Désolée, tout est en anglais
On behalf of all of us at Women’s Ordination Conference and FutureChurch, thank you so much for registering for “Diakonia & Determination!”
We hope you were able to join us live on Monday evening as we prayed to renew our hearts with the spirit of diakonia and determination so that we may transform our church into a beloved community, alive with the gifts, potential, and vocations of all its members.
We are so grateful to everyone who attended and everyone who participated, and especially to Rose Lue, Alyssa Pedicino, and Carmen Ramos, who blessed us with their powerful witnesses. It was a beautiful and sacred time of lament, hope, and determination because of all of you and your presence.
Link to the Video:
If you were unable to join us live, would like to rewatch, or share with others, the video can be accessed at https://youtu.be/yrd6RDNrBH4.
« Ce qui correspond au Dieu trinitaire, ce n’est pas la monarchie d’un souverain mais la communauté des hommes sans privilèges ni servitudes ». [1]
Cette citation du théologien Moltmann montre qu’il y un lien fort entre théologie et rapports humains. La doctrine trinitaire de Moltmann, doctrine sociale de la Trinité, est pertinente pour penser l’anthropologie de l’humain, femme et homme: de même que la femme et l’homme sont un dans leur commune nature humaine au sein d’une différence, de même la Trinité est une dans leur commune nature divine et la différence des personnes.
Pour cela des conditions sont à remplir : penser d’une part la Trinité des personnes divines et d’autre part la relation homme-femme dans une parfaite égalité et ne pas penser Dieu comme un souverain masculin.
Car, si on pense ainsi, nous avons une monarchie divine au ciel qui fonde la souveraineté du pouvoir d’un seul sur terre. Nous avons l'idée aliénante d’un tout puissant souverain du monde qui exige une servitude, une dépendance et qui fonde une souveraineté terrestre, religieuse, morale, patriarcale.
L’enjeu est aussi une question de crédibilité de la foi. Les fausses images d’un Dieu qui aliène l’humain dans sa liberté, ne peuvent qu’être rejetées par nos contemporains.
Il y a un rapport entre les représentations religieuses d’une époque et les régimes politiques. Représentations religieuses et politiques se conditionnent mutuellement.
Si on met en avant un Dieu maitre, propriétaire du monde dont la volonté fait loi, qui dispose de tout, et de la volonté duquel tout dépend, il aura les traits d’un monarque conçu de manière absolutiste. Il sera imaginé parfait, impassible, gouvernant tout et tout dépend de lui.
Ce monothéisme a apporté son soutien au principe de souveraineté impériale. La politique qui correspond à la croyance à ce Dieu là, c’est l’empire de paix de l’empereur romain. Ce qui a conduit à Constantin et a fait passer le christianisme, de religion persécutée, à une religion autorisée, puis religion d’Etat, soutien de l’Etat. (Et à son tour persécutrice !)
Le soutien apporté par le monothéisme était plus absolu que le soutien d’une philosophie. L’unique empereur tout-puissant, devenait image visible du Dieu invisible car lui aussi est maître, propriétaire, et sa volonté fait loi.
« A l’unique roi sur la terre correspond le Dieu unique au ciel». [2]
Faire de la souveraineté divine l’archétype de la souveraineté étatique, ouvrait la voie à un absolutisme au plus haut degré dans l’absence de l’obligation de rendre des comptes, et mettait l’empereur en dehors du droit.
Aujourd’hui l’idée absolutiste ne subsiste que dans l’idéologie de la dictature. Mais celle-ci maintenant n’a plus besoin de la légitimité religieuse pour s’imposer, elle a, à sa disposition, la terreur de la force.
Pour surmonter la transposition du monothéisme religieux en monothéisme politique, il faut surmonter l’idée de la monarchie du Dieu unique sur un mode unique par le Dieu Trinité.
Le regret qu’exprime Moltmann, c’est qu’historiquement, le dogme trinitaire n’ait pas fait échouer cette idée de monarchie divine :
« Aussi longtemps que l’unité du Dieu trine n’est pas conçue trinitairement, mais comme celle d’une monade ou d’un sujet, elle demeure liée à la légitimation religieuse de la souveraineté politique. C’est seulement quand la doctrine de la Trinité surmontera la conception monothéiste du grand Monarque universel au ciel et du Grand patriarche divin du monde que les souverains dictateurs et tyrans de la terre, ne trouveront plus d’archétypes religieux pour se justifier ». [3]
Moltmann cite Whitehead : « l’Eglise a donné à Dieu des attributs qui appartiennent exclusivement à l’empereur. La naissance de la philosophie théistique qui s’est achevée avec l’apparition de l’Islam, a conduit à la représentation de dieu selon l’image du souverain impérial, selon l’image de l’énergie morale personnifiée et selon l’image du principe dernier de la philosophie. Il est permis d’ajouter que cette philosophie théistique représente une philosophie patriarcale à un très haut degré ». [4]
[1] J.M.MOLTMAN, Trinité et Royaume de Dieu , Cerf 1984, CollectionCogotatio fidei n°123, page 249
[2] E.PETERSON, Monotheismus als politisches Problem, in Theologische Traktate, München, 1951, p 91.
Cité dans Trinité et Royaume de Dieu p 241
[3] Trinité et Royaume de Dieu. p 247
[4] [3] A.N. Whitehead, Process and Reality. An essay in Cosmology, New- York 1960 p 520 cité dans Trinité et Royaume de Dieu p 247
Retrouver cela vaut dire que cela s’est perdue ?
Oui perdue.
Interrogeons-nous : combien de fois avons-nous participé à des célébrations présidées par des baptisé-es ? La plupart le sont présidées par des prêtres. A tel point que beaucoup d’entre nous pensons impossible de célébrer sans la présence d’un prêtre comme si lui seul aurait compétence et autorité pour le faire. Un monopole en fait !
J’entends célébration toute forme de prière communautaire, là où comme dit Jésus « deux ou trois sont réunis en son nom » Mt 18,20
Le concile Vatican II avait remis en valeur le sacerdoce de tous les baptisé-es qui fait de nous des prêtres, des rois, reines et des prophètes. [1] Mais, cela a-t-il modifié ce monopole de la présidence des célébrations ?
Cette présidence a toutefois été maintenue au long des siècles dans les monastères de femmes où c’est l’abbesse qui préside la liturgie des Heures (laudes, vêpres et autres offices). Et dans la vie religieuse apostolique où chaque sœur peut présider les moments de prière communautaires.
Sur ce sujet comme sur d’autres, c’est affaire de formation mais surtout affaire de « déformatage ».
Beaucoup n’ont pas conscience de la dignité de leur sacerdoce baptismal, de l’autorité et de la mission que cela confère.
Si l’un-e de vous qui me lisez, a besoin d’aide pour bâtir et présider une célébration, vous pouvez m’écrire via mon blog. Je serai heureuse d’être ainsi au service de l’exercice de votre sacerdoce baptismal !
[1] Vatican II, Constitution Lumen Gentium n° 10
Psaume 112 (h113)
1 Alleluia !
Louez, serviteurs de IHWH
Louez le Nom de IHWH
2 Béni soit le Nom de IHWH
maintenant et à jamais !
3 Du lever du soleil jusqu’à son couchant
loué le Nom de IHWH
4 IHWH soit exalté sur toutes les nations
par-dessus les cieux sa gloire !
5 Qui est semblable à IHWH notre Dieu
Lui qui dresse au plus haut son trône
6 lui qui abaisse son regard
sur le ciel et sur la terre
7 lui qui relève de la poussière le faible
et du fumier exalte le pauvre
8 pour lui donner un trône entre les princes
Entre les princes de son peuple
9 lui qui fait trôner la sans foyer
heureuse mère au milieu de ses fils
Commentaire
Cette traduction a été faite par M.Mannati et E de Solms dans : Les psaumes tome 4 Cahiers de la Pierre qui vire. DDB
Elle est plus proche du texte hébreu. Elle met bien en valeur les 2 parties de ce psaume qui pourrait avoir comme titre : transcendance (v1 à 4) et proximité (v 5 à 9)
Transcendance :
Louange au nom de Dieu, le tétragramme imprononçable, car prononcer c’est posséder et on ne possède pas Dieu. Qui est-il ? Mystère non représentable, non concevable.
Proximité :
Il relève de la poussière le faible
Du fumier il exalte le pauvre
Il renverse les situations sociales en mettant sur un trône un homme faible, pauvre et une femme stérile.
C’est l’expérience du peuple hébreu dont Dieu voit la misère de son esclavage en Egypte, ( Ex 3,7) et qui guérit la stérilité de Anne, mère de Samuel.(1S1-2)
Jésus a prié ce psaume lors de son dernier repas où il a été jusqu’au bout de la proximité dans l’abaissement du lavement des pieds, renversement hiérarchique où celui qui est le plus grand se fait serviteur. (Jn 13)
Expérience de Marie qui dans son magnificat reprends les mots de ce psaume :
La louange du nom : « saint est son nom » Lc 1,49
La proximité : « Il s’est penché » v 48
Le renversement social :
« il élève les humbles » v 52
« il relève Israël » v 54
Dans ce psaume, mettre en cohérence transcendance et proximité- ce qu’est Dieu et ce qu’il fait- louange et action, est précieux pour nous. Il nous montre qu’orthodoxie et orthopraxie sont pour nous indissociable. A la fois croire avec justesse et agir avec justice. Pour cela relire l’épitre de Jacques chapitre 2 : « c’est par les œuvres que je te montrerai ma foi »
Pistes de méditation
1ère piste : « Quel est ton nom ? »
C’est le Nom qui est loué et béni dans ce psaume.
Pour moi quel est le nom de Dieu que je peux vraiment louer et bénir ?
2ème piste : Proximité
Ecouter comment se vit sa proximité :
Il relève de la poussière le faible,
il exalte le pauvre et lui donne un trône ainsi qu’à une femme stérile. Comment comprendre ces actions quand on connait la réalité de notre monde ?
3ème piste : Jésus à la dernière Cène.
Regarder Jésus qui a prié ce psaume à son dernier repas, quand il lave les pieds de ses disciples. Regarder, écouter…et adorer.
29 Aussitôt sortis de la synagogue, ils allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. 30 Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. 31 Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. 32 Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. 33 La ville entière se pressait à la porte. 34 Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. 35 Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. 36 Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. 37 Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. » 38 Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. » 39 Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.
Mc 1,29,39
Au tout début de l’évangile selon St Marc, l’évangéliste, nous raconte, on pourrait dire son quotidien ordinaire. Jésus se rend à la synagogue, il est invité dans une maison, celle de Simon et d’André, les 2 frères qu’il a appelé au bord du lac. Une maison où vivent sûrement plusieurs générations : des couples, des enfants, des grands-parents. Cette maison deviendra sa maison à chaque fois qu’il reviendra à Capharnaüm car ce sera pour lui un lieu de paix et d’amitié. C’est bon pour nous de regarder cela car cela nous montre Jésus qui a vécu des choses comme nous, un quotidien comme le nôtre et qui comme nous a eu besoin de lieu d’amitié familiale, fraternelle et sororelle. C’est bon aussi car cela nous invite aussi à ne pas chercher Jésus ailleurs que dans notre quotidien car c’est là qu’il est présent.
Ensuite Marc raconte comment Jésus dans cette maison a eu le souci d’une femme qui était malade et alitée. Arrêtons-nous aux gestes qu’il fait pour elle : il s’approche, c’est-à-dire se fait proche, il l’aide à se lever en la prenant par la main. Goutons la délicatesse de ces gestes et prenons conscience de la symbolique de ces gestes. A travers cette femme, c’est toutes les femmes du monde qu’il rejoint et son refus qu’elles soit comme mortes, « étendues ». Il les veut debout, vivantes, agissantes. Ici pour le service des repas, mais ce sera aussi pour le service de la Parole, de l’évangélisation, de l’annonce de la résurrection comme d’autres femmes de l’Evangile le feront.
Comme cette femme qui s’est mise au service, Jésus aussi se met au service de tous ces gens qui lui apportent leurs maladies. Il est contagieux de santé psychique et spirituelle, c’est pourquoi il peut guérir.
Enfin, le lendemain, on le voit levé avant le jour pour un temps de solitude. Comme c’est précieux pour nous aussi de regarder cela. Il nous est bon de voir l’homme Jésus prier. Il s’autorise des moments de solitude, des moments à lui, pour se « retrouver », pour se « recentrer », pour ouvrir un espace de réflexion, de contemplation. C’est un besoin, c’est un droit, c’est une nécessité vitale pour lui…pour nous. Et il nous est donné comme le fruit de sa contemplation, sa décision. Il va décider d’aller ailleurs, d’élargir le champ de sa vie. Et pour cela partir de Capharnaüm et parcourir la Galilée. C’est le début d’un décloisonnement qui, avec la Pentecôte, ira jusqu’au monde entier. Ici Jésus pose les premières bases d’une sortie de tout particularisme ethnique, clanique, nationaliste. Faisons comme lui.
11 Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. 12 Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus. 13 Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. » 14 Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. 15 Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. 16 Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître. 17 Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » 18 Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.
Jn 20,11-18
Commentaire
Comment rendre compte d’une expérience de rencontre avec Dieu ? Ce récit peut donner un éclairage sur cette question. Car la rencontre ici se fait dans l’écoute d’une question et par une réponse.
La question entendue est « pourquoi pleures-tu ? » Cette question ouvre une brèche à la rencontre.
Elle permet à cette femme d’avoir accès à elle-même, à ce qui l’habite intérieurement et à mettre des mots dessus.
Au début d’un temps de prière, pour nous aussi une question peut nous aider, comme par exemple, entendre Dieu nous dire : « Comment vas-tu ». Une question que Dieu nous pose, signe de son intérêt pour nous et qui peut nous permettre d’accéder à nos sentiments profonds. C’est ce que fait Marie.
En mettant des mots sur ce qui l’habite, quelque chose de nouveau survient, elle se retourne, voit un homme qu’elle prend pour le jardinier. Cela l’ouvre à une présence mais cela reste encore flou.
Il lui faut donc entendre à nouveau la même question. C’est cette deuxième fois qui va l’aider à aller encore plus profond en elle : qui cherches-tu ?
La rencontre enfin, va se faire par l’écoute de son nom. S’entendre appelé par son nom permet la rencontre.
Elle s’accomplit par l’échange des noms : Marie-Rabbouni.
Alors la rencontre s’ouvre à la mission, celle d’en témoigner.
« J’ai vu le Seigneur ». Expérience déjà esquissée par Job, quand il disait : « Je ne connaissais que par ouï-dire mais maintenant mes yeux t’ont vu » Jb 42,5
Pistes de méditation
1ère piste : « Comment vas-tu ? »
Au début de ce temps de prière, je peux entendre Jésus me poser cette question comme il l’a fait pour Marie. Sentir l’intérêt que Jésus a pour ma vie. Descendre en soi-même, avoir accès à son sentir profond et le partager à Jésus comme un ami le partage à son ami.
2ème piste : « Marie…Rabbouni »
Entendre Jésus m’appeler par mon nom. Sentir comment il le dit. Rester là à écouter mon nom.
A mon tour appeler Jésus par son nom. Quel nom je lui donne ?
3ème piste : « j’ai vu le Seigneur »
Quelle expérience j’ai de ce « voir le Seigneur » ?
Quelles sont pour moi les lieux de la rencontre ?