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7 octobre 2026 3 07 /10 /octobre /2026 11:38
Méditer le psaume 138 (h139)

Ps 138 (h139)

 

01 Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais !  02 Tu sais quand je m'assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes pensées. 03 Que je marche ou me repose, tu le vois, tous mes chemins te sont familiers. 04 Avant qu'un mot ne parvienne à mes lèvres, déjà, Seigneur, tu le sais. 05 Tu me devances et me poursuis, tu m'enserres, tu as mis la main sur moi. 06 Savoir prodigieux qui me dépasse, hauteur que je ne puis atteindre ! 07 Où donc aller, loin de ton souffle ? où m'enfuir, loin de ta face ? 08 Je gravis les cieux : tu es là ; je descends chez les morts : te voici. 09 Je prends les ailes de l'aurore et me pose au-delà des mers : 10 même là, ta main me conduit, ta main droite me saisit. 11 J'avais dit : « Les ténèbres m'écrasent ! » mais la nuit devient lumière autour de moi. 12 Même la ténèbre pour toi n'est pas ténèbre, et la nuit comme le jour est lumière ! 13 C'est toi qui as créé mes reins, qui m'as tissé dans le sein de ma mère. 14 Je reconnais devant toi le prodige, l'être étonnant que je suis étonnantes sont tes œuvres toute mon âme le sait. 15 Mes os n'étaient pas cachés pour toi quand j'étais façonné dans le secret, modelé aux entrailles de la terre. 16 J'étais encore inachevé, tu me voyais ; sur ton livre, tous mes jours étaient inscrits, recensés avant qu'un seul ne soit ! 17 Que tes pensées sont pour moi difficiles, Dieu, que leur somme est imposante ! 18 Je les compte : plus nombreuses que le sable ! Je m'éveille : je suis encore avec toi. 19 [Dieu, si tu exterminais l'impie ! Hommes de sang, éloignez-vous de moi ! 20 Tes adversaires profanent ton nom : ils le prononcent pour détruire. 21 Comment ne pas haïr tes ennemis, Seigneur, ne pas avoir en dégoût tes assaillants ? 22 Je les hais d'une haine parfaite, je les tiens pour mes propres ennemis.] 23 Scrute-moi,  mon Dieu, tu sauras ma pensée  éprouve-moi, tu connaîtras mon cœur. 24 Vois si je prends le chemin des idoles, et conduis-moi sur le chemin d'éternité

 

L’auteur de ce psaume, c’est quelqu’un qui sait qu’on peut parler à Dieu et lui dire tout ce qu’on a sur le cœur.

Avant de prier avec ce psaume, je vous invite à parler à Dieu de manière spontanée. Dieu vous demande : « comment vas-tu ? » et vous lui répondez.

Justement cette familiarité avec Dieu, ce croyant en a l’expérience. Il sait que Dieu est celui à qui on peut parler, à qui on peut se confier,  que l’on peut questionner et même à qui on peut faire des reproches !

Oui familiarité avec Dieu à qui on dit « tu »

Ensuite vous pouvez prendre les pistes suivantes :

 

1ère piste :

Il n’est pas forcément facile de rentrer dans l’intelligence de ce psaume : pour dire la familiarité, l’auteur utilise les mots de la dépendance. Nous pouvons avoir du mal l’accepter, en nous imaginant un dieu qui voit tout, qui sait tout, un dieu qui nous surveille…Ce sont de fausses images.

Est-ce ainsi que nous le comprenons ou est-ce que nous l’accueillons  autrement ?

Sondons notre cœur et parlons à Dieu de cela

 

2ème piste

De ce fait on comprend mieux que le psaume commence par

« Tu me sondes », une affirmation qui n’est pas sans résistance, c’est un constat, du genre : « Même si ça ne me plait pas, c’est comme cela ! »

Mais le psaume se  termine par « sonde-moi ». Là c’est une demande, un désir, ce que l’on veut vraiment.

Dans la prière de ce psaume, je vous invite à regarder le chemin que fait ce croyant :

ce passage d’une situation à laquelle on ne peut rien à une demande personnelle, à quelque chose qu’on veut, à un désir fort.

Qu’est-ce qui lui permet de faire ce passage ?

(Si vous ne trouvez pas, allez à la piste 5!)

 

3ème piste :

Il peut y avoir une difficulté à prier ce psaume : ce sont les versets 19 à 22

Voici une piste possible : « Impies, hommes de sang, adversaires, ennemies, assaillants »

Qui sont-ils ? Non pas des gens particuliers mais ce qui en chacun de nous s’oppose à la vie, ce mal qui rode et détruit et dont personne n’est indemne, ces fausses images de Dieu qui nous empêchent d’accueillir Dieu dans la confiance.

Quels sont les miens qu’il me faut combattre pour que la vie soit plus forte ?

4ème piste :

Vous pouvez enfin relire ce psaume en pensant que Jésus l’a prié. Lui, il  a pu le prier en complet abandon et confiance. Et

voir avec le verset 18, une annonce de la résurrection : « je m’éveille, je suis encore avec toi »

 

5ème piste :

S’étonner de ce qui est dit de nous, de moi au verset 14. C’est le sommet de ce psaume.  « Merveille que je suis » dans la traduction de la Bible de Jérusalem. Ici dans la traduction liturgique : « le prodige, l’être étonnant que je suis »

Laissez descendre cette révélation de nous, de moi, au plus profond de mon être. C'est le regard de Dieu sur nous.  Alors on peut le laisser sans crainte nous regarder puisqu'il y voit la merveille que nous sommes.   

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17 juin 2026 3 17 /06 /juin /2026 12:38
Méditer Luc 4,16-21 à l'occasion de la fête de St François Régis

16 juin : Fête de St Jean-François Régis ( 1597-1640)

 

C’est un prêtre jésuite qui rêvait de partir missionnaire au Canada et qui fut envoyé au cœur de la France profonde  et pauvre du Vivarais, du Forez et du Velay. Il parcourait à pied et seul, les villages les plus reculés. Il fut un défenseur courageux des plus démunis. Entre autres engagements, il créa une soupe populaire, une maison d’accueil pour d’anciennes prostituées et défendit des ouvrières dentelières. On l’a surnommé « le père des pauvres ». II mourut à l’âge de 44 ans dans le village de la Louvesc qui devient un lieu de pèlerinage sur son tombeau. C’est là que les Sœurs du Cénacle sont nées ! D’abord pour un simple accueil des femmes venant en pèlerinage et ensuite pour approfondir leur foi et vivre une retraite spirituelle.

Pour en savoir plus : https://www.jesuites.com/saint-jean-francois-regis/

 

L’évangile qui va bien pour ce saint est en Lc 4,16-21

16 Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.17 On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :18 L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés,19 annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.20 Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.21 Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »

 

Commentaire

Ecouter et regarder le projet de Jésus

« Porter la bonne nouvelle aux pauvres…annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vie, renvoyer en liberté les opprimés »

Jésus veut que nos vies individuelles et nos sociétés soient transformées selon les valeurs du cœur de Dieu.

Que la volonté de Dieu se fasse sur terre comme elle se fait dans le ciel.

 

Pour bien entendre cette parole, on peut la rapprocher d’une autre en Lc 6,22-23 : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres ; et heureux celui pour qui je ne serai pas occasion de chute »

 

Jésus a montré par sa vie quel changement est déjà à l’œuvre :

Moins de mensonge et plus de vérité ( c’est le sens des guérisons d’aveugle) ;

Plus de liberté pour que chacun-e puisse marcher librement ( c’est le sens des guérisons boiteux) ;

Un accès à la santé le plus large possible ( c’est le sens des guérisons lépreux) ;

Entendre que Dieu nous aime ( c’est le sens des guérisons sourds) ;

Travailler à ce que la vie soit plus forte que tout , combattre toute injustice qui écrase les gens (c’est le sens des résurrections)

 

Pistes de méditation

Piste 1

Jésus a commencé ce règne. Il a besoin de nous pour le continuer. C’est un royaume qu’il inaugure mais qui demande notre collaboration. Il s’agit de chercher le royaume, d’entrer à sa suite dans un chemin de transformation des cœurs et des sociétés.

 Il nous appelle et nous associe à son œuvre.

Comment je vis cet appel ?

 

Piste 2

Mais pour cela, comme une porte d’entrée, il nous faut d’abord nous accueillir comme pauvre, reconnaître ce qui nous rends captifs, prendre conscience de nos aveuglements et de ce qui nous opprime. Et aller à Jésus pour que sa contagion de santé, de liberté, de vérité nos atteigne au plus profond de nous-même. En fait nous rendre vulnérable pour devenir solidaire de son projet de vie. C’est un chemin à prendre.

Présenter à Jésus mes pauvretés, ce qui peut me rendre captif et aveugle, m’opprimer.

 

Piste 3

Mais d’abord :

Regarder Jésus, m’étonner de ce qu’il fait et dit, l’admirer, m’imprégner de lui.

Le regarder, avoir les yeux fixés sur lui.

Le laisser s’occuper de moi

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17 mai 2026 7 17 /05 /mai /2026 22:13
Peinture de Sr Ghislaine Pauquet, rc

Peinture de Sr Ghislaine Pauquet, rc

"Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. » Alors, ils retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche, – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat. À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères."

Ac 1/8-14

Un jour, je faisais visiter notre Centre spirituel de Versailles  à un prêtre. Nous étions dans la grande salle où il y a une peinture du Cénacle qui montre des femmes et des hommes avec Marie faisant l’expérience du don de l’Esprit et partant tout joyeux dire la bonne nouvelle de Jésus.

« Au Cénacle, il n’y avait que les douze apôtres avec Marie », me dit-il. Et je lui ai lu ce passage : « Assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. »

Il n’est pas le seul à penser cela. Si vous regardez l’imposante iconographie de l’Ascension et de la Pentecôte, vous y trouverez souvent des peintures sans femmes, sans autres hommes que les douze apôtres et même sans Marie !

Et pourtant ils sont bien là dans le texte : Marie, des disciples hommes et femmes et les douze apôtres.

Cela peut nous avertir tous sur nos aveuglements de lecture. On lit sans voir car nos représentations nous aveuglent et cachent des intérêts. Par exemple, ne voir que douze apôtres recevant l’Esprit Saint dit une Eglise où seuls certains auraient l’inspiration de Dieu.

Bien lire le texte et voir qu’il y a tout le monde, dit une Eglise où tous ont l’inspiration de Dieu. Cela dit un lieu biblique où tous sont appelés.

Il s’agit d’entrer au Cénacle sur invitation de Jésus.

Entrer au Cénacle pour dix jours entre Ascension et Pentecôte.

Dix jours ? Non pas une durée mais une attitude intérieure : une entrée dans une écoute de la Parole, une entrée dans un éveil de la vie profonde, une entrée dans l’accueil d’un don, une entrée dans une vie animée par l’Esprit de Jésus. Temps de gratuité, temps pour goûter simplement le fait de vivre et d’être aimé-e. Temps pour devenir des Théophiles, ( Ac 1/1) c’est à dire aimant Dieu et aimés de Dieu, trouvés par lui, faisant de notre vie Sa demeure, car il habite notre cœur, il est chez Lui chez nous.

Et le faire avec Marie. Quel est son rôle ici ? Là aussi, pourquoi la penser uniquement silencieuse ? Elle qui est remplie de l’Esprit depuis l’Annonciation, elle qui retenait toutes ces choses dans son cœur (Lc 2,19) … Pourquoi ne pas la voir enseignant à tous et toutes les chemins de la foi, l’accès nouveau à Dieu inauguré par le Christ ?

Entendre Marie nous faire comprendre son absence comme une chance. Marie nous enseignant à désormais le découvrir, le reconnaître dans le plus petit, dans le plus fragile, Marie nous rappelant le projet de son fils : construire un royaume de justice, de partage, projet à réaliser avec lui par nos mains.

Marie nous donnant goût à le contempler pour que quelque chose de ses yeux, de son cœur devienne les nôtres pour devenir Christ pour les autres.

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12 mai 2026 2 12 /05 /mai /2026 21:23
Méditer le psaume 137 (h 138) : De quel "Seigneur" s'agit-il?

Psaume 137 ( h138)  

01 De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce : tu as entendu les paroles de ma bouche. Je te chante en présence des anges, 02 vers ton temple sacré, je me prosterne. Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité, car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole. 03 Le jour où tu répondis à mon appel, tu fis grandir en mon âme la force. 04 Tous les rois de la terre te rendent grâce quand ils entendent les paroles de ta bouche. 05 Ils chantent les chemins du Seigneur : « Qu'elle est grande, la gloire du Seigneur ! » 06 Si haut que soit le Seigneur, il voit le plus humble ; de loin, il reconnaît l'orgueilleux. 07 Si je marche au milieu des angoisses, tu me fais vivre, ta main s'abat sur mes ennemis en colère. Ta droite me rend vainqueur. 08 Le Seigneur fait tout pour moi ! Seigneur, éternel est ton amour : n'arrête pas l'œuvre de tes mains.

Quel est donc celui auquel le psalmiste s’adresse ?

Il suscite sa gratitude : je te rends grâce.

Il dilate son cœur : je te chante.

Il provoque son adoration : je me prosterne.

Quel est donc celui auquel le psalmiste s’adresse ?

Il parle de son nom, sa parole, son amour et sa vérité.

Quel est donc celui auquel le psalmiste s’adresse ?

Il reconnait son œuvre en lui :

Il a fait grandir en lui la force

Il voit le plus humble

Il le fait vivre

Il le rends vainqueur

Il fait tout pour lui

C’est son œuvre

Quel est donc celui auquel le psalmiste s’adresse ?

La réponse semble facile : il l’appelle

le Seigneur

J’avoue avoir du mal est ce mot. Ce terme vient du latin : senior qui veut dire l’ancien, et son équivalent est dominus qui veut dire le maître de la maison. Deux mots pour dire une autorité sur des personnes qui sont sous sa dépendance. Un mot qui a été attribué à des hommes qui exerçait un pouvoir absolu sur un territoire et ses habitants. C’est la traduction de l’hébreu : Adonaï, qui veut dire maitre.

Dieu est-il un ancien, un maitre de la maison, celui qui exerce un pouvoir sur nous ? On a pu pendant des siècles le percevoir ainsi sans difficulté, aujourd’hui c’est un terme presque inaudible.

Le psaume de ce jour nous présente ce maitre de manière originale et loin de l’image d’un maitre surplombant d'autorité et de pouvoir. Il est plutôt décrit comme quelqu’un à nos côtés : celui qui fait grandir, qui fait vivre, qui est attentif à nos fragilités, qui nous rend victorieux. Celui qui est amour et vérité. Alors oui, il est juste et bon de le chanter , de lui rendre grâce. Se prosterner ? Oui aussi si c’est un geste d’amour.

Alors ce psaume peut nous inviter à « penser Dieu ».

Comment je le pense ?

Ce sera l’unique piste de prière que je vous propose. Avec un texte de quelqu’un qui a risqué une réponse. Lire cette réponse et risquer la vôtre.

« Dieu ne serait-il pas la Source de toujours ? L’élan premier et continu, un flux de vie sans fond qui se déploie sans fin et clarifie la profondeur de nos silences. La source secrète , l’eau vive recélée dans nos nappes souterraines. Toute chose ne vit que parce qu’un jour, elle a bu de son eau. Elles se faufile dans les failles de nos soifs. Elle nous lave du cynisme, de la haine, de la tristesse ou du désespoir. Elle ne se laisse pas endiguer dans l’étroitesse des religions. Elle irrigue tout vivant et tout chercheur de sens, sans retenue, sans condition. Sa « toute puissance «  est là. Elle ne désire rien, elle n’appelle pas à ceci ou à cela. Elle ne cesse pas de couler même quand nos terres se craquellent, elle est inépuisable au plus profond de nos abîmes. Elle se donne elle-même dans un fraicheur toujours neuve, comme une joie qui ne tarit pas. Dieu, la source qui jaillit dans les déserts humains, la fontaine qui désaltère sur la place du village, la nappe d’eau en dormance sous nos pas fatigués. Comme une source, Dieu n’attend pas qu’on le loue : il n’a aucun souci de lui-même et ne se demande pas si on le voit…Le plus grand fleuve et le plus simple des ruisseaux naissent continuellement de cette source qui sourd éternellement sans rien perdre d’elle-même. »

Raphaël Buyse,  une foi nomade

 

 

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10 mai 2026 7 10 /05 /mai /2026 15:42
Peinture dans https://www.evangile-et-peinture.org/

Peinture dans https://www.evangile-et-peinture.org/

RE-EAIR

Ce n’est pas le nom d’une compagnie de transport aérien !

C’est une manière de méditer !

R pour Regarder

E pour Ecouter

E pour s’Etonner

A pour Admirer

I pour s’Imprégner

R pour Remercier

A faire sur tout verset de l’Evangile où il y a un acte et/ou une parole de Jésus.

Exemple :

« Et il advient qu’en ces jours-là, Jésus vint de Nazareth de Galilée , et il fut baptisé dans le Jourdain par Jean» Mc 1, 9

REGARDER

Regarder cette décision de Jésus : quitter Nazareth  pour aller vers Jean qui  baptise dans le Jourdain.

Regarder que Jésus a pris une décision qui engage sa vie.

Regarder ce qu’il a quitté pour aller vers ce baptême de Jean.

Le regarder en chemin de Nazareth au Jourdain, le temps que cela lui a pris.

S’ETONNER

Pour nous aider à sortir du trop connu. Se demander pourquoi il a fait cela. Pourquoi quitter 30 ans d’une vie où il avait sa famille, son travail, ses relations, son cadre habituel. Qu’est-ce qui l’a fait se décider à ce choix ?

ADMIRER

Être dans l’admiration pour saisir l’enjeu de cette décision. Tout part de là. Sans cette décision, pas d’Evangile et toute la suite. Emplir son cœur d’admiration.

S’IMPREGNER

En le regardant, s’imprégner de cette décision, de la liberté qu’elle suppose. Adhérer à cette décision. Emplir son cœur de cette décision.

REMERCIER

Emplir son cœur de gratitude. Tout ce que nous avons reçu de cette décision de Jésus, ce que j’ai reçu. Tout ce que je reçois chaque jour. Une décision qui a changé le monde. Et lui parler comme un ami parle à son ami.

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15 avril 2026 3 15 /04 /avril /2026 15:37
Méditer avec Nicodème en Jn 3,1-17

Il y avait un homme, un pharisien nommé Nicodème ; c’était un notable parmi les Juifs. Il vint trouver Jésus pendant la nuit. Il lui dit : « Rabbi, nous le savons, c’est de la part de Dieu que tu es venu comme un maître qui enseigne, car personne ne peut accomplir les signes que toi, tu accomplis, si Dieu n’est pas avec lui. » Jésus lui répondit : « Amen, amen, je te le dis : à moins de naître d’en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu. » Nicodème lui répliqua : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une deuxième fois dans le sein de sa mère et renaître ? » Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit.  Ne sois pas étonné si je t’ai dit : il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. »  Nicodème reprit : « Comment cela peut-il se faire ? » Jésus lui répondit : « Tu es un maître qui enseigne Israël et tu ne connais pas ces choses-là ?  Amen, amen, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? Car nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, 15 afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

Jn 3,1-17

 

Commentaire et pistes de prière

 

1-Se rappeler l’itinéraire spirituel de Nicodème. Il va de la nuit à la lumière. En effet, ici, il se cache pour aller voir Jésus, incapable de faire cette démarche en plein jour. Mais ensuite il prendra une position courageuse devant les grands prêtres en 7/50, et enfin en 19/39 il fera le don de 100 livres de parfum pour la sépulture de Jésus

Pour moi , qu’en est-il ? Quelle lumière après la nuit ai-je déjà vécu ? Faire mémoire de cela et entrer en gratitude.

 

2-Mais ici au chapitre 3, cela commence mal. Nous sommes dans la nuit. La même mention de la nuit qu’on trouve aussi en Jean 19/39 pour la trahison de Judas. Pourquoi venir de nuit ? Le texte ne le dit pas. Ne projetons pas trop vite une raison, comme la peur de se compromettre pour Jésus. C’est peut-être une raison plus profonde de l’ordre du verset 19 : préférer la nuit à la lumière. La nuit ici, ce peut-être de croire qu’on sait, il dit « nous savons ». Prétention à connaître qui est Jésus au lieu de laisser Jésus  se dire lui-même. Il reconnaît bien l’origine divine des actes de Jésus mais cette origine ne porte pas sur sa personne. Il lui fait un compliment qui enferme dans ce qu’il veut qu’il soit : un rabbi comme lui. Une manière de l’annexer à son monde.

En regardant cela, j’essaie d’entrer  dans une attitude d’accueil,  de me défaire de mes savoirs trop connus pour m’ ouvrir à ce que Jésus va me dire pour m’en étonner.

 

3-Comment Jésus réagit-Il devant quelqu’un qui croit savoir, qui affirme quelque chose de lui, qui le catalogue et veut l’annexer ? La réponse de Jésus est étonnante : au lieu de parler de lui, Jésus renvoie Nicodème à lui-même, Il lui parle d’une naissance d’en haut, il lui parle de quelque chose qui est important pour lui, qui l’implique, et qui concerne tout le monde. Naître d’en haut. Mais qu’est-ce que naître d’en haut ? Naître pour cet homme, chef des pharisiens, cela résonne comme une régression: lui le maître, redevenir enfant ? Cela implique un renversement de sa position de chef. Il n’entend pas la parole de Jésus et la transforme. Au lieu de reprendre l’expression exacte de Jésus, il dit autre chose : naître une 2ème du sein de sa mère, ce qui évidemment est impossible mais ce n’est pas ce que Jésus a dit ! Transformer une parole c’est une manière de se dérober, un refus d’entendre. Sa mauvaise écoute est signe de sa difficulté à accueillir une liberté identique à celle du vent.

Est-ce que je pressens quelle attitude il me faut-il quitter pour me laisser conduire davantage par la liberté de l’Esprit ? Demander la grâce de la découvrir.

 

4-Alors qu’est-ce que « naître d’en haut » ?

Peut-être que la réponse est dans la lettre de Jean où il dit que : « Quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu » 1 Jn 4/7

Naître d’en haut, c’est aimer. Aimer c’est connaître Dieu. Cela ouvre large la porte de la connaissance de Dieu, cela l’ouvre à l’universel au-delà des cloisonnements religieux. Cela fait entrer dans une fraternité et une sororité , où tout homme, toute femme est fils et fille du Père, frère et sœur de Jésus.

Laisser retentir en moi cet appel à naître d’en haut, de Dieu, et de connaitre Dieu en tout acte d’amour.

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30 mars 2026 1 30 /03 /mars /2026 18:40
Peinture du site evangile-et-peinture.org

Peinture du site evangile-et-peinture.org

Il y a beaucoup de chemins !

 

En voici un tout simple que je présente à partir d’un exemple pour que ce soit concret.

 

1-Vous choisissez un récit évangélique , par exemple le lavement des pieds en Jn 13

 

2-Vous commencez la lecture et vous vous arrêtez là où Jésus fait un premier geste

« il se lève de table » v 4

              Vous restez à regarder ce geste le plus longtemps que vous le pouvez

              Vous vous étonnez de ce geste. Pourquoi est-ce étonnant ?

              Vous admirez que Jésus fasse ce geste

              Vous vous imprégnez de ce geste pour le laisser descendre en vous

              Vous vous réjouissez de ce geste

              Vous parlez à Jésus de ce geste qu’il vient de faire, comme un ami parle à son ami

 

3-Et ainsi de suite

« il dépose son vêtement »

…

Il prend un linge dont il se ceint

…

Il met de l’eau dans un bassin

…

Il lave les pieds

…

Il essuie les pieds

…

 

Avantage de cette manière de contempler

Elle est simple.

Elle n’est pas célébrale, il ne s’agit pas d’avoir des idées qui peuvent souvent nous éviter de nous laisser toucher.

Elle peut se faire en attendant le bus !

Elle permet d’être attentif aux gestes de Jésus pour s’imprégner de lui et donc nous transformer.

De ce point de vue, elle peut être « dangereuse » ! Non, elle est heureuse car elle nous christifie non par volonté mais par contagion de vie.

 

On peut l’appeler la prière RE AIR P pour se souvenrir des 6 étapes !

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20 mars 2026 5 20 /03 /mars /2026 11:33
Méditer le psaume 45( h46)

02 Dieu est pour nous refuge et force, secours dans la détresse, toujours offert. 03 Nous serons sans crainte si la terre est secouée, si les montagnes s'effondrent au creux de la mer ;

04 ses flots peuvent mugir et s'enfler, les montagnes, trembler dans la tempête :

Il est avec nous, le Seigneur de l'univers ; citadelle pour nous, le Dieu de Jacob !

05 Le Fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu, la plus sainte des demeures du Très-Haut. 06 Dieu s'y tient : elle est inébranlable ; quand renaît le matin, Dieu la secourt. 07 Des peuples mugissent, des règnes s'effondrent ; quand sa voix retentit, la terre se défait.

08 Il est avec nous, le Seigneur de l'univers ; citadelle pour nous, le Dieu de Jacob !

09 Venez et voyez les actes du Seigneur, comme il couvre de ruines la terre.10 Il détruit la guerre jusqu'au bout du monde, il casse les arcs, brise les lances, incendie les chars :

11 « Arrêtez ! Sachez que je suis Dieu. Je domine les nations, je domine la terre. »

12 Il est avec nous, le Seigneur de l'univers ; citadelle pour nous, le Dieu de Jacob !

Psaume 45 (h46)

 

Commentaire

Avec nous

Voici le refrain de ce psaume. Cela m’a conduite à faire d’emblée une lecture chrétienne de ce psaume. C’est déjà une parole de Dieu à Marie : « le Seigneur est avec toi ». C’est le nom de Jésus révélé à Joseph : « on l’appeler du nom d’Emmanuel ce qui se traduit Dieu avec nous » Mt 1,23( Is 7,14). C’est aussi la parole de Jésus en Mt 28, 20 : «  Je suis avec vous »

En fait c’est quelque chose de très fort qui nous est dit là.

Avec nous, cela veut dire que nous ne sommes pas dans un isolement de solitude, nous avons un allié, une alliée,  nous sommes dans une Alliance, quelqu’un à côté de nous. C’est pourquoi j’ai choisi de mettre cette reproduction de l’icone (Christ et l’abbé Ména. Musée du Louvre)

Cette icone est appelée l’icône de l’amitié. Car une amie, un ami c’est bien quelqu’un qui est vraiment avec nous , de notre côté. Cela dit d’emblé Dieu comme ami, amie. Je mets le masculin et le féminin pour éviter une représentation masculine de Dieu. Dieu ami, amie. Cela dit qu’il ne peut y avoir aucune crainte en nous ; « Nous serons sans crainte » v2

Cette amitié est un refuge, une force, un secours, une citadelle v4, 8, 12.

Cela ne veut pas dire que cette amitié nous épargne les souffrances décrites de manière imagée comme « terre secouée, montagne qui s’effondre, flots qui mugissent… »

Mais tel Job, nous savons Dieu à nos côtés, de notre côté dans l’adversité comme une maison bâtie sur le roc Mt 7,24-25

 

C’est aussi une amitié agissante. Le psalmiste invite à venir et voir les actes du Seigneur :

« il couvre de ruines la terre.10 Il détruit la guerre jusqu'au bout du monde, il casse les arcs, brise les lances, incendie les chars . 11 « Arrêtez !»

Comment comprendre ces images ? Quels sont les actes de Dieu ?

Il vaudrait mieux dire son acte :

Sa mort pour nous aimer jusqu’à l’extrême ( Jn 13,1), sa résurrection qui dénonce toute la violence de nos arcs, de nos lances, de nos chars, le don de son Esprit qui supplie d’arrêter de nous faire du mal les uns aux autres.

Le don de son Esprit car Dieu ne brise pas les arcs sans notre secours.

 

Pistes de médiations

 

1ère piste :

Dieu comme un ami, une amie : Est-ce que je le vois comme cela ? Quelle expérience j’ai de l’amitié de Dieu ?

 

2ème piste :

Refuge, force, secours, citadelle. Est-ce que ces mots exprime une réalité pour moi ? Quels autres mots le diraient mieux ?

 

3ème piste :

Les actes de Dieu : Mort, résurrection, don de l’Esprit.

Qu’est-ce qu’ils apportent à ma vie ?

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22 janvier 2026 4 22 /01 /janvier /2026 14:48
Comprendre et prier avec le Psaume 88 (h89)

Psaume apparemment hétéroclite :

un psaume de louange au Dieu créateur du verset 2 à 15, puis une louange au Dieu qui fait alliance du verset 16 à 38 pour arriver à une litanie de reproches adressés à Dieu à partir du verset 39.

 

Pourquoi cela est mis ensemble ?

On peut prendre l’hypothèse que c’est la 3ème partie, la litanie de reproches qui est le clé des premières.

Nous sommes à un moment de désastre : déportation du peuple et fin de la royauté en contradiction totale avec le promesse du verset 37 : « Sa dynastie sans fin subsistera ».

Que faire dans pareille situation où la foi est mise à mal ?

La réponse du psalmiste est triple:

-D’abord faire mémoire de ce que Dieu est : amour et fidélité qui est de toujours à toujours

-Faire mémoire de tout ce qui a été donné, une alliance pour toujours

-Et parce qu’il y a cela, fort de cela, confiant en cela, pouvoir oui, dire sa révolte, oser critiquer Dieu.

Seul quelqu’un sûr de l’amour de Dieu peut parler ainsi à Dieu !

Tu as…tu n’as pas. Reproche d’un ami à un ami.

Langage d’une franchise étonnante, d’une absolue confiance, sans peur, d’une personne qui se dresse pour dire l’inadmissible.

Ce qui lui permet de finir par une bénédiction :

« Béni soit le Seigneur pour toujours ! Amen ! Amen ! »

 

Quelle leçon spirituelle je peux tirer de ce psaume ?

Les reproches fait à Dieu montrent  qu’on ne se résigne pas à l’inadmissible et en faisant cela, on peut peut-être entendre une réponse de Dieu : « j’ai besoin de toi ». Comme l’a si bien entendu Etty Hillesun : « Je vais t’aider mon Dieu…ce n’est pas toi qui peux nous aider mais nous qui pouvons t’aider-et ce faisant nous aider nous-même »

 

Pistes pour prier

Ce serait de faire la même démarche que le psalmiste avec vos propres mots

 

Ecrire la partie 1 :

L’amour de Dieu sans fin je le chante…et ajouter ce qui vous vient au cœur

 

Ecrire la partie 2 :

Heureux le peuple… et ajouter ce qui vous vient au cœur

 

Ecrire la partie 3

Pourtant tu as… et ajouter ce qui vous vient au cœur

 

Après avoir fait cela, comment je me sens ?

Et parler à Dieu de ce qui vous habite comme sentiment.

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7 janvier 2026 3 07 /01 /janvier /2026 13:28
Mt 3, 11-17 Baptême de jésus : Entendre notre filiation

11 Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. 12 Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. » 13 Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. 14 Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » 15 Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire.16 Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. 17 Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

Mt 3, 11-17

Regarder Jean.

Il a conscience qu’avec Jésus arrive un dépassement de son horizon. Jésus le confirmera : pas de plus grand que Jean mais il est le plus petit dans le Royaume. Quelle est cette petitesse par rapport au Royaume inauguré par Jésus ? La petitesse d’être encore  sous le régime d’un baptême d’eau pour le repentir alors que Jésus va introduire un baptême d’Esprit qui est pure grâce de Dieu. C’est la grâce de se recevoir comme fille ou fils du Père qui nous change et non une démarche volontariste.

Faire mémoire de mon itinéraire de foi. Quel chemin parcouru de Jean à Jésus, de la férule de la loi à la liberté de l’Esprit ?

Regarder la conversion de Jean

Continuer à regarder Jean. Au contact de Jésus, il va opérer une vraie conversion de son image de Dieu. Dieu n’est pas celui à qui on vient mais celui qui vient vers nous. La conversion n’est pas d’abord morale, elle est accueil de Dieu qui vient à nous, elle est dans l’attitude de se laisser aimer, de le laisser faire, de me laisser transformer.

Profiter de ce moment, maintenant, pour me laisser aimer par Dieu, m’abandonner, le laisser faire.

Regarder Jésus au milieu de la foule et immergé dans l’eau.

Il attend son tour. Le regarder attendant comme tout le monde sans privilège. Un homme au milieu d’autres. Regarder Jésus qui rentre dans l’eau jusqu’au cou, entièrement enseveli par l’eau. Il descend dans cette eau, comme une image de son incarnation. Dieu Très-Haut qui se fait Très-Bas pour nous nous rejoindre.  Il n’a pas besoin de baptême, mais rentrant dans l’eau, il sanctifie toute la matière de nos vies. Il rend saint le plus quotidien de nos vies.

Me laisser étonner par ce que je vois, le Très-Haut qui se fait Très-Bas.

Laisser parler mon cœur devant l’inouï de ce qui m’est donné à voir.

Contempler l’humilité du Verbe qui s’est fait l’un de nous sans revendiquer aucun privilège : « Lui de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu… » Ph2/6

Voir ce que Jésus voit. Entendre ce qu’il entend

Voir ce que Jésus voit : il vit l'Esprit de Dieu descendre sur lui. Entendre ce qu’il entend : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur » C’est l’identité du Christ qui se dit là mais c’est aussi la nôtre. Nous sommes filles et fils avec le Fils. Il est l’aîné d’une multitude de frères et de sœurs.

L’Esprit qui repose sur lui repose aussi sur nous et nous établit prêtres du Très-haut qui s’est fait le Très-Bas pour que chacun, chacune soit célébrant-e de son amour.

Il nous établit prophètes du salut pour écouter sa parole, pouvoir en témoigner par nos actes, nos paroles .

Il nous établit rois et reines pour œuvrer à un monde selon le cœur de Dieu.

Laisser cette parole descendre au plus profond de moi : je suis sa fille bien-aimée, son fils bien-aimé. Comme le Christ, par mon baptême, je suis prêtre, prophète, roi/reine. Regarder ma vie et voir quelle est ma manière personnelle de l’être. Comment suis-je prêtre ? Comment suis-je  prophète ? Comment suis-je  roi/reine ? Et nous le sommes !

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