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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 12:24
Méditons l'évangile de Marc: Face à Jésus, quelle réaction ? Mc8/11-33

Mc 8/11-33

Les pharisiens survinrent et se mirent à discuter avec Jésus ; pour le mettre à l’épreuve, ils cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel. Jésus soupira au plus profond de lui-même et dit : « Pourquoi cette génération cherche-t-elle un signe ? Amen, je vous le déclare : aucun signe ne sera donné à cette génération. »

 

Puis il les quitta, remonta en barque, et il partit vers l’autre rive.

Les disciples avaient oublié d’emporter des pains ; ils n’avaient qu’un seul pain avec eux dans la barque. Or Jésus leur faisait cette recommandation : « Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens et au levain d’Hérode ! » Mais ils discutaient entre eux sur ce manque de pains. Jésus s’en rend compte et leur dit : « Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pains ? Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le cœur endurci ? Vous avez des yeux et vous ne voyez pas, vous avez des oreilles et vous n’entendez pas ! Vous ne vous rappelez pas ? Quand j’ai rompu les cinq pains pour cinq mille personnes, combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux ? » Ils lui répondirent : « Douze.– Et quand j’en ai rompu sept pour quatre mille, combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux ? » Ils lui répondirent : « Sept. » Il leur disait : « Vous ne comprenez pas encore ? »

 

Jésus et ses disciples arrivent à Bethsaïde. Des gens lui amènent un aveugle et le supplient de le toucher. Jésus prit l’aveugle par la main et le conduisit hors du village. Il lui mit de la salive sur les yeux et lui imposa les mains. Il lui demandait : « Aperçois-tu quelque chose ? »

Levant les yeux, l’homme disait : « J’aperçois les gens : ils ressemblent à des arbres que je vois marcher. » Puis Jésus, de nouveau, imposa les mains sur les yeux de l’homme ; celui-ci se mit à voir normalement, il se trouva guéri, et il distinguait tout avec netteté. Jésus le renvoya dans sa maison en disant : « Ne rentre même pas dans le village. »

 

Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? » Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes. » Et lui les interrogeait : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ. » Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne. Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches.Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

 

 

Face à Jésus, quelle réaction ?

1-Il y a celle des pharisiens qui demande un signe.

A cette demande, Jésus répond par le refus. En Mt et Mc, il dira quel est le vrai signe mais ici nous avons seulement ce que cela provoque chez lui : un profond mouvement intérieur, il gémit ! C’est une notation unique de l’Evangile.

Elle est accompagnée par une mise en garde de Jésus. La réaction des pharisiens est du levain dont il faut se méfier

 

2- il y a la réaction des disciples

C’est celle de gens qui n’ont rien compris. La encore il nous est donné d’être témoin de ce qui habite son cœur : Colère ? Déception ? En tout cas, sa critique est forte : des yeux qui ne voient pas, des oreilles qui n’entendent pas, pas de mémoire, pas de compréhension

 

3- un long chemin

La guérison de cet aveugle est là pour nous monter que le chemin de la foi est long, il faut du temps pour entrer dans la nouveauté apporté par Jésus. Elle montre que ce n’est que peu à peu que les disciples parviendront à la lumière de qui est Jésus vraiment.

N’est-ce pas aussi notre chemin ?

 

4-Pierre : Quel Messie ?

Pierre semble avoir un début de lumière mais c’est une lumière tronquée. Il dit bien que Jésus est le Messie mais qu’entend-il par là ? Sa réaction en entendant Jésus parler de sa souffrance prochaine et de sa mort montre qu’il en est resté à un Messie qui va rétablir une royauté politique. La encore un chemin est nécessaire pour arriver à comprendre vraiment Jésus et son projet

 

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 20:51

Humilité – Humiliation…

Le pape François a parlé de l’humilité.

« Laisser de la place pour Dieu, se vider… » Joie et merci !

Par contre associer humilité et humiliation … Je suis perplexe.

L’humilité peut m’aider à subir les humiliations mais celles-ci m’ont conduite sur le chemin de la révolte… Humiliée, révoltée, agressive, j’ai rencontré un Bon Samaritain qui m’a fait confiance, qui chemine avec moi, en me disant parfois : « non, Alice, là, je ne te suis pas car… »

Maintenant, je peux dire : « Dans un climat d’amour, d’amitié mutuelle, de confiance mutuelle, il n’y a pas de ressenti, d’humiliation. Nous avançons vers l’autre, avec l’autre, tels, telles que nous sommes. Il n’est pas question de savoir si Dieu s’abaisse en venant vers moi ! »

Dieu-Amour, NOTRE Père-Mère, nous aime, scrute des yeux pour nous apercevoir de très loin, court vers nous, nous embrasse, nous relève, nous met debout et nous invite à la fête !

Dieu ne nous demande qu’une seule chose : lui faire confiance.

« Que Ton règne vienne ! » Comme je demandais ce que cela veut dire, j’ai reçu cette magnifique réponse : « C’est la rencontre avec le Seigneur. C’est dans un cœur dénudé qu’il peut trouver place. » Joie ! Emerveillement en recevant cette réponse qui m’a transformée !

Voir le visage du Seigneur en moi, en toute autre personne et maintenant, me jeter, avec confiance, à chaque instant dans ses bras. Voilà mon humilité, ma joie, ma Paix, mon Espérance et mon esprit de Miséricorde.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 13:55

Les 2 témoins...à écouter

https://www.youtube.com/watch?v=jfi4qKMcXKE

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 21:28
Retraite spirituelle: Dieu est une Bonne Nouvelle

 

Vous cherchez comment :

*Vivre Dieu comme une bonne nouvelle ?

*Se donner 7 jours à soi-même de repos et de paix

*Méditer une parole de liberté ?

Cette proposition est pour vous.

Vous y vivrez des moments

  • de relaxation,
  • d’écoute profonde de son cœur et la Parole,
  • d’accompagnement personnalisé

où ?

Centre spirituel du Cénacle de Versailles

Quand ?

Du samedi 20 juin 18h au dimanche 28 juin 9h

Animé par qui ?

Sr Michèle Jeunet, rc

Plus d’infos et inscription en ligne :

http://www.ndcenacle.org/rubrique?lieu=4&proposition=1026&id=24

 

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 20:27

Merci à Didier de m'avoir envoyé son texte et bonne visite sur son blog:

http://didierlevy98.blogspot.fr/

« Durant le sabbat, elles observèrent le repos selon le commandement ».

Au fil des célébrations de Pâques, vient celle où l’on prend conscience de ce que la chronologie pascale comporte une énigme : pourquoi donc Jésus n’est-il pas ressuscité dès son passage par la mort ? Il meurt et le sabbat commence, et avec lui ce temps de silence, ce temps comme suspendu qui s’étend jusqu’à la rupture du deuil du dimanche matin quand la Révélation est faite aux femmes venues au tombeau : «Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, mais il est ressuscité ».

Et si la réponse se profilait dans ces localisations répétées que les récits évangéliques donnent de la mort de Jésus par rapport au sabbat et à la préparation rituelle de ce dernier. L’indication fournie par Luc « Durant le sabbat, elles observèrent le repos selon le commandement » n’apparaîtrait pas alors pour factuelle - le Livre n’est au demeurant pas fait pour être factuel ! - mais comme un signe destiné à guider l’intelligence de la foi dans l’éphéméride de la Résurrection.

Ephéméride qui se lirait en privilégiant l’idée que l'achèvement sur la Croix du parcours messianique étant consommé, la transcendance a acté sa promesse du salut pour l'humanité en s’ajustant sur la règle d'observance du sabbat. En s’insérant dans la rythmique des jours qu’elle a enseignée au peuple de son élection, et en se fixant sur l’assignation faite au ‘’septième jour’’ de son statut spécifique - un statut qui débordant le seul sabbat, posera un élément essentiel de la représentation anthropologique partagée par les trois civilisations issues des monothéismes : la consécration collective d’un jour de la semaine libéré de l’assujettissement à la quête de ressources matérielles, un espace réservé à la rencontre et à l’intimité avec l’Esprit et, plus amplement, à tout ce procède de la conviction que « l’homme ne se nourrit pas que de pain ».

Le Christ expire et est mis au tombeau avant que le sabbat ne commence- ceux qui l'ont fait condamner s'étaient inutilement inquiétés auprès de Pilate que son corps pût rester attaché à la croix le jour du sabbat : il rend l’esprit à la sixième heure et l'obscurcissement du ciel, temps de sabbat avant le commencement du sabbat, dure jusqu'à la neuvième. Cette économie du temps de la mort du Messie qui s’ordonne par rapport au repos sabbatique, a pour parallèle la symbolique calendaire de la Résurrection qui renvoie le constat et la proclamation de ce que le Christ est ressuscité au dimanche, c'est à dire à la fois au matin de Pâques et au jour suivant le sabbat.

Lecture qui donne ainsi à entendre dans « le troisième jour il est ressuscité des morts » la conjonction d’un alignement allégorique sur la Pâque et du parti qui serait pris de se référer au moment de ce constat et de cette proclamation. Reste cependant ouverte à l’interrogation spirituelle, face à la contemplation du mystère, la possibilité se représenter que la victoire du Christ sur la mort prend place, dans une compréhension de la chronologie non pas historicisante mais soutenue par le questionnement du sens, lorsque commence la nuit qui suit la levée du sabbat.

Au demeurant, en situant la venue au sépulcre des deux Maries « alors que commençait à luire le premier jour », ce qui signifie le plus probablement à l’apparition de l’étoile du soir, autrement dit à l’inauguration d’un nouveau jour (le repère de l’étoile du soir prévalant sur l’aube), Mathieu étaye ou encourage cette interprétation.

Une interprétation qui s’accorde à la puissance du lien qui rend inséparables l’Ancienne et la Nouvelle Alliance. En ce qu’elle met dans toute sa lumière la dimension et la vocation de ce sabbat qui "a été donné aux hommes" pour être placé au cœur et comme à la charnière de la relation entre la transcendance et l’humanité.

Dimension qui s’illumine de ce que le dessein de Dieu dans l’accomplissement et la manifestation de la Résurrection épouse la temporalité que détermine et que règle la prescription du repos du 7 ème jour : car c’est bien d’un illumination dont il s’agit si la même suspension du temps ordinaire qui ouvre dans ce dernier l'intervalle ou le vide réservé à l’Esprit, vaut pour le déroulement des œuvres humaines et pour l’instant qui va enfermer l’impénétrabilité du fait inouï de la victoire du Messie sur la mort.

Instant que la transcendance a ainsi fait précéder de ce temps sabbatique, ce ‘’hors du temps‘’ dont dispose le travail de l’Esprit, comme s’il fallait que le monde en quelque sorte s’arrête et que son Créateur retienne son souffle avant que ne se produise la déflagration de la Résurrection annonciatrice pour chaque créature de la défaite de la mort et du salut.

Et pour faire mieux apparaître dans la chronologie pascale le passage du septième jour, dernier sabbat de l’Ancienne Alliance, au premier jour de la nouvelle séquence du projet de la transcendance, premier sabbat en devenir de la Nouvelle Alliance.

Demeure l’énigme dans l’énigme, ce « … est descendu aux enfers … » récité sans qu’on y prenne trop garde.

Cette descente aux enfers, par sa connotation hellénisante, a tout d’une formulation, ou d’une traduction, malheureuse : elle n’arrête pas la conception qui s’en forme au monde souterrain rendu par le mot hébreu shéol, mais renvoie l'imagination vers la représentation des enfers de la mythologie grecque - ce théâtre de légendes où siège le dieu des morts (dont le ‘’volage adorateur de mille objets divers’’ viendra ‘’déshonorer la couche’)’ et qu’habitent les héros fabuleux pour goûter aux « îles des Bienheureux » ou pour y recevoir leur châtiment ; des enfers auquel les défunts parviennent après que Charon les eut mis dans sa nacelle.

Pluriel dans un cas, singulier dans l’autre, ces ‘’enfers’’ qui contiennent tout le récit post testamentaire du samedi saint tendent à se confondre dans les représentations communes avec le lieu du châtiment éternel de Satan et des autres anges déchus ainsi que de tous les mortels morts sans s'être repentis de leurs péchés.

"Séjour des morts", en revanche, est moins susceptible de prêter à confusion et surtout s'accorde avec l'eschatologie chrétienne - sans lever en rien le mystère de la conformation et de la destination de ce séjour sensé être celui de l'attente.

Espace de l’attente ou figure proposée à notre intelligence de la foi ?

S’il s’agit d’une figure, elle serait projetée devant nous pour imager le passage, fût-il de l’ordre de l'instantanéité, de l'univers de la Création visible à l'Univers où la fin des temps est accomplie, et peut-être de toute éternité car le temps n’y a ni origine ni achèvement, de l'Univers dominé par la mort à l'Univers de la vie éternelle où la transcendance ne déploie aucun projet car tout projet est en elle pleinement et depuis toujours réalisé.

Un séjour des morts qui ne se situerait pas dans une chronologie du salut, qui ne constituerait pas un échelon ou un palier de cette chronologie, car la temporalité et les autres mesures qui bornent et ajustent notre monde, ou qui lui sont imparties pour en agencer ou en scander l‘existence, sont en tout étrangères, essentiellement nulles et non avenues, à la transcendance. Mais un espace des morts inclus dans l'unité qui est l'attribut de l'Etre, simple interstice par lequel s’opère la transition de la vie en humanité à l’incorporation des créatures humaines au règne du salut - un franchissement pour chaque créature et pour l’humanité entière dont l’ordonnancement est inconnaissable et inconcevable et dont l’espérance seule peut formuler la pensée, mais dont on présume qu’il a quelque chose à voir avec la belle formule d’Emmanuel Mounier évoquant ‘’l’insertion collective et cosmique de l’individu’’.

Dans cette vision de la résurrection universelle, l’espèce d’étape préalable qu’avait réservée le Christ ressuscité au séjour des morts apparaît comme une métaphore du passage entre les parallèles de la mort et de la vie, entre les parallèles de deux univers distincts ou disjoints mais appelés à se confondre - avec d’autres peut-être, insoupçonnés ou à peine entrevus - dans l’unité du Royaume qui serait la fin dernière. Une métaphore qui vient s'accorder à la mise en lumière de la puissance symbolique du sabbat que la transcription évangélique de l'histoire de la Révélation devait comporter et transmettre.

Didier Lévy

05 04 2015

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 11:51

Le 8 avril, nous étions quelques centaines, place de la République, à rendre hommage aux victimes de la tuerie de Garissa.

Des drapeaux du Kénya, un drap où étaient mis les noms des victimes connues, de la peinture pour dessiner sa main et mettre un lumignon, signes modestes pour dire son indignation contre es meurtres et son soutien au peuple du Kénya.

Une minute de silence puis le nom de chacun-e d’eux a été prononcé suivi à chaque fois d’applaudissement pour leur rendre hommage. Car la tuerie de Garissa, ce n’est pas un chiffre, ce sont des femmes, des hommes à qui on a volé leur vie.

Dans d’autres villes de France, dans d’autres lieux, de tels rassemblements ont eu lieu.

Mais le contraste est énorme entre le 11 janvier et le 8 avril.

Des chefs d’états africains étaient là le 11 janvier et aucuns chefs d’états occidentaux à Garissa !

Pire peut-être ces mêmes chefs d’états africains présents à Paris pour des français-es et aucun d’eux au Kénya pour des africain-es !

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 19:16
Invité-es: Katrin Agafia, Emmaüs ou la tendresse du Vivant

Evangile de Luc, chapitre 24

Le même jour, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.

Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. » Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux. Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? »

Déçus… Ils sont trop déçus… Ce Jésus de Nazareth devait délivrer Israël de l’occupant romain. Ils avaient mis leur espoir en Lui, et une fois de plus, comme souvent dans la vie, ils sont déçus. Tout est fini. La nuit de la séparation aurait donc le dernier mot. Et pourtant, le corps de Jésus a disparu. Ils osent à peine se l’avouer : et s’Il était vivant, ressuscité ? Si cette relation tissée avec cet homme pouvait perdurer comme un lien indestructible. Nous en avons tous rêvé. Mais pour ces deux-là, pas question de se laisser déborder, le risque serait trop grand de se sentir une nouvelle fois trahis, abandonnés. Il faut s’en tenir au monde visible, à la politique. Et ils se protègent tant, qu’ils sont « empêchés » de reconnaître cet inconnu qui marche à leur côté. Tout ce chemin n’aura alors qu’un but pour le Christ : rendre Cléophas et son ami aussi vivants que Lui.

Il s’agit dans un premier temps de recréer ce lien perdu. Pour cela, Jésus entreprend d’expliquer les écritures non pour toucher leur raison, mais bien pour faire renaître leur relation. Alors, les souvenirs ressurgissent comme autant de lumières dans la nuit. Tout prend sens. L’intensité de Sa parole a brûlé leur cœur, reconnaîtront-ils plus tard… au point de réveiller en eux ce qui était éteint par la peur, par la mort : la promesse d’une espérance. Ainsi, comme le dit Christian Bobin, « Le Christ a trouvé par sa parole quelque chose qui tenait devant la mort. En face de l’intensité de ses propos, la mort a rougi, baissé les yeux de pudeur. Elle a trouvé son maître ». Peu à peu, un lien vacillant se dessine, où peut naître la confiance.

Et pourtant, voilà que Jésus s’éloigne, feignant de poursuivre sa route sans eux. Nouvelle déception, nouvel abandon. C’est insupportable... « Reste avec nous, le jour tombe déjà ! » Alors Jésus reste avec eux, silencieux. Et, par sa présence, ils font l’expérience d’un amour cohérent, qui apaise leur appréhension.

Leur relation en sort grandie. Elle s’épanouit naturellement dans l’échange, le partage du pain. A cet instant, à ce geste, une porte s’ouvre et laisse place au Mystère: Jésus est le Vivant et au-delà du visible, Il étreint le monde de Sa présence. Nous connaissons tous les paroles de ce psaume : « Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton et ta canne me protège » psaume 23, verset 4. Nous aussi, nous marchons parfois, comme les disciples d’Emmaüs, dans une vallée bien sombre, parfois complètement dévastée. Mais le Christ est avec nous, jusqu’en ce lieu. Par la croix, Il est descendu au plus profond de la détresse. En rétablissant le lien avec ses deux amis, Il les tire vers la vie, Il les tient en vie. C’est cela l’expérience de la résurrection : une intime relation avec le Vivant, qui se révèle dans les choses simples du présent et nous arrache à l’angoisse, au désespoir, à la mort. La foi est alors de l’ordre de l’audace : celle de saisir dans le bâton, dans la canne que Dieu nous tend, toute la tendresse du Vivant.

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 23:08
Belle fête de Pâques

A toutes et à tous belle fête de Pâques avec ces femmes apôtres de la Résurrection

 

Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l'autre Marie vinrent visiter le sépulcre. Et voilà qu'il se fit un grand tremblement de terre : l'Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s'assit. Il avait l'aspect de l'éclair, et sa robe était blanche comme neige. A sa vue, les gardes tressaillirent d'effroi et devinrent comme morts.

Mais l'ange prit la parole et dit aux femmes : "Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié. Il n'est pas ici, car il est ressuscité comme il l'avait dit. Venez voir le lieu où il gisait,

et vite allez dire à ses disciples : Il est ressuscité d'entre les morts, et voilà qu'il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez. Voilà, je vous l'ai dit." Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre : "Je vous salue", dit-il. Et elles de s'approcher et d'étreindre ses pieds en se prosternant devant lui. Alors Jésus leur dit : "Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu'ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront."

Mt 28/1-10

Regardons ces deux femmes unies dans la douleur. Celui qu’elles aiment est mort. Celui qui savait aimer comme personne n’a jamais aimé, n’est plus. Celui en qui elles avaient mis tant d’espoir de libération est dans un tombeau.

Regardons l’ange qui roule la pierre et s’assoit dessus. Le tombeau n’est plus fermé, il s’ouvre à la lumière du jour, signe déjà que de l’inouï peut survenir.

Ecoutons le discours de l’ange. Il nous dit de ne pas craindre. Il reconnaît en nous ce qui habite notre cœur, la recherche du Christ. Il annonce la vie plus forte que la mort. Il indique où trouver Jésus : en Galilée, là où Il nous précède. En Galilée seulement ? Non, pas seulement, car dès maintenant aussi, dans l’écoute de la mission reçue, ces femmes Le rencontrent. Aimer Jésus, c’est Le découvrir en toutes mes activités faites pour Lui, selon Son esprit, en cohérence avec Son royaume.

Ecoutons la parole de Jésus : « Je vous salue » C’est la même que celle adressée à Marie à l’Annonciation. Parole pour une autre naissance, celle de Dieu au plus profond de nous. Je vous salue est un mot intraduisible en français, il dit à la fois salut, joie et grâce. En le disant à ces femmes, c’est à chacun-e de nous qu’il le dit.

Pour quelle naissance en nous ?

Ecoutons « Ne craignez pas, allez annoncer à mes frères ». Jésus les institue apôtres de sa résurrection.

Il nous institue apôtres !

 

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 16:56
Du fermé à l'ouvert: le tombeau vide Jn 20/1-9

Jn 20/1-9

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensembles, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

 

Le tombeau était scellé. La mort semblait triompher. C’était à la fois la personne de Jésus mais aussi son message, le Royaume dont il témoignait qui étaient enterrés. Un Royaume qu’il avait commencé à instaurer par ses paroles et ses actes. Royaume de respect de toutes et tous sans discrimination. Royaume de frères et sœurs dans l’égalité. Royaume de justice, de pardon, de partage. Royaume de joie. C’est tout cela qui se trouvait enfermé dans la nuit du tombeau. Et l’inouï se produit : la tombe est ouverte et vide. Où est-il ? La vie a triomphé de la mort. Dieu a ouvert ce qui était fermé. Et cette ouverture est pour nous le gage de la victoire sur tout ce qui nous enferme, de tout ce qui est mortifère : Dieu est de notre côté dans l’Ouvert. Et c’est depuis toujours que Dieu a pris le parti de l’Ouvert : Créer, recréer, ressusciter, c’est ouvrir. Prendrons-nous le même parti ? Pour cela, une vraie conversion est nécessaire : la résurrection du Christ n’est pas quelque chose à croire comme on récite une formule, c’est quelque chose à vivre. Vivre ce que l’on croit, c’est répondre à un appel à vivre autrement. La foi est un engagement, une prise de position, un combat pour faire gagner la vie, pour faire gagner le royaume de respect d’égalité, de partage de justice inauguré par Jésus. C’est vivre dans l’ouvert. Un des drames de l’histoire de l’Eglise, c’est de n’avoir pas su assez tiré les conséquences politiques et sociales de la résurrection. La résurrection donne raison à Jésus, donne raison à ce qu’il a fait contre ceux qui l’ont crucifié au nom de fausses conceptions de Dieu, et parce que Jésus remettait en cause l’utilisation religieuse du pouvoir et voulait un royaume de justice. Au lieu d’en faire un formidable levier de résistance à l’injustice, elle a souvent servi à n’être qu’un article de foi qui renvoyait la justice à la vie après la mort, ne contestait aucun pouvoir, confortait une résignation. L’impossibilité d’une lecture sociale et politique de la résurrection s’explique par la résistance au changement mais aussi au fait qu’on vivait dans un monde qui semblait immobile : entre naissance et mort d’une personne, rien n’avait changé. Aujourd’hui, dans nos sociétés, entre sa naissance et sa mort une personne a pu voir et vivre de profonds bouleversements. C’est pourquoi, la lecture sociale de la résurrection a plus de chance aujourd’hui d’être reçue. La résurrection est bien l’espérance que nos vies sont faites pour l’éternité, que rien n’est jamais perdu pour Dieu, jamais fini pour Dieu mais elle est aussi la certitude que Dieu ne se résigne pas à l’injustice, qu’il la combat à côté de ceux qui la subissent et la combattent. Comment faire pour que l’orthodoxie d’un énoncé de foi ne reste pas inopérante dans nos vies et nos sociétés ?

« Il vit et il cru ». Qui y-a-t-il à voir et croire ? Hier et aujourd’hui ?

Voir le Christ humilié et crucifié en tout personne humaine qui souffre, dans toutes les déshumanisations de notre monde Voir la résurrection à l’œuvre en tout lieu, en toute action, en toute personne, en tout ce qui humanise notre monde. Croire en la résurrection, c’est croire sortir de ce qui est fermé pour ouvrir les chemins du possible.

 

J'ai écrit cet article pour le numéro 3628 de la lettre de Témoignage chrétien du 2 avril 2015

 

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 15:12

 

Semaine Sainte :

avec celles et ceux qui sont dans la nuit de la souffrance.

 

Avec celles et ceux…avec les familles et proches des victimes du crash A 320, hurlement de douleurs…avec celles et ceux  qui crient leur révolte  devant la lapidation de femmes…avec les persécuté-es pour leur foi ou leur non-foi…avec les enfants maltraités…avec les femmes humiliées, violées, tuées…avec tous humains qui subissent la violence et l’injustice…avec celles et ceux qui sont dans la nuit de la foi, la nuit de l’espérance, la nuit de l’amour…

La liste est longue et sans fin.

 

Entrer dans la semaine sainte avec elles, avec eux, avec ma nuit, avec la leur.

Dieu crie aussi de douleur avec elles, avec eux, avec nous.

Il est là avec nous, non seulement un jour du temps quand il a hurlé de douleur sur la croix.

Mais aussi, de tout temps, il crie sa douleur pour tout ce qui dans ce monde pourtant si beau, est défiguré par l’injustice ou par l’absurde.

Il est là avec nous, sans mot, mais il est là.

Il nous prend la main, il nous prend dans ses bras pour que de la douleur puisse naitre peu à peu une détermination, une force pour combattre, une force pour vivre et faire vivre.

 

Mais pour cela, arrêtons de dire que la mort du Christ sur la croix est la volonté de Dieu comme condition du pardon !

Le Christ est mort parce que sa vie, ses paroles, ses actions étaient intolérables à ceux qui font de la religion leur fond de commerce et la justification de leur pouvoir.

Le Christ est celui à qui tous les bourreaux font violence.

La miséricorde qui est Dieu n’a besoin d’aucune souffrance ni d’aucune croix pour être remuée aux entrailles devant nos égarements.

 

En regardant la croix du Christ,

je vois Dieu qui a crié de douleur et qui continue de crier,

je vois Dieu qui étend les bras pour nous relever, nous guérir, nous pousser à lutter contre toute injustice et toute absurdité.

 

 

 

 

Semaine Sainte : avec celles et ceux qui sont dans la nuit de la souffrance.

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Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans Homélies de Soeur Michèle
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