nous qui pouvons vivre le doute lancinant mais surtout le modèle positif de ceux qui veulent bâtir leur foi sur une expérience personnelle et non sur une rumeur.

Ecoutons une autre parole de Jésus

« Porte ton doigt ici : voici mes mains. Avance ta main et mets-la dans mon côté »

Entendre ces paroles de Jésus à Thomas. Elles sont l’exacte réponse à sa demande : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous…si je ne mets pas ma main à son côté… »

Prenons conscience de la délicatesse de Jésus : Jésus approuve Thomas dans son désir de toucher et de voir, il le rejoint au cœur de son incrédulité, comme il nous rejoint aussi là où nous sommes et comme nous sommes.

Regardons avec les yeux de la foi ce corps glorieux de Jésus, ce corps ressuscité qui porte à jamais et pour l’éternité les marques de sa passion.

Dans la foi, nous pouvons faire le même geste que Thomas et déposer en ses blessures, nos blessures, tristesses, déceptions, peurs, nuits…

Ecoutons la béatitude que Jésus exprime :

« Heureux ceux qui croiront sans avoir vu »

Il parle de nous.

Goûtons là encore la délicatesse de Jésus. Il pense à nous qui ne sommes pas les témoins directs, et qui croient sur le témoignage des disciples. Joie de croire.

Laissons-nous aller à cette joie

Ecoutons le cri de Thomas « Mon Seigneur et mon Dieu »

Un cri qu’on peut avoir après tant de nuit. Il est le seul à le pousser. Heureuse nuit qui lui a valu un tel cri de joie et de foi. Ce cri, on peut le faire nôtre pour laisser descendre en nous la réalité qu’elle signifie : « Mon Seigneur et mon Dieu »

 

Peinture de : evangiel-et-peinture.org 

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18 avril 2025 5 18 /04 /avril /2025 12:09
NON. La mort du Christ sur la croix n’est pas le prix à payer pour que Dieu pardonne !

NON. La mort du Christ sur la croix n’est pas le prix à payer pour que Dieu pardonne !

Quelle sordide image d’un Dieu qui voudrait de la souffrance pour pardonner !

NON. Dieu est don et pardon de toute éternité.

Cette théologie du rachat a de plus enlever à la croix du Christ, la dénonciation de toute injustice. La croix du Christ c’est aujourd’hui en chaque violence. La croix du Christ c’est toutes les femmes violées, tous les gens torturés, tous les enfants tués...La croix du Christ c’est la dénonciation du mal infligé aux autres. On tue Dieu en chaque violence infligée. Dieu est du côté de celles et ceux qui souffrent.

Et notre réponse à la croix du Christ, c’est notre engament pour lutter contre toute injustice.

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9 avril 2025 3 09 /04 /avril /2025 15:16
Evangile des Rameaux : la dénonciation de l'injustice.

Evangile des Rameaux : la dénonciation d’une injustice

 

Le dimanche des Rameaux nous nous remet devant ce récit de la mort de Jésus. Cette année, nous le lisons dans l’Evangile de Luc chapitre 26 et 23.

Ces récits de la passion dans les Evangiles restent d’une actualité brulante et de tous les temps.

Un homme est arrêté, jugé, condamné, exécuté et de plus il est innocent !

Victime de l’injustice comme l’ont été et le sont encore tant de gens. Il est l’innocent à qui tous les bourreaux font violence.

Entendre, lire ce récit c’est donc une plongée dans le monde de la violence et de l’injustice des pouvoirs politiques, religieux, claniques, qui continuent de sévir.

Ecouter la passion c’est écouter, regarder le sort de tant de femmes et d’hommes en ce moment.

C’est donc un récit dangereux pour tout pouvoir qui s’arroge le droit de tuer car ce récit est une dénonciation en montrant que Dieu est du côté de ceux qui souffrent.

Le Dieu crucifié, victime de l’injustice est jugement contre toute injustice.

En Jésus, Dieu est donc là, avec nous, non seulement un jour du temps quand il a hurlé de douleur sur la croix, mais aussi de tout temps. Il crie sa douleur pour tout ce qui dans ce monde pourtant si beau, est défiguré par l’injustice et par l’absurde.

Il est là avec nous, sans mots, mais il est là. Il nous prend la main, il nous prend dans ses bras pour que, de la douleur, puisse naître peu à peu une détermination, une force pour combattre, une force pour vivre et faire vivre.

« Ayant aimé les siens, il les aima jusqu’à l’extrême ». Jn 13,1

Voilà la raison de la croix : un amour en excès. Une fidélité de Dieu qui va jusqu’au bout. Il va jusqu’au bout de la non-violence et ne répond pas par la violence à la violence. Il fait jusqu’au bout ce qu’il a toujours fait et dit.

Reculer devant la croix, cela aurait décrédibiliser toute sa vie, toutes ses paroles, toute sa Bonne Nouvelle.

Malheureusement, ce n’est pas cette lecture qui a dominé la réflexion chrétienne. Une lecture a même atteint le summum des fausses images de Dieu en présentant les souffrances et la mort du Christ comme le prix à payer pour que Dieu pardonne ! On peut légitimement s’indigner devant ce Père qui aurait besoin de la mort de son Fils pour nous pardonner.

Le théologien Juan louis Segundo le fait en écrivant : « Un Dieu d’amour n’est pas compatible avec un être qui peut être offensé au point de devoir sacrifier son Fils pour rester en paix avec soi-même et se réconcilier avec l’offenseur » [1]

Malheureusement c’est cette conception qui domine dans la liturgie de la messe, dans la liturgie des Heures pour ne citer que c’est deux lieux qui imprègnent tellement les mentalités.

[1] Juan louis Segundo Qu’est-ce qu’un dogme, Cerf CF n°169 p 507

La peinture est de He Qi

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28 mars 2025 5 28 /03 /mars /2025 11:33
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27 mars 2025 4 27 /03 /mars /2025 13:31

Les Orchidées Rouges luttent contre les mutilations sexuelles et les mariages forcés et accompagnent les femmes qui en ont été victimes dans leur processus de reconstruction via des instituts à Bordeaux, Lyon et Paris. La Fondation des Femmes est fière de les soutenir ! Pour que la Fondation des Femmes puisse continuer à soutenir toutes les associations qui en ont besoin, faites un don sur fondationdesfemmes.org

 

 

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11 mars 2025 2 11 /03 /mars /2025 17:22
Icone du monastère de Bose

Icone du monastère de Bose

Je vous le dis en vérité : parmi ceux qui sont ici présents, certains ne connaîtront pas la mort avant d’avoir vu le règne de Dieu. » Environ huit jours après avoir prononcé ces paroles, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prie. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.  Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait. Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent.  Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.  Le lendemain, quand ils descendirent de la montagne, une grande foule vint à la rencontre de Jésus. Lc 9,27-37

Commentaire

Le sens de cet Evangile est bien connu. Jésus vient d’annoncer à ces disciples, sa mort prochaine. Par la transfiguration, il leur annonce sa Résurrection. Il leur révèle aussi la gloire de sa divinité. Cet Evangile doit être lu avec tout son arrière-fond biblique :

  •  Le sommeil des apôtres.

On nous dit : « Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil. » Ce n’est pas de la fatigue, ni du sommeil de la nuit : c’est une expérience de Dieu. Rappelez-vous, Dieu plonge Adam dans un profond sommeil en Genèse 2/21. Rappelez-vous le sommeil mystérieux qui s’empare d’Abraham en Genèse 15/12. Le sommeil ici est expérience de l’humain que Dieu fait entrer dans son mystère. Le sommeil qui est arrachement à soi-même, oubli de soi, abandon confiant. Sommeil, là où Dieu agit secrètement et où nous nous laissons faire par Dieu. C’est l’expérience de la nuit, ces nuits que nous connaissons tous et toutes, nuit de la foi, nuit où Dieu semble absent mais nuit où Dieu travaille en nous sans que nous en ayons conscience, nuit de purification pour habituer nos yeux à la lumière. Passage par la nuit. Mais pour un réveil…comme les apôtres dont on nous dit que « se réveillant, ils virent la gloire de Jésus » 

  •  Une histoire de tentes, de la demande de Pierre d’en planter 3, le texte nous disant qu’il ne savait pas ce qu’il disait.

Cette tente, ce n’est une simple question de camping !

C’est la tente de la Rencontre. Quand le peuple était dans le désert, il allait à la tente de la Rencontre, lieu de la présence de Dieu. Mais pourquoi donc Pierre ne sait pas ce qu’il dit ?

La réponse est dans la suite du texte. On nous dit : La nuée les couve de son ombre (la même expression utilisée pour l’Annonciation en Luc 1/35) Une voie leur demande d’écouter Jésus, le Fils. Ils ne voient plus que Jésus seul.

Il n’est pas question de planter 3 tentes car il n’y a qu’une seule tente qui est la personne même de Jésus. La seule et unique tente, c’est le Christ dans la vérité de son humanité et de sa divinité. Jésus seul : unique chemin, unique demeure, unique salut, unique lumière pour tous les temps et tous les peuples, unique pâque, unique passage de la mort à la plénitude de la vie. Jésus, nouveau Moïse, nouvel Elie, nouvel Israël qui va accomplir un nouvel Exode, celui du passage de la mort à la résurrection.1er né d’une multitude de frères et de sœurs, celui qui ouvre le passage pour que, à sa suite, nous entrions dans la Vie. Avec le récit des tentations, nous savons que sa victoire est notre victoire. Avec la transfiguration, nous savons que sa résurrection est notre résurrection. Le Christ transformera, transfigurera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux (Ph 3/20) Une victoire pour nous encore en germe, une résurrection encore en gestation mais bien réelle, déjà commencée et qui s’épanouira en vie éternelle. Nous sommes déjà citoyen-nes des cieux. Nous sommes déjà ressuscité-es.

  • Nous sommes dans St Luc, et St Luc, c’est l’Evangile de la prière. Matthieu et Marc ont aussi un récit de la transfiguration. Luc est le seul à dire : « Il alla sur la montagne pour prier.

Et pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre »

La prière, pour nous à la suite du Christ est une rencontre transfigurante. C’est le lieu par excellence de la foi, puisqu’elle n’a de sens qu’en Dieu ; elle le lieu de notre identité profonde, là on s’affirme fils, fille du Père. Prière de l’oreille, puisqu’il s’agit d’écouter Jésus comme le Père nous le demande : « écoutez –le » Et j’entends cette demande de Dieu, non comme un ordre mais comme une supplication, une prière de Dieu : « Je vous en prie, écoutez-le ! » écoutez-le pour vivre vraiment et pas à moitié

Prière du regard aussi, qui est souvent une prière sans parole comme le paroissien du Curé d’Ars : « Dieu m’avise et je l’avise », prière d’admiration, d’étonnement, de gratitude, prière de simple présence dans la sécheresse mais qui attend le jour de voir Dieu, prière du veilleur, de la veilleuse, qui est sûr que se lèvera l’aurore où je connaîtrai comme je suis connu-e, où j’aimerai comme je suis aimé-e.

Pistes de méditation

1ère piste :

« Jésus gravit la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. »

Regarder Jésus en prière. Mystère de sa prière ! On ne peut faire que des suppositions : une simple et amoureuse présence à celui qui est Amour…Mais il nous est donné le fruit de cette prière : elle est tranfigurante. La prière, pour nous aussi à la suite du Christ, peut être une simple présence qui nous transforme de l’intérieur. En quoi cette simple présence à Dieu a pu moi aussi me transformer ?

2ème piste :

« De la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »

Ecoutez-le, voici l’appel qui nous est fait. Dans ma vie quotidienne, de quelle manière j’écoute Jésus ? Quels sont les lieux, les personnes, les textes, les situations …qui me permettent de l’écouter ?

3ème piste :

« Il n’y avait plus que Jésus, seul. »

Je peux rester à contempler Jésus, à m’emplir de lui, pour que quelque chose de lui passe en moi. En fait faire vis-à-vis de Jésus, ce que Jésus fait vis-à-vis du Père. Regarder pour aimer et se laisser aimer

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13 février 2025 4 13 /02 /février /2025 21:40
Les Scouts et Guides de France se positionnent en faveur de l’EVARS

Tribune parue dans le journal La Croix du 13/02/2025

Anne-Claire Bellay-Huet et Sophie Mancel des Scouts et Guides de France réagissent aux polémiques qui entourent le nouveau programme scolaire d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars). Alors que des associations catholiques dénoncent une promotion de la « théorie du genre », elles défendent ce programme.

 

Le programme scolaire d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle a été présenté le 29 janvier au Conseil supérieur de l’éducation. Marqués par plusieurs mois de débats et de caricatures, nous, Scouts et Guides de France, tenons à réaffirmer l’importance d’un tel apprentissage. Nous sommes convaincus du rôle complémentaire des familles, de l’école et des partenaires associatifs comme le scoutisme dans l’éducation des enfants et des jeunes.
Association d’éducation populaire et catholique, nous sommes un acteur de l’éducation dans toutes les dimensions : physique, intellectuelle, affective, spirituelle, morale et sociale. C’est parce que nous visons ce développement harmonieux, que nous portons le fait que l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle fasse pleinement partie du programme des jeunes. 
Dans notre quotidien d’éducateurs et d’éducatrices scouts, cette question nous interpelle. Elle appelle une attention sincère aux interrogations des jeunes. Elle nous engage à la construction d’une réponse émancipatrice dans notre dialogue avec eux. Un jeune scout, guide, qui vient vivre un week-end, un camp, ne laisse pas ses questionnements à nos portes. Pourquoi le ferait-il à la porte de l’établissement scolaire ? Apporter une réponse sur et par l’Evars nous apparaît comme une nécessité fondamentale, dans notre société qui se transforme. S’informer avec calme, recul et confiance est plus que jamais nécessaire

Un projet d’éducation intégrale

Association catholique, nous croyons que les relations d’amitié, d’amour, que la sexualité, sont signes de la dignité, de la liberté et de la beauté souhaitée par Dieu pour les hommes et les femmes. Notre projet d’éducation intégrale nous invite à affirmer la profonde dignité de chacune et de chacun dans ce qu’il est, dans ce qu’il choisit. Aborder les questions de vie affective, relationnelle et sexuelle ne s’oppose pas aux valeurs que nous portons. Notre foi est celle de l’amour : et il nous tient à cœur qu’elle s’adapte aux évolutions de la société. Nous parlons aux jeunes de notre temps, avec un regard sincèrement bienveillant, et nous témoignons des interpellations qu’ils nous apportent.

Nous-mêmes, nous agissons dans nos activités scoutes pour permettre à chacun et chacune de grandir avec ce qu’il ou elle est. Nous proposons – et ce depuis des années – des actions qui permettent d’éduquer à la vie affective, relationnelle et sexuelle. Elles reposent sur une approche qui considère les enfants dans leur globalité et s’appuient sur un cadre ajusté aux besoins et à la maturité de chacune et chacun.

Quand certains semblent réduire l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle à la seule éducation à la sexualité et n’y voir qu’une « théorie du genre », nous tenons à rappeler que l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle vise à offrir aux jeunes un espace de réflexion et d’échange sur l’intimité, la relation au corps, les relations d’amitié… Il s’agit de partager ses émotions, vivre une sexualité respectueuse de son corps et de celui des autres, tout en garantissant une sécurité affective et des relations de qualité. En plus de favoriser un dialogue ouvert et respectueux, ces espaces libèrent la parole de certains jeunes, parfois si difficile à partager, et leur ouvrent un avenir plus confiant.

Éduquer au consentement

Ces espaces sont structurants. À l’école comme dans les activités scoutes, ils permettent de déconstruire les stéréotypes et d’aborder l’éducation au consentement, à la lutte contre les discriminations. Ils évoquent les relations interpersonnelles davantage égalitaires entre les femmes et les hommes, et la construction de repères. Ils favorisent donc des interactions personnelles respectueuses et éclairées.

Dans un monde où les jeunes méconnaissent leurs droits, où la violence, le harcèlement, les violences sexistes et sexuelles sont encore une réalité – où la jeunesse est souvent seule face à un espace numérique sans fin, notre présence est précieuse et nous devons agir !

Nous sommes convaincus que l’école, comme les associations d’éducation populaire et les familles ont ce rôle à jouer, non en opposition mais en complémentarité pour répondre aux enjeux éducatifs qui nous interpellent aujourd’hui.

Dès lors, nous accueillons avec intérêt l’inscription de l’Evars au sein des programmes scolaires ainsi que la formation des personnels enseignants pour son déploiement. Ensemble, familles, écoles et mouvements éducatifs, nous saurons développer une réponse et un plan d’action à la hauteur des enjeux de la jeunesse auxquels nous faisons collectivement face.

Anne-Claire Bellay-Huet Déléguée générale des Scouts et Guides de France

Sophie Mancel Déléguée nationale aux méthodes éducatives des Scouts et Guides de France

 

 

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6 février 2025 4 06 /02 /février /2025 15:00
Homélie de Sr Michèle pour méditer Lc 5,1-11 5ème dimanche du TO

01 Or, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth. 02 Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. 03 Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules. 04 Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » 05 Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. » 06 Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer. 07 Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient. 08 A cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » 09 En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ; 10 et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » 11 Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.  

Lc 5, 1-11

 

Regardons Jésus et cette foule autour de lui. Il a besoin d’une barque pour pouvoir leur parler de la Bonne nouvelle qui habite son cœur. Et Jésus sait demander, il sait avoir besoin des autres, il n’y a donc en lui aucune autosuffisance mais un désir de partenariat, un désir que d’autres participent à sa mission et la conscience simple qu’il a besoin d’aide. Regardons le pour quelque chose de cela passe en nous.

 

Après un temps d’enseignement, Jésus demande une chose étonnante à Simon : « avance au large et jetez les filets. » Cette demande du Christ est à entendre dans l’aujourd’hui de nos vies. C’est le Christ vivant, ressuscité qui aujourd’hui nous parle. Quel est ce « large » auquel Jésus nous invite ?

 

Élargir l’espace de nos vies ? Elargir l’étroitesse de nos idées ? Ouvrir large notre cœur à son amour ? Prenons le temps d’entendre et appel.

 

Il s’agit non seulement d’avancer au large mais « de jeter les filets ». On peut comprendre l’étonnement de Simon, le professionnel de la pêche mais, malgré tout son savoir-faire, il n’a pris aucun poisson. Il n’y a aucune raison qu’ils en prennent maintenant ! Pourtant il va le faire. Il va entendre cette demande. Qu’est-ce qui a pu le décider ? Il me semble que c’est grâce à sa confiance fondée sur une intuition : de la part de Jésus, ne peut venir qu’une abondance de vie. Et la pêche abondante lui donne raison !

La confiance de Pierre interpelle la nôtre : quelles sont les raisons de ma confiance en Jésus ? Sur quoi se fonde-t-elle ?

 

Comme Pierre, nous nous savons pécheurs, fragiles, dans le sens d’une résistance profonde à entrer dans la confiance, à convertir nos fausses images de Dieu. Mais l’inouï de tout l’Évangile, c’est de se découvrir appelé-e au cœur même de ce péché, de cette résistance, de cette fragilité.

Jésus a seulement besoin de notre confiance et de notre gratitude. Il nous rejoint là où nous sommes, nous appelle comme nous sommes. Goûtons simplement, savourons cette joie d’être appelé-e au cœur même de nos résistances. Et pour cela laissons retentir cette parole de Jésus : « Ne crains pas » pour qu’elle fasse son œuvre de paix en nous.

Photo : https://www.evangile-et-peinture.org/

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