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22 janvier 2026 4 22 /01 /janvier /2026 14:48
Comprendre et prier avec le Psaume 88 (h89)

Psaume apparemment hétéroclite :

un psaume de louange au Dieu créateur du verset 2 à 15, puis une louange au Dieu qui fait alliance du verset 16 à 38 pour arriver à une litanie de reproches adressés à Dieu à partir du verset 39.

 

Pourquoi cela est mis ensemble ?

On peut prendre l’hypothèse que c’est la 3ème partie, la litanie de reproches qui est le clé des premières.

Nous sommes à un moment de désastre : déportation du peuple et fin de la royauté en contradiction totale avec le promesse du verset 37 : « Sa dynastie sans fin subsistera ».

Que faire dans pareille situation où la foi est mise à mal ?

La réponse du psalmiste est triple:

-D’abord faire mémoire de ce que Dieu est : amour et fidélité qui est de toujours à toujours

-Faire mémoire de tout ce qui a été donné, une alliance pour toujours

-Et parce qu’il y a cela, fort de cela, confiant en cela, pouvoir oui, dire sa révolte, oser critiquer Dieu.

Seul quelqu’un sûr de l’amour de Dieu peut parler ainsi à Dieu !

Tu as…tu n’as pas. Reproche d’un ami à un ami.

Langage d’une franchise étonnante, d’une absolue confiance, sans peur, d’une personne qui se dresse pour dire l’inadmissible.

Ce qui lui permet de finir par une bénédiction :

« Béni soit le Seigneur pour toujours ! Amen ! Amen ! »

 

Quelle leçon spirituelle je peux tirer de ce psaume ?

Les reproches fait à Dieu montrent  qu’on ne se résigne pas à l’inadmissible et en faisant cela, on peut peut-être entendre une réponse de Dieu : « j’ai besoin de toi ». Comme l’a si bien entendu Etty Hillesun : « Je vais t’aider mon Dieu…ce n’est pas toi qui peux nous aider mais nous qui pouvons t’aider-et ce faisant nous aider nous-même »

 

Pistes pour prier

Ce serait de faire la même démarche que le psalmiste avec vos propres mots

 

Ecrire la partie 1 :

L’amour de Dieu sans fin je le chante…et ajouter ce qui vous vient au cœur

 

Ecrire la partie 2 :

Heureux le peuple… et ajouter ce qui vous vient au cœur

 

Ecrire la partie 3

Pourtant tu as… et ajouter ce qui vous vient au cœur

 

Après avoir fait cela, comment je me sens ?

Et parler à Dieu de ce qui vous habite comme sentiment.

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7 janvier 2026 3 07 /01 /janvier /2026 13:28
Mt 3, 11-17 Baptême de jésus : Entendre notre filiation

11 Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. 12 Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. » 13 Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. 14 Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » 15 Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire.16 Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. 17 Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

Mt 3, 11-17

Regarder Jean.

Il a conscience qu’avec Jésus arrive un dépassement de son horizon. Jésus le confirmera : pas de plus grand que Jean mais il est le plus petit dans le Royaume. Quelle est cette petitesse par rapport au Royaume inauguré par Jésus ? La petitesse d’être encore  sous le régime d’un baptême d’eau pour le repentir alors que Jésus va introduire un baptême d’Esprit qui est pure grâce de Dieu. C’est la grâce de se recevoir comme fille ou fils du Père qui nous change et non une démarche volontariste.

Faire mémoire de mon itinéraire de foi. Quel chemin parcouru de Jean à Jésus, de la férule de la loi à la liberté de l’Esprit ?

Regarder la conversion de Jean

Continuer à regarder Jean. Au contact de Jésus, il va opérer une vraie conversion de son image de Dieu. Dieu n’est pas celui à qui on vient mais celui qui vient vers nous. La conversion n’est pas d’abord morale, elle est accueil de Dieu qui vient à nous, elle est dans l’attitude de se laisser aimer, de le laisser faire, de me laisser transformer.

Profiter de ce moment, maintenant, pour me laisser aimer par Dieu, m’abandonner, le laisser faire.

Regarder Jésus au milieu de la foule et immergé dans l’eau.

Il attend son tour. Le regarder attendant comme tout le monde sans privilège. Un homme au milieu d’autres. Regarder Jésus qui rentre dans l’eau jusqu’au cou, entièrement enseveli par l’eau. Il descend dans cette eau, comme une image de son incarnation. Dieu Très-Haut qui se fait Très-Bas pour nous nous rejoindre.  Il n’a pas besoin de baptême, mais rentrant dans l’eau, il sanctifie toute la matière de nos vies. Il rend saint le plus quotidien de nos vies.

Me laisser étonner par ce que je vois, le Très-Haut qui se fait Très-Bas.

Laisser parler mon cœur devant l’inouï de ce qui m’est donné à voir.

Contempler l’humilité du Verbe qui s’est fait l’un de nous sans revendiquer aucun privilège : « Lui de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu… » Ph2/6

Voir ce que Jésus voit. Entendre ce qu’il entend

Voir ce que Jésus voit : il vit l'Esprit de Dieu descendre sur lui. Entendre ce qu’il entend : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur » C’est l’identité du Christ qui se dit là mais c’est aussi la nôtre. Nous sommes filles et fils avec le Fils. Il est l’aîné d’une multitude de frères et de sœurs.

L’Esprit qui repose sur lui repose aussi sur nous et nous établit prêtres du Très-haut qui s’est fait le Très-Bas pour que chacun, chacune soit célébrant-e de son amour.

Il nous établit prophètes du salut pour écouter sa parole, pouvoir en témoigner par nos actes, nos paroles .

Il nous établit rois et reines pour œuvrer à un monde selon le cœur de Dieu.

Laisser cette parole descendre au plus profond de moi : je suis sa fille bien-aimée, son fils bien-aimé. Comme le Christ, par mon baptême, je suis prêtre, prophète, roi/reine. Regarder ma vie et voir quelle est ma manière personnelle de l’être. Comment suis-je prêtre ? Comment suis-je  prophète ? Comment suis-je  roi/reine ? Et nous le sommes !

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18 décembre 2025 4 18 /12 /décembre /2025 13:26
Annonce à Joseph Mt 1, 18-25. Commentaire et pistes de prière.

18 Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint 19 Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. 20 Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; 21 elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » 22 Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : 23 Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous » 24 Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse, 25 mais il ne s’unit pas à elle, jusqu’à ce qu’elle enfante un fils, auquel il donna le nom de Jésus.

Commentaire

Cet évangile qu’on appelle « l’annonce faite à Joseph » , pour souligner son parallèle avec celle faite à Marie, soulève de nombreuses questions. Je n’ai pas choisi de les aborder de front car ce n’est pas le plus fructueux pour que ces textes rejoignent nos vies. Ce que nous cherchons à vivre, c’est d’entrer dans une expérience de Dieu, faire l’expérience d’une rencontre, gouter des chemins pour que Dieu devienne l’ami de nos vies.

Alors, regardons ce récit sous cet angle de vue.

C’est l’histoire d’un homme qui voit sa vie bouleversée. Déjà engagé vis-à-vis d’une femme -et on peut penser heureux de cela- il découvre que cette femme est enceinte. Situation qui a de quoi anéantir quelqu’un. Il n’y a qu’une explication possible pour lui : la trahison de cette femme. Elle est enceinte d’un autre que lui.

Il me semble qu’il faut bien mesurer cela pour se rendre compte de l’enjeu de cette situation et admirer cet homme, admirer l’amour qu’il a pour cette femme.

Il ne pourra pas vivre avec elle comme il le désirait mais sa seule préoccupation est de la sauver ( elle encourait la peine de mort Dt 22, 23). Il nous faut mesurer cela à son prix. Un amour tel qu’il n’y a aucune trace de vengeance, de violence, de mépris mais la seule préoccupation de la sauver avec la seule solution qu’il peut trouver. Le texte désigne cette attitude par un mot : « un homme juste ». on pourrait dire un homme ajusté, ajusté à l’humain, qui peut dépasser son ressentiment pour ne penser qu’à la vie de l’autre.

Ensuite, on peut regarder que cette première décision qu’il avait prise, elle aussi , est bouleversée. Il va prendre une tout autre décision. Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi a-t-il changé d’avis ?

Le texte donne une explication : un ange lui a parlé dans le sommeil. Dieu  sous la forme d’un ange parle-t-il dans le sommeil ? Pour Marie, on nous raconte aussi qu’un ange lui a parlé, pour elle bien éveillée. Comment entendre cela ? Je risque une réponse. Ces deux annonciations sont des expériences spirituelles d’écoute de Dieu. L’une éveillé, l’autre dans le sommeil. Pour Joseph, cela a pu être de croire Marie, de croire à la véracité de son expérience.

Marie et Joseph reçoive une annonce bouleversante : pour Marie, être la mère du Messie, pour Joseph, la recevoir comme épouse.

La seule chose qu’on peut comprendre, c’est que tous les deux ont entendu une parole à laquelle ils ont dit oui, sur laquelle ils ont engagé leur vie. L’une en disant : « Qu’il me sois fait selon ta parole » L’autre, sans parole mais faisant « comme l’ange lui avait prescrit »

Il y a quelque chose d’unique pour eux. Mais à notre mesure, n’avons-nous pas entendu aussi des paroles qui ont orienté notre vie de manière nouvelle  et même les  ont bouleversés? Des paroles intérieures auxquelles nous avons pu adhérer parce qu’elles étaient source en nous de joie paisible, de paix, de dynamisme de vie. Paroles semées dans nos cœurs par Dieu et qui correspondaient à notre désir profond.

Pour cela une condition indispensable : écouter.

Marie et Joseph sont bien les croyants d’un peuple dont le crédo est: Shema Israël… « Ecoute Israël, l’Eternel est notre Dieu, l’Eternel est un…» Dt 6,4

Ecouter. Pour écouter, il y a des espaces de temps et de lieux , des conditions de silence à préserver, à mettre en place. Le programme du Centre spirituel du Cénacle de Versailles propose ces temps pour cette écoute profonde. Chez soi aussi, on peut se donner le temps, le lieu  et  les conditions de silence pour cette écoute. En fait se donner un espace d’intériorité.

Pistes de méditation

1ère piste

Regarder cet homme « juste » dont l’unique préoccupation par rapport à la femme -qui pense-t-il l’a trahi- est de trouver comment la sauver de la condamnation à mort.

S’emplir de cette « justesse » pour qu’elle puisse irriguer notre esprit et notre cœur.

2ème piste

Regarder le sommeil de Joseph. S’aider de la reproduction de peinture. Le sommeil comme espace d’abandon, de silence, de solitude, d’écoute de son cœur profond. Là peut se déployer une confiance dans la parole d’une autre, dans la parole de l’Autre.

Quels sont mes espaces de silence, de solitude pour écouter mon cœur profond ?

3ème piste

Faire mémoire de paroles qui ont orienté notre vie de manière nouvelle. Des paroles extérieurs ou intérieures auxquelles nous avons pu adhérer parce qu’elles étaient source en nous de joie paisible, de paix, de dynamisme de vie. Paroles semées dans nos cœurs par Dieu et qui correspondaient à notre désir profond.

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19 novembre 2025 3 19 /11 /novembre /2025 17:59
Psaume 3 , prière d'un opprimé.

Psaume 3

02 Seigneur, qu'ils sont nombreux mes adversaires, nombreux à se lever contre moi, 03 nombreux à déclarer à mon sujet : « Pour lui, pas de salut auprès de Dieu ! » 04 Mais toi, Seigneur, mon bouclier, ma gloire, tu tiens haute ma tête. 05 A pleine voix je crie vers le Seigneur ; il me répond de sa montagne sainte.  06 Et moi, je me couche et je dors ; je m'éveille : le Seigneur est mon soutien. 07 Je ne crains pas ce peuple nombreux qui me cerne et s'avance contre moi.  08 Lève-toi, Seigneur ! Sauve-moi mon Dieu

Tous mes ennemis, tu les frappes à la mâchoire ; les méchants, tu leur brises les dents. 09 Du Seigneur vient le salut ; vienne ta bénédiction sur ton peuple !

Commentaire

Ce psaume nous plonge dès le début dans un combat. Une personne qui affronte de nombreux adversaires, nombreux à le cerner et à s’avancer contre lui.

Qui sont ces adversaires ? D’autre traductions parlent d’oppresseurs, d’assiégeants.

Quelle est cette personne ?  Ce peut être un peuple, une catégorie de personnes, ou une personne particulière

Il est facile d’actualiser cette situation. Tant de gens, de peuples, de catégories de personnes ont des ennemis, des oppresseurs, des assiégeants…aujourd’hui.

Ce psaume peut également être lu comme prophétique de la vie du Christ. Le Christ qui a dû affronter ceux qui se sont levés contre lui, ceux qui  l‘ont cernés, qui se sont avancer contre lui. Lu comme cela, ce psaume nous met sur un point essentiel de la foi chrétienne. Du fait de la Passion du Christ, Dieu se range du côté des victimes, des malmenés, des ignorés, des exclus, Dieu a pris parti. Il a pris le parti des pauvres, des opprimés. Ceci dans la Passion mais aussi toute la vie de Jésus montre cela, tous les gens qu’il a rejoint et auxquels il s’intéressait ce sont des femmes et des hommes dans leur douleur, dans leur souffrance, dans leurs maladies, dans leur pauvreté, dans l’exclusion dont ils étaient victimes.

En continuant de regarder Jésus dans cet homme qui parle à Dieu, on peut aussi voir comment il s’est comporté devant l’adversité. D’abord au cœur de la détresse, il ne cesse de parler à Dieu. Il crie : A pleine voix je crie vers le Seigneur Il se met devant Dieu et c’est cela qui le maintient dans la dignité de ce qu’il est malgré ceux qui le défigure. Il reçoit de Dieu la dignité que d’autres veulent lui ravir :

toi, Seigneur, mon bouclier, ma gloire, tu tiens haute ma tête. Il reçoit de Dieu la certitude que personne ne peut lui ôter : le Seigneur est mon soutien.

Il reste à comprendre le verset 8b : Tous mes ennemis, tu les frappes à la mâchoire ; les méchants, tu leur brises les dents.

Il semble que pour le Christ, ce n’est pas la réponse qu’il a reçue. La résurrection ne s’apparente pas à une mâchoire et des dents brisées !

Mais ne disons pas trop vite que cela relève de l’Ancien Testament, de la loi du talion. Il y a peut-être à comprendre quelque chose.

Mâchoires et dents brisées, n’est-ce pas affirmer le droit et le devoir de stopper l’injustice pour que ces mâchoires et ses dents arrêtent de broyer le pauvre, la femme maltraitée, l’enfant humilié, les gens exploités, les peuples sacrifiés…

Ce n’est pas à Dieu de le faire, mais on peut lui demander de nous donner courage, force, à notre niveau et à notre porté que mâchoires et dents arrêtent de mordre, de blesser, de détruire.

Lui demander de nous donner courage et force pour dénoncer l’inacceptable et de prendre soin des victimes.

Pistes de méditation

1-Le mot adversaires peut recouvrir plusieurs réalités. Si je regarde ma vie, est-ce que je peux repérer des adversaires, intérieurs à moi-même ou extérieurs ?

2-Est-ce que, face à cela, c’est facile pour moi d’en parler à Dieu comme le fait ce psalmiste ?

3- Me tenir devant Dieu qui me maintient dans une dignité que je  reçois de lui, et que personne ne peut m’ôter…Est-ce quelque chose que j’expérimente ?

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15 octobre 2025 3 15 /10 /octobre /2025 10:20
Méditer et contempler un repas de Jésus conflictuel. Luc 11,37-41 et 53-54

Lc 11,37-41 et 53-5

37 Pendant que Jésus parlait, un pharisien l’invita pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et prit place. 38 Le pharisien fut étonné en voyant qu’il n’avait pas fait d’abord les ablutions précédant le repas. 39 Le Seigneur lui dit : « Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur de vous-mêmes vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté. 40 Insensés ! Celui qui a fait l’extérieur n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ? 41 Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous.

53 Quand Jésus fut sorti de la maison, les scribes et les pharisiens commencèrent à s’acharner contre lui et à le harceler de questions ; 54 ils lui tendaient des pièges pour traquer la moindre de ses paroles.

Lc 11,37-41 et ajout 53-5

Méditation

* Le premier point possible à méditer sur ce récit c’est  le fait que ce pharisien écoutait Jésus puisqu’on nous dit que c’est parce que Jésus parlait qu’il l’invite chez lui.

Qu’est-ce qui a pu le pousser à l’inviter ? Un intérêt pour ses paroles, le désir d’en savoir plus, vouloir comprendre davantage ce que Jésus dit ? Une simple curiosité ? Pouvoir se vanter d’avoir eu Jésus à sa table ?

Cela peut nous interroger sur les invitations que nous faisons. Qu’est ce qui me motive pour inviter ? Certaines motivations me semblent elles justes et d’autres non ?

*Le deuxième point  porte sur l’accueil. Que penser d’un accueil où la première parole semble être l’étonnement d’un manquement à une manière de commencer un repas ?

Ici cela peut nous interroger sur le commencement de nos échanges et leur contenu. S’intéresser à la personne, lui offrir un espace de parole sur des choses qui ont du sens, soi-même partager ce qui nous tient à cœur ? Ou au contraire, rester dans le superficiel ou d’autres attitudes qui n’apportent rien ?

*Le troisième point c’est de regarder Jésus. En acceptant l’invitation, Jésus a dû prendre une décision. Soit être cohérent avec ce qu’il porte profondément dans le cœur, sa découverte de la vraie pureté et donc ne pas se soumettre à l’ablution. Soit  s’y soumettre , en reniant sa conviction profonde.

Regarder son choix d’être fidèle à lui-même. Regarder sa liberté. M’emplir les yeux et le cœur de cette liberté.

M’interroger sur des actes que je peux poser qui sont comme celui de Jésus. Et ceux qui ne le sont pas

*Le quatrième point c’est de s’étonner de la réaction de Jésus car elle est violente. Certes l’étonnement du pharisien n’est pas la meilleure manière d’accueillir quelqu’un en lui faisant remarquer ce qu’il n’a pas fait ! Mais ce pharisien devient dans la bouche de Jésus la généralisation de tous les pharisiens : « Vous les pharisiens ». De plus avec les reproches violents : « cupidité-méchanceté-insensés. »

Comment comprendre cela ?

Peut-être parce que des colères sont légitimes quand elles touchent  à des points fondamentaux de nos vies et de la foi. Et ici c’est le cas car cette histoire d’ablution avant repas n’est pas anecdotique.

Nous sommes là dans un des combats de Jésus, sa critique de la pureté rituelle qui est une des catégories fondamentales de toutes les religions . Cette critique ébranlait l'assurance de l'efficacité automatique du rite, l'assurance du mérite infailliblement obtenu. Jésus  prônait une intériorisation spirituelle qui affranchit de l’obéissance inconditionnelle à une loi religieuse.

Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous.

Voilà la vraie pureté pour Jésus : Est pur celle et celui qui partage.

M’interroger sur ce positionnement de Jésus et comment il peut éclairer des questions d’aujourd’hui sur la foi, l’Eglise, les comportements.

*Le cinquième point est  de considérer les versets 53 et 54 que j’ai ajouté. Il conclut le discours de reproches aux pharisiens et légistes. Ils montrent bien que Jésus a joué sa vie en invitant à une autre façon de vivre et de croire.

 

Contemplation

C’est le moment le plus précieux.

Il s’agit de fixer son regard sur Jésus tel qu’il se montre dans ce récit

Vous pouvez commencer par une parole que vous lui adressez :

Jésus me voici devant toi, tout simplement dans le silence. Rien n’est plus important pour moi que d’habiter en ta présence.

 

Je suis là, invité-e comme lui à ce repas et je contemple Jésus.

En le regardant, je m’imprègne

de sa décision d’être fidèle à la libération qu’il apporte

de sa liberté qui est plus forte que le besoin d’être accepté

de sa conviction que seul le partage et l’amour rend pur

du primat pour lui de l’intérieure sur l’extérieur

 

je le contemple, je m’imprègne de lui. C’est sans mot, c’est une attention aimante pour que quelque chose de lui passe en moi

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25 juillet 2025 5 25 /07 /juillet /2025 09:37
Prier avec le chanson de Jacques Brel : Quand on n’a que l’amour

1-Ecouter cette chanson

https://www.youtube.com/watch?v=IG6KiBNsrPU

https://www.youtube.com/watch?v=pYyReJaQCko

Je prends peu à peu conscience ce que cela provoque en moi, comment cela me touche : les voix, la musique, les paroles

2-Lire et méditer les paroles

Quand on n'a que l'amour
A s'offrir en partage
Au jour du grand voyage
Qu'est notre grand amour


Quand on n'a que l'amour
Mon amour toi et moi
Pour qu'éclatent de joie
Chaque heure et chaque jour


Quand on n'a que l'amour
Pour vivre nos promesses
Sans nulle autre richesse
Que d'y croire toujours


Quand on n'a que l'amour
Pour meubler de merveilles
Et couvrir de soleil
La laideur des faubourgs


Quand on n'a que l'amour
Pour unique raison
Pour unique chanson
Et unique secours


Quand on n'a que l'amour
Pour habiller matin
Pauvres et malandrins
De manteaux de velours


Quand on n'a que l'amour
A offrir en prière
Pour les maux de la terre
En simple troubadour


Quand on n'a que l'amour
A offrir à ceux-là
Dont l'unique combat
Est de chercher le jour

Quand on n'a que l'amour
Pour tracer un chemin
Et forcer le destin
A chaque carrefour


Quand on n'a que l'amour
Pour parler aux canons
Et rien qu'une chanson
Pour convaincre un tambour


Alors sans avoir rien
Que la force d'aimer
Nous aurons dans nos mains
Amis le monde entier

 

Je m’arrête là où j’ai du goût, je me laisse rejoindre par telle ou telle parole.

Qu’est-ce qui me rejoint dans cette chanson ?

4-A nouveau écouter et voir cette video

https://www.youtube.com/watch?v=IG6KiBNsrPU

https://www.youtube.com/watch?v=pYyReJaQCko

 

5- Me demander en quoi cette chanson rejoint l’Evangile de Jésus

 

 

 

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21 juillet 2025 1 21 /07 /juillet /2025 17:41
Libre conversation avec Jésus

Libre conversation avec Jésus

 

Voici une manière de faire oraison qui peut ouvrir de nouveaux chemins de prière

Cela pourrait s’appeler : Libre conversation avec Jésus

 

Voici le mode d’emploi :

*Vous ouvrez par exemple l’Evangile de Marc en commençant au chapitre 1, verset 9 à 45

*Vous regardez ce que Jésus fait et dit.

*Vous lui parlez à propos de ce qu’il fait et dit, vous l’interrogez sur ce qu’il fait et dit.

*Vous le faites à haute voix, il vous écoute car c’est un ami à qui vous parlez et il est vraiment là !

*Vous écrivez ce que vous lui avez dit

 

En pratiquant cette manière de faire, il s’est produit un changement dans ma relation à Dieu : une proximité, une présence que j’ai senti davantage.

Pour bien comprendre cette manière de faire, il m’a semblé que le mieux c’est que je vous livre ma conversation que j’ai eu avec Jésus et les traces que j’en ai gardé.

 

Ce n’est pas un modèle. Si vous pratiquez cette méthode, ce sera autrement pour vous, mais je vous livre la mienne pour donner une idée du type de conversation !

 

Voici une conversatio avec  chapitre 1 de Marc du verset 9 à 45

 

 

« Et il advient qu’en ces jours-là Jésus vit de Nazareth de Galilée et il fut baptisé dans la Jourdain par Jean »

Jésus tu t’es déplacé, tu as marché de Nazareth au Jourdain. Qu’est-ce qui t’a poussé à faire cela ? Quelle intuition ? En tout cas, c’est une décision : tu as décidé de quitter Nazareth pour aller au jourdain.Tu aurais pu rester tranquille dans ton village et vivre longtemps au lieu d’aller au-devant d’une existence pleine de danger ! Tu as pris une décision qui engageait ta vie. Sans cette décision, l’Evangile n’existerai pas. Abyssal ! Et je ne serais pas là à le lire. Une décision …pour nous, pour moi.

Quand tu arrives, il y a une grande foule. Question : tu vas directement à Jean en passant devant les autres ou tu attends ton tour ? je te vois attendant avec les autres, un parmi les autres. Un temps où tu fais la queue comme tout le monde. Qu’est-ce qu’il y a dans ton cœur ? Que représente ce baptême pour toi ?Tu entres complétement dans l’eau pour en ressortir. En vivant cela, était-ce un consentement à ta passion pour ressortir vivant de la mort ? Non pas comme une fatalité mais parce que la révolution spirituelle que tu apportes va rencontrer une telle opposition qu’il faudra aller jusqu’au bout pour y demeurer fidèle.

Consentement qui te permet d’entendre une voix intérieure qui te dis l’Amour qui est en toi :

« tu es mon Fils, l’Aimé ».

Voix intérieure qui te confirme dans ton identité, celle que tu as mis 30 ans, peu à peu à découvrir.

Ensuite, tu es allé au désert, car tu avais besoin de ces 40 jours pour envisager la suite, murir ce que tu allais faire, ce que tu allais dire : une retraite pour refuser les fausses solutions, les pièges et décider ce qui serait vraiment juste, vrai, beau. 40 jours d’intimité, source de tout ce qui va suivre

Nouveau de te voir comme cela aussi. Tu as gouté la parole entendue : tu es mon fils. Tu en a fait ta nourriture. Ta vie est fondée sur cette expérience du désert, comme pour nous lors de retraite déterminante. 40 jours poussé par l’Esprit car poussé par un désir d’amour. Intimité trinitaire. 40 jours pour murir ta mission et ta première parole va être : clamer la bonne nouvelle.

J’ai trouvé de la joie auprès de toi qui inaugure ta prédication en parlant de bonne nouvelle : quelque chose de bon et de nouveau. Tu parles de royaume car à ton époque c’était le seul modèle de gouvernement mais ton royaume n’est pas à la manière des despotes…aujourd’hui on dirait la république de Dieu, selon le cœur de Dieu.

Tu te promènes sur le bord du lac et ta vie va croiser celles de 2 hommes, Simon et André. Tu vas bouleverser leur vie. Eux aussi, pécheurs tranquilles tu vas les sortir d’un chemin tout tracé. Tout cela à cause de ta propre décision de quitter Nazareth, décision qui va changer la face du monde.

Une décision qui a produit 2000 ans de christianisme pour le meilleur et pour le pire.

Pourquoi le pire ? parce que tu n’as laissé aucune règle institutionnelle qui aurait pu être des garde-fous. Tu as laissé l’invention de l’Eglise à des hommes et certains en ont fait des instruments de pouvoir.

Mais tu nous as laissé le « pur froment de l’Evangile » auquel revenir à chaque fois en liberté et créativité : tout est donné, rien n’est à mériter, rien à quémander.

Et ce qui n’est pas là, le royaume de justice et de paix c’est notre responsabilité. Ce qui est donné pour cela c’est la capacité de le faire mais tu ne le fais pas à notre place

Ta décision de quitter Nazareth est une décision murie tout au long de ces années de vie cachée dont on ne sait rien.

 

Et un jour que le fruit était mur tu es sorti de l’ombre, sorti de l’anonymat. Il y a eu chez toi un « oser sortir », oser se démasquer, oser se singulariser, oser affronter l’opposition car c’était évident qu’il y allait avoir affrontement. Quitter la tranquillité de ta vie de charpentier pour la rudesse de cette vie publique. Et 40 jours au désert pour se préparer pour murir les décisions à venir, les mots et les gestes de la bonne nouvelle que tu veux nous partager. Quand tu parles, c’est pour dire du bon et du nouveau. Convertissez-vous au sens de changer votre manière de voir Dieu : Dieu autrement

 

Pour quoi 4 personnes ? Tu étais seul et tu viens chercher 4 d’entre nous. Un privilège ? Non. Un exemple ? A travers ces 4 c’est a chacun-e de nous que tu dis : viens suis-moi dans l’attitude juste d’être derrière lui. Laissez les filets. Laissez un père.

Pourquoi deux fois deux frères ? Peut-être une manière de nous dire que ce que tu veux fonder, c’est une communauté de frères et de sœurs. A travers eux, c’est chacun-e de nous que tu appelles à être derrière toi, avec toi. Laissez filet et père, qu’est-ce que cela veut dire pour moi aujourd’hui ? Quel « laisser » pour mieux être derrière toi, avec toi ?

Avec cette manière de m’adresser à toi, je vois autrement ta vie. Il t’a fallu 30 ans pour tu t’éveilles à ta vie, découvre ton œuvre, accueille ton identité. Partir de Nazareth c’est ta décision pour réaliser cela. La voix du baptême c’est la confirmation de ce choix, les 40 jours au désert c’est une préparation à ta vie qui se résume dans les premiers mots que tu dis : Bonne nouvelle.

Venez derrière moi. Être ton disciple, c’est être un itinérant, ce n’est pas une école, c’est un mode de vie qui ne s’installe pas. Un mode de vie en mouvement et pas du statique

 

Tes premiers mots :

Le royaume est tout proche…croyez à la bonne nouvelle.

Voilà ce que tu as dit et fait tout au long de ta vie : c’est bon, c’est nouveau, c’est maintenant. La vraie conversion c’est de croire en cette bonté et cette nouveauté.

 

Pourquoi vas-tu à la synagogue ? Parce que c’est le lieu de la rencontre pour dire cette nouveauté et cette bonté. Tu enseignes alors que tu n’as aucune légitimité religieuse pour le faire. C’est quoi la synagogue aujourd’hui ? Les réseaux sociaux par exemple, où des femmes peuvent faire des homélies…sans avoir, comme toi ,aucune légitimité de le faire. Elles le font comme toi et avec toi.

Je sens combien c’est important de rester à te regarder et m’imprégner de ton dynamisme, de ta détermination de ton audace, pour que passe en moi ce qui est en toi

Je reviens sans cesse à ta décision fondatrice de quitter Nazareth. Une décision qui a changé le monde, notre vie, ma vie.

Pour quoi je t’aime ? Parce que tu es cette bonne nouvelle d’une présence qui donne gout de vivre parce qu’on se sait aimé.

 

Quel est le sens de cet exorcisme que tu fais ?

Un esprit impur cela veut dire divisé, mélangé ou le « je » véritable est mélangé à un nous divisé, empêtré dans la peur d’un Dieu qui voudrait la mort, la perte alors qu’il n’est que don. Faire sortir cette impureté du cœur, voilà ce que tu fais. Ta joie c’est d’être libérateur de ce qui emprisonne le cœur, de ce qui « possède » le cœur, qui rend esclave, propriétaire d’un autre au lieu d’être soi autonome. Combien sont possédés par d’autres, par leur avoir, leur pouvoir, leur histoire, leurs blessures, leurs décisions faussées. Jésus, tu leur dis SORS

Cette guérison est une métaphore où tu te dévoiles comme libérateur d’esclavage, qui mets debout les gens.

 

Pour cela tu te fais proche. Comme pour cette femme dans la maison de Pierre, tu la fais lever tu lui saisis la main et tu l’as fait diacre de ton amour.

Tout part d’une décision de quitter Nazareth, une vie qui aurait pu être tranquille pour une autre vie, une vie livrée à cette mission. Mission que tu as dû lentement laisser monter en toi qui s’est peu à peu révélée à ton cœur, mission que tu as scellé au baptême, préparé au désert puis proclamé pendant 3 ans en parole et actes.

Cette manière de prier me permet de devenir ta familière, être avec toi pour pouvoir saisir ce qui te motive. Tu réalises ta décision en libérant en remettant debout : grande est ta joie, libérer de tout ce qui amoindrit l’humain, l’atrophie, l’empêche de mener une vie heureuse et libre.

Tu as du bien dormir ce soir-là, comme d’autres fois, et tu as dû rêver. Tes rêves, on n’y pense pas assez, quels devaient-ils être ?

C’était ta joie de libérer. Tu es libérateur, c’est mieux de dire cela car sauveur est trop marqué d’une théologie du salut comme vie éternelle. Libérateur, c’est pour aujourd’hui.

 

Tu te réveilles tôt pour vivre un temps de solitude, comme au désert des 40 jours, primat de la solitude du silence, pour gouter l’intimité trinitaire. Tout le monde te cherche. Oui, consciemment ou inconsciemment on te cherche, on a soif de toi, même si on te nie, te renie ou t’ignore, car tu es le seul qui peut combler une vie.

C’est pour cela que je suis sorti.

Sorti de la maison ? Sorti de Dieu ? Sorti pour prier ? Sorti pour enseigner ? Allons ailleurs. Tu es Dieu en sortie. Sorti pour dire la bonne nouvelle, pour libérer des démons qui détruise, amoindrisse, asservisse, dépersonnalise l’humain.

Je t’aime Jésus.

Je reviens encore sur ta décision de quitter Nazareth. Décision murie pendant 30 ans. En avais-tu parler à un-e ami-e ? A Marie ? A Joseph ?

 

Cela te fait rencontrer ce lépreux et tu es remué jusqu’au entrailles par sa souffrance, tu le touches et tu te rends impur au regard d’une religion qui exclue des humains par la maladie. Tu deviens toi-même infréquentable puisque tu l’as touché

Si tu le veux…Je le veux

Pourquoi guéris-tu ? Tu veux les gens en bonne santé physique et morale. Tu refuses l’exclusion par la maladie. Tu es libre par rapport à la culture de ton temps, à la religion. Une seule chose compte : libérer, relever, guérir.

Tu ne crains pas de toucher. Tu brises un tabou.

Tu en paies les conséquences, tu es interdit en ville. Mais on vient à toi. Tu as pris la place de l’exclu. Tu seras rejeté à cause de ton activité inclusive.

On peut décrire ta vie comme une vie inclusive contre l’exclusion.

Pour toi personne n’est impur. Ton combat contre une religion qui sépare entre impur et pur. Tu supprimes cette séparation : il n’y a que des personnes.

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14 juin 2025 6 14 /06 /juin /2025 18:33
Commentaire et pistes de méditation du psaume 118 h 119 PHE verset 129 à 136

 

Quelle merveille, tes exigences, aussi mon âme les garde ! Déchiffrer ta parole illumine et les simples comprennent. La bouche grande ouverte, j'aspire, assoiffé de tes volontés. Aie pitié de moi, regarde-moi : tu le fais pour qui aime ton nom. Que ta promesse assure mes pas : qu'aucun mal ne triomphe de moi ! Rachète-moi de l'oppression des hommes, que j'observe tes préceptes. Pour ton serviteur que ton visage s'illumine : apprends-moi tes commandements. Mes yeux ruissellent de larmes car on n'observe pas ta loi. Rachète-moi de l'oppression des hommes, que j'observe tes préceptes Pour ton serviteur que ton visage s'illumine : apprends-moi tes commandements. Mes yeux ruissellent de larmes car on n'observe pas ta loi.

Commentaire

Le psaume 118 est le plus long du psautier. 22 strophes et 176 versets. Ici, nous avons seulement les versets 120 à 136.

La longueur de ce psaume, son apparente impression de répétition autorise à en faire le poème d’un amoureux qui n’en finit pas de dire son amour sous toutes les formes. Son amour de quoi ? De la Parole. Cette parole il n’a pas assez de mot pour la dire. Ici dans ce passage, elle se dit en exigences, volonté, promesse, précepte, commandement, loi. Et le mot qui résume tout cela dans tout le psaume est celui de Parole.

Le judéo-christianisme a pour originalité de penser un Dieu qui parle et à qui on peut parler Ce chant d’amour de la Parole qu’est ce psaume nous indique un chemin : au principe des choses, à la raison des choses, c’est la Parole. Et c’est bien ce que nous avons au début de l’évangile de

Jean :« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu » Jn 1,1.

Dieu qui parle et à qui on peut parler. Chacun, chacune de nous sommes des êtres de parole. Nous parlons ! Alors parler comme le fait ce priant, c’est donc être de Dieu.

Parler, c’est divin.

Parler c’est participer à l’être même de Dieu.

Tout être humain donc moi aussi, quand je parle, je participe à l’être même de Dieu. Je suis en lui, de lui. Et ce priant ne s’en prive pas au long de ces 22 strophes et 176 versets !

Envisager cela permet d’entendre d’une certaine manière les autres mots pour dire la Parole :

C’est quoi cette exigence ? Cette volonté ? Cette promesse ? Ce commandement ? Cette loi ?

Pas des impératifs d’un dieu dominant, d’un monarque absolu, mais des mots qui nous disent l’importance de la parole dans nos vies, exigence de vérité, volonté de communiquer, promesse d’avenir, commandement d’aimer, loi de vie d’un Dieu qui partage ce qu’il a et ce qu’il est : participant-e de son être.

Pistes de méditation

1ère piste

Merveille…mon âme les garde

Quelles sont les merveilles de la Parole, pour moi ?

 

2ème piste

Déchiffre ta parole illumine

Quelles lumières me donne la Parole ?

 

3ème piste

La bouche grande ouverte, j’aspire

Quelle est la soif la plus grande de mon cœur ?

 

4ème piste

Que ta promesse assure mes pas

Quelle promesse assure mes pas ?

 

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13 mai 2025 2 13 /05 /mai /2025 17:28
Commentaire et pistes pour méditer Jn 15,9-17

09 Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. 10 Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. 11 Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. 12 Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. 13 Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. 14 Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. 15 Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. 16 Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. 17 Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres.

Jn 15, 9-17

Commentaire

J’ai choisi de prendre l’évangile de mercredi 13 mai où l’on fête l’apôtre Matthias

St Matthias, est le 12ème apôtre en remplacement de Judas. Deux candidats avaient été proposés. Comme condition Ils devaient être « témoin de la résurrection « (Ac 1, 22) et avoir accompagné Jésus (Ac 1,21) Il a été élu par tirage au sort. Pour sa fête, il nous est proposé un magnifique évangile, à goûter sans modération !

Nous avons d’abord accès grâce à St Jean à la conscience que Jésus avait de lui-même, son identité de Fils bien-aimé (Mt 4, 17 ; Mt 17,5) Mais accès aussi à l’identité de Dieu : un Père bien-aimant. Une définition de Dieu qui ne s’arrête pas là.  S’y ajoute une définition de chacune et chacun de nous : nous sommes les aimé-es du Fils avec la même intensité qu’il est aimé du Père.

Nous sommes trop habitué-es à ces textes pour en saisir l’énormité. Aimé-es par le Fils du même amour du Père pour lui !

C’est un constat. On ne peut rien changer à cela du côté de Dieu. Mais on peut s’y soustraire, c’est pourquoi le texte ajoute : « Demeurez en mon amour ».  Un impératif qu’on peut entendre de diverses manières. Les impératifs bibliques comme « Choisis donc la vie -viens suis-moi- ne craignez pas » ( Dt 30, 19 ; Mc 2,14 ; Mt 28,10 ) comment les entendons-nous ? Comme des ordres, des conseils, des recommandations ?  Pourrait-il s’agir d’une prière ? Dieu qui nous prie, nous supplie ? Demeurer dans mon amour : un désir de Jésus pour que sa joie soit en nous.

La condition pour demeurer c’est d’observer le commandement d’aimer. Là encore un commandement qui peut être une prière, un désir du cœur du Christ. Être aimé-e, vous l’êtes, alors aimez-vous les uns les autres. Pouvant aimer parce nous sommes aimé-es.

Alors nous ne serons plus des serviteurs qui obéissent mais des amis qui vivent du même Esprit que Jésus.

C’est la deuxième définition de ce que nous sommes.

Non seulement des aimé-es mais aussi des ami-es de Jésus. Il y en a encore une 3ème définition : nous sommes des choisi-es. Et encore une quatrième ! Nous sommes missionné-es pour porter du fruit…à la mesure de l’amour mutuel.

Aimé-es…ami-es…choisi-es…missionné-es.

Laissons résonner en nous, ce que Dieu dit de nous.

 

Pistes de méditation

 

1ère piste

Aimé-e

Je suis aimé-e. Rester devant cette déclaration qui m’est faite.

Ai-je du mal à l’accepter ? Si oui quels obstacles m’empêche de l’accepter ? Ou au contraire j’y consent pleinement et c’est ma joie ?

En parler à Jésus

 

2ème piste

Je suis son ami-e

Rester devant cette déclaration qui m’est faite.

Comment Jésus est-il un ami pour moi ? Comment je le suis pour lui ?

En parler à Jésus

 

3ème piste

Je suis choisi-e par lui.

Rester devant cette déclaration qui m’est faite.

Qu’est-ce que cela représente dans ma vie d’être choisi par Jésus ?

En parler à Jésus

 

4ème piste

Je suis Missionné-e

Rester devant cette déclaration qui m’est faite.

Quelle est la mission principale de ma vie actuellement, celle que je considère prioritaire ?

En parler à Jésus

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11 mars 2025 2 11 /03 /mars /2025 17:22
Icone du monastère de Bose

Icone du monastère de Bose

Je vous le dis en vérité : parmi ceux qui sont ici présents, certains ne connaîtront pas la mort avant d’avoir vu le règne de Dieu. » Environ huit jours après avoir prononcé ces paroles, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prie. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.  Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait. Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent.  Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.  Le lendemain, quand ils descendirent de la montagne, une grande foule vint à la rencontre de Jésus. Lc 9,27-37

Commentaire

Le sens de cet Evangile est bien connu. Jésus vient d’annoncer à ces disciples, sa mort prochaine. Par la transfiguration, il leur annonce sa Résurrection. Il leur révèle aussi la gloire de sa divinité. Cet Evangile doit être lu avec tout son arrière-fond biblique :

  •  Le sommeil des apôtres.

On nous dit : « Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil. » Ce n’est pas de la fatigue, ni du sommeil de la nuit : c’est une expérience de Dieu. Rappelez-vous, Dieu plonge Adam dans un profond sommeil en Genèse 2/21. Rappelez-vous le sommeil mystérieux qui s’empare d’Abraham en Genèse 15/12. Le sommeil ici est expérience de l’humain que Dieu fait entrer dans son mystère. Le sommeil qui est arrachement à soi-même, oubli de soi, abandon confiant. Sommeil, là où Dieu agit secrètement et où nous nous laissons faire par Dieu. C’est l’expérience de la nuit, ces nuits que nous connaissons tous et toutes, nuit de la foi, nuit où Dieu semble absent mais nuit où Dieu travaille en nous sans que nous en ayons conscience, nuit de purification pour habituer nos yeux à la lumière. Passage par la nuit. Mais pour un réveil…comme les apôtres dont on nous dit que « se réveillant, ils virent la gloire de Jésus » 

  •  Une histoire de tentes, de la demande de Pierre d’en planter 3, le texte nous disant qu’il ne savait pas ce qu’il disait.

Cette tente, ce n’est une simple question de camping !

C’est la tente de la Rencontre. Quand le peuple était dans le désert, il allait à la tente de la Rencontre, lieu de la présence de Dieu. Mais pourquoi donc Pierre ne sait pas ce qu’il dit ?

La réponse est dans la suite du texte. On nous dit : La nuée les couve de son ombre (la même expression utilisée pour l’Annonciation en Luc 1/35) Une voie leur demande d’écouter Jésus, le Fils. Ils ne voient plus que Jésus seul.

Il n’est pas question de planter 3 tentes car il n’y a qu’une seule tente qui est la personne même de Jésus. La seule et unique tente, c’est le Christ dans la vérité de son humanité et de sa divinité. Jésus seul : unique chemin, unique demeure, unique salut, unique lumière pour tous les temps et tous les peuples, unique pâque, unique passage de la mort à la plénitude de la vie. Jésus, nouveau Moïse, nouvel Elie, nouvel Israël qui va accomplir un nouvel Exode, celui du passage de la mort à la résurrection.1er né d’une multitude de frères et de sœurs, celui qui ouvre le passage pour que, à sa suite, nous entrions dans la Vie. Avec le récit des tentations, nous savons que sa victoire est notre victoire. Avec la transfiguration, nous savons que sa résurrection est notre résurrection. Le Christ transformera, transfigurera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux (Ph 3/20) Une victoire pour nous encore en germe, une résurrection encore en gestation mais bien réelle, déjà commencée et qui s’épanouira en vie éternelle. Nous sommes déjà citoyen-nes des cieux. Nous sommes déjà ressuscité-es.

  • Nous sommes dans St Luc, et St Luc, c’est l’Evangile de la prière. Matthieu et Marc ont aussi un récit de la transfiguration. Luc est le seul à dire : « Il alla sur la montagne pour prier.

Et pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre »

La prière, pour nous à la suite du Christ est une rencontre transfigurante. C’est le lieu par excellence de la foi, puisqu’elle n’a de sens qu’en Dieu ; elle le lieu de notre identité profonde, là on s’affirme fils, fille du Père. Prière de l’oreille, puisqu’il s’agit d’écouter Jésus comme le Père nous le demande : « écoutez –le » Et j’entends cette demande de Dieu, non comme un ordre mais comme une supplication, une prière de Dieu : « Je vous en prie, écoutez-le ! » écoutez-le pour vivre vraiment et pas à moitié

Prière du regard aussi, qui est souvent une prière sans parole comme le paroissien du Curé d’Ars : « Dieu m’avise et je l’avise », prière d’admiration, d’étonnement, de gratitude, prière de simple présence dans la sécheresse mais qui attend le jour de voir Dieu, prière du veilleur, de la veilleuse, qui est sûr que se lèvera l’aurore où je connaîtrai comme je suis connu-e, où j’aimerai comme je suis aimé-e.

Pistes de méditation

1ère piste :

« Jésus gravit la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. »

Regarder Jésus en prière. Mystère de sa prière ! On ne peut faire que des suppositions : une simple et amoureuse présence à celui qui est Amour…Mais il nous est donné le fruit de cette prière : elle est tranfigurante. La prière, pour nous aussi à la suite du Christ, peut être une simple présence qui nous transforme de l’intérieur. En quoi cette simple présence à Dieu a pu moi aussi me transformer ?

2ème piste :

« De la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »

Ecoutez-le, voici l’appel qui nous est fait. Dans ma vie quotidienne, de quelle manière j’écoute Jésus ? Quels sont les lieux, les personnes, les textes, les situations …qui me permettent de l’écouter ?

3ème piste :

« Il n’y avait plus que Jésus, seul. »

Je peux rester à contempler Jésus, à m’emplir de lui, pour que quelque chose de lui passe en moi. En fait faire vis-à-vis de Jésus, ce que Jésus fait vis-à-vis du Père. Regarder pour aimer et se laisser aimer

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