Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 16:02
Le devoir de désobéir à l'inacceptable dans le livre de l'Exode chapitre 1et 2

Livre de l’Exode 1/8 à 2/10

 

Un nouveau roi vint au pouvoir en Égypte. Il n’avait pas connu Joseph. Il dit à son peuple : « Voici que le peuple des fils d’Israël est maintenant plus nombreux et plus puissant que nous.

10 Prenons donc les dispositions voulues pour l’empêcher de se multiplier. Car, s’il y avait une guerre, il se joindrait à nos ennemis, combattrait contre nous, et ensuite il sortirait du pays. » On imposa donc aux fils d’Israël des chefs de corvée pour les accabler de travaux pénibles. Ils durent bâtir pour Pharaon les villes d’entrepôts de Pithome et de Ramsès. Mais, plus on les accablait, plus ils se multipliaient et proliféraient, ce qui les fit détester. Les Égyptiens soumirent les fils d’Israël à un dur esclavage et leur rendirent la vie intenable à force de corvées : préparation de l’argile et des briques et toutes sortes de travaux à la campagne ; tous ces travaux étaient pour eux un dur esclavage. Alors le roi d’Égypte parla aux sages-femmes des Hébreux dont l’une s’appelait Shifra et l’autre Poua ; il leur dit : « Quand vous accoucherez les femmes des Hébreux, regardez bien le sexe de l’enfant : si c’est un garçon, faites-le mourir ; si c’est une fille, laissez-la vivre. » Mais les sages-femmes craignirent Dieu et n’obéirent pas à l’ordre du roi : elles laissèrent vivre les garçons. Alors le roi d’Égypte les appela et leur dit : « Pourquoi avez-vous agi de la sorte, pourquoi avez-vous laissé vivre les garçons ? » Les sages-femmes répondirent à Pharaon : « Les femmes des Hébreux ne sont pas comme les Égyptiennes, elles sont pleines de vitalité ; avant l’arrivée de la sage-femme, elles ont déjà accouché. » Dieu accorda ses bienfaits aux sages-femmes ; le peuple devint très nombreux et très fort. Comme les sages-femmes avaient craint Dieu, il leur avait accordé une descendance. Pharaon donna cet ordre à tout son peuple : « Tous les fils qui naîtront aux Hébreux, jetez-les dans le Nil. Ne laissez vivre que les filles. » Un homme de la tribu de Lévi avait épousé une femme de la même tribu. Elle devint enceinte, et elle enfanta un fils. Voyant qu’il était beau, elle le cacha durant trois mois. Lorsqu’il lui fut impossible de le tenir caché plus longtemps, elle prit une corbeille de jonc, qu’elle enduisit de bitume et de goudron. Elle y plaça l’enfant, et déposa la corbeille au bord du Nil, au milieu des roseaux. La sœur de l’enfant se tenait à distance pour voir ce qui allait arriver. La fille de Pharaon descendit au fleuve pour s’y baigner, tandis que ses suivantes se promenaient sur la rive. Elle aperçut la corbeille parmi les roseaux et envoya sa servante pour la prendre. Elle l’ouvrit et elle vit l’enfant. C’était un petit garçon, il pleurait. Elle en eut pitié et dit : « C’est un enfant des Hébreux. » La sœur de l’enfant dit alors à la fille de Pharaon : « Veux-tu que j’aille te chercher, parmi les femmes des Hébreux, une nourrice qui, pour toi, nourrira l’enfant ? »

La fille de Pharaon lui répondit : « Va. » La jeune fille alla donc chercher la mère de l’enfant. La fille de Pharaon dit à celle-ci : « Emmène cet enfant et nourris-le pour moi. C’est moi qui te donnerai ton salaire. » Alors la femme emporta l’enfant et le nourrit. Lorsque l’enfant eut grandi, elle le ramena à la fille de Pharaon qui le traita comme son propre fils ; elle lui donna le nom de Moïse, en disant : « Je l’ai tiré des eaux. »

 

Aux USA, au 19ème siècle, la guerre de Sécession, mit fin à l'esclavage sans mettre fin aux préjugés raciaux. Dans les décennies qui suivirent, des Américains d'origine européenne promulguèrent des centaines de lois destinées à empêcher les Blancs et les Noirs de vivre, de travailler, voire de prendre les transports en commun, ensemble.

Au milieu du 20ème siècle, l'un des premiers gestes réussis de contestation à ces lois se produisit à Montgomery, dans l'Alabama :

En mars 1955, une adolescente du nom de Claudette Colvin fut arrêtée pour avoir refusé de céder sa place à une Blanche dans un bus et, pour la première fois dans les annales de l'histoire de la ville, elle porta l'affaire en justice et gagna le procès.

Et ainsi, Claudette Colvin contribua à la fin de la ségrégation raciale dans les transports publics de l'État.

Claudette, qui a maintenant 76 ans peut être fière d'avoir pu, alors qu’elle avait 15 ans, préparer la voie à la première grande victoire du mouvement des droits civiques aux États-Unis.

« Quand il s'agit de justice, déclare Claudette, il n'y a pas de moyen facile de l'obtenir. On ne peut pas l'édulcorer. Il faut prendre position et dire : « Ce n'est pas juste. » Et je l'ai fait. »

Dans ce texte de l’Exode, nous avons des femmes qui elles aussi ont refusé l’inacceptable.

Elles nous montrent l’exemple d’une désobéissance légitime quand il s’agit de résister au mal.

Comment ont-elles désobéi ?

Comment sont-elles rentrées en résistance ?

En prenant les moyens qu’il fallait :

- des sages-femmes ont laissé vivre les garçons (1, 17)

- elles ont inventé un mensonge légitime pour ne pas subir la répression : « nous arrivons trop tard »(1,19)

- une mère a refusé qu’on tue son enfant.

- elle l’ a aimé en acceptant de le perdre pour qu’il ait une chance de vivre (2, 1-3)

- une princesse a désobéi aux ordres de son pharaon de père en recueillant l’enfant (2, 5-10)

Pour cela, encore faut-il avoir une idée claire de ce qu’est le mal.

Dans ce texte, le mal c’est :

- L’ignorance de l’histoire : Pharaon n’avait pas connu Joseph et ne savait pas que le juif joseph avait sauvé son peuple

Son ignorance de l’histoire l’empêche de considérer positivement le peuple juif.

- Une peur sans fondement, qui se nourrit d’imaginaire : « En cas de guerre, ils pourraient bien se joindre à nos ennemis » (1, 10).

- L’exploitation, l’esclavage, la violence, le génocide (1,11.14 et 1, 22).

 

 

Dire non, résister, désobéir, sont donc des chemins de foi, de salut.

Jésus a dit non à des lois sociales et religieuses qui étaient injustes.

Le suivre aujourd’hui, cela peut être aussi de résister, de dire non, de désobéir à ce que, en conscience, on juge injuste.

 

Repost 0
Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans Homélies de Soeur Michèle
commenter cet article
11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 16:44
Conférence sur le livre: Masculin-Féminin. Où en sommes-nous? Décryptage d'une encyclique

Voici le texte d'une conférence que j'ai donné pour présenter mon livre.

 

Choisir ce thème du masculin-féminin a plusieurs raisons.

- la conscience aigüe que le discours et la pratique concernant les femmes dans l’Eglise catholique romaine est une des causes de la déchristianisation. (Voir à ce sujet le n° de la revue Etudes de janvier 2011 par Joseph Moingt : la femme et l’avenir de l’Eglise p 67)

On a pu parler de la perte de la classe ouvrière, on peut parler de la perte d’un nombre important de femmes. Le pic de l’hémorragie ayant été provoqué par la publication d’humanae vitae.

-il y a donc un problème entre l’Eglise catholique et les femmes ! Ce problème se focalise sur l’obstination à exclure les femmes des ministères. Ce n’est pas l’unique problème mais c’est le problème source de toute une conception du féminin et de masculin.

Mon livre n’a pas voulu aborder ce problème de front mais de chercher les racines de cette exclusion par un modèle féminin qui n’est plus audible dans des sociétés marquées par la modernité.

Pour cela je me suis plongé dans une lettre encyclique peu connue qui a pour titre Mulieris dignitatem. Elle date de 1988 sous la signature de Jean-Paul II. Elle mérite d’être lu car on y découvre des prises de positions, on pourrait dire libératrice pour les femmes et d’autres qui continuent de les enfermer dans un stéréotype. L’hypothèse de deux auteurs n’est pas à exclure !

L’un qui a voulu au maximum correspondre à la modernité des rapports homme/femme en les fondant sur une interprétation renouvelée de textes bibliques. Et c’est heureux !

L’autre continuant de pratiquer une lecture fondamentaliste d’autres textes bibliques et une symbolique pour justifier l’exclusion des femmes des ministères. Et c’est malheureux !

 

Je suis très critique sur cette encyclique, ce sera la 2ème partie de mon intervention de ce soir.

Mais il me semble important de pointer dans un premier temps ces aspects innovants car on peut s’en servir pour contrer le sexisme.

 

*Le fameux texte des Ephésiens sur la soumission de la femme au mari est expliqué dans cette Lettre par le contexte social du temps de Paul. Cette lettre nous dit qu’il faut l’interpréter comme une soumission réciproque. Je cite :

Le défi de l’ethos de la Rédemption est clair et définitif. Toutes les motivations de la soumission de la femme à l’homme dans le mariage doivent être interprétées dans le sens d’une soumission réciproque.

 

*Pour cette lettre encyclique, le texte de Gn 1 : « homme et femme à l’image de Dieu » est la parole biblique fondatrice pour penser le rapport homme/femme.

Elle fonde théologiquement les points suivants au chapitre 3 qui a pour titre « Image et ressemblance de Dieu ».

C’est une affirmation très forte de la dignité égale de l’homme et de la femme car tous deux sont créés à l’image de Dieu.

« Le texte biblique fournit des bases suffisantes pour que l’on reconnaisse l’égalité essentielle de l’homme et de la femme du point de vue de l’humanité »

 

Cette égalité se décline sous plusieurs aspects:

-L’homme et la femme possèdent une commune humanité :

Tous les deux sont des êtres humains, l’homme et la femme, à un degré égal tous les deux.

-Ils ont une commune vocation à la domination de la terre et une origine commune.

Le Créateur confie la domination de la terre au genre humain, à toutes les personnes, à tous les hommes et à toutes les femmes, qui puisent leur dignité et leur vocation dans leur origine commune.

-Ils possèdent en commun le statut de personne humaine :

L’homme est une personne et cela dans la même mesure pour l’homme et pour la femme.

-Leur relation est régi par la réciprocité

« Il n’est pas bon que l’homme soit seul » (Genèse 2 verset 18 )

n’est pas compris comme s’adressant seulement au masculin mais aussi au féminin, visant l’unité des deux. Il est question d’une

«relation réciproque de l’homme à l’égard de la femme et de la femme à l’égard de l’homme. »

Et l’aide dont parle Genèse 2, 18-25 n’est pas non plus interprétée à sens unique : l’une et l’autre sont aides mutuelles au service de la découverte et de la confirmation de leur humanité :

La femme doit aider l’homme et en même temps l’homme doit aider la femme…il s'agit d’une aide des deux côtés et d’une aide réciproque.

 

-Leur commune humanité est voulue pour elle-même par Dieu :

L’homme -homme et femme- est le seul être parmi les créatures du monde visible que Dieu créateur ait voulu pour lui-même 39

 

-Homme et femme sont image de Dieu

Cette anthropologie de l’égalité homme-femme se fonde sur la théomorphie, c'est-à-dire sur la création de l’humain, homme et femme, à l’image de Dieu. Ce chapitre est d’une totale clarté, C’est le thème de l’image qui est fondement de tout ce passage, et fonde l’égalité de l’homme et de la femme. Cette image de Dieu dont ils sont porteurs tous les deux, est la caractéristique essentielle de l’être humain, homme et femme, personne à l’image du Dieu personnel, et en ce sens semblable à Dieu.

 

-Dieu peut se dire au féminin

Tout ce discours novateur permet même d’ouvrir à une autre représentation de Dieu. En allant jusqu’au bout de sa logique, l’égalité fondée sur une commune théomorphie permet de concevoir Dieu sous des traits non seulement masculins mais également féminins.

Dans l’ensemble du corpus biblique, ces images sont en majorité masculines. Mais cette lettre encyclique fait remarquer qu'il y en a de féminines. Par exemple le livre d’Isaïe, au chapitre 49 verset 14 à 15, où Dieu est comparé à une femme qui n’oubliera jamais ses enfants et Isaïe 66 verset 13, comme une mère qui console.

 

Si la lettre encyclique s’était arrêtée là, c’était un vrai progrès.

Mais non seulement il y a une suite qui est désastreuse mais il y a d’abord une première critique à faire et elle est de taille.

Les personnes peu au fait de l’histoire de la pensée chrétienne depuis 2000 ans pourrait penser en lisant cette première partie de la lettre que l’Eglise catholique a toujours eu ce langage. Mais il n’en est rien.

Cette lettre peut être considérée comme une rupture avec le discours qui a dominé pendant 20 siècles.

Heureuse rupture donc et qui permet de dire que le discours peut changer et pourra encore changer.

 

Pour mesurer l’ampleur de cette rupture, je vous propose quelques flashs :

*Un texte du Droit canon

La femme ne serait pas image de Dieu dans l’ordre de la création. Adam est le premier homme exemplaire. Eve est secondaire parce que dérivée. Le couple originel est le prototype de tous ceux à venir, chaque « vir » (mot latin pour le masculin) héritant de la primauté d’Adam et chaque « mulier » (mot latin pour dire le féminin) héritant de la dépendance d’Eve.

qu’elle soit image de Dieu, ce qui est absurde. De quelle façon en effet peut-il être dit de la femme qu’elle est image de Dieu, elle qu’on constate soumise à la domination de l’homme et n’avoir nulle autorité ? En effet, elle ne peut ni enseigner, ni être témoin, ni dire la foi, ni juger et encore moins commander ! L’homme en effet a été fait à l’image de Dieu, et non la femme.

Le voile de la femme était considéré comme un signe de sa subordination en tant que non-théomorphe.

C’est pourquoi la femme doit se voiler la tête parce qu’elle n’est pas image de Dieu et doit se montrer soumise

 

*St Augustin

La femme avec son mari est image de Dieu, de sorte que la totalité de cette substance humaine forme une seule image ; mais lorsqu’elle est considérée comme l’auxiliaire de l’homme - ce qui n’appartient qu’à elle seule - elle n’est pas image de Dieu ; par contre l’homme, en ce qu’il n’appartient qu’à lui, est image de Dieu…

Dans la pensée d’Augustin, on voit donc que, associée à l'homme, la femme est image de Dieu. Mais l'homme n'a pas besoin de la femme pour l'être. Il l'est en lui-même, image parfaite, entière. Et la raison de la non-théomorphie de la femme sans l'homme, c'est son statut d'auxiliaire.

 

*St Thomas

…pour ce qui est de certains traits secondaires, l'image de Dieu se trouve dans l'homme d'une façon qui ne se vérifie pas dans la femme ; en effet, l'homme est principe et fin de la femme, comme Dieu est principe et fin de toute la création. Aussi, une fois que St. Paul eut dit : L'homme est l'image et la gloire de Dieu tandis que la femme est la gloire de l'homme, il montra la raison pour laquelle il avait dit cela en ajoutant : Car ce n'est pas l'homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l'homme, et ce n'est pas l'homme qui a été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme.

 

*St Bonaventure

Le sexe masculin est nécessaire pour la réception des Ordres… car nul ne peut recevoir les Ordres s’il n’est image de Dieu, parce que dans ce sacrement la personne humaine devient d’une certaine manière Dieu 33 ou divine, puisqu’elle devient participante au pouvoir divin. Mais c’est l’homme qui est, en raison de son sexe, Imago Dei, comme il est dit dans le chapitre 11 de la 1ère lettre aux Corinthiens. Il est donc impossible à une femme d’être ordonnée.

 

*le Pape Pie XI, dans l’encyclique Casti connubii.

C’est une bonne illustration de la doctrine classique qui a prévalu jusqu'au Concile Vatican II.

…La société domestique ayant été bien affermie par le lien de cette charité, il est nécessaire d'y faire fleurir ce que saint Augustin appelle l'ordre de l'amour. Cet ordre implique et la primauté du mari sur sa femme et ses enfants, et la soumission empressée de la femme ainsi que son obéissance spontanée, ce que l'Apôtre recommande en ces termes : Que les femmes soient soumises à leurs maris comme au Seigneur ; parce que l'homme est le chef de la femme comme le Christ est le Chef de l'Eglise.

Pour ce qui regarde la structure même de la famille et sa loi fondamentale établie et fixée par Dieu, il n'est jamais, ni nulle part, permis de les bouleverser ou d'y porter atteinte.

 

*En 1880, une autre encyclique avait abordé le même thème :

L'homme est le prince de la famille et le chef de la femme ; celle-ci, toutefois, parce qu'elle est, par rapport à lui, la chair de sa chair et l'os de ses os, sera soumise, elle obéira à son mari, non point à la façon d'une servante, mais comme une associée ; et ainsi, son obéissance ne manquera ni de beauté ni de dignité. Dans celui qui commande et dans celle qui obéit - parce que le premier reproduit l'image du Christ, et la seconde l'image de l'Eglise, - la charité divine ne devra jamais cesser d'être la régulatrice de leur devoir respectif.

 

Je termine par ces citations pour bien montrer la rupture que Mulierisdignitatem instaure par rapport aux encycliques précédentes :

Non théomorphie de la femme, soumission dans le plan de Dieu, statut d’auxiliaire.

 

 

J’en viens maintenant à la 2ème partie de la lettre encyclique qui est extrêmement malheureuse pour les femmes. S’il faut résumer en une formule, on peut dire :

Le masculin du côté du divin et le féminin du côté de l’humain

Enfermement du féminin dans des stéréotypes très étroit

1-D’abord : masculin du côté du divin et le féminin du côté de l’humain

*Le masculin du côté du divin puisque le Christ est un époux au masculin

Pour étayer cette idée fondamentale, la lettre s’appuie sur la permanence biblique à présenter Dieu comme un époux et Israël comme son épouse dans l’Ancien Testament.

l’amour de Dieu pour son peuple, semblable à celui d’un époux, exprimerait la qualité sponsale de cet amour qui ne pourrait être que masculine.

Christ est l’époux et par là s’exprime la vérité sur l’amour de Dieu qui a aimé le premier. Un époux qui, en s’incarnant, est devenu vrai homme au masculin. « Le symbole de l’époux est donc du genre masculin C’est par ce symbole masculin que Dieu exprime son amour.

Elle met les hommes seuls du côté de l’époux puisqu’ils ont le sexe de l’époux. Et cela permet de justifier l’assymétrie du masculin et du féminin dans la célébration de l’Eucharistie.

Si le Christ, en instituant l'Eucharistie, l'a liée d'une manière aussi explicite au service sacerdotal des Apôtres, il est légitime de penser qu'il voulait de cette façon exprimer la relation entre l'homme et la femme, entre ce qui est "féminin" et ce qui est "masculin", voulue par Dieu tant dans le mystère de la Création que dans celui de la Rédemption. Dans l'Eucharistie s'exprime avant tout sacramentellement l'acte rédempteur du Christ-Epoux envers l'Eglise-Epouse. Cela devient transparent et sans équivoque lorsque le service sacramentel de l'Eucharistie, où le prêtre agit "in persona Christi", est accompli par l'homme.

*le féminin du côté de l’humain et Marie en est l’essence

Pour la lettre encyclique, Marie est l'archétype de la dignité de la femme.

En Marie « on retrouve la femme telle qu'elle fut voulue dans la création et donc dans la pensée éternelle de Dieu, au sein de la très sainte Trinité. Marie est le nouveau commencement de la dignité et de la vocation de la femme, de toutes les femmes et de chacune d'elles…

*Conséquences inégalitaire d’une symbolique allégorisante

Pour cette lettre le Christ n’est pas « comme » un époux, simple image pour dire une fidélité. Non, il EST époux, identification terme à terme du Christ à l’époux.

Cette symbolique allégorisante se décline ainsi :

Adam de sexe Masculin= Christ nouvel Adam = époux = principe masculin = les hommes concrets ;

Eve= Marie nouvelle Eve = épouse et mère = principe féminin= les femmes concrètes.

Avec cette symbolique allégorisante, le féminin et donc toutes les femmes, ne peuvent qu’être dans une position seconde, réceptrice, uniquement du côté de l’humain, tandis que le principe masculin et donc tous les hommes se voient attribuer la position première, initiatrice, ayant part à la dimension divine du Christ.

Nous avons vu qu’il y a bien rupture avec une anthropologie inégalitaire des sexes dans cette lettre encyclique. Mais l’inégalité est réintroduite dans la symbolique allégorisante du mystère de l’Eglise. Dans ce mystère, le féminin est remis à une place inégale.

*Critique

Le lien entre Eve et Marie est présentée comme le mystère de la femme et il est situé face au lien Adam/Christ dont on dit qu’il est mystère du Christ. Cela veut dire que la typologie Adam/Christ dit le mystère de l’homme masculin et uniquement lui.

Il n’est pas théologiquement juste de dire cela parce que le Christ et Marie sont des modèles pour tout humain qu'il soit femme ou homme. Bien sûr le sexe de Marie est féminin et le sexe de Jésus en son humanité est masculin. Mais la foi a tenu que l'Incarnation assumait tout l'humain. C'est un enjeu de salut, selon l'adage classique que ce qui n'est pas assumé, n'est pas sauvé. Le credo nous fait dire : homo factus est et non pas vir factus est. Il faut donc penser qu'en assumant la nature humaine sous sa limite inévitable d'un sexe et non de l'autre, ce sont les humains des deux sexes qu'il assumait et sauvait.

Les liens Eve/Marie et Adam/Christ tels que le pense Mulieris dignitatem sont dangereuses pour les femmes. Car ils rétablissent une hiérarchie : le féminin serait tout entier du côté du créé, de l’humain ; le masculin par son union au Verbe serait seul à être uni à Dieu.

Pour contrer cette pensée, Il faut donc continuer à dire et à tenir que le Christ est le modèle et le nouveau commencement de la dignité et de la vocation de tous les humains, femme et homme, de toutes les femmes et de tous les hommes, de chacune d'elles et de chacun d'eux.

Au n° 11 de la lettre, le fait de situer aussi Marie modèle du féminin, sans faire du Christ aussi le modèle des femmes, réintroduit une hiérarchie qui peut être légitimement interrogée y compris au niveau de sa justesse doctrinale.

Par l'incarnation c’est la nature humaine qui est assumée, ce qui fait que les femmes, comme les hommes, sont uni-es à lui. Par le baptême, des êtres humains, hommes et femmes deviennent d'autres "Christ", sont configurés à lui. On peut donc regretter que cette dimension baptismale qui configure au Christ les femmes comme les hommes soit absente de la lettre.

2-Un enfermement du féminin

*dans une vocation d’épouse et de mère

La vocation de la femme serait d’être épouse et mère. Donc si on réfléchit, elle n’est pas pensée pour elle-même mais pour son mari en étant épouse et pour son mari en étant mère des enfants de son mari.Le magistère romain a cru bon d’écrire une lettre encyclique sur la femme qui a pour titre Mulieris dignitatem. Mais il n’existe pas jusqu’à présent un document similaire qui aurait pour titre Viri dignitatem. Pourquoi ? Parce que dans cette pensée, ce qui serait dit de l’homme masculin (viri), ne pourrait être que l’équivalent de l’humain (homo). Un texte sur la femme (mulier), devant l’absence d’un texte sur l’homme masculin, dit, de fait, que le masculin continue d’être pensé par le magistère romain comme générique de l’humain, sans particularité, et que seul le féminin en comporte, la particularisant, l’incluant tout en le mettant à part et la pensant, non pour elle-même mais pour l’homme masculin.

* en posture de réceptivité

Pour cette lettre encyclique, la position d’épouse serait la vérité sur la femme. L’époux est considéré comme celui qui donne et l’épouse celle qui reçoit. L’épouse est aimée et reçoit l’amour pour aimer à son tour. Il s’agirait d’un universel fondé sur le fait d’être femme. La femme aurait donc reçu mission d’être prophète de cette attitude de réceptivité de l‘amour, « être aimé », qui, dans la Vierge Marie trouverait son expression la plus haute. Cela induit une dimension passive de Marie comme figure des femmes. Cela la met et les mets du côté de la réceptivité d’une action dont elles n’ont pas l’initiative. Ceci est légitime pour l’attitude de foi comme accueil par le croyant d’une grâce qui lui vient de Dieu. Cela ne l’est pas si on en fait le paradigme du féminin et cela n’est pas recevable dans une anthropologie qui reconnaît aux femmes une identique posture d’initiative.

*en femme éternelle

Comme pour d’autres encycliques ayant pour thème la sexualité, le biologique[6] est une donnée normative, donc statique. Il y aurait un ordre de la nature qui est destin pour la femme. Cela pouvait se comprendre dans les situations historiques passées où l’espérance de vie ne dépassait guère 40 ans, où la multiplication des naissances se justifiait par une très grande mortalité. Cela n’est plus la réalité pour une part importante de femmes dans le monde d’aujourd’hui. L’horizon vocationnel des femmes en France, par exemple, ne se réduit pas à être épouse et mère, comme par exemple l’investissement dans le travail professionnel, l’accession (en pratique, non sans difficultés et sinon en théorie) à tous les postes de responsabilités dans la société civile. La créativité des femmes n’est maintenant plus limitée à la seule maternité, elles peuvent s’épanouir dans tous les domaines du politique, de l’économique, du social, du culturel …Tous ces domaines demandent autant de qualités d’initiative que de réceptivité, ils ne se vivent pas selon le schéma de la lettre encyclique fondée sur un don au masculin et l’accueil du don au féminin mais selon une réciprocité où chacun donne et reçoit sans prééminence. La soi-disante réceptivité féminine ne serait-elle alors signifiante que pour la symbolique ecclésiale ? Dans ce cas, pourquoi y aurait-il posture d’initiative dans ce qui est de l’ordre humain et seulement posture de réceptivité dans le domaine ecclésial ? Cela reviendrait à penser une double anthropologie contradictoire.

*dans une conception statique de la révélation

Il n’est pas légitime, à partir du donné de la foi d’un sauveur masculin né d’une femme, vierge et mère, d’en tirer une anthropologie du masculin et du féminin.Il fut un temps où l’on tirait de la Bible une cosmologie, ce qui, à l’époque moderne, a introduit le conflit entre science et foi. C’est la même contestable démarche qui anime cette Lettre encyclique dangereuse pour les femmes mais également pour la crédibilité du magistère romain. Le magistère romain a renoncé à fonder bibliquement une cosmologie. Le temps n’est plus à la défense d’une création en sept jours. De même, il n’est plus possible de chercher dans la Bible une anthropologie révélée du masculin et du féminin, qui dirait de toute éternité ce qu’est une femme, ce qu’elle doit être et rester. La lettre encyclique relève de ce mode de pensée. Elle ne peut être reçue par les femmes qui luttent pour ne pas être enfermées dans des stéréotypes qui les empêchent de développer toutes leurs potentialités humaines. La Révélation se situe au niveau du sens de l’existence, d’une anthropologie fondamentale, d’un être humain à l’image de Dieu, aimé et capable d’aimer, digne de respect. Cette anthropologie dit le sens de l’existence humaine et son orientation vers Dieu mais elle n’offre pas une anthropologie particulière, une science anthropologique révélée de ce que serait le féminin et le masculin. Cette anthropologie particulière est à bâtir par l’expérience de tous et de toutes, chrétiens ou non.

Il faut sortir de cet enfermement. C’est ce que j’ai essayé de faire dans la 2ème partie de mon livre. L’enjeu est d’importance, c’est celui de favoriser un christianisme qui se positionne de manière claire contre toutes les formes de discrimination, pour une libération de toutes et de tous. La manière de parler de la différence homme-femme et la manière de représenter Dieu, font partie de cette libération, soit pour la favoriser, soit pour s’y opposer ou la freiner.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

Repost 0
Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans Penser la foi autrement
commenter cet article
30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 19:02
Quelques aspects d'une vie religieuse apostolique: une autre manière d'en parler

La vie religieuse est une manière, parmi d’autres, de suivre le Christ.

 

Parmi d’autres manières et pas mieux que les autres, mais avec les particularités suivantes :

 

*Un vivre avec d’autres (on appelle cela la vie communautaire) :

Dans le quotidien de la vie : un même lieu d’habitat, les repas, la liturgie, le partage, le soutien mutuel…

 

*une mise en commun de ce que l’on a et de ce que l’on est (on appelle cela la pauvreté)

Ce n’est pas la misère mais une manière de vivre la solidarité et le partage.

 

*une manière d’aimer originale (on appelle cela la chasteté continente)

Pour focaliser ses puissances affectives sur le Christ et accueillir les autres comme des frères et des sœurs

 

*une façon de faire des choix en dialogue (on appelle cela l’obéissance)

Ne pas vivre en solo mais chercher avec sa communauté et la responsable ce qui est le mieux pour vivre de l’Evangile du Christ.

 

*un enracinement fort dans une vie de prière personnelle.

Contempler le Christ pour que quelque chose de lui passe dans nos mains, nos cœurs, nos vies

 

*Une passion

Elle prend toute la vie pour que le Christ soit connu et aimer.

 

Et si l’on est une Sœur du Cénacle travaillant dans un Centre spirituel, on vit cela en animant des retraites, des temps-forts spirituels, en accompagnant spirituellement… mais on le fait, façonnée par la vie communautaire, les vœux de pauvreté, chasteté, obéissance, (ainsi que je les ai défini), la vie de prière, la passion pour le Christ.

 

La vie religieuse porte une utopie d’un autre type de rapports humains, un autre type de rapport au monde, à l’opposé de l’exploitation sexuelle, de la domination politique, de l’oppression économique et montre que d’autres chemins d’un vivre ensemble sont possibles : un monde d’accueil inconditionnel, de pardon, de dignité, de partage, de liberté spirituelle, de justice, de solidarité, d’égalité pour toutes et tous, de primat de la personne… Et cela informe toutes les propositions que nous faisons, les groupes que nous animons, notre manière de transmettre la foi, d’accompagner les personnes, d’accueillir…

Sr Michèle Jeunet, rc

 

 

Repost 0
Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans Projecteur sur...
commenter cet article
27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 11:49

Un jeune musicien plein de talent.

Repost 0
Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans chanson et musique
commenter cet article
26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 10:25
Le sel des béatitudes: 5ème dimanche du TO, Matthieu 5/1-13

Matthieu chapitre 5 verset 13

"Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel vient à s'affadir, avec quoi le salera-t-on ? Il n'est plus bon à rien qu'à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens.

 

Matthieu chapitre 5 verset 1 à 12

Voyant les foules, il gravit la montagne, et quand il fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui. Et prenant la parole, il les enseignait en disant : "Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux. Heureux les doux, car ils posséderont la terre. Heureux les affligés, car ils seront consolés. Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement contre vous toute sorte d'infamie à cause de moi. Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux : c'est bien ainsi qu'on a persécuté les prophètes, vos devanciers.

 

Pourquoi commencer par le verset 13 du chapitre 5 de Mathieu et ensuite seulement les versets 1 à 12 ?

Pour mieux comprendre la signification du sel dont parle Jésus.

Le sel donne du goût aux aliments, les béatitudes donnent goût à la vie.

De même que le sel est nécessaire, de même les disciples ont dans le monde une fonction unique et irremplaçable, source de saveur, de sens. Leur existence est dotée de nouvelles bases celle des béatitudes.

Pour chacune de ses béatitudes, il est important, d’abord, de regarder Jésus qui les a vécus. On peut faire mémoire des textes évangéliques qui nous le montre pauvre de cœur, doux, pleurant, assoiffé de justice, miséricordieux, pur, artisan de paix.

Il en a fait le sel de sa vie.

Ce qu’il nous dit là, c’est quelque chose qu’il a expérimenté comme chemin de vie, et c’est pour cela qu’il nous le propose.

 

1-Sel de la pauvreté du cœur

Nous sommes faits pour le bonheur. Le vrai bonheur qui est l’amitié avec Dieu, l’expérience d’un cœur à cœur avec lui.

C’est le vrai trésor et la vraie richesse. Cette amitié qui rend vraiment heureux-se, c’est le cadeau de Dieu.

Pour accueillir un cadeau, il faut des mains vides, un cœur de pauvre qui désire, qui attend, qui espère la seule vraie richesse qui est notre Dieu lui-même.

-Rendre grâce pour l’amour gratuit de Dieu qui aime le premier sans exiger rien en retour, qui donne son amitié sans mérite de ma part, indépendamment de ce que je fais ou ne fais pas.

On n’a pas le pouvoir de le faire « changer d’avis » à notre sujet !

-Quelle expérience ai-je d’une pauvreté qui source de richesse et de goût de vivre ?

Pauvreté qui est espace ouvert pour être rempli.

-Faire mémoire de moment de ma vie où j’ai expérimenté cela.

2-Sel de la douceur

Quand on est pauvre de cœur pour être riche de Dieu, on accepte mieux ses faiblesses, ses fragilités, on devient doux, douce envers soi-même et envers les autres. Dieu nous traite avec douceur et ses manières deviennent les nôtres.

-Sur quel point ai-je conscience que Dieu me prend avec douceur ?

3-Sel des larmes

Béatitude des larmes, larmes de celui, de celle qui se reconnaît aimé-e de Dieu et qui pleure de l’aimer si peu en retour.

Larmes de la contrition du cœur.

« Pleurer de joie » : larmes de joie d’un bonheur humain après une longue attente…

-Sont-elles venues un jour aux yeux de mon cœur ? Si non les demander comme une grâce insigne.

4-Sel de la justice

Faim et soif d’un monde juste, c’est à dire ajusté au projet de Dieu

Faim et soif que nos vies plaisent à Dieu parce que ajusté à son amour.

-Mettre ce sel dans ma prière en priant pour tous ceux et celles qui luttent pour plus de justice.

-Prendre conscience de ce qui dans ma vie est ajusté au projet de Dieu, des choix que je fais qui vont dans le sens de la justice, dans le sens d’un combat pour la justice, la dignité humaine. Rendre grâce à Dieu.

-Demander des forces neuves pour continuer.

4-Sel de la miséricorde

Heureusement qu’il y a la miséricorde de Dieu !

Dieu plus grand que notre cœur.

Dieu qui ne nous réduit pas à nos actes.

Dieu qui continue de nous aimer.

Dieu qui nous ouvre toujours un avenir.

Dieu patient qui ne désespère jamais de nous.

-Me jeter dans les bras du Père et rester là à goûter la saveur de ses bras autant maternels que paternels qui me pressent contre son cœur

5-Sel de la pureté

Cœur pur et chaste qui renonce à se servir des autres, qui ne veut pas les posséder ni les dominer.

La chasteté est une attitude du cœur. Etre chaste, c’est ne pas instrumentaliser l’autre à mon profit.

Le cœur pur nous ouvre le regard sur le mystère de Dieu, lui qui est pur amour de gratuité.

-Examiner les relations que j’ai (famille, amitié, travail, engagement) mes attitudes permettent-elles aux autres d’être libre ou font-elles pression sur eux ? Selon le cas, remercier ou demander pardon et l’aide de Dieu.

-Rester là sans vouloir autre chose que d’être là devant lui, pour lui.

Le laisser me purifier par le sel de sa Présence.

 

Etre pauvre, doux, pleurer devant tant d’amour de notre Dieu, avoir faim d’une vie ajustée à son projet, se livrer à sa miséricorde, purifier son cœur au contact du Cœur du Christ…

C’est se pacifier et pacifier autour de soi, c’est être artisan de paix dans notre monde, sel de la terre.

 

Repost 0
Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans REP
commenter cet article
22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 18:30
Des religieuses en réseau contre la traite des êtres humains

RENATE est un réseau où les religieuses qui travaillent contre le trafic et l’exploitation des êtres humains s’entraident. Ces religieuses travaillent avec les victimes « invisibles » et dont la voix n’est pas entendue afin qu’elles puissent se mettre debout, se réhabiliter et devenir autonomes.

RENATE est une voix prophétique dans la lutte pour les droits de tous les êtres humains.

RENATE est engagée à vivre les enseignements de l’Eglise où les travail contre le trafic humain est considéré la mission de Dieu.

RENATE est présente en 27 pays européens, de’Europe de l’Est, centrale et occidentale.

RENATE – FRANCE est formé par les membres de RENATE engagées contre la traite humaine en France.

Renate – France est un réseau de religieuses qui sont engagées contre la traite des êtres humains.

Lire la suite :

https://renatefrance.wordpress.com/2017/01/05/des-religieuses-en-reseau-contre-la-traite-des-etres-humains/

Repost 0
Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans Pour agir
commenter cet article
15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 15:57
Méditer avec l'évangile de Jean: parler est divin Jn 1/1-18

AU COMMENCEMENT était la Parole, et la parole était auprès de Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement auprès de Dieu. C’est par elle que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière. La parole était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Elle était dans le monde, et le monde était venu par elle à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Elle est venu chez elle, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, elle a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. Et la parole s’est faite chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. » Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître. Jn 1. 1-18

1ère piste :

Au commencement…

Gouter le mot commencement.

Il y a dans ce mot un air de naissance donc un air d’espérance : du neuf peut surgir, peut toujours surgir.

Nous sommes au commencement de l’année,  tout recommence. Qu’est-ce que je souhaite pour cette année ? Qu’est-ce qui commence et dont je me réjouis ?

En parler avec Dieu comme un ami parle à son ami

 

2ème piste :

Au commencement la Parole

M’étonner que l’Evangile de Jean commence par ces mots

Ce qui est au commencement, au principe des choses, à la raison des choses, c’est la Parole.

Et la Parole est Dieu. Dieu est Parole.

M’étonner car les humains, chacun, chacune de nous sommes des êtres de parole. Nous parlons !

Parler, c’est donc être de Dieu. Parler, c’est divin. Parler c’est participer à l’être même de Dieu.

Prendre conscience de cela : tout être humain donc moi aussi, quand je parle, je participe à l’être même de Dieu. Je suis en lui, de lui.

Qu’est-ce que cela provoque en moi de découvrir cela ?

 

3ème piste :

En elle, la vie, la vie lumière, qui éclaire chaque Homme

Cette Parole est vie et lumière pour tous et toutes.

Cette Parole qui est Dieu est Parole de vie et de lumière.

Cette parole qui est Dieu est notre vie. Elle nous donne la vie, elle nous vivifie.

Sentir combien la Parole qui est Dieu irrigue notre vie dans toutes ses dimensions : intelligence, cœur, corps.

Sentir combien la Parole qui est Dieu est lumière de nos vies.

Est-ce que je peux nommer concrètement en quoi la Parole qui est Dieu vivifie et éclaire ma vie ?

 

4ème piste :

La Parole a pris chair

Nous sommes ici dans l’inouï du christianisme, dans la « révolution » religieuse du christianisme. Dieu de chair humaine. Dieu dans la singularité d’un visage. Dieu avec des yeux…nos yeux ; Dieu avec des mains…nos mains.

Dieu qui plante sa tente en nos vies : donc rien ne peut nous séparer de lui.

Qu’est-ce que cela ouvre en moi comme joie, comme confiance, comme assurance ?

 

5ème piste :

Par Jésus la tendresse et la fidélité

Sentir la douceur de Jésus, sa tendresse et sa fidélité.

Sentir aussi que cette tendresse et cette fidélité ne sont pas reçues, sont méprisées comme on le vit en tout acte d’injustice.

Si j’ai été victime d’injustice, je peux venir auprès de Jésus pour qu’il m’inonde de sa tendresse.

 

6ème piste :

Dieu, personne ne l’a jamais vu mais le Fils unique, Dieu, l’a raconté

Dieu, ça se raconte ! Et c’est la Parole faite chair, Jésus, qui nous le raconte.

Dieu ne se dit pas par des discours mais par une vie, des gestes, des attitudes, des prises de position, des paroles qui ont été celles de Jésus.

Quel est le récit de l’Evangile qui pour moi « raconte » le mieux Dieu ?

 

 

 

Repost 0
Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans REP
commenter cet article
6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 22:38

Un chant qui nous ouvre au mystère de l'humilité de Dieu:

Repost 0
Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans chanson et musique
commenter cet article
5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 22:15
Méditer sur l'Epiphanie: des mages, chercheurs de Dieu en Mt 2/1-12

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

1-Jésus étant né à Bethléem

Nous sommes à à la source de la foi : Jésus, Verbe fait chair, Dieu qui nait. Dieu qui entre dans le temps, qui entre dans un espace, qui entre dans une culture. Dieu comme nous, un humain.

Laissons-nous étonner par cela. Demandons-nous ce que cela change quand à notre image de Dieu et ce que cela change quand à notre perception de nous-mêmes.

Laissons-nous bousculer par cela.

2-Voici que des mages venus d’Orient

Ces mages orientaux, représentent tous les chercheurs, chercheuses de Dieu. Tous ceux du monde entier qui reconnaîtront  en Jésus  Dieu venu nous rejoindre. C’est chacun-e de nous. Ils sont venus de loin, ils ont fait tout un chemin.

Et nous ? De quel orient sommes-nous venus : orient du doute, de l’incroyance, de la souffrance …

Par quel chemin sommes-nous venus au Christ ?

Par quels chemins venons-nous à lui ?

3-Où est le roi des juifs qui vient de naître ?

La question porte sur le lieu de la naissance.

Dans notre vie, quel sont les lieux où nous voyons naitre le Christ ? Quels sont les lieux de nativité aujourd’hui pour nous?

4-Hérode

Regarder ce qu’il fait, écouter ce qu’il dit. Le verset 13 nous donne la clé de son comportement. Actes et paroles sont motivés par la volonté de tuer l’enfant.

Pourquoi ? Pourquoi un enfant est-il dangereux pour lui ?

Pourquoi ce refus dès le début de la vie de Jésus ?

5-Grands prêtes et scribes

Ils ont la connaissance du lieu de la naissance mais ils ne bougent pas, ne vont pas voir. Leur connaissance de produit rien en eux. Leur connaissance n’est pas vitale pour eux, ce n’est pas le cœur de leur vie.

Et moi, qu’est-ce qui est vital pour moi et qui me fait me bouger ?

6-Entrant dans le logis, ils virent l’enfant avec Marie sa mère

Faire comme eux, regarder Jésus, contempler simplement Dieu dans la faiblesse, la vulnérabilité d’un enfant.

M’emplir les yeux de ce que je vois

7-Ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l’or de l’encens et de la myrrhe

Cet enfant ne leur a rien demandé. Ce que nous offrons à Dieu n’est pas une commande de sa part, ce qu’il voudrait qu’on lui donne !  C’est simplement ce que par amitié, nous voulons lui donner.

Laissons-nous guérir de cette fausse image de ce que Dieu veut. Sa volonté est que nous vivions.

Quelle cassette de mon cœur je veux ouvrir ? Quel or et quel encens, quelle myrrhe je veux donner ?

8-Ils prirent une autre route pour rentrer dans leur pays

Avoir rencontré Jésus  dé-route , on ne fait plus comme avant ! Ils vont habiter le pays de leur vie autrement.

En quoi la rencontre avec Jésus m’a-t-elle fait prendre d’autres routes ?

 

Repost 0
Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans REP
commenter cet article
24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 23:42
Voeux de Noël
Voeux de Noël
Voeux de Noël

Le miracle qui sauve le monde, le domaine des affaires humaines, de la ruine normale, « naturelle » ; c’est finalement le fait de la natalité, dans lequel s’enracine ontologiquement la faculté d’agir.

En d’autres termes : c’est la naissance d’hommes nouveaux, le fait qu’ils commencent à nouveau, l’action dont ils sont capables par droit de naissance.

Seule l’expérience totale de cette capacité peut octroyer aux affaires humaines la foi et l’espérance…

C’est cette expérience et cette foi dans la monde qui ont trouvé sans doute leur expression la plus succincte, la plus glorieuse dans la petite phrase des Evangiles annonçant leur »bonne nouvelle » : « Un enfant nous est né »

Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne, Ed Pocket

p 314

C’est avec Hannah Arendt, cette femme passionnée qui nous rappelle l’acte de penser comme le meilleur rempart contre la barbarie, que je viens vous souhaiter un Noël qui soit vraiment Noël pour chacune et chacun de nous :

Une faculté d’agir renouvelée par droit de naissance !

« Un enfant nous est né » et des possibles insoupçonnés peuvent advenir.

Belle année 2017 en prenant soin de cette foi et de cette espérance.

 

Repost 0
Published by aubonheurdedieu-soeurmichele - dans Voeux
commenter cet article