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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 15:12

 

Semaine Sainte :

avec celles et ceux qui sont dans la nuit de la souffrance.

 

Avec celles et ceux…avec les familles et proches des victimes du crash A 320, hurlement de douleurs…avec celles et ceux  qui crient leur révolte  devant la lapidation de femmes…avec les persécuté-es pour leur foi ou leur non-foi…avec les enfants maltraités…avec les femmes humiliées, violées, tuées…avec tous humains qui subissent la violence et l’injustice…avec celles et ceux qui sont dans la nuit de la foi, la nuit de l’espérance, la nuit de l’amour…

La liste est longue et sans fin.

 

Entrer dans la semaine sainte avec elles, avec eux, avec ma nuit, avec la leur.

Dieu crie aussi de douleur avec elles, avec eux, avec nous.

Il est là avec nous, non seulement un jour du temps quand il a hurlé de douleur sur la croix.

Mais aussi, de tout temps, il crie sa douleur pour tout ce qui dans ce monde pourtant si beau, est défiguré par l’injustice ou par l’absurde.

Il est là avec nous, sans mot, mais il est là.

Il nous prend la main, il nous prend dans ses bras pour que de la douleur puisse naitre peu à peu une détermination, une force pour combattre, une force pour vivre et faire vivre.

 

Mais pour cela, arrêtons de dire que la mort du Christ sur la croix est la volonté de Dieu comme condition du pardon !

Le Christ est mort parce que sa vie, ses paroles, ses actions étaient intolérables à ceux qui font de la religion leur fond de commerce et la justification de leur pouvoir.

Le Christ est celui à qui tous les bourreaux font violence.

La miséricorde qui est Dieu n’a besoin d’aucune souffrance ni d’aucune croix pour être remuée aux entrailles devant nos égarements.

 

En regardant la croix du Christ,

je vois Dieu qui a crié de douleur et qui continue de crier,

je vois Dieu qui étend les bras pour nous relever, nous guérir, nous pousser à lutter contre toute injustice et toute absurdité.

 

 

 

 

Semaine Sainte : avec celles et ceux qui sont dans la nuit de la souffrance.
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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 22:49

 

Delphine Horvilleur, le rabbin est une femme

C'est une femme belle et rebelle qui a choisi un métier d'homme, une mère de famille qui a goûté à la médecine, au journalisme et au mannequinat avant de se lancer... dans le rabbinat. Delphine Horvilleur est la deuxième femme rabbin du mouvement juif libéral de France.

http://www.rts.ch/play/tv/faut-pas-croire/video/delphine-horvilleur-le-rabbin-est-une-femme?id=6641301

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 10:25
Méditons l'Evangile de Marc l'ouverture à l'universel

 

Mc 6/47 à 8/11

1-Un récit symbolique de la passion et de la résurrection Mc 6/47-56

Solitude du Christ toute une nuit dans la mort.

Marche sur l’eau, comme victoire sur la mort.

Le petit matin, il se manifeste à ceux qui ont affronté la déroute.

Les disciples qui le prennent pour un fantôme comme en Lc 24/31 et ne le reconnaissent pas.

Le réconfort par une parole de confiance : « Je suis » , ne craignez pas.

Leurs cœurs endurcis qui ont du mal à croire.

Villages, villes, champs : ensuite, un message de vie qui parcourt le monde des villages, des villes et de champs

 

2-Une prise de position contre le mépris du profane et des aliments Mc 7/1-23

Contre un mépris du profane : Ici le rituel de la purification des mains

*Derrière ce rituel de purification, il y a une conception du monde : ce qui relève de la vie quotidienne est profane et ce profane est impur.

*La conception du monde qu’à Jésus est à l’opposé de cela. Pour lui le profane n’est pas impur car ce profane, il l’a pris en s’incarnant, il l’a fait sien. Il brise la distinction entre profane et sacré. Ou plutôt : le profane est sacré et le sacré c’est la vie humaine

*Sa critique porte aussi sur un rituel qui n’est que formel, extérieur, n’engageant pas la vie concrète et le cœur et qui même est un prétexte pour éviter l’engagement concret pour les autres comme par exemple l’aide aux parents.

 

Contre un mépris de certains aliments

Marc donne la raison de l’enseignement de Jésus : il déclare pur tous les aliments faisant éclater tout le légalisme alimentaire de la religion de son temps. La transgression de Jésus repose sur le primat de la parole et du cœur. L’important ce n’est pas ce qui entre par la bouche (les aliments) mais ce qui sort de la bouche (les paroles) car cela vient du cœur.

 

3-L’ouverture à l’universelle grâce à une femme Mc 7/24 à 8/11

Voici 3 récits qui se passent en terre païenne. Pour quoi ce choix de Jésus de s’y rendre vers les frontières de Tyr. La raison n’en est pas donnée. Peut-être un moment de retraite que vient troubler une femme en souci de son enfant. Il part ensuite vers la Décapole et fait une guérison. Enfin il nourrit une foule.

Une femme fait changer Jésus

Jésus a choisi Tyr comme lieu de repli. Cela ne le gène pas puisqu’il vient de faire tomber les frontières entre le pur l’impur. Mais pour lui, guérir des païens n’est pas encore à l’ordre du jour. Une femme va le faire changer d’avis. Comme Marie à cana, elle va provoquer le signe qu’est venu le temps de l’universalisme du Royaume.

Ecoutons leur dialogue à propos de sa petite fille.

Au verset 25, il est question de la petite fille

Au verset 27 Jésus dit se réserver pour les enfants

A la fin la petite fille est appelé enfant donc va avoir accès à la table des enfants.

Cette femme a aidé Jésus à élargir l’espace du royaume des enfants du Père.

Ce pain désormais donné aussi aux enfants de tous temps et de tous lieux va ensuite être donné à profusion au chapitre 8.

Regarder Jésus qui a su se laisser déplacer par cette femme.

Regarder cette femme qui a su rebondir sur l’obstacle du refus initial

Ainsi, grâce à cette femme, lorsqu’on lui amène un sourd-muet, Jésus n’a plus aucun hésitation, il le guérit et il multiplie les pain en terre païenne.

Le passage est fait.

 

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 17:00
Jésus libérateur de lois excluantes: Luc 8/42-48

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 8, 42-48

Les foules le pressaient au point de l’étouffer. Or, une femme qui avait des pertes de sang depuis douze ans, et qui avait dépensé tous ses biens chez les médecins sans que personne n’ait pu la guérir, s’approcha de lui par-derrière et toucha la frange de son vêtement. À l’instant même, sa perte de sang s’arrêta.

Mais Jésus dit : « Qui m’a touché ? » Comme ils s’en défendaient tous, Pierre lui dit : « Maître, les foules te bousculent et t’écrasent. »

Mais Jésus reprit : « Quelqu’un m’a touché, car j’ai reconnu qu’une force était sortie de moi. »

La femme, se voyant découverte, vint, toute tremblante, se jeter à ses pieds ; elle raconta devant tout le peuple pourquoi elle l’avait touché, et comment elle avait été guérie à l’instant même.

Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix. »

 

Il est des questions de Jésus qui sont curieuses ! Pourquoi veut-il savoir qui l’a touché ? Il sait qu’il a guéri quelqu’un, cela ne lui suffit-il pas ? Que veut-il de plus ?

Assurément il veut une rencontre personnelle. Car nous le savons, il est plus qu’un « guérisseur », il est sauveur. Le salut qu’il donne, c’est d’abord lui-même, c’est le cadeau d’une rencontre, d’une attention à l’autre, d’une question qui suscite une réponse, d’un dialogue qui s’installe. Et on peut déjà s’étonner de cela.

 

Mais il nous faut aller plus loin.

Et pour cela comprendre que la maladie dont souffre cette femme, est source d’exclusion sociale.

Elle est considérée comme « impure »[1] et si elle a un contact physique avec quelqu’un, elle le rendra impur !

Au regard de cette loi religieuse, elle a donc rendu impurs tous les gens qu’elle a touchés dans la foule et Jésus lui-même ! C’est une transgression majeure qui nous explique sa stratégie d’anonymat.

Jésus approuve cette transgression car il veut libérer les gens de tout le poids d’exclusion que véhicule ce type de lois religieuses.

Il y a donc un enjeu majeur à faire connaitre cette guérison :

Rendre public aux yeux de tous cette guérison a des conséquences de salut pour cette femme et pour la foule.

Jésus ne se considère pas impur d’avoir été touché par elle, et donc de fait, déclare caduque cette loi d’impureté qui excluait les femmes qui en étaient atteintes.

Nous avons là un exemple fondamental de la révolution religieuse qu’apporte Jésus, un exemple de sa liberté qui brave ces lois excluantes.

Il la guérit, il la libère comme il nous libère.

L’appeler « Ma fille » n’est pas non plus anodin. Dans un cas semblable de situation d’exclusion, à Zachée le publicain, Jésus dira : « N’est-il pas lui aussi fils d’Abraham ? »[2].

Les paroles qu’il lui adresse, le fait de l ‘appeler ma fille lui rendent sa dignité, la valorise au sujet de sa foi, la réintroduit dans l’espace social, lui fait cadeau de la paix.

Nous avons là toute la détermination de Jésus pour libérer celles et ceux qu’il rencontre. Il a la même détermination pour nous aujourd’hui. Alors, laissons-nous libérer par lui.

 

 

[1] Lv 15,9

[2] Lc 19,9

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 23:19
Méditons avec l'évangile de Marc 6/30-46, le pain partagé

Mc 6/30-46

Les apôtres se réunissent auprès de Jésus, et ils lui rapportèrent tout ce qu'ils avaient fait et tout ce qu'ils avaient enseigné. Et il leur dit : "Venez vous-mêmes à l'écart, dans un lieu désert, et reposez-vous un peu." De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux que les apôtres n'avaient pas même le temps de manger. Ils partirent donc dans la barque vers un lieu désert, à l'écart.Les voyant s'éloigner, beaucoup comprirent, et de toutes les villes on accourut là-bas, à pied, et on les devança.En débarquant, il vit une foule nombreuse et il en eut pitié, parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont pas de berger, et il se mit à les enseigner longuement.L'heure étant déjà très avancée, ses disciples s'approchèrent et lui dirent : "L'endroit est désert et l'heure est déjà très avancée ; renvoie-les afin qu'ils aillent dans les fermes et les villages d'alentour s'acheter de quoi manger." Il leur répondit : "Donnez-leur vous-mêmes à manger." Ils lui disent : "Faudra-t-il que nous allions acheter des pains pour 200 deniers, afin de leur donner à manger ?" Il leur dit : "Combien de pains avez-vous ? Allez voir." S'en étant informés, ils disent : "Cinq, et deux poissons." Alors il leur ordonna de les faire tous s'étendre par groupes de convives sur l'herbe verte. Et ils s'allongèrent à terre par carrés de cent et de 50. Prenant alors les cinq pains et les deux poissons, il leva les yeux au ciel, il bénit et rompit les pains, et il les donnait à ses disciples pour les leur servir. Il partagea aussi les deux poissons entre tous. Tous mangèrent et furent rassasiés ; et l'on emporta les morceaux, plein douze couffins avec les restes des poissons. Et ceux qui avaient mangé les pains étaient 5.000 hommes. Et aussitôt il obligea ses disciples à monter dans la barque et à prendre les devants vers Bethsaïde, pendant que lui-même renverrait la foule. Et quand il les eut congédiés, il s'en alla dans la montagne pour prier.

 

1-Se rassembler autour de Jésus.

Que de choses en ces quelques mots. Une définition de l’Eglise : ceux qui se rassemblent autour de Jésus pour l’écouter, vivre de sa vie pour que le monde en soit ensemencé.

 

2-Ils lui rapportèrent tout ce qu’ils avaient fait…

Etonnant ce passage ! Cela fonde pour nous l’importance de relire sa vie, d’en parler, de pouvoir être écouter par quelqu’un.

Etonnant aussi par ce que cela nous donne l’image de Jésus écoutant. Il nous parle et aussi il nous écoute.

 

3-Reposez-vous un peu

Il y a dans cette phrase toute la tendresse de Jésus, son attention à ses disciples. Aujourd’hui, pour certain-es d’entre nous, cela peut être une invitation à prendre très au sérieux : prendre soin de soi, savoir se reposer, ne pas sombrer dans l’activisme, dans un travail idole ou drogue.

Savoir se reposer, c’est rester libre par rapport à ce qui se présente et qui peuvent être de fausses nécessités.

Faire du tri : est-ce indispensable, puis-je le déléguer ? Se reposer, c’est savoir trouver le sens de sa vie dans l’être et pas seulement dans le faire.

 

4-Jésus voit…Il est remué aux entrailles…Il enseigne

Arrêtons-nous sur ces 3 verbes : voir, être remué, enseigner.

Cela indique un chemin de perception pour mieux agir.

-Il s’agit en premier d’ouvrir les yeux sur le réel.

-Ensuite se laisser toucher par lui.

-Pour enfin comprendre ce qu’il faut faire et agir.

Jésus fait ce chemin et nous l’indique comme moyen pour sortir de la répétition, s’ouvrir à du neuf.

Ici qu’a-t-il vu ? Des brebis sans berger.

Et nous que voyons-nous ?

 

5-Renvoie-les…Donnez-leur…

Devant l’heure tardive et la nécessité de nourrir cette foule, voici deux solutions : que les gens aillent s’acheter ou que les apôtres le fassent.

C’est aucune des deux que Jésus choisit. Devant deux choix, il y a quelque fois une 3ème solution qui est la bonne. C’est celle de Jésus qui sera la bonne : la bénédiction de 5 pains,de 2 poissons nourrit 5000 personnes.

Après avoir nourri de sa parole, il nous nourrit de son pain. Miracle de la bénédiction, miracle du partage.

 

6-Cinq pains et deux poissons

Le peu qui est donné est multiplié. Ce peu, c’est ce que nous pouvons donner. Mais donné à Jésus, passé par ses mains, ce peu acquiert une fécondité insoupçonnée.

Et ce peu, Jésus en a besoin. Si nous ne le donnons pas, il ne peut rien faire. C’est le peu de la foi, de la confiance, du don.

 

7-Il renvoie la foule et s’en va prier.

Dans l’Evangile de Jean, nous savons pourquoi il fait cela : la foule veut le faire roi. Il affronte ici la même tentation racontée en Matthieu chapitre 5. Il n’y succombe pas et s’y oppose par l’éloignement et la prière.

Regardons Jésus en prière. Dans le silence, la solitude, il puise les raisons de son attitude, de ses actes, de ses paroles, la raison de sa vie.

 

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 15:14

AEFJN, le Réseau, sa vision et sa mission

http://www.aefjn.org/index.php/a-notre-sujet.html

 

La vision d'AEFJN

Un monde dans lequel chacun peut bénéficier du partage des dons de la création et avoir l'opportunité d'épanouir ses capacités, dons reçues de Dieu.

Une culture où les personnes, spécialement les pauvres, sont au cœur des politiques économiques et sociales.

Une Afrique qui s'affirme dans l'égalité dans ses relations avec les autres puissances mondiales.

 

Nos valeurs

Notre foi chrétienne

Notre option préférentielle pour les pauvres

Notre désir de justice au plan mondial et de partage équitable des dons de la création pour tous et plus spécialement pour les populations d'Afrique

Un profond respect de la dignité de chaque être humain

Un souci de relations équitables et justes entre l'Afrique et l'Europe, pour le bien commun de tous

 

Le Réseau Foi et Justice Afrique-Europe (AEFJN), est un réseau international basé sur la foi, mandaté par presque cinquante Instituts religieux ou missionnaires catholiques œuvrant en Afrique et en Europe. Depuis 1988, il travaille à promouvoir des relations économiques équitables entre l'Afrique et l'Europe.

AEFJN veut promouvoir la justice économique entre l'Union Européenne et l'Afrique, ceci pour permettre d'assurer un avenir meilleur aux populations africaines.

 

Les parties du réseau AEFJN

Les Antennes et le Secrétariat international

Un Secrétariat International, basé à Bruxelles, (Belgique) coordonne les activités du Réseau et fait du plaidoyer auprès des Institutions Européennes en faveur de relations plus équitables entre l'Union Européenne et les pays d'Afrique.

Des groupes de religieux(ses) et des laïcs de différents pays d'Afrique et d'Europe, forment les Antennes d'AEFJN. Ils représentent les préoccupations d'AEFJN au niveau national.

AEFJN a 13 antennes dans 12 pays européens: Belgique, France, Allemagne, Irlande, Italie, Malte, les Pays-Bas, Espagne (Madrid et Barcelone), Pologne, Portugal, Royaume-Uni et Suisse.

 

Les congrégations membres
Près de cinquante instituts religieux catholiques ou missionnaires présents en Afrique et en Europe sont membres d'AEFJN. La personne de contact représente la congrégation à l'Assemblée générale annuelle AEFJN.

Les membres d'AEFJN, dont beaucoup sont ou ont été missionnaires, ont l'expérience de la vie en Afrique dans sa réalité et gardent des liens étroits avec ses populations. Leur foi chrétienne nourrit un profond respect pour chaque être humain et le désir de permettre aux personnes qui n'ont pas encore accès à leur part des ressources de la création, de l'acquérir.

 

L'Exécutif

AEFJN est dirigé par un Comité Exécutif élu par les membres des Instituts du Réseau.

 

La Mission d'AEFJN

Motivés par notre foi chrétienne et enrichis de l'enseignement de la doctrine sociale de l'Eglise, nous voulons être présents là où sont prises les décisions politiques qui traitent des relations économiques entre l'Afrique et l'Europe.

En tant que citoyens de nos pays respectifs et de l'Union Européenne, nous plaidons auprès de preneurs de décision au plan national par le biais de nos « antennes », et au plan européen, par celui du Secrétariat international de Bruxelles.

Grâce aux réseaux qu'offrent nos communautés et nos Eglises, nous joignons d'autres groupes d'Eglise et de la société civile afin de promouvoir une cause commune pour un monde empreint de respect, de compassion et de justice.

 

D'autres traits d'AEFJN

Une présence continue parmi les pauvres en Afrique, grâce aux congrégations membres, permet une connaissance réelle de leur vie.

Les membres d'AEFJN, présents en Afrique et en Europe, sont en lien avec toutes les couches de la société et connaissent bien le contexte africain.

AEFJN se concentre sur les questions économiques qui affectent les relations entre l'Afrique et l'Union Européenne ainsi que ses états membres.

AEFJN veut influencer les politiques économiques qui touchent l'Afrique.

AEFJN distribue à ses membres ainsi qu'à l'opinion publique l'information relative aux sujets d' injustice structurelle.

AEFJN est un réseau chrétien mais peut prendre des décisions indépendamment de l'Eglise institutionnelle.

 

Nos points forts vis-à-vis de l'Afrique et l'Europe

Connaissance de la réalité au niveau de la base fondée sur l'expérience personnelle.

La connaissance de la politique de l'UE envers l'Afrique

Notre réseau qui touche les membres de nos congrégations et institutions à tous les niveaux.

 

AEFJN fait du lobbying et du plaidoyer à différents niveaux:

Avec d'autres partenaires (société civile, ONG, groupes confessionnels) qui travaillent sur les mêmes questions et ont les mêmes préoccupations. AEFJN coordonne ses activités au niveau européen et national, s'unissant à la réflexion commune sur les enjeux et se concentre sur les domaines dans lesquels des activités communes, telles que des déclarations conjointes, des positions et des conférences peuvent être mis sur pied.

Au niveau de l'Eglise pour sensibiliser les religieux, missionnaires et laïcs, sur l'impact des politiques commerciales sur les populations d'Afrique. AEFJN travaille pour changer les structures injustes qui entraînent un appauvrissement et d’inégalité dans le peuple et les pays de l'Afrique.

Au niveau national, en collaboration avec le Secrétariat international, les antennes d'AEFJN travaillent au niveau national, pour sensibiliser et afin de faire du plaidoyer auprès des gouvernements nationaux, des parlements et des groupes confessionnels.

Au niveau de l'UE, le Secrétariat International est en contact avec les différentes directions générales de la Commission Européenne, avec le Parlement Européen et avec le Conseil.

Au niveau de l'Afrique AEFJN est en contact avec un certain nombre de groupes en Afrique qui travaillent sur les questions économiques.

Réunion d'AEFJN au Forum Social Mondial - Nairobi 2007

 

AEFJN au FMS - Nairobi 2007

Les membres de congrégations AEFJN travaillant sur les questions de justice se sont réunis à Nairobi au cours du Forum social mondial, pour mieux connaître le réseau.

Notre adresse

AEFJN Secrétariat international


174, rue Joseph II
B - 1000 Bruxelles
Belgique
Tél. +32. (0) 2.234.68.10
Fax +32. (0) 2.231.14.13
Courrier électronique: aefjn@aefjn.org

 

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 21:27
Invité-es: Katrin Agafia, se laisser toucher Luc 8/42-48

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 8, 42-48

Les foules le pressaient au point de l’étouffer. Or, une femme qui avait des pertes de sang depuis douze ans, et qui avait dépensé tous ses biens chez les médecins sans que personne n’ait pu la guérir, s’approcha de lui par-derrière et toucha la frange de son vêtement. À l’instant même, sa perte de sang s’arrêta.

Mais Jésus dit : « Qui m’a touché ? » Comme ils s’en défendaient tous, Pierre lui dit : « Maître, les foules te bousculent et t’écrasent. »

Mais Jésus reprit : « Quelqu’un m’a touché, car j’ai reconnu qu’une force était sortie de moi. » La femme, se voyant découverte, vint, toute tremblante, se jeter à ses pieds ; elle raconta devant tout le peuple pourquoi elle l’avait touché, et comment elle avait été guérie à l’instant même. Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix. »

 

1ère piste : « une femme qui avait des pertes de sang depuis douze ans »

Cela fait douze ans qu’elle perd du sang… Elle est impure aux yeux de la loi, et contrainte de refouler sa féminité… Douze ans que personne ne l’a touchée. Elle en a vu des médecins, des prêtres et des faux-prophètes ! Mais toujours les mêmes discours creux, teintés de faux espoirs, la réduisant un peu plus au mutisme et à la honte ! Seul son corps parle encore avec vérité : elle est tout simplement épuisée.

Comme cette femme, je prends le temps ce soir d’écouter mon corps. Je peux me mentir à moi-même, mais mon corps, lui, ne ment jamais. Il porte mes intuitions, mes perceptions, et met à jour les maux de mon âme.

 

2ème piste : « elle toucha la frange de son vêtement »

Et l’audace de cette femme est à la hauteur de son désespoir. Elle touche le manteau de Jésus, en cachette. Toucher : ce mot est répété quatre fois. Quelle insistance ! Toucher l’autre, c’est dire avec son corps, sa soif de relation, sa soif de tendresse ; c’est le premier langage des enfants… et se laisser toucher, c’est risquer une rencontre et consentir à sa vulnérabilité.

Ainsi Jésus se laisse toucher. Il me laisse saisir Son manteau, Il me laisse risquer ma main dans la sienne. Et qu’importe si je me sens impur-e, indigne, Lui ne regarde que l’audace de ma confiance.

 

3ème piste : « Quelqu’un m’a touché »

Là où les disciples ne voient qu’une foule, indifférenciée, qui presse, qui étouffe toute forme de singularité, Jésus, lui, perçoit une personne unique. Non seulement, il rejoint cette femme, en la guérissant, mais il la cherche, comme Dieu cherche Adam dans le jardin d’Eden. Il cherche son visage, désire croiser son regard. « L’amour est le miracle d’être un jour entendu jusque dans nos silences »[1]. Il est peut-être là le véritable miracle pour cette femme : elle s’est sentie entendue, unique aux yeux d’un autre, du Tout Autre.

Tant de fois, j’ai cherché le visage de Dieu, à la force de mes poignets… et c’est Lui qui scrutait l’horizon pour y croiser mon regard. Tant de fois, je me suis concentrée pour écouter Sa parole, et c’est Lui qui, en secret, déchiffrait mes silences. Et, si ce soir, j’inversais l’ordre des choses et je me laissais trouver par Dieu ?

 

4ème piste : « elle raconta devant tout le peuple pourquoi elle l’avait touché »

La femme choisit de se laisser trouver par Jésus : elle s’approche. Sa façon à elle, de dire « me voici » à Dieu, est de sortir de l’anonymat. Certes, elle s’expose, tremblante, aux attentes et aux jugements étriqués de la foule, mais elle vient de croiser le regard de Jésus ; un regard qui interpelle, en elle, ce qui aspire à naître, un regard si attentif à sa vérité. Elle peut donc enfin parler, raconter son histoire et par ses mots, délier les liens de la honte qui l’enchaînaient.

Moi aussi, ce soir, je peux me risquer à dire au Christ, à ma façon, avec cette femme, « me voici ». Je peux risquer devant Lui une parole vraie, qui engage tout mon être : me voici, avec cette histoire qui est la mienne ; me voici, avec mes désirs profonds ; me voici, prêt-e à « marcher ma vie ».

 

5ème piste : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix. »

Après l’avoir regardée, Jésus s’adresse à cette femme, avec une infinie douceur : il parle à son cœur. Il reconnaît en elle cette force qui l’habite, cette confiance qui l’a faite avancer. Jésus, loin de tous les discours creux, loin des évidences toutes faites, risque une parole vraie, solide, fiable, reflet de Son intériorité. Cette parole donne la Paix.

Cette parole est pour chacun d’entre nous. Dans le silence de mon cœur, j’accueille cette délicatesse du Christ envers moi. Je prends le temps de contempler cette flamme qu’Il a déposée là, dans un coin de mon âme. Chaque fois qu’elle s’éteint, Il vient la réveiller par Ses mots de tendresse, afin que je continue ma route, dans la confiance et la paix.

Katrin Agafia

[1] Christian Bobin Ressusciter p.26

Invité-es: Katrin Agafia, se laisser toucher Luc 8/42-48
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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 15:57
Méditons avec l'Evangile de Marc 6/14-29, les choix injustes

Mc 6/14-29

Le roi Hérode apprit cela ; en effet, le nom de Jésus devenait célèbre. On disait : « C’est Jean, celui qui baptisait : il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. »

Certains disaient : « C’est le prophète Élie. » D’autres disaient encore : « C’est un prophète comme ceux de jadis. » Hérode entendait ces propos et disait : « Celui que j’ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! » Car c’était lui, Hérode, qui avait donné l’ordre d’arrêter Jean et de l’enchaîner dans la prison, à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe, que lui-même avait prise pour épouse. En effet, Jean lui disait : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. » Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas

parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir. Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son anniversaire, Hérode fit un dîner pour ses dignitaires, pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée. La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai. »

Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume. » Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu’est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean, celui qui baptise. » Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus.

Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison. Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère.

Ayant appris cela, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau.

1-Hérode ou les choix de l’injustice

Regarder les impasses que cet homme prend :

* injustice de l’adultère

*injustice du pouvoir absolu qui enferme des gens innocents et sans procès, simplement parce qu’ils disent la vérité. Injustice toujours actuelle.

*Division à l’intérieur de lui-même qui l’empêche de faire le choix de ce qui est bien : il aime à écouter Jean mais ne se résout pas à le libérer.

*Injustice qui se nourrit de bêtises et de promesses inconsidérées

*Injustice qui se nourrit d’orgueil, de manque de liberté l’empêchant de revenir sur une promesse folle.

2-Hérodiade et sa fille

*Regarder l’impasse où Hérodiade s’enferme :

Hérodiade alimente en elle une volonté de meurtre vis-à-vis de celui qui s’oppose à elle.

*Regarder le manque d’autonomie des la fille d’Hérodiade, incapable d’un désir personnel et se pliant au désir de sa mère, elle épouse le désir de sa mère et même en rajoute.

3-Regarder ce meurtre, préfiguration de celui dont sera victime le Christ. Accusé injustement et assassiné, Jean est bien le précurseur de Jésus en sa Passion.

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 21:51

On peut penser mais pense-t-on jusqu’au bout ?

Par exemple, le Magistère de l’Eglise catholique romaine pense que le sacrement de l’ordre ne peut pas être donné à des femmes.

Ceci parce que Dieu ne le voudrait pas.

Mais, cette « pensée », pense-t-elle jusqu’au bout ?

Voit-elle jusqu’au bout ce que cela induit comme image de Dieu et comme image de l’humain ? Et si ce « jusqu’au bout » de la pensée arrivait à faire percevoir une théologie et une anthropologie fausse et source d’injustice ?

Essayons donc de penser jusqu’au bout.

Dans la plus belle présentation de ce sacrement, il nous est dit que c’est un service qui donne charge (munus) de gouvernement, de sanctification, d’enseignement.

Quel beau service !

Pensons jusqu’au bout :

*Ne pas appeler de femmes à ce service voudrait donc dire qu’elles n’en sont pas capables ?

Cet argument pouvait tenir dans les sociétés anciennes où les femmes étaient exclues de toutes les charges publiques, où elles étaient juridiquement et socialement considérées comme mineures, sous la dépendance masculine.

Cet argument ne tient plus alors que les femmes ont suffisamment prouvé leur capacité dans la société civile et aussi dans l’Eglise à accomplir ces charges.

Il faut trouver autre chose !

*Ne pas appeler de femmes à ce service, voudrait dire que c’est une volonté objective de Dieu qui ne voudrait pas qu’elles l’assument.

Argument massue !

Mais penser jusqu’au bout c’est poser la question : pourquoi ne le veut-il pas s’il a mis en elles toutes les capacités pour le faire ? Dieu serait-il incohérent ?

Il faut donc encore trouver autre chose.

*Le Christ s’est incarné dans un être masculin, le prêtre qui agit « in persona Christi » (en la personne du Christ) doit donc être de sexe masculin.

Penser jusqu’au bout, c’est d’abord se demander quelle est la convenance de cette masculinité ? Si on répond qu’il y en a une, c’est au nom d’une théologie qui ne peut concevoir Dieu qu’avec des traits masculins. Ce qui est contestable : Dieu est au-delà du masculin et du féminin. Si l’on répond qu’il n’y a aucune convenance, l’être humain étant sexué, l’Incarnation véritable ne pouvait être que dans l’un des sexes et n’a donc pas de signification. L’argument tombe de lui-même.

Encore autre chose ?

*Le Christ devait être un homme car ce serait dans la nature masculine d’être dans le registre de l’initiative et dans la nature féminine d’être dans le registre de la réception symbolisant l’Eglise qui reçoit tout du Christ.

Donc à l’un la possibilité d’être prêtre et à l’autre de ne pas l’être.

Alors là, on est franchement dans le domaine de l’idéologie !

C’est une anthropologie qui ne repose que sur des conceptions culturellement datées des relations homme-femme, une conception fixiste et déterministe de la nature : tant et tant de femmes prouvent chaque jour le contraire de cette imagerie.

Encore ?

*A bout d’arguments, il reste encore celui-ci : Jésus n’a appelé que des hommes à être apôtres.

Mais là encore, pensons jusqu’au bout. Il faut qu’il y ait une légitimité à ce choix. S’il est sans raison, il est arbitraire et Jésus serait injuste. Pour y répondre, je laisse la parole au théologien Joseph Moingt. Vous pouvez trouver la totalité de son article dans : http://www.womenpriests.org/fr/francais/moingt.asp

Ce site reproduit l’article qu’il a écrit dans :

Sur un débat clos

Recherches de Science Religieuse 82 (Juillet-Septembre 1994)

Numéro 3, pp. 321 -333.

Voici un extrait :

« Les faits [ c'est-à-dire le choix de 12 hommes] ne parlent pas par eux-mêmes, ils peuvent contenir en eux leur sens et leur raison d’être, mais ils ne l’expriment pas, il faut les faire parler, interpréter ce qu’ils signifient, et cela en se gardant de leur faire dire ce que nous voudrions qu’ils disent et qu’ils n’ ont peut-être pas l’intention de dire…

Il est donc vraisemblable qu’il a choisi des hommes sans que l’idée lui vienne qu’il pourrait appeler aussi des femmes à la même charge. Y eût-il songé qu’il a pu y renoncer pour ne pas heurter les convenances sociales ni troubler l’ordre public, et non pour obéir à une volonté expresse du Père ni pour établir une loi qui devrait être observée jusqu’à la fin des temps. Ce fait n’offre donc pas l’évidence d’une disposition divine révélée, il peut trop facilement s’expliquer par d’autres motivations, sociologiques peut-être, mais étrangères au type de discriminations, avant tout religieuses, contre lesquelles réagissait Jésus…

Quand on exalte la vocation des femmes dans l’Église, quand on les invite à y remplir des charges, quand on leur rend grâce des services qu’elles lui rendent-services sans lesquels, on ne le sait que trop, tant de communautés chrétiennes s’écrouleraient-, et quand il leur arrive de s’offrir à remplir des charges encore plus élevées, parce qu’il n’y a plus assez d’hommes pour le faire, et qu’il leur est répondu, sur un ton désolé, malgré le besoin criant qu’on en a, que l’Église n’a pas reçu le pouvoir de les y appeler: comment s’imagine-t-on que ce langage sera reçu, sinon comme le refus des hommes de partager avec les femmes les privilèges qu’ils tiennent du Seigneur ? Plus le discours se fait louangeur et compatissant à l’adresse des femmes, moins il dissimule le refus de passer aux actes, et plus il dévoile les enjeux de pouvoir qui se mettent à l’abri derrière les silences de Jésus…

Dans le cas de l’ordination, quand l’Eglise voit le Christ appeler des apôtres et ceux-ci se choisir des successeurs, ce qu’elle regarde avant tout, ce n’est pas le sexe des personnes appelées, c’est la volonté du Christ que des ouvriers soient incessamment envoyés travailler à sa mission. Voilà la loi fondamentale et absolue à laquelle l’Église obéit et qu’elle enseigne comme une vérité révélée par la pratique ininterrompue des ordinations sacerdotales. Si elle se voit dans le besoin d’ordonner des femmes pour remplir sa mission, soit parce que les hommes ne se présentent plus en nombre suffisant, soit parce que les fidèles réclament instamment un ministère de femmes, qu’est-ce qui pourrait empêcher l’Église de changer sa pratique, comme elle l’a fait si souvent dans le passé pour d’autres sacrements ? L’obligation de pourvoir à sa mission est le seul absolu qui s’impose à elle. »

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 19:57

Jesus-lisant-Isaie.jpg

 

Mc 6/1-6

Sorti de là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. »

Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

 

1-La réaction des gens de son village

La traduction de Sr Jeanne d’Arc, op, est très éclairante.

« D’où ? A lui ! Tout  cela ! Quelle sagesse ! Elle lui est donnée ? A lui ! »

Ceci à propos de l’enseignement qu’il donne et à propos de ce qu’il fait. On sent dans ces réactions une impossibilité à reconnaitre le don qui est fait à Jésus. Et donc l’incapacité à le recevoir en partage.

D’où vient cette incapacité ?

Dans cette synagogue, il y a ceux qui l’ont vu bébé, qui l’ont vu grandir, qui l’on vu charpentier. Il y en a aussi qui ont grandi avec lui, participé aux mêmes jeux : quelqu’un d’ordinaire comme eux. Et voici que celui-ci sort de l’ordinaire. Pourquoi tout cela est donné à Jésus et pas à eux ?

Devant le don donné à quelqu’un, deux réactions sont possibles :

La première est la joie, se réjouir du don qui est fait à un autre. D’autant plus réjouissant qu’il nous en fait bénéficier. Ce don vient de lui mais , par lui, il nous ai communiqué. Gratitude.

La deuxième est la jalousie. « Pourquoi lui et pas moi ? » On refuse alors à la fois le donateur et le don. C’est la réaction des gens de son village.

( Si vous avez vu le film Amedeus, c’est exactement de cela qu’il s’agit : le musicien Salieri ne supporte pas que le don absolu de la musique ait été donné à Mozart et pas à lui.  Au lieu de jouir de sa musique comme un cadeau du ciel, il cherchera à le tuer)

 

2- Il s’étonnait de leur manque de foi

On a ici la trace d’un sentiment de Jésus : l’étonnement.

Il s’étonne d’un manque. Il leur manque la foi. Mais ici qu’est-ce que la foi ? C’est la foi en un don qui vient d’un autre et transmis par un autre. Un don à recevoir et non à posséder. La foi, c’est consentir à recevoir.

 

 

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