1-Confiant-e car aimé-e
Quand je dis cela, pour moi, c’est l’essentiel du christianisme.
La découverte que Dieu nous aime et qu’ainsi nous sommes aimé-es.
Je ne sais pas comment l’exprimer, cela a mis au cœur de ma vie, comme une sorte de sécurité : beaucoup de choses peuvent s’écrouler autour de moi, mais Son amour pour moi, ça c’est solide, ça tient, même si je n’en ai plus conscience : Il continue de m’aimer comme Il le fait pour chacun de nous.
Dieu est un ami qui ne vous manquera jamais.
Si on se sait aimé-es tel-le qu’on est avec ses qualités et ses défauts, avec son passé et son présent, on va pouvoir peu à peu s’accepter soi-même.
Déjà, tel-les que nous sommes, nous sommes aimables aux yeux de Dieu.
On va peu à peu être délivré-es de la sévérité avec soi-même, de la mauvaise culpabilité, de la jalousie, du ressentiment, du jugement des autres.
En disant cela, je ne dis pas qu’on vit toujours « cui-cui, les petits oiseaux », ni que cela nous protège des souffrances de la vie, mais qu’on les vivra autrement.
Se savoir aimé-es par Dieu, n’est pas une assurance contre la souffrance, mais on n’est pas seul, l’amitié de Dieu est là, à la fois, cela ne change rien et cela change tout, car on n’est pas seul.
2-Confiant-e parce que ma vie à du sens
J’ai connu les deux situations : sans la foi et avec la foi.
Sans la foi : ça veut dire que notre vie est un instant dans l’immensité du temps, une poussière dans l’immensité de l’espace, le fruit du hasard et que nous allons vers le néant.
Il y a une angoisse profonde qui nous habite toutes et tous, souvent cachée.
La foi nous dit autre chose que ça :
Elle nous dit que ne sommes pas le fruit du hasard et que notre destination finale n’est pas le néant.
Elle nous dit que nous sommes le fruit d’une volonté aimante de Dieu et que nous sommes faits pour une vie éternelle.
Notre origine est divine et faite pour un amour qui n’aura pas de fin.
Vivre sa vie en sachant cela, nous établit dans la paix : nous sommes depuis toujours et pour toujours dans les mains aimantes de Dieu.
Cela ne veut pas dire encore une fois que tout est facile ; le croyant connaît aussi des peurs, des angoisses, mais en s’appuyant sur sa foi, il est délivré de l’angoisse du néant qui est à l’opposé de la paix.
3-Confiant-e car découvrant la valeur de ma vie
En accueillant la foi qui m’était proposée par le christianisme, j’ai appris que chacun-e de nous a une valeur infinie, ce qui change son regard sur soi et sur les autres.
La foi me dit que nous sommes capables de bonté, de vérité, de justice, de liberté, parce que Dieu nous a faits comme Lui, à Sa ressemblance. Ça change profondément l’image que j’ai de moi.
Dieu a d’abord une image positive de moi, d’abord, surtout et j’ai envie de dire toujours. De moi et donc des autres.
« Merveille que je suis » dit le psaume 139.
Assez étonnant tout de même ! Grâce à Dieu, je peux m’accueillir comme un cadeau, m’accueillir dans la confiance, sûre de moi grâce au regard positif de Dieu sur moi.
C’est comme un contre poison du mépris de soi.
Mais cela fonde aussi la lutte contre toute forme d’injustice, de discrimination, de pauvreté, de racisme, de sexisme, parce que tout homme, toute femme a valeur infinie.
4-Confiant-e parce pardonné-e
Il y aurait beaucoup de choses à dire là-dessus.
Croire en Dieu qui pardonne est une formidable source de confiance.
Il m’arrive souvent de regarder le Christ en croix et j’y vois un pardon infini.
On est sauvé parce qu’on est infiniment aimé-e mais aussi infiniment pardonné-e.
C’est une formidable source de confiance, car devant Lui, avec Lui, pour Lui, rien n’est jamais perdu, rien n’est jamais fini, qu’il y a toujours un avenir qu’Il m’offre pour revivre, repartir, recommencer.
5-Confiant parce que Dieu est un ami
Il y a dans notre vie un allié, toujours de notre côté, jamais contre nous, toujours pour nous. Cette amitié que Dieu nous porte, elle nous est prouvée dans l’existence de Jésus. Cela est facteur de paix. Cela m’établit dans la paix en me montrant un Dieu avec nous pour lutter contre le mal, avec nous pour que la vie l’emporte.
Dieu connaît nos peurs, c’est pourquoi, il y a comme un refrain qui parcourt toute la Bible et que Jésus reprend : « n’ayez pas peur…la paix soit avec vous ».
Ne pas s’habituer à l’inouï de notre foi chrétienne.
Et la vraie conversion n’est pas d’abord morale mais changement de conception de Dieu : quittez vos images fausses et mauvaises pour vous, pour s’ouvrir à du neuf :
C’est très important de prendre conscience des fausses images que nous nous faisons de Dieu, des représentations qui proviennent de notre imaginaire, qui n’ont rien à voir avec la réalité, l’Ancien Testament appelle cela des idoles et nous en avons tous.
Je vais donner quelques exemples pour bien me faire comprendre :
Le dieu qui se cache au coin de la rue pour me prendre en flagrant délit de faute ;
Le dieu voyeur à qui rien n’échappe pour mieux m’accuser ;
Le dieu fatalité qui a écrit sur son grand livre ce que je dois faire, sinon ce sera le malheur pour moi ;
Le dieu paratonnerre, qui moyennant quelques sacrifices, me protégera des souffrances de la vie ;
Ce dieu puissant qui impose sa loi de fer etc…
On peut allonger la liste, les exemples donnés sont des caricatures, mais nous n’en sommes pas indemnes et elles peuvent s’insinuer en nous sans qu’on y prenne garde.
Le Christ guérit peu à peu de ces fausses images, peu à peu parce que on est lent à se laisser convertir, à quitter nos fausses représentations.
Pour cela, il nous faut beaucoup de temps, il nous faut longuement regarder ce vrai visage de Dieu qui Se donne à voir dans la fragilité de l’enfant de Noël, dans la charité, le respect, la liberté, la miséricorde de cet homme Jésus, le vrai visage de Dieu qui Se dit par la Croix : Dieu souffrant, et aimant jusqu’au bout.
L’Eternel qui est Dieu entre dans notre histoire en se faisant petit enfant et connaît la souffrance et la mort sur la Croix.
C’est une révolution de l’image de Dieu, c’est une subversion, une contestation radicale de nos images spontanées, de nos fausses images. Les premiers chrétiens étaient considérés par leurs contemporains, gens très religieux comme athées, parce que leur foi ne correspondait pas du tout à l’idée commune de Dieu.
Un enfant qui ne sait pas encore parler et qui pourtant nous dit simplement par ce qu’Il est : « je ne suis pas ce que vous croyez, regardez-moi et vous saurez qui est vraiment Dieu. »
Dieu qui nous aime le premier, qui nous rejoint dans notre histoire, qui se fait petit, vulnérable, à la merci de tous, ayant besoin de tous, qu’on peut prendre dans ses mains, dont on peut faire n’importe quoi, fragile.
Et Noël n’est que le début du dévoilement du vrai visage de Dieu.
Un jour, Jésus dira : «Qui me voit, voit le Père ».
Pour être cohérent, il faut aller jusqu’à dire : Dieu a voulu vivre cela.
Pour quelle raison ?
1- Voilà ce que je suis, croyez ce que je vous dis de moi et renoncez à vos fausses images.
2-Donc chassez toute crainte, allez à Ma rencontre en toute confiance et en toute joie.
6-Confiant parce qu’on y découvre une sagesse de vie
En regardant Jésus et en mettant nos pas dans ses pas, j’ai l’assurance d’un chemin de lumière, de vérité et de vie qui se décline dans une très longue liste :
Amour, pardon, miséricorde, confiance, espérance, don, fidélité, liberté etc.
En Jésus, je possède l’image réussie de notre humanité, l’image accomplie, la plénitude de notre humanité, l’homme dans sa vérité donc ce vers quoi je peux tendre si je veux réussir ma vie, mais donc aussi l’assurance que c’est possible, parce que Jésus a inauguré une autre logique qui est vrai chemin d’humanité. Avec la force qu’Il nous donne, c’est possible de vivre comme Lui.