Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 13:55

Le centre spirituel du Cénacle de versailles est animé par une famille spirituelle qui a choisi un lieu biblique comme fondement de sa vie spirituelle : un lieu qui s’appelle « Cénacle »

Un nom qui n’est pas facile à porter pour 2 raisons :

-le langage courant du dictionnaire, le définit comme « Petit groupe fermé sur lui-même » ! Dur à porter !

-la prédication courante des homélies l’assimile à la seule peur des disciples enfermés.

 

Nous allons essayer de déconstruire ces images !

 

1-Le premier lieu du Cénacle, c’est le lieu de la Cène, le lieu du dernier repas de Jésus.

C’est donc le lieu du don de sa vie que fait Jésus, par amour pour nous, pour aller jusqu’au bout de la fidélité à Sa mission.  Geste du pain et du vin qui signifie qu’Il entre librement dans Sa passion, qu’Il Se livre totalement. Thérèse Couderc, fondatrice de la Famille spirituelle du Cénacle a tellement contemplé ce mystère de la Cène au Cénacle, qu’elle a fait de ce mot «  se livrer » l’expression ultime de la réponse d’amour qu’on peut faire au Christ : se livrer au Christ en réponse au don qu’Il nous fait.

 

2-le deuxième lieu du Cénacle, entre Pâques et Ascension commence bien par la peur et l’enfermement.

Par exemple : « Le soir de ce même jour…toutes portes closes par peur…là où se trouvaient les disciples, Jésus vint… » Jn 20/19

Ce lieu est important. Il ne s’agit pas de le traiter à la légère, du genre : allez ! dehors !

Car c’est un lieu de passage, un temps de passage de la peur à la foi. Et bien, cela prend du temps ! C’est un lieu où l’on se laisse éduquer par Jésus, où on Le laisse nous pacifier.

 

3-Mais il y a un 3ème temps

Ce 3ème temps est méconnu par beaucoup de chrétiens et d’homélies !

c’est le temps du Cénacle entre Ascension et Pentecôte.

Nous lisons cela en Ac1/1…13

01  Mon cher Théophile, dans mon premier livre j'ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement,
02  jusqu'au jour où Il fut enlevé au ciel après avoir, dans l'Esprit Saint, donné Ses instructions aux Apôtres qu'Il avait choisis.
03  C'est à eux qu'Il S'était montré vivant après Sa Passion : Il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, Il leur était apparu, et leur avait parlé du royaume de Dieu.
04  Au cours d'un repas qu'Il prenait avec eux, Il leur donna l'ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre ce que le Père avait promis. Il leur disait : « C'est la promesse que vous avez entendue de ma bouche.
08  Mais vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. »
09  Après ces paroles, ils Le virent s'élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée.
12  Alors, ils retournèrent du mont des Oliviers à Jérusalem,
13  Arrivés dans la ville, ils montèrent à l'étage de la maison.

.

et en Lc 24/50-52

50  Puis Il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, Il les bénit.
51  Tandis qu'Il les bénissait, Il se sépara d'eux et fut emporté au ciel.
52  Ils se prosternèrent devant Lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, remplis de joie.

 

Ce temps est situé entre l’Ascension et la Pentecôte.

-Ils sont réunis ensemble : c’est dire l’importance de la dimension communautaire de toute vie chrétienne.

-Ils sont en prière dans l’attente du don promis qui est l’Esprit Saint : c’est dire l’importance de la prière pour recevoir de l’Esprit le dynamisme de sa vie chrétienne.

-Ils vont, grâce à cette expérience de communauté et de prière, devenir témoins.

 

Et cela sur ordre de Jésus et dans un climat de joie.

Donc entre Ascension et Pentecôte, il n’est plus question de peur.

Ils sont dans ce lieu sur ordre de Jésus, dans la joie et l’attente du don promis.

Car ce mystère du Cénacle de la Cène à la Pentecôte, n’est pas réservé à la famille spirituelle du Cénacle. C’est un trésor à partager.

Les articles qui vont suivre vont développer  le 2ème et le 3ème temps du Cénacle.

 

Par aubonheurdedieu-soeurmichele - Publié dans : commentaire biblique - Communauté : spiritualités de bonheur et de liberté
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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 18:28

« Au-dessus du pape en tant qu’expression de l’autorité ecclésiale, il y a la conscience à laquelle il faut d’abord obéir, au besoin même à l’encontre des demandes de l’autorité de l’Église. »

„Über dem Papst als Ausdruck für den bindenden Anspruch der kirchlichen Autorität steht noch das eigene Gewissen, dem zuallererst zu gehorchen ist, notfalls auch gegen die Forderung der kirchlichen Autorität.“

Joseph Ratzinger, dans le Lexikon für Theologie und Kirche, vol III, Herder, Freiburg 1968, p. 328.

 

Citation trouvé dans le blog:

http://royannais.blogspot.fr      

 

 

 

 

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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 21:35

 

Je continue à vous partager mon étude de la lettre encyclique Mulieris Dignitatem. Après avoir montré l’heureuse rupture que ce texte apporte  par rapport aux discours antérieurs, j’aborde maintenant en quoi il reste prisonnier d’une symbolique discriminante pour les femmes.

 

Lecture symbolique de Ep5 : le Christ époux

C’est la  lecture symbolique du numéro 25 qui va servir à justifier des vocations différenciées. Elle met le masculin du côté du divin et le féminin du côté de la créature humaine. Pour étayer cette idée fondamentale, la lettre s’appuie sur la permanence biblique à présenter Dieu comme un époux et Israël comme son épouse en ce qui concerne l’Ancien Testament. Pour le Nouveau Testament, la lettre s’appuie sur la présentation que Jean-Baptiste fait du Christ comme époux et sur le fait que le Christ lui-même se présente ainsi en Mc 2/19-20.

C’est un fait scripturaire indéniable. Mais il peut être interrogé et interprété. Comme se fait-il que la lettre encyclique puisse reconnaître dans son commentaire de Ep5 la nécessité de  remettre  ce passage dans son contexte  et ne pas faire de même pour la symbolique de l’époux et de l’épouse ? Pourquoi cette assimilation masculine à Dieu qui fait de lui un époux, et  cette assimilation féminine au peuple d’Israel qui fait de lui une épouse, ne serait-elle pas dûe, elle aussi,  à  l’enracinement dans « les mœurs et la tradition religieuse du temps » (MD 24)qui établissait une hiérarchie entre les sexes ? Dans une société marquée par une « tradition qui était discriminatoire à l’égard des femmes »(MD 12)Dieu créateur, sauveur, tout puissant ne pouvait être dit qu’au masculin de l’époux. La femme dans sa condition seconde, dépendante, convenait bien pour dire la dépendance de l’humain à son Dieu. Dans le cadre d’une nouvelle anthropologie qui rétablit l’égalité, il n’y a plus de raison de faire du féminin le symbole de l’épouse, ni d’assimiler Dieu à l’époux. Dans une anthropologie où hommes et femmes sont égaux, la symbolique du Christ-Epoux ne peut plus être utilisée comme symbole du masculin face au féminin. Mais la lettre encyclique ne va pas jusqu’au bout de cette logique : sa symbolique biblique n’est pas objet d’herméneutique contextualisante.

Analysons avec précision le numéro 25 du chapitre 7 qui présente  une lecture symbolique de Ep 5. L’amour de Dieu pour son peuple, semblable à celui d’un époux exprimerait la qualité sponsale de cet amour. Cependant, en rigueur de termes,  la qualité sponsale qui est ici mise en avant peut être  présentée autant comme celle de l’épouse pour son époux que celle de l’époux pour son épouse. Le texte précise que l’analogie Epoux/Dieu et Epouse/peuple exprime le caractère divin et non humain de cet amour. Cette affirmation peut être interprétée de deux manières. Cela veut-il dire que le mot époux qui est masculin exprime le caractère divin de cet amour alors que le féminin d’épouse ne pourrait l’exprimer ? Ou cela veut-il dire que le caractère divin de cet amour est bien au-delà de ce qui peut être vécu au niveau humain ? (Au sens de l'analogie thomiste qui n'est pas synonyme de  ressemblance imparfaite mais qui dit un rapport de dépendance qui nous unit à Dieu. Ce que nous disons de Lui dépasse ce que nous en comprenons, n'est pas en Lui tel que nous le concevons. Dire de Lui qu'il est époux, c'est dire que toute relation d'amour a sa source en Lui, que son existence en nous, dépend de Lui).

Les trois citations suivantes me semblent aller dans le sens de la première interprétation :

L’épouse est un sujet collectif qui englobe tout le peuple de Dieu.

C’est par le rachat  de chaque homme et de chaque femme que le Christ exprime

Son amour et accomplit le caractère sponsal de Son amour. Il le fait en Se livrant de manière radicale par le don de Lui-même. Il est l’époux devant des hommes et des femmes appelé-es à être  épouses . « Ainsi le fait d’être épouse, et donc le féminin, devient le symbole de tout l’humain». ( MD 25 )

 

Quelle est la caractéristique " féminine"  de l'épouse ?

C’est le fait d’accueillir comme un don l‘amour du Christ rédempteur : « Dans l’Eglise, tout être humain, homme et femme, est l’épouse parce qu’il accueille comme un don l’amour du Christ rédempteur et aussi parce qu’il tente d’y répondre à travers le don de sa personne » ( MD 25 ).

 

Quelle la caractéristique de l’époux ?

Le Christ est l’époux et par là s’exprime la vérité sur l’amour de Dieu qui a aimé le premier. Un époux qui, en s’incarnant, est devenu vrai homme au masculin. « Le symbole de l’époux est donc du genre masculin. » ( MD 25 ). C’est par ce symbole masculin que Dieu exprime Son amour.

 

L’argumentation repose sur un présupposé non dit : une représentation de l'homme masculin comme celui qui aurait l’initiative, qui aimerait et donnerait le premier et une représentation du féminin qui recevrait et ne pourrait donner qu’en réponse. Avec cette présupposition, il devient légitime de mettre le Christ du côté de ce symbole masculin de l’époux car le Christ est bien celui qui aime et donne le premier. Mais la présupposition est-elle juste ? Le texte lui-même nous a décrit l’amour humain comme un don mutuel dans la réciprocité .

Mettre le masculin du côté de l’initiative et le féminin du côté de l’accueil , n’est-ce pas revenir au schéma du masculin premier et du féminin second dont le chapitre 3 de la lettre encyclique nous avait délivrés ?

Ce qui peut être questionné au niveau de la symbolique, ne peut l’être au niveau du réel de la masculinité de l’homme Jésus. Mais quel est le sens de cette masculinité ? A-t-elle un sens au niveau de la révélation et de la rédemption ? Etait-il de nécessité de salut qu’il en fût ainsi ? Et surtout cela est-il pertinent pour déterminer une identité , une vocation, des rôles différenciés du féminin et du masculin ?( A ce sujet, voir E.A.JOHNSON, "La masculinité du Christ", Concilium, n°238, p.148-151, article reproduit dans B.CHENU et M.NEUSCH, Théologiens d'aujourd'hui, vingt portraits, Paris, Ed.Bayard/Centurion, 1995, p91-96 )

Cette symbolique met les hommes et les femmes en tant qu’humains du côté de l’épouse, puisque le féminin est symbole de l’humain. Elle met les hommes seuls du côté de l’époux puisqu’ils ont le sexe de l’époux. Et cela permet de justifier l’assymétrie du masculin et du féminin dans la célébration de l’Eucharistie.

« Si le Christ, en instituant l'Eucharistie, l'a liée d'une manière aussi explicite au service sacerdotal des Apôtres, il est légitime de penser qu'il voulait de cette façon exprimer la relation entre l'homme et la femme, entre ce qui est "féminin" et ce qui est "masculin", voulue par Dieu tant dans le mystère de la Création que dans celui de la Rédemption. Dans l'Eucharistie s'exprime avant tout sacramentellement l'acte rédempteur du Christ-Epoux envers l'Eglise-Epouse. Cela devient transparent et sans équivoque lorsque le service sacramentel de l'Eucharistie, où le prêtre agit "in persona Christi", est accompli par l'homme (MD 26 ).

 

L’interprétation d’Ep5 est le lieu à la fois d’une rupture avec la manière classique de considérer la différence. Une différence dans une parfaite réciprocité. Mais aussi donne lieu à la continuité d’un discours sur la différence comme positionnement asymétrique par la symbolique époux-épouse.

Cette manière asymétrique de penser la différence est renforcée par le procédé typologique que nous verrons dans l’article qui suivra.

 

Par aubonheurdedieu-soeurmichele - Publié dans : Mulieris dignitatem - Communauté : spiritualités de bonheur et de liberté
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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 23:07

Egalité et image : rupture avec le discours traditionnel

 Ce qui précède nous permet d’apprécier à sa juste valeur de nouveauté, le caractère de rupture contenu dans ce chapitre III qui est une réflexion d’anthropologie chrétienne à partir du texte de Gn 1 et 2. Cette rupture porte sur l'égalité, sur la femme comme l'homme image de Dieu et sur l'image holistique (Du grec : holos qui veut dire  « tout entier » : Parler d’image holistique de Dieu signifie que, de la même manière qu’on utilise des images masculines pour parler de Dieu, on peut également utiliser des images féminines. Ces images deviennent ainsi holistiques, et non plus seulement andromorphiques ( à l’image de la masculinité) de Dieu.

Il y a  une affirmation forte de l’égalité :

« Le texte biblique fournit des bases suffisantes pour que l’on reconnaisse l’égalité essentielle de l’homme et de la femme du point de vue de l’humanité » (MD 6)

Cette égalité se décline sous plusieurs aspects:

 

1-Homme et femme possèdent une commune humanité :

« Tous les deux sont des êtres humains, l’homme et la femme, à un degré égal tous les deux » (MD 6).

 

2-Homme et femme ont une commune vocation à la domination de la terre et une origine commune.

« Le Créateur confie la domination de la terre au genre humain, à toutes les personnes, à tous les hommes et à toutes les femmes, qui puisent leur dignité et leur vocation dans leur origine commune » (MD 6).

 

3-Homme  et femme possèdent en commun le statut de personne humaine :

« L’homme est une personne et cela dans la même mesure pour l’homme et pour la femme ».( MD 6)

Nous avons vu que Gn 2 avait été utilisé pour faire du masculin le sexe exemplaire et du féminin le sexe secondaire, dépendant, référé au masculin. Dans le chapitre III de cette lettre, rien de tel. Ce texte  a le souci de toujours situer l’homme et la femme dans une commune réciprocité:

« Il n’est pas bon que l’homme soit seul » n’est pas compris comme s’adressant seulement au masculin mais aussi au féminin, visant l’unité des deux. Il est question d’une « relation réciproque de l’homme à l’égard de la femme et de la femme à l’égard de l’homme » (MD 7).

L’aide de Gn 2/18-25 n’est pas non plus interprétée à sens unique : l’un et l’autre sont aides mutuelles au service de la découverte et de la confirmation de leur humanité :

« La femme doit aider l’homme et en même temps l’homme doit aider la femme…il s'agit d’une aide des deux côtés et d’une aide réciproque » (MD 7).

 

4-Commune humanité voulue pour elle-même par Dieu :

« L’homme -homme et femme- est le seul être parmi les créatures du monde visible que Dieu créateur ait voulu pour lui-même" (MD 7).

Ici la raison du féminin n’est plus « instrumentale » -produite pour la génération- . Elle est voulue pour elle-même.

 

5-Commune vocation à la réalisation de soi dans le don désintéressé de soi.

Dans ce chapitre l’auteur cite un passage de Gaudium et spes qui parle d’une ressemblance entre l’union des personnes divines et l’humanité dans le don désintéressé de soi. C’est une vérité sur l’homme et la femme, celle d’être une personne. Etre (une ?) personne se définissant comme réalisation de soi s’accomplissant dans le don. La communion des personnes en Dieu, leur mutuelle donation, est modèle de la personne humaine -homme et femme- qui est appelée à exister pour autrui, à devenir don, et qui  «  ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même. » (CONCILE VATICAN II, Constitution pastorale Gaudium et spes, L’Eglise dans le monde de ce temps n°24 §3, Cerf, 1967)

 

Cette anthropologie de l’égalité homme-femme se fonde sur la théomorphie, c'est-à-dire sur la création de l’humain, homme et femme, à l’image de Dieu . Ce chapitre est d’une totale clarté aucune ambiguité n'est possible et la rupture est totale avec le discours classique. C’est le  thème de l’image qui est fondement de tout ce passage, et fonde l’égalité de l’homme et de la femme. Cette image de Dieu dont il est porteur est la caractéristique essentielle de l’être humain, homme et femme, personne à l’image du Dieu personnel, personne, et en ce sens semblable à Lui. Le fait d’exister en relation homme et femme est une image aussi de Dieu relation trinitaire. Le caractère personnel de la personne trouve son modèle en Dieu, communion de Personnes. (MD 7)

                  

Une nouveauté qui ouvre à une autre représentation de Dieu

Ce chapitre III va même aller jusqu’au bout de sa logique. L’égalité fondée sur une commune théomorphie permet de concevoir Dieu sous des traits non seulement masculins mais également féminins. Pour cela le texte rappelle que le langage biblique, pour parler de Dieu, utilise des images qui sont propres à l’humain, c'est ce qu'on appelle un langage anthropomorphique.  La théologie parlera d’analogie (en prenant soin de préciser que si il y ressemblance de Dieu avec l’humain, il a encore plus non-ressemblance). Dans l’ensemble du corpus biblique, ces images sont en majorité masculines. Mais cette lettre encyclique fait remarquer qu'il y en a de féminines. La nouveauté, dans ce texte, vient de la reconnaissance que Dieu se présente aussi dans la Bible comme semblable à la femme en citant par exemple:Is 49/14-15 où Dieu est présenté comme une femme qui n’oubliera jamais ses enfants et Is 66/13, Dieu comme une mère qui console.

Cependant,d’autres images féminines de Dieu auraient pu être citées comme l’image féminine de la Sagesse (Y.CONGAR, Je crois en l’Esprit saint, Cerf, 1980, tome III, p.209. P.LEFEBVRE, la sagesse : rencontre de l’homme et de la femme, Vie spirituelle, 1999, n°731, p 201 à 217. L’auteur cite Si24/6 ; Pr8/31 ; Pr7/4 ; Sg8/2 ; Pr8/17. Ici la figure de la Sagesse est femme. )

Du fait de cette absence, les images féminines de Dieu qui sont citées, portant uniquement sur la maternité, accréditent, et on peut le regretter,    une vocation féminine uniquement maternelle.

 

Rupture du discours ancien à partir d’Ep5

Nous  trouvons une autre rupture au chapitre 24 qui est un commentaire de Ep 5. On sait que ce texte a été longtemps la seule première lecture possible pour la célébration du mariage et interprétée comme un plan divin sur le mariage comportant la soumission de l’épouse. Pour saisir à sa juste valeur là aussi, le  caractère de rupture contenu dans la lettre encyclique, il est bon de citer l’encyclique Casti connubis de Pie XI qui date de 1930. C’est une bonne illustration de la doctrine classique qui a prévalu jusqu'au Concile Vatican II.

« Enfin, la société domestique ayant été bien affermie par le lien de cette charité, il est nécessaire d'y faire fleurir ce que saint Augustin appelle l'ordre de l'amour. Cet ordre implique et la primauté du mari sur sa femme et ses enfants, et la soumission empressée de la femme ainsi que son obéissance spontanée, ce que l'Apôtre recommande en ces termes : ‘ Que les femmes soient soumises à leurs maris comme au Seigneur; parce que l'homme est le chef de la femme comme le Christ est le Chef de l'Eglise. »  (PIE XI Casti connubii, du 31 décembre 1930, Ed Bonne Presse, Paris, 1963, p14-15)

Dans la suite de ce texte, on trouve un essai pour atténuer ce caractère subordonné. L'auteur précise que cela n'abolit pas sa liberté en tant que personne humaine et sa dignité d'épouse, de mère et de compagne; qu'elle n'a pas à obéir à des désirs du mari qui seraient contraires à sa dignité; la situation qui est la sienne n'est pas celle d'une mineure; son rôle dans le couple est d'être le cœur parce qu’elle possède la primauté du cœur ; la soumission de la femme à son mari peut varier selon les situations, jusqu'à suppléer le mari dans la direction de la famille si celui-ci manque à son devoir. Ces corrections sont l'écho du malaise qui déjà se fait sentir et qui va rendre ce type de discours inaudible, à mesure que le thème de « la libération de la femme par rapport à toute forme d’injustice et de domination » (JEAN-PAUL II, Lettre aux femmes du 29 juin 1995 ) va de plus en plus se concrétiser. Elles n'abolissent pas toutefois la primauté du mari qui serait la tête et, de ce fait, la primauté de gouvernement et le caractère divin de cette loi :

"Pour ce qui regarde la structure même de la famille et sa loi fondamentale établie et fixée par Dieu, il n'est jamais, ni nulle part, permis de les bouleverser ou d'y porter atteinte." (PIE XI déjà cité)

Et de citer, pour appuyer, une encyclique précédente écrite en 1880:

« L'homme est le prince de la famille et le chef de la femme; celle-ci, toutefois, parce qu'elle est, par rapport à lui, la chair de sa chair et l'os de ses os, sera soumise, elle obéira à son mari, non point à la façon d'une servante, mais comme une associée; et ainsi, son obéissance ne manquera ni de beauté ni de dignité. Dans celui qui commande et dans celle qui obéit - parce que le premier reproduit l'image du Christ, et la seconde l'image de l'Eglise, - la charité divine ne devra jamais cesser d'être la régulatrice de leur devoir respectif. » (LEON XIII, Encyclique Arcanum divinae sapientiae du 10 février 1880)

 

Il y donc  d’abord dans Mulieris Dignitatem, une heureuse rupture avec l'interprétation de Casti connubi. En rupture avec une lecture fondamentaliste, l’interprétation se fait contextuelle. Si Paul parle de soumission de la femme à son mari, c’est en raison d’un « enracinement dans les mœurs et les traditions du temps » (MD 24). C’est pourquoi, il nous faut comprendre que la seule soumission légitime est celle de l’Eglise au Christ. Par contre, dans la relation mari-femme, elle doit être réciproque. Cette interprétation se veut ferme :

« Le défi de l’ethos de la Rédemption est clair et définitif. Toutes les motivations de la soumission de la femme à l’homme dans le mariage doivent être interprétées dans le sens d’une soumission réciproque » (MD 24)

Pour cela, il est fait état d’une distinction majeure. Il est nécessaire de distinguer « ce qui exprime la réalité humaine des relations interpersonnelles  et ce qui  exprime en langage symbolique, le grand mystère divin » (MD 23)  Ce qui est de l’ordre de la révélation concerne le rapport Christ/Eglise et pas le type de relations concrètes des hommes et des femmes. L’amour du Christ pour l’Eglise est 

« semblable à l’amour nuptial des conjoints humains mais évidemment, il ne lui est pas identique. L’analogie , en effet, suppose une ressemblance qui laisse place à une marge appropriée de dissemblance ». (MD 25)

Ce sont ces deux considérations dans le texte même de la lettre encyclique, qui permettent d’interroger l’idée fondamentale de la suite du  chapitre : le féminin serait symbole de l’humain, et le symbole de l’époux serait du genre masculin. Car après avoir dédouanné ce texte de toute interprétation inégalitaire, il va servir à justifier la fonction du Christ comme époux et donc réintroduire l’inégalité. Ces deux considérations  permettent aussi d’interroger l’ensemble de la lettre. En quoi, ce qui relève du mystère divin, la création, l’Incarnation, la Rédemption, peut-il informer les relations homme-femme et fonder des vocations différenciées ? En quoi le rôle de Marie sur le plan du mystère divin peut-il être normatif d’une identité et d’une vocation spéciales des femmes ?

 

Par aubonheurdedieu-soeurmichele - Publié dans : Mulieris dignitatem - Communauté : spiritualités de bonheur et de liberté
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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 00:10

Ce WE dernier, dans notre Centre spirituel, nous avons accueilli une trentaine de personnes du Carrefour des Chrétiens Inclusifs.

Qui sont-ils ? Voici, sur leur site, comment ils se définissent :

 

« Le CCI regroupe des chrétien-nes de toutes confessions souhaitant promouvoir une Eglise inclusive, c'est-à-dire pratiquant l'accueil inconditionnel de tous et toutes quels que soient leur sexe et leur orientation sexuelle »

 

Elles et ils venaient pour 4 jours de retraite avec pour thème :

« Y a pas de honte à être aimés de Dieu!" »

Ce groupe avait demandé à deux sœurs de la Communauté d’animer le dimanche matin. Après la louange du matin, Sr Vanessa a donné un enseignement  qui avait pour titre : « Je reconnais devant Toi, le prodige, l’être étonnant que je suis : étonnantes sont Tes œuvres toute mon âme le sait » Psaume 138/14. Et ensuite j’ai présenté un texte biblique tiré du livre d’Isaïe 43/1-4 avec des pistes pour un temps de méditation personnelle.

Le reste de cette retraite était pris en charge par des membres du groupe avec des ateliers créatifs, des tables rondes, un culte réformé, une étude biblique, une étude du livre de Paul Tillich, le courage d’être, une Eucharistie et pour finir l’Assemblée générale de leur association.

 

Personnellement, j’ai été touchée par la joie des membres de ce groupe. Leur joie dans la foi et la profondeur de leur foi.

Lors de l’eucharistie, un texte écrit par l’une des membres, Marina Zuccon m’a particulièrement intéressée.

Ce texte pourrait s’appeler : GPS de vie spirituelle. Avec humour cela dit des choses profondes. Le voici :

 

« Pour sortir du garage de la honte dans lequel vous êtes enfermés, vous devez passer les trois grilles

de la culpabilité,

de la condamnation

et

du mépris,

avec les trois codes:

-quelqu'un

- qui est là

-en avant

Prenez la rampe « lâcher prise »,

et vous vous trouverez sur la Rue de la promesse.

Continuez tout droit et passez le pont de la légèreté qui enjambe la crainte.

Vous arrivez sur l'avenue de l'amour indéfectible, et sans rougir et sans honte, vous  arrivez au carrefour  du Mystère, 

laissez la sortie " le rejet",

et

suivez la direction "Un ami",

pour arriver, sans faute  ni péché, sur la grande place de la Confiance »

 

Par aubonheurdedieu-soeurmichele - Publié dans : Journal - Communauté : spiritualités de bonheur et de liberté
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