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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 17:18
Trinité et rapports sociaux (2)

Il y a un rapport entre les représentations religieuses d’une époque et les régimes politiques. Représentations religieuses et politiques se conditionnent mutuellement.

Si on met en avant un Dieu maitre, propriétaire du monde dont la volonté fait loi, qui dispose de tout, et de la volonté duquel tout dépend, il aura a les traits d’un monarque conçu de manière absolutiste. Il sera imaginé parfait, impassible, gouvernant tout et tout dépend de lui.

 

Ce monothéisme a apporté son soutien au principe de souveraineté impériale. La politique qui correspond à la croyance à ce Dieu-là, c’est l’empire de paix de l’empereur romain. Ce qui a conduit à Constantin et a fait passer le christianisme, de religion persécutée, à une religion autorisée, puis religion d’Etat, soutien de l’Etat. (Et à son tour persécutrice !)

Le soutien apporté par le monothéisme était plus absolu que le soutien d’une philosophie. L’unique empereur tout-puissant, devenait image visible du Dieu invisible car lui aussi est maître, propriétaire, et sa volonté fait loi.

« A l’unique roi sur la terre correspond le Dieu unique au ciel».[1]

Faire de la souveraineté divine l’archétype de la souveraineté étatique, ouvrait la voie à un absolutisme au plus haut degré dans l’absence de l’obligation de rendre des comptes, et mettait l’empereur en dehors du droit.

Aujourd’hui l’idée absolutiste ne subsiste que dans l’idéologie de la dictature. Mais celle-ci maintenant n’a plus besoin de la légitimité religieuse pour s’imposer, elle a, à sa disposition, la terreur de la force.

 

Pour surmonter la transposition du monothéisme religieux en monothéisme politique, il faut surmonter l’idée de la monarchie du Dieu unique sur un mode unique par le Dieu Trinité.

Le regret qu’exprime Moltmann, c’est qu’historiquement, le dogme trinitaire n’ait pas fait échouer cette idée de monarchie divine :

« Aussi longtemps que l’unité du Dieu trine n’est pas conçue trinitairement, mais comme celle d’une monade ou d’un sujet, elle demeure liée à la légitimation religieuse de la souveraineté politique. C’est seulement quand la doctrine de la Trinité surmontera la conception monothéiste du grand Monarque universel au ciel et du Grand patriarche divin du monde que les souverains dictateurs et tyrans de la terre, ne trouveront plus d’archétypes religieux pour se justifier ». [2]

 

Moltmann cite Whitehead : « l’Eglise a donné à Dieu des attributs qui appartiennent exclusivement à l’empereur. La naissance de la philosophie théistique qui s’est achevée avec l’apparition de l’Islam, a conduit à la représentation de dieu selon l’image du souverain impérial, selon l’image de l’énergie morale personnifiée et selon l’image du principe dernier de la philosophie. Il est permis d’ajouter que cette philosophie théistique représente une philosophie patriarcale à un très haut degré ».[3]

 

[1] E.PETERSON, Monotheismus als politisches Problem, in Theologische Traktate, München, 1951, p 91.

Cité dans Trinité et Royaume de Dieu p 241

[2]Trinité et Royaume de Dieu. p 247

[3] A.N. Whitehead, Process and Reality. An essay in Cosmology, New- York 1960 p 520 cité dans Trinité et Royaume de Dieu p 247

 

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 14:27
Sur le site Evangile et peintures

Sur le site Evangile et peintures

Dans l’Evangile de Luc au chapitre 5 verset 1 à 11

Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ; la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu. Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage. Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait la foule. Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. » Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. » Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient. Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient. A cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. » L'effroi, en effet, l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

 

Étant donné la foule qui s’écrase autour de lui, Jésus a besoin d’une barque pour pouvoir mieux enseigner. Aucune autosuffisance chez Jésus mais un désir de partenariat, un désir que d’autres participent à sa mission et la conscience simple qu’il a besoin d’aide.

Après un temps d’enseignement, Jésus demande une chose étonnante à Simon : « avance au large et jetez les filets. »

Cette demande du Christ est à entendre dans l’aujourd’hui de nos vies. C’est le Christ vivant, ressuscité qui aujourd’hui nous parle.

Quel est ce « large » auquel Jésus nous invite ?

Élargir l’espace de nos vies ?

Elargir l’étroitesse de nos idées ?

Ouvrir large notre cœur à son amour… ?

Il s’agit non seulement d’avancer au large mais « de jeter les filets ». On peut comprendre l’étonnement de Simon. C’est lui le professionnel de la pêche mais, malgré tout son savoir-faire, il n’a pris aucun poisson. Il n’y a aucune raison qu’ils en prennent maintenant!

Pourtant il va le faire. Il va entendre cette demande.

Qu’est-ce qui a pu le décider ?

Une confiance fondée sur une intuition :

de Jésus, ne peut venir qu’une abondance de vie.

La pêche abondante lui donne raison.

La confiance de Pierre interpelle la nôtre : quelles sont les raisons de ma confiance en Jésus ? Sur quoi se fonde-t-elle ?

Comme Pierre, nous nous savons pêcheurs, fragiles, dans le sens d’une résistance profonde à entrer dans la confiance, à convertir nos fausses images de Dieu. Mais l’inouï de tout l’Évangile, c’est de se découvrir appelé-e au cœur même de ce péché, de cette résistance, de cette fragilité.

Jésus a seulement besoin de notre confiance et notre gratitude.

Il nous rejoint là où nous sommes, nous appelle comme nous sommes. Goûtons simplement, savourons cette joie d’être appelé-e au cœur même de nos résistances.

 

 

.

 

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 22:13
Trinité et rapports sociaux (1)

« Ce qui correspond au Dieu trinitaire, ce n’est pas la monarchie d’un souverain mais la communauté des hommes sans privilèges ni servitudes ».[1]

Cette citation du théologien Moltmann montre qu’il y un lien fort entre théologie et rapports humains.

La doctrine trinitaire de Moltmann, doctrine sociale de la Trinité, est pertinente pour penser l’anthropologie de l’humain, femme et homme: de même que la femme et l’homme sont un dans leur commune nature humaine au sein d’une différence, de même la Trinité est une dans leur commune nature divine et la différence des personnes.

Pour cela des conditions sont à remplir : penser d’une part la Trinité des personnes divines et d’autre part la relation homme-femme dans une parfaite égalité et ne pas penser Dieu comme un souverain masculin.

Car, si on  pense ainsi, nous avons une monarchie divine au ciel qui fonde la souveraineté du pouvoir d’un seul sur terre.  Nous avons l'idée aliénante  d’un tout puissant souverain du monde qui exige une servitude, une dépendance et qui fonde une souveraineté terrestre, religieuse, morale, patriarcale.

L’enjeu est aussi une question de crédibilité de la foi. Les fausses images d’un Dieu qui aliène l’homme dans sa liberté, ne peuvent qu’être rejetées par nos contemporains.

 

[1] J. MOLTMANN, Trinité et Royaume de Dieu, cerf, 1984, Collection Cogitatio fidei 123, page 249

 

 

 

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 21:52
Discours de Jésus à Nazareth, Lc 4/21-30 4ème dim TO

Evangile de Luc au chapitre 4 verset 21 à 30

Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : “Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire : “Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” » Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. » À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

 

« N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »

Il est important de sentir la nuance de mépris qu’il y a dans la réflexion des gens de son village : il n’est que le fils de Joseph.

Il y a dans cette réaction une impossibilité à reconnaitre le don qui est fait à Jésus. Et donc l’incapacité de recevoir ce qu’il leur partage de ce don. D’où vient cette incapacité ?

Dans cette synagogue, il y a ceux qui l’ont vu bébé, qui l’ont vu grandir, qui l’on vu charpentier. Il y en a aussi qui ont grandi avec lui, participé aux mêmes jeux : quelqu’un d’ordinaire comme eux. Et voici que celui-ci sort de l’ordinaire. Pourquoi tout cela lui est donné et pas à eux ?

Devant le don donné à quelqu’un, deux réactions sont possibles :

La première est la joie, se réjouir du don qui est fait à l’autre, d’autant plus qu’il nous le partage, ce don vient de lui mais, par lui, il nous est communiqué. Donc gratitude.

La deuxième est la jalousie. « Pourquoi lui et pas moi ? » On refuse alors et le donateur et le don. C’est la réaction des gens de son village.

Si vous avez vu le film Amedeus, c’est exactement de cela qu’il s’agit. Le musicien Salieri ne supporte pas que le don absolu de la musique ait été donné à Mozart. Au lieu de jouir de sa musique comme un cadeau du ciel, il cherchera à le tuer.

 

 

N’être que le fils de Joseph, c’est aussi le choix de Dieu. Jésus est le fils d’un homme ordinaire. Choix de l’Incarnation. Dieu n’a pas pris chair dans les sphères des puissants, des opulents, des gens connus qui font la une de l’Histoire.

(St Paul dira la même chose : « Ce qui dans le monde est sans naissance et que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi » 1ère lettre aux Corinthiens chapitre 1 verset 28.)

Ce choix nous concerne car il montre l’infinie dignité de chaque homme, chaque femme, simplement du fait de son humanité. C’est pourquoi personne ne doit être écrasé. Cet infini respect inauguré par le Christ est libération du mépris.

Cela nous invite à inventer d’autres types de relation entre nous et dans nos sociétés.

 

Il est ensuite important de comprendre les raisons de cette volonté de tuer Jésus. Pourquoi cela ? Parce que son message universaliste qui met en valeur des gens étrangers est un langage insupportable pour des esprits fermés, imbus de leur privilège religieux. Quand on prendra davantage conscience du caractère subversif des paroles de Jésus, un progrès aura été réalisé dans l’intelligence des Evangiles et dans son incarnation en nos vies.

 

« Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin. »

Aller son chemin, c’est ne pas se laisser détourner de ce qu’on croit juste, continuer malgré les oppositions. Contemplons la liberté de Jésus pour que sa liberté devienne la nôtre.

 

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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 11:26
Retrouver le ressort du courage : un livre de Cynthia Fleury

Dans un des livres de Cynthia Fleury, La fin du courage, vous trouverez une analyse pertinente de nos sociétés et de quoi fonder une éthique du courage comme vertu démocratique.

Voilà deux extraits qui vous donneront envie de le lire :

« …le courageux construit alors son agir, retrouve les quelques forces qui lui manquent et bâtit une espérance pour tous. Car le souci public est sans doute l’expérience profane de l’espérance. Certes, un versant concret, déjà une lueur, mais déjà en fait une providence. Le souci public est la preuve même que l’espérance n’est pas qu’une passion inapproprié, dont il il faut se dessaisir à l’instar de la crainte…

Hugo prêche pour l’efficace de l’espérance, son caractère éthique et non proprement utopique. Son caractère volontaire, car l’espérance est un signe sûr d’une volonté en marche, et c’est pour cette raison qu’elle est éthique. Car il n’y a pas de raison d’espérer. Les faits ne sont jamais cléments. Tout conspire contre l’espérance. Et le parrèsiaste [=celui qui parle vrai] prône l’espérance car il défend la souveraineté de l’homme sur lui-même. » (page 79)

« Si l’indignité nationale signe la mort de la nation-et le moment vichyste en est l’exemple classique-celle du courage atteste sa disparition. En ce sens, Vichy a nommé le lieu du peuple : la résistance. De nos jours, bien que les contextes ne soient pas comparables, les situations de capitulation demeurent. L’entrée en résistance est d’autant plus difficile que la capitulation revêt des apprêts recommandables. Notamment dans le monde du travail, devenu le lieu de l’érosion du moi et des structures collectives de résistances. Le lieu où chaque jour, s’organise la légitimation de la capitulation, et partant, des ordres formés par ces rationalités de la capitulation…Manquer de courage, c’est aussi ne pas organiser le refus collectif de cette attitude. » (page 129)

C.FLEURY, la fin du courage, Fayard, livre de poche, biblio essais, 2010,

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 23:10
Qu’est-ce que la méditation chrétienne ?

Je vais commencer par une réflexion que m’a partagé un jour une Sœur du Cénacle qui est philippine. Elle me disait, dans mon pays, les gens, s’ils veulent pour leurs enfants une bonne école, ils se tournent les chrétiens…s’ils veulent un bon hôpital, ils vont aussi chez les chrétiens. Mais s’ils ont le désir de méditer…ils vont chez les bouddhistes.

Cette réflexion m’a beaucoup fait réfléchir. Car il n’y a pas qu’aux Philippines. Regardez les rayons des librairies au rayon méditation : vous trouverez du zen, du bouddhisme, rien ou si peu ayant une coloration chrétienne. Comment expliquer cela ?

D’autant plus que ça existe la méditation chrétienne et que le christianisme a initié de nombreuses manières de méditer. Pour ne parler que de lui, au Centre spirituel du Cénacle de versailles,centre ne fait que cela. On passe nos journées à aider des gens à entrer dans l’expérience de la méditation !

Alors pourquoi cette méconnaissance?

D’une manière globale le christianisme a développé les traits suivants :

*religion de la morale et du faire. La dimension éthique est importante mais c’est une conséquence pas une source. Ce n’est pas l’âme du christianisme.

*religion du rite. Le rite est précieux mais là aussi c’est une conséquence pas une source et pas l’âme du christianisme.

*religion politique. Au sens que le christianisme après Constantin est devenue une religion officielle, une religion liée au politique et qui imposait un contrôle social à tous. Avec pour conséquence entre autre chose, que l’adhésion était collective, en se coulant dans le moule, alors que l’âme du christianisme est que l’adhésion nait d’une conviction personnelle.

 

Alors quelle est l’âme du christianisme ?

C’est ce qu’on voit dans les Evangiles : une rencontre personnelle avec Jésus qui fait devenir disciple et marcher avec lui. On voit que cette rencontre change les gens : cela change leur rapport à leur corps, à leur vie, ils apprennent à écouter, à regarder leur vie, les autres autrement. Cette transformation se fait en regardant et écoutant Jésus.

Tous leur sens sont réveillés. L’âme du christianisme, c’est une relation avec Jésus.

 

Mais le vivons-nous vraiment ? Comme la rose : un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout ? …Pourtant c’est là l’essentiel, et la méditation chrétienne est là pour passer du pas du tout au peu et ensuite au beaucoup et au passionnément. Comment faire ? 

 

Méditer c’est prendre du temps pour soi. Vous le valez bien dit la pub ! S’assoir, arrêter d’agir, s’extraire du regard des autres, respirer profondément, se détendre, goûter une solitude bénéfique

Méditer, c’est rencontrer Jésus l’ami de nos vies, celui à qui on peut tout confier, qui est l’oreille attentive, en fait notre lieu de parole ; et se rendre compte que le fait de lui parler peut déjà changer notre perception.

Méditer, c’est ouvrir un des Evangiles. Vous en choisissez un – je vous conseille celui de Marc- avec une seule chose à faire :

Regarder Jésus, ce qu’il fait, ne fait pas, ses actes. Ne vous creusez pas la tête, n’essayez pas d’avoir des idées, de réfléchir. Non soyez seulement là à côté de lui, comme un disciple qui regarde, heureux d’être là, « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ».

Ecoutez ce que dit Jésus, ses paroles. Pareil ne vous creusez pas la tête, n’essayez pas d’avoir des idées, de réfléchir. Non soyez seulement là à côté de lui, comme un disciple qui écoute, heureux d’être là.

 

Surtout ne vous cassez pas la tête à réfléchir ! Aller à la méditation non pas comme à un rendez-vous mais parce que c’est un rendez-vous avec un ami qui va vous écouter et que vous allez regarder et écouter. Comme au coin d’un feu avec un ami qu’on aime et qui nous aime ; un ami avec qui on a plaisir à lui parler et le regarder et l’écouter.

C’est tout ! Mais c’est cela qui peut faire que peu à peu, on a une relation au Christ qui va grandir, où il va devenir l’amour de nos vies. C’est ce regard contemplatif et cette écoute attentive qui va nous transformer de l’intérieur.

La méditation chrétienne c’est comme celui qui est sur la plage et se laisse brunir par le soleil. Il suffit de rester sans rien faire, sinon d’être là, de s’exposer au soleil de Dieu. A la mesure du temps passé à le regarder et à l’écouter, la vie, la beauté, la bonté qui est en lui passe en nous, à l’image de la transfusion sanguine.

 

La méditation chrétienne, c’est habiter sa vie, le monde car ils sont précieux pour Dieu et ont de la valeur à nos yeux.

C’est s’ouvrir à une présence bienveillante et aimante

C’est regarder et écouter sans chercher autre chose que d’être là près du Christ, sans rien faire que d’être là, mais être là, c’est ce qu’on peut faire.

A mesure qu’on donne du temps à regarder et écouter, on arrive à goûter intérieurement, cela a bon goût. Sentir la bonté de Jésus. On peut même arriver mentalement à faire un geste auprès de Jésus, à le toucher comme cette femme qui a touché son vêtement. Méditer donc avec les cinq sens.

 

La seule décision à prendre est de regarder son agenda, et mettre un créneau « méditation » comme on met d’autre rendez-vous. Peut-être si vous êtes débutant :

30 mn un jour par semaine. Ca peut être aussi pour d’autres 15mn par jour ou une autre formule. C’est à vous de voir ce qui est le plus réaliste en fonction de votre vie.

Alors oui, la méditation peut devenir un bonheur d’être !

 

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 21:29
Homélie de Sr Michèle: la bonne nouvelle, 3ème dim TO

.Evangile de Luc, chapitre 1 versets 1 à 4 et chapitre 4 versets 14 à 21.

[1] Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,[2] d'après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et serviteurs de la Parole,[3] j'ai décidé, moi aussi, après m'être informé exactement de tout depuis les origines d'en écrire pour toi l'exposé suivi, excellent Théophile,[4] pour que tu te rendes bien compte de la sûreté des enseignements que tu as reçus.

[14] Jésus retourna en Galilée, avec la puissance de l'Esprit, et une rumeur se répandit par toute la région à son sujet.[15] Il enseignait dans leurs synagogues, glorifié par tous.[16] Il vint à Nazara où il avait été élevé, entra, selon sa coutume le jour du sabbat, dans la synagogue, et se leva pour faire la lecture.[17] On lui remit le livre du prophète Isaïe et, déroulant le livre, il trouva le passage où il était écrit :[18] L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés,[19] proclamer une année de grâce du Seigneur.[20] Il replia le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous dans la synagogue tenaient les yeux fixés sur lui.[21] Alors il se mit à leur dire : "Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Ecriture."

 

Chacun de nous est Théophile, c’est à dire aimant Dieu et aimé de Dieu. On peut aimer de façon différente selon les étapes de notre vie spirituelle. On peut aimer en cherchant Dieu et d’une certaine manière nous sommes toujours en recherche, des chercheurs-euses de Dieu, en quête de Son visage, quête qui sera seulement comblée quand nous Le verrons face à face. Mais plus profondément encore nous sommes des Théophiles parce que Dieu, Lui, nous a trouvé-es, Il a mis Son image en nous et Il a fait de notre vie Sa demeure.

Il habite notre cœur, Il est chez Lui chez nous.

Notre contemplation, ce peut être une plus grande attention à ce mystère de la Présence de Dieu en nous. « Tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement…il s’est montré vivant après sa passion…pendant 40 jours, il leur est apparu et leur avait parlé du Royaume des Cieux » Quelques versets qui reprennent l’ensemble du mystère du Christ. Il y a dans la foi des alternances de lumières et de nuits. Nuit de Noël, enfouissement de Dieu dans l’humble quotidien de Nazareth. Lumière de ce qu’il a fait et enseigné qui est source de notre attachement au Christ, source de notre séduction. Nuit de la Passion, de la mort. Lumière de la Résurrection et pendant 40jours, cette lente sortie de la peur. Il en faut du temps pour croire que Dieu est plus fort que nos morts. Jésus, pendant 40 jours accompagne ceux qu’il aime pour les faire sortir de leurs tombeaux. Dans sa résurrection, c’est eux qu’il ressuscite ! Sa résurrection est pour nous et c’est la nôtre. Il les apprivoise peu à peu à la vie.

Enfin nuit d’une présence invisible quand, et c’est aujourd’hui, « il disparaît à leurs yeux ». C’est la situation qui est la nôtre. Notre contemplation, ce peut être d’accueillir ces nuits et ces lumières qui sont autant de manières de Dieu d’être présent à notre cœur.

 

Nous avons ensuite avec ce texte le projet de Jésus. Il veut que nos vies individuelles et nos sociétés soient restructurées selon les valeurs du cœur de Dieu. Que la volonté de Dieu se fasse sur terre comme elle se fait dans le ciel. Un projet qui demande notre collaboration. Il s’agit de chercher le royaume, d’entrer dans un chemin de transformation des cœurs et des sociétés. « Donner une Bonne Nouvelle aux pauvres…libérer les captifs…libérer ceux qui sont écrasés ». Pourquoi est-ce une Bonne Nouvelle ? Quel est le contenu de cette nouvelle, de cette nouveauté ? De cette libération ?

En quoi, c’est une contestation ?

Pour bien entendre ce texte, on peut le rapprocher d’un autre en Luc 6 /22-23 : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boîteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; et heureux celui pour qui je ne serai pas occasion de chute »

Jésus montre quel changement est déjà à l’œuvre. Il nous appelle et nous associe à Son œuvre pour qu’il y ait dans notre monde, moins de mensonge et plus de vérité ( guérison d’aveugle) ; plus de liberté pour que chacun-e puisse marcher librement ( boîteux) ; un accès à la santé le plus large possible ( lépreux) ; entendre que Dieu nous aime ( sourds) ; travailler à ce que la vie soit plus forte que tout , combattre toute injustice qui écrase les gens (résurrection). Jésus a commencé ce règne. Il a besoin de nous pour le continuer (Celui qui croit en moi, fera lui aussi les œuvres que je fais, il en fera même de plus grandes parce que je vais au Père (Jn 14/12).

Pour cela, il faut d’abord se mettre dans la foule de celles et ceux qui ont besoin de guérison : ce qui est aveugle, boiteux, lépreux, sourd en soi. Et se laisser guérir par le Christ. Alors, nous pourrons transmettre la vie reçue de Lui, autour de nous.

 

 

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 09:43
Premiers pas dans les Exercices Spirituels

Vous désirez vous lancer dans l'aventure des Exercices Spirituels mais vous n'avez jamais franchi le pas?

D'excellentes conditions vous sont offertes pour le faire par cette retraite d'initiation avec un accompagnement personnel et des temps en commun.

 

du Vendredi 12 fév 2016 au Dimanche 14 fév 2016

au Centre spirituel du Cénacle de Versailles

Animés par Sr Josiane Grimmer, rc

et Sr Marie-Paule Peyronnaud, rc

 

Plus d’infos et inscription : http://www.ndcenacle.org/rubrique?lieu=4&proposition=1191&id=24

 

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 15:19

La croix...ce n'est pas uniquement ce que vous croyez!

C’est le titre d’un spot pour présenter la nouvelle formule du journal

 

En attendant de faire une video du même style, voici :

La vie religieuse. Ce n’est pas uniquement ce que vous croyez !

 

Dans l'étonnement, beaucoup seraient de ...

on est habillé comme tout le monde et on s'achète nos fringues! ; on parle pendant les repas; on a des invités à notre table; chacune a sa chambre; on prends le train, le métro, le RER; on est sur facebook; on va au ciné; Et je pourrais encore préciser plein de choses, mais vous avez compris!

Bon, mais pas uniquement: ce que vous croyez et vous avez raison, on a une vie de prière, une vie communautaire, la passion que l'Evangile de liberté soit annoncé et vécu…

En savoir plus:http://www.ndcenacle.org

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 15:10

Témoignage de Cery, une réfugiée de Guinée. Elle nous raconte les raisons de sa fuite, son arrivée en France et comment se passe sa vie aujourd'hui en France, son pays d'accueil.

Cery a rencontré La Cimade sur son chemin qui l'a aidé.
 

 

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