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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 14:20
Invité-es: Rita Amabili, « Ailleurs », c’est l’affaire de tous.

 Heureuse d’accueillir Rita Amabili sur mon blog.

 

Rita Amabili
auteure, théologienne et conférencière
Tél.: (450) 813-7624

http://www.ritaaamabili.com/

 

Née à Montréal le 15 décembre 1954, Rita Amabili-Rivet est un écrivain canadien.

Elle travaille en milieu hospitalier durant une quinzaine d’années à titre d’assistante-infirmière-chef.

En 1980, elle suit des cours d'accompagnement en fin de vie ce qui la guide comme infirmière, et pour le reste de sa vie comme être humain "accompagnante de l'autre"

Depuis le début des années 1990, elle étudie la théologie tout en menant une carrière d’auteur, d’animatrice de radio (1995-2000) et de conférencière.

Elle obtient une maîtrise en théologie et travaille à la vulgarisation des textes bibliques et de l'ensemble du message chrétien.

Pour elle, la théologie féministe est un moyen de contrer toute forme d'exclusion.

La solidarité et la chaîne humaine universelle sont les thèmes de base sur laquelle repose son œuvre. Elle trouve son inspiration dans sa famille composée de son compagnon et de ses trois enfants.

Elle écrit sur les enfants du monde et consacre plusieurs textes et histoires aux enfants vivant dans des pays en guerre, ou victimes de conflits.

http://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/Rita%20Amabili-Rivet/fr-fr/

 

« Ailleurs », c’est l’affaire de tous.

C’est ainsi que se termine l’article de madame Chantal Guy publié dans La Presse. L’éditorial Le déficit de la paix [1] rappelle les conséquences concrètes des catastrophes humanitaires de la planète : plus de 50 millions de personnes déplacées sur terre présentement.

Ces dernières semaines, en jetant un coup d’œil à ma fenêtre le matin, ou en prenant un café, je spécule sur ces êtres humains déportés, sans domicile, comptés pour rien, dépourvus d’un avenir qui en vaille la peine. Nous prenons parfois pour acquis les merveilles de notre quotidien : les enfants qui dérangent notre calme, le téléphone qui n’arrête pas de sonner, et notre horaire surchargé qui nous laisse trop souvent pantelant mais en vie!

En vie comme lorsque s’empilent dans les différents casiers de notre crâne, les idées géniales ou non, sur d’innombrables sujets qui changent notre propre petit monde. En vie comme quand nous avalons mécaniquement une pilule quotidienne, que nous nous faisons notre injection journalière ou que nous prenons notre inhalation du matin, sachant fort bien qu’eux ne peuvent pas continuer leur vie à l’aide des avancées médicales mais qu’ils la perdent un peu à chaque jour, pris dans le marasme d’un conflit de grands, de si Grands qu’ils ne peuvent apercevoir le peuple écarté de la vie tandis qu’ils penchent un peu la tête pour approuver un autre combat.

Lors du conflit dans les Balkans dans les années 90, j’ai vu dans La Presse, une photo d’une jeune femme déportée avec son enfant dans les bras. Elle avançait au milieu de son peuple, groupe harassé et sans nom. Pour elle, j’ai créé SÉBAHATA, que mon fils Raffaelle a mis en musique et qu’il chante avec sa sœur Eva.

Je vous l’offre avec plaisir en hommage à tous les peuples privés d’une existence… ordinaire…

 

 

Sebahata, sur la photo tu sembles désespérée

Tu n'as pas pris part aux parlementions d'avant guerre

Car tu t'occupais à donner le sein à ton nouveau-né

Très mal appuyée comme des milliers d'autres aux pierres

 

Sebahata connais-tu une berceuse pour ton enfant

Qui raconte que les hommes du prochain millénaire

N'auront plus à effacer que les terribles frontières

Qui empêchent l'amour du monde et font hurler les printemps

 

Sebahata, tes longs cheveux sont sales et tes mains abîmées

A peine survivante, sans gémissement sans larme

Tu t'accroches de toute ton âme à ce petit bébé

Qui demain continuera ton peuple meurtri par les armes

 

Sebahata connais-tu une berceuse pour ton enfant

Qui raconte que les hommes du prochain millénaire

N'auront plus à effacer que les terribles frontières

Qui empêchent l'amour du monde et font hurler les printemps

 

Tu dormiras à la belle étoile, réfugiée sans nom

Ombre perdue parmi ceux que l'on veut effacer.

Dans ta mémoire, tu portes celui que l'on a tué

Et qui hier encore murmurait ton prénom

 

Sebahata connais-tu une berceuse pour ton enfant

Qui raconte que les hommes du prochain millénaire

N'auront plus à effacer que les terribles frontières

Qui empêchent l'amour du monde et font hurler les printemps

 

Sebahata, de mon pays s'ouvrent mille bras

Pour porter à tous les tiens l'espoir à la goutte

De si loin bien sûr nous pouvons faire la route

Qui relie ensemble tous les humains à la fois

 

Sebahata connais-tu une berceuse pour ton enfant

Qui raconte que les hommes du prochain millénaire

Feront tous chaîne humaine pour remplacer les frontières

Finalement par l'amour du monde par cent mille printemps

 

 

Sébahata

 

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 13:42
Jésus: une triple libération

S’exercer à l’étonnement. Après la gratitude, une autre attitude spirituelle : l’étonnement.

Ne pas s’habituer à l’inouï de notre foi chrétienne

Approfondir combien cette foi est étonnante, originale.

Approfondir cette foi pour mieux en vivre.

Mieux en vivre, pour vivre mieux, puisque c’est une bonne nouvelle pour notre vie.

« Commencement de la bonne nouvelle » Evangile de Marc 1/1

« Jésus proclamait la bonne nouvelle venue de Dieu » Mc 1/14

« Convertissez-vous et croyez en la bonne nouvelle » Mc 1/15

En 15 versets du début de Marc, 3 fois « bonne nouvelle ».

Nouveauté et bonté.

La conversion a opéré n’est pas d’abord morale mais changement de conception de Dieu : quittez vos images fausses et mauvaises pour vous, pour s’ouvrir à du neuf :

Ce neuf, c’est possible de le dire ainsi

-Dieu personnel

-Dieu d’amour qui nous propose son amitié

-Dieu qui se donne gratuitement

-Dieu dont la seule volonté, ce qu’il veut, c’est que nous vivions, que nous ayons la vie en abondance.

Si on se convertit, si on croit à cette bonne nouvelle, notre vie peu à peu va être libérée.

Comme les Hébreux, on va passer de l’esclavage de l’Egypte à la terre promise, on va vivre 3 libérations

Libération des fausses images de Dieu

Libération des fausses images de soi-même

Libération des fausses images des autres

 

  1.            Croire à la Bonne Nouvelle me libère de fausses images de Dieu qui peuvent empoisonner la vie.

 

C’est très important de prendre conscience des fausses images que nous faisons de Dieu, des représentations qui proviennent de notre imaginaire, qui n’ont rien à voir avec la réalité, l’Ancien Testament appelle cela des idoles et nous en avons tous.

Je vais donner quelques exemples pour bien me faire comprendre :

Le dieu qui se cache au coin de la rue pour me prendre en flagrant délit de faute ;

le dieu voyeur à qui rien n’échappe pour mieux m’accuser ;

le dieu fatalité qui a écrit sur son grand livre ce que je dois faire, sinon ce sera le malheur pour moi ;

le dieu paratonnerre, qui moyennant quelques sacrifices, me protégera des souffrances de la vie ;

le dieu puissant qui impose sa loi de fer etc…

 

On peut allonger la liste, les exemples donnés sont des caricatures, mais nous n’en sommes pas indemnes et elles peuvent s’insinuer en nous sans qu’on y prenne garde.

Le Christ guérit peu à peu de ces fausses images. Peu à peu car on est lent à se laisser convertir, à quitter nos fausses représentations.

Il nous faut beaucoup de temps et surtout il nous faut longuement regarder ce vrai visage de Dieu qui se donne à voir dans la fragilité de l’enfant de Noël, dans la charité, le respect, la liberté, la miséricorde de cet homme Jésus, le vrai visage de Dieu qui se dit par la croix : Dieu souffrant, et aimant jusqu’au bout. 

L’Eternel qui est Dieu entre dans notre histoire en se faisant petit enfant et connaît la souffrance et la mort de la croix comme nous.

C’est une révolution de l’image de Dieu, c’est une subversion, une contestation radicale de nos images spontanées, de nos fausses images. Les premiers chrétiens étaient considérés par leurs contemporains, gens très religieux, comme athées, par ce que leur foi ne correspondait pas du tout à l’idée commune de Dieu.

 

Jésus, un enfant qui ne sait pas encore parler et qui pourtant nous dit simplement par ce qu’il est : « je ne suis pas ce que vous croyez, regardez-moi et vous saurez qui est vraiment Dieu. »

 

Dieu qui nous aime le premier, qui nous rejoint dans notre histoire, qui se fait petit, vulnérable, à la merci de tous, ayant besoin de tous, qu’on peut prendre dans ses mains, dont on peur faire n’importe quoi, fragile.

Et Noël n’est que le début du dévoilement du vrai visage de Dieu.

Un jour, Jésus dira : « Qui me voit, voit le Père »

Pour être cohérent, il faut aller jusqu’à dire : Dieu a voulu vivre cela.

Pour quelle raison ?

1- Voilà ce que je suis, croyez ce que je vous dis de moi et renoncez à vos fausses images

2-Donc chassez toute crainte, allez à ma rencontre en toute confiance et en toute joie.

On peut relire les 4 Evangiles avec cette clé de lecture :

En Jésus on découvre Dieu à l’écoute des gens, Dieu proche de tous, Dieu qui propose, qui appelle, qui suscite la liberté, et jamais ne s’impose, Dieu qui pardonne, Dieu qui guérit.

 

La prière à faire pour chacun de nous, la demande à faire à Dieu : « Dis-moi mon Dieu quel amour de moi a pu te conduire à cette fragilité, cette vulnérabilité ?  Guéris les fausses images que je peux encore me faire qui sont des poisons pour ma vie et une offense à ton vrai visage. »

 

  1.            Croire à la Bonne Nouvelle me libère des fausses images de moi-même

Je ne sais pas quel est le plus inouï, cette 2ème affirmation ou la 1ère. En tout cas les 2 sont liées.

Par sa venue en notre chair, sa naissance, sa vie, sa mort, sa résurrection, tout cela POUR MOI, Dieu m’apprend que je suis infiniment aimable et viens me libérer des fausses images que nous avons de nous-même.

Puisque qu’il s’est dérangé pour moi, qu’il a fait tout le chemin pour me rejoindre.

Pour moi, pour toutes, pour tous, pour chacun-e.

Infiniment aimable, Dieu vient nous le dire, et nous demande de le croire, de renoncer à nos mauvaises images de nous-même, à nos mésestimes de nous-mêmes, à nos duretés envers nous-mêmes, à nos mépris de nous-même.

Notre vie a une infinie valeur car la vie humaine qui est la nôtre à chacun-e a été épousée par Dieu, elle a donc valeur divine.

Alors ma vie est définitivement sauvée, puisque Dieu l’a assumée. Dieu est définitivement solidaire de nos vies comme une alliance que rien ne peut briser.

Dieu pour nous et pour l’éternité.

 

On peut avoir tendance, pour trouver Dieu, à vouloir s’évader de notre vie, de l’humain. En perspective chrétienne, depuis l’incarnation, ce n’est pas possible.

« Où veux-tu aller loin de toi-même, alors que j’ai fait tout le chemin pour te rejoindre au cœur de ton humanité et de ta vie ? »

Déjà, du fait que nous sommes crées par Dieu à son image, cela doit nous inciter à un accueil de notre humanité comme un don, sinon quelque part, c’est faire injure au créateur.

Et en plus avec l’incarnation, nous pouvons vivre notre vie en communion avec son humanité.

Vivre, manger, dormir, se reposer, agir, sont devenus des actes du Dieu fait homme et pour nous des actes qui ont acquis valeur d’infini qui nous unissent à Dieu.

 

  1.            Croire à la bonne nouvelle me libère des fausses images des autres

C’est la conséquence des 2 premières libérations.

Etre libéré-e des fausses images de Dieu et de soi-même, fait entrer dans un chemin de pacification et d’unification intérieure.

Si je me vis comme aimé-e de Dieu qui m’ouvre ainsi un chemin de confiance en lui et en moi, si mon assurance est en Dieu qui me donne une dignité qui me vient de lui…

Je découvre que ce don est pour toutes, pour tous, pour chacun-e.

L’autre est aimé-e, l’autre a dignité infini, l’autre est visage de Dieu.

L’autre…comme moi.

L’autre ne peut plus être considéré-e comme un ennemi.

Je ne peux pas m’en servir comme d’un esclave, il a dignité de fils ou fille comme moi.

La foi chrétienne si elle va au bout de sa logique est contestation radicale de tout racisme et de tout sexisme.

Enfin, l’autre devient le Christ, puisque, comme Jésus le dit lui-même :

« A chaque fois que vous l’avez fait, c’est à moi que vous l’avez fait » Mt 25/40

 

 

 

 

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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 11:12

 

 Pierre est à l’évier. J’attends derrière lui car j’ai quelque chose à mettre à la poubelle. J’attends… Puis je me retrouve à l’évier et Pierre attend derrière moi. Nous répétons ce petit duo 3 ou 4 fois, toujours silencieusement, calmement. Notre fille s’est alors exclamée : « C’est incroyable, vous attendez sans rien dire. Chez moi, il y a longtemps que j’aurai entendu crier ! » Pierre et moi avons alors pris conscience du fonctionnement d’égalité qui nous paraît aujourd’hui si naturel.

Et notre fille d’ajouter : « Vous êtes, à ma connaissance, le 1er couple démocratique ! » Surprise et joie !

 

« Donner généreusement ma vie à Dieu. »

Mon mari et moi venons de deux arrière-plans similaires : monde paysan catholique, pensionnaires dans un établissement privé. Notre idéal était de « donner généreusement ma vie à Dieu ». De ce fait, il pensait à la prêtrise et moi à la vie religieuse mais il a renoncé et moi, j'ai dû y renoncer car « je tombe trop facilement amoureuse ». Cela a été un moment très déboussolant. Comment donner alors généreusement sa vie à Dieu ?

Mais j’ai rencontré Pierre. Pour notre mariage, (il y a 38 ans), nous voulions une cérémonie qui ait du sens. Nous avons choisi deux textes qui traduisaient l’importance de notre engagement envers Dieu et envers les autres. Le premier, « Tu protégeras la veuve et l’orphelin », et puis la parabole du Jugement dernier : « Tout ce que vous avez fait aux plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25,40) Durant cette cérémonie, nous proclamions notre vocation missionnaire en nous engageant ensemble dans ce monde du travail, associatif, syndical et politique.

Un texte de Roger Garaudy nous a aussi accompagnés dans ce jour fondateur : « L’amour commence lorsque l’on préfère l’autre à soi-même. » (lien hypertexte). Nous lisons et relisons ce texte le souvenir de cette journée, de ce temps fort reste ancré en nous.

 

Une vie de couple basée sur le respect.

Nous nous étions promis le respect. Ce fut pour moi un apprentissage : ne pas commander l’autre, ne pas vouloir changer l’autre, lui laisser son jardin secret, accepter de ne pas connaître tout son passé. Pierre avait 40 ans et moi 33. Le début de la vie de couple est aussi très important parce qu’il oriente, sans qu’on s’en rende compte, la suite de la relation. Lorsque j’ai commencé à laver la vaisselle, Pierre a pris un torchon. Je n’ai rien dit. Beaucoup plus tard, j’ai réalisé que si j’avais dit : « Laisse, Pierre, je vais le faire », ce geste, il ne l’aurait plus jamais fait !

 

Un amour tourné vers l’extérieur, vers les autres.

L’amour est respect, mais il va même plus loin, « l’amour commence lorsqu’on préfère l’autre à soi-même ». Nous nous sommes engagés dans le monde. Et nos deux enfants nous ont aussi appris à être disponibles aux autres. Les enfants sont exigeants, nous sollicitent… Ils sont devenus jeunes adultes et il nous faut apprendre à respecter leurs choix et les assurer de notre accueil, de notre soutien, de notre amour quoiqu’ils/elles fassent, et savoir leur montrer notre fierté. Nous sommes fiers de nos enfants.

 

« J’arrive à lui faire faire tout ce qu’il veut. »

Un groupe d’amis projetait une sortie et ils m’ont demandé : « Alice, allez-vous venir tous les deux ? » J’ai répondu que je ne savais pas, qu’il fallait que je demande à Pierre ce qu’il en pensait. Surprise ! J’ai alors compris que ce groupe pensait que « je portais la culotte ». Alors, je leur ai dit : « Oui, j’arrive à lui faire faire tout ce qu’il veut ! » Ce que Pierre a repris évidemment : « J’arrive à lui faire faire tout ce qu’elle veut ! » Blague que nous aimons et qui indique le respect mutuel que nous voulons vivre et incarner.

 

Accepter les différences.

Nos caractères sont différents et nos avis sont différents. Nous ne sommes pas toujours d’accord mais nous discutons et dialoguons, sans chercher à convaincre l’autre. Cela nous permet de formuler les raisons de notre point de vue. Très vite j’ai dit : « Pierre ferme tout et moi j’ouvre constamment ! Cela agace l’un et l’autre ! » Nous avons appris à accepter cette situation qui perdure. Nous sommes différents et nous ne nous sentons pas obligés de faire telle activité parce que l’autre la fait. En ce moment, je suis « toujours partie » et Pierre aime bien être à la maison.

 

Avancer dans la confiance et la vérité.

Je tombe trop facilement amoureuse, m’avait-on dit ! Une fois mariée, cela a encore été vrai. Questionnements, souffrances… J’en parlais alors à Pierre. Il savait que j’étais à nouveau amoureuse, bien avant que j’en prenne conscience ! Mais forte de sa confiance, forte de son amour dépossédé, je pouvais alors renouveler le choix de vivre et d’aimer mon mari. Je peux en parler en tout bien, tout honneur. Nous avons eu toujours la chance de pouvoir nous dire les choses.

 

Porter la souffrance ensemble.

Nous avons vécu des temps difficiles au sein de notre Église quand les baptêmes de nos enfants ont été refusés, dans l’église paroissiale, car Pierre avait été candidat avec l'étiquette PS. Finalement, ils ont été baptisés « en exil » et nous avons appris à distinguer foi et religion. Nous continuons toujours à croire au Christ, en sa bonne nouvelle de l’Évangile et en notre vocation vécue au cœur de ce monde.

 

Comment peut-on parler des « liens du mariage », « liens indissolubles » ?

Notre mariage n’est pas un lien. Je ne suis pas enchaînée. Je suis devenue une femme libre, libérée. Je suis si heureuse parce que j’ai le sentiment d’une liberté fortement ancrée en moi. Dans nos engagements de couple, nous avons appris à être solidaires et à nous entraider. Nous avons appris l’importance de l’union pour avancer ensemble.

Notre amour est émerveillement et remerciement. Cet amour m'a comblée au-delà de toute espérance. Et j'ai pris conscience, il y a peu de temps, qu'en fait j'avais vécu selon mon idéal de jeunesse : donner généralement ma vie à Dieu en vivant, en aimant.

 

Alice Damay-Gouin (avec la collaboration de Marie-Noëlle Yoder, pour son site : roulerensemble.com)

 

« L’amour commence lorsqu’on préfère l’autre à soi-même, lorsqu’on accepte sa différence et son imprescriptible liberté. Accepter que l’autre soit habité par d’autres présences que la nôtre, n’avoir pas la prétention de répondre à tous ses besoins, à toutes ses attentes, ce n’est pas se résigner à l’infidélité à notre égard, c’est vouloir, comme la plus haute preuve d’amour, que l’autre soit d’abord fidèle à lui-même. Même si cela est souffrance pour nous, c’est une souffrance féconde parce qu’elle nous oblige à nous déprendre de nous-même, à vivre intensément cette dépossession enrichissante. Dans la plus amoureuse étreinte, c’est un être libre que nous étreignons, avec tous ses possibles, même ceux qui nous échappent. » Roger Garaudy, Parole d’homme

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 11:36
Dieu m'aime tel-le que je suis.

Comment rencontrer Dieu ?

Ce qui vient spontanément à l'esprit ce peut être :

dans sa parole, dans l’oraison, dans les sacrements, dans les autres, dans la création…

Et on oublie un autre lieu d’accès à Dieu qui est soi-même.

Un des lieux d’accès à Dieu, c’est moi-même. Une des portes, c’est d’abord soi-même. Pour que vous ne pensiez pas que je suis dans la totale hérésie, je vais vous citez 1 texte biblique fondamental : Gn 1/27 « Dieu créa l’Homme à son image à l’image de Dieu, il les créa, homme et femme il les créa »

Une sculpture de la cathédrale de Chartres montre le Christ créant Adam et le visage d’Adam ressemble à celui du Christ : le modèle, le prototype, c’est le Christ et chacun-e de nous est fait à son image, lui ressemble. On ne prend pas assez conscience de ce qui est dit là dans ce verset de la Genèse : Ce que Dieu a, il me le donne, ce qu’il est, il me le donne

Cette création à son image n’est pas une action du passé, c’est maintenant pour chacun-e  que Dieu nous crée, en ce moment, il nous crée, c’est un acte définitif, à jamais, un don qui ne se reprend pas, Dieu ne reprend jamais ses dons.

Il s’agit pour nous de prendre conscience que j’existe, c’est prendre conscience de Dieu qui ne cesse de me créer. J’existe par don. Donc la première rencontre avec Dieu, c’est tout simplement goûter la vie qui vient de lui. Goûter, la vie, la recevoir comme un cadeau. Vivre le moment présent : se rendre compte de l’inouï du cadeau : je vis, je marche, je vois, j’entends, je parle, etc.

Tout cela est rencontre de Dieu, à travers ses dons, je rencontre le donateur.

En goûtant ces dons, je fais plaisir au donateur. Aimer la vie, c’est louer Dieu.

Il s’agit ensuite de prendre conscience que je suis aimé d’un amour inconditionnel

Je n’ai rien à prouver, je n’ai rien à mériter : tout m’est donné. La seule chose à faire c’est d’accueillir le don, de se laisser aimer, se laisser sauver, de se laisser faire.

Tel-le que je suis, je suis aimable au yeux de Dieu

Vous pouvez peut-être penser qu’il a mauvais goût mais cela ne changera rien à l’affaire, vous ne changerez pas son choix, sa décision de vous aimer !

Quelque soit l’idée que vous vous faites de vous-même, lui, Dieu ne changera pas d’idée : vous êtes à jamais le disciple qu’il aime. En St Jean : « le disciple que Jésus aimait ». On ne dit pas le nom de ce disciple pour une raison simple : ce disciple c’est chacun-e de nous, et son prénom, c’est le nôtre.

S’accueillir comme il nous accueille, se voir comme il nous voit, s’aimer comme il nous aime, se recevoir comme il nous reçoit

C’est à dire :

Se vivre, se comprendre, s’estimer comme

-désiré du cœur de Dieu

-d’origine divine sortant à chaque instant de ses mains

Non pas le fruit du hasard destiné au néant mais le fruit d’une volonté aimante faite pour la vie éternelle

Une autre manière d’accueillir sa vie comme un don de Dieu, c’est la prière de gratitude

Cela peut se faire de temps en temps

En s’interrogeant devant Dieu : « comment, Seigneur » tu t’es donné à moi à travers les autres ?

Cette prière, au début, quand on n’a pas l’habitude, ne sera qu’un petit filet d’eau, mais peu à peu il pourra devenir torrent !

Des camions de merci !

C’est faire l’expérience de l’aveugle qui recouvre la vue et qui voit enfin :

voir la sollicitude de Dieu dans la sollicitude dans les autres.

Voir ce dont je suis bénéficiaire.

Prendre conscience de tout ce que je reçois du travail des autres : la maison où j’habite, les vêtements que je porte, les objets que j’utilise, les moyens de transports que je prends. Derrière tout cela il y a toujours des gens, du temps, du travail, de la créativité, de l’amour au sens objectif du terme : aimer c’est faire du bien.

Tout cela j’en suis bénéficiaire. Cette gratitude peut s’étendre au passé : notre pays, sa culture, sa langue.

Des km de merci peuvent ainsi entrer en nous.

Merci pour…

Le conducteur de train… les ouvriers qui ont construit la maison etc

Cette forme de prière est très importante

C’est un lieu de guérison : s’éloigner des rivages de la mauvaise tristesse, de la sinistrose, de la méfiance, de l’ingratitude, de l’irréalisme, de la mentalité du tout es dû, et où tout est à prendre comme une proie, pour entrer dans une autre logique, la logique eucharistique où tout est don à recevoir.

 

 

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 15:38
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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 18:57
Qu’est-ce que la méditation chrétienne ?

 

Je vais commencer par une réflexion que m’a partagé un jour une Sœur du Cénacle qui est philippine. Elle me disait, dans mon pays, les gens, s’ils veulent pour leurs enfants une bonne école, ils se tournent les chrétiens…s’ils veulent un bon hôpital, ils vont aussi chez les chrétiens. Mais s’ils ont le désir de méditer…ils vont chez les bouddhistes.

 

Cette réflexion m’a beaucoup fait réfléchir.  Car il n’y a pas qu’aux Philippines. Regardez les rayons des librairies au rayon méditation : vous trouverez du zen, du bouddhisme, rien ou si peu ayant une coloration chrétienne. Comment expliquer cela ?

D’autant plus que ça existe la méditation chrétienne et que le christianisme a initié de nombreuses manières de méditer. Pour ne parler que de lui, ici, ce centre ne fait que cela. On passe nos journées à aider des gens à entrer dans l’expérience de la méditation !

 

Je vais pointer 3 raisons parmi d’autres qui explique cette carence.

D’une manière globale le christianisme historique a développé les traits suivants :

*religion de la morale et du faire. La dimension éthique est importante mais c’est une conséquence pas une source. Ce n’est pas l’âme du christianisme.

*religion du rite. Le rite est précieux mais là aussi c’est une conséquence pas une source et pas l’âme du christianisme.

*religion politique. Au sens que le christianisme après Constantin est devenu une religion officielle, une religion liée au politique et qui imposait un contrôle social à tous.  Avec pour conséquence entre autres chose, que l’adhésion était collective, en se coulant dans le moule, alors que l’âme du christianisme est que l’adhésion nait d’une conviction personnelle.

 

Alors quelle est l’âme du christianisme ?

C’est ce qu’on voit dans les Evangiles : une rencontre personnelle avec Jésus qui fait devenir disciple et marcher avec lui. On voit que cette rencontre change les gens : cela change leur rapport à leur corps, à leur vie, ils apprennent à écouter, à regarder leur vie, les autres autrement. Cette transformation se fait en regardant et écoutant Jésus.

Tous leur sens sont réveillés. L’âme du christianisme, c’est une relation avec Jésus.

 

Mais le vivons-nous vraiment ? Comme la rose : un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout ? …Pourtant c’est là l’essentiel, et la méditation chrétienne est là pour passer du pas du tout au peu et ensuite au beaucoup et au passionnément.  Comment faire ?

 

Méditer c’est prendre du temps pour soi. Vous le valez bien dit la pub ! S’assoir, arrêter d’agir, s’extraire du regard des autres, respirer profondément, se détendre, goûter une solitude bénéfique.

Méditer, c’est rencontrer Jésus l’ami de nos vies, celui à qui on peut tout confier, qui est l’oreille attentive, en fait notre lieu de parole ; et se rendre compte que le fait de lui parler peut déjà changer notre perception.

Méditer, c’est ouvrir un des Evangiles. Vous en choisissez un – je vous conseille celui de Marc- avec une seule chose à faire :

Regarder Jésus, ce qu’il fait, ne fait pas, ses actes. Ne vous creusez pas la tête, n’essayez pas d’avoir des idées, de réfléchir. Non soyez seulement là à côté de lui, comme un disciple qui regarde, heureux d’être là, « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ».

Ecoutez ce que dit Jésus, ses paroles. Pareil ne vous creusez pas la tête, n’essayez pas d’avoir des idées, de réfléchir. Non soyez seulement là à côté de lui, comme un disciple qui écoute, heureux d’être là.

 

Surtout ne vous cassez pas la tête à réfléchir ! Aller à la méditation non pas comme à un rendez-vous mais parce que c’est un rendez-vous avec un ami qui va vous écouter et que vous allez regarder et écouter. Comme au coin d’un feu avec un ami qu’on aime et qui nous aime ; un ami avec qui on a plaisir à lui parler et le regarder et l’écouter.

C’est tout ! Mais c’est cela qui peut faire que peu à peu, on a une relation au Christ qui va grandir, où il va devenir l’amour de nos vies. C’est ce regard contemplatif et cette écoute attentive qui va nous transformer de l’intérieur.

La méditation chrétienne c’est comme celui qui est sur la plage et se laisse brunir par le soleil. Il suffit de rester sans rien faire, sinon d’être là, de s’exposer au soleil de Dieu. A la mesure du temps passé à le regarder et à l’écouter, la vie, la beauté, la bonté qui est en lui passe en nous, à l’image de la transfusion sanguine.

 

La méditation chrétienne, c’est habiter sa vie, le monde car ils sont précieux pour Dieu et ont de la valeur à nos yeux.

C’est s’ouvrir à une présence bienveillante et aimante

C’est regarder et écouter sans chercher autre chose que d’être là près du Christ, sans rien faire que d’être là, mais être là, c’est ce qu’on peut faire.

A mesure qu’on donne du temps à regarder et écouter, on arrive à goûter intérieurement, cela a bon goût. Sentir la bonté de Jésus. On peut même arriver mentalement à faire un geste auprès de Jésus, à le toucher comme cette femme qui a touché son vêtement.

 

La seule décision à prendre est de regarder son agenda, et mettre un créneau « méditation » comme on met d’autre rendez-vous. Peut-être si vous êtes débutant :

30 mn un jour par semaine. Ça peut être aussi pour d’autres 15mn par jour ou une autre formule. C’est à vous de voir ce qui est le plus réaliste en fonction de votre vie.

Alors oui, la méditation peut devenir un bonheur d’être !

 

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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 17:08
Une initiative formidable à soutenir: le bus des rêves

Le Bus des Rêves est une association d'intérêt général et à but non-lucratif, à vocation sociale, éducative et artistique. Notre mission : « semer des rêves et contribuer à ce qu'ils se réalisent. »

Association itinérante, portée par des artistes-éducateurs, elle vise à s'installer dans des territoires aux besoins prioritaires pour une durée de plusieurs mois, avec pour objectifs principaux l’éducation des jeunes par l’art, l'accès à la culture pour tous, le renforcement et la création de liens sociaux et l’accompagnement des jeunes pour réaliser leurs propres projets.

Notre vision est, par l'éducation et par l'art, et en coopération avec les acteurs locaux, d’oeuvrer à un mieux vivre ensemble, et de promouvoir l'engagement des jeunes dans la société ainsi que leur épanouissement personnel.

Cliquer sur ce lien pour en savoir plus:

http://busdesreves.wixsite.com/france

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 18:05
Soeurs du Cénacle: Joie de l'engagement définitif d'une Soeur.

Samedi 10 juin

Sr Claire de Leffe : Engagement définitif dans la vie religieuse comme Soeur de Notre-Dame du Cénacle.

Joie de Claire, joie de Dieu, notre joie.

Des photos et un récit en cliquant:

https://www.ndcenacle.org/quand-cenacle-accueille-une-soeur.html

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 11:57
Le magnifique engagement pour les femmes de Laurence Fischer

En République Démocratique du Congo, la guerre est officiellement terminée depuis longtemps. Pourtant, le viol se généralise : chaque année, 400.000 femmes sont victimes de ce fléau.

Certaines d’entre elles sont recueillies à la Fondation Panzi, créée par le Dr Mukwege, un chirurgien qui les prend en charge. Depuis 3 ans, Laurence Fischer, triple championne du monde de karaté, se rend à la fondation pour apprendre l’autodéfense aux femmes violées. Une rencontre qui va bien au-delà du karaté… une rencontre entre femmes, où s’invitent la force, le rire et les larmes.

De Katia Clarens, Thomas Nicolon, Bastien Renouil, Nicolas Combalbert et Xavier Gaillar – ARTE GEIE / Bew TV – France 2017

Pour voir cette video: 2 liens

http://info.arte.tv/fr/rdc-le-karate-pour-se-reconstruire

https://www.bing.com/videos/search?q=laurence+fischer&&view=detail&mid=23174DF328B0D841BDA123174DF328B0D841BDA1&FORM=VRDGAR

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 15:42
Je veux voir Dieu

Je veux voir Dieu

Est-ce possible ? Seulement après la mort ? Dès aujourd’hui ?

Voici quelques éléments de réponses à partir d’un texte de Ste Thérèse Couderc. (1805-1885)

Elle écrit : « Dieu est bon, il est plus que bon, il est la Bonté ».

Et elle en tire la conclusion suivante :

« La bonté de Dieu… bonté infinie, bonté incréée, source de toutes les bontés !

Et sans laquelle, il n’y aurait aucune bonté, ni dans les hommes, ni dans les autres créatures… je vis écrit comme en lettre d’or ce mot Bonté… Je le vis…écrit sur toutes les créatures, animées et inanimées, raisonnables ou non, toutes portaient ce nom de bonté, je le voyais même sur la chaise qui me servait de prie-Dieu.

Je compris alors que tout ce que ces créatures ont de bon et tous les services et les secours que nous recevons de chacune d’elles est un bienfait que nous devons à la bonté de notre Dieu, qui leur a communiqué quelque chose de sa bonté infinie, afin que nous la rencontrions en tout et partout. »

 

Elle nous livre là un texte fort qu’on pourrait résumer en disant : Dieu est dans la chaise ! Je peux le voir dans la bonté que représente une chaise, bonté de ceux qui l’ont fabriqué, bonté de Dieu qui est à la source de cette bonté.

Je peux donc voir Dieu en tout ce qui est bon dans notre monde, les choses, les gens…voir Dieu.

Du coup, ce « voir Dieu » devient immense. Le voir partout où il y a de la bonté.

Voir Dieu dans les vêtements que je porte, dans la maison où je vis, dans les aliments que je mange… etc. etc. car il y a la bonté de celles et ceux qui les ont faites, bonté qui a sa source en Dieu. Voir Dieu.

A la fin d’une journée, faire mémoire : Où ai-je vu Dieu ? Je l’ai vu sur des visages, en tout acte de bonté, en toute chose bonne…Immense !

 

En écrivant ce texte Thérèse Couderc rejoint la grande tradition ignatienne pour qui l’accès à Dieu passe par la médiation du réel, du plus concret, du monde. Le trouver et le voir dans le concret du monde.

 

 

 

 

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