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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 18:32
La douceur de Jésus: dans l'Evangile de Matthieu 11/28-30

 « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Mt 11,28-30

1ère piste : Pourquoi Jésus prend-il cette image du joug ?

Cela sonne mal à nos oreilles, c’est une image difficile qui évoque une servitude et cela n’a rien d’attirant. Au contraire, c’est plutôt repoussoir ! C’est parce qu’Il s’adresse à des gens qui subissent un joug pesant qui les accable et Il veut les en libérer.  Pour leur proposer un autre qui n’a rien à voir avec ça.

Faire une demande à Jésus : celle de me laisser libérer par lui de quelque chose qui m’empêche d’être libre.

 

2ème piste : De quel joug, Jésus veut-il libérer ?

Ce joug pesant c’est la loi religieuse qui régissait la vie des gens. Cette loi était comparée à un joug (Si 6/18-37).  Jésus critique ceux qui la font peser sur les autres ( Mt 23/3) Tout au long de l’Evangile, on voit Jésus en opposition à ces lois religieuses pesantes, excluantes, enfermantes, ces lois qui emprisonnent la vie. Jésus veut donc libérer celles et ceux qui peinent sous ces lois, ceux qui ploient sous ce fardeau.  

Sentir le désir, la volonté de Jésus qui veut libérer de cela

 

3ème piste : Quel est le joug de Jésus ?

Il leur propose un autre joug qui est tout à l’inverse : reposant, bienfaisant, aisé, léger. Parce que ce n’est pas une loi qu’Il propose mais c’est quelqu’un. Lui-même. Quelqu’un à aimer, une amitié, un lien d’amour à faire grandir avec Lui qui est doux et humble de cœur.

Ecouter avec attention comment il décrit son joug. Laissons retentir ces mots en nous.  

 

4ème piste : Venez à moi…Prenez mon joug…Apprenez de moi.  

Il y a trois verbes à l’impératif.

Si nous entendons ces verbes comme des ordres, des obligations, nous sommes encore dans le registre du joug pesant qui emprisonne, et ce n’est pas une bonne nouvelle.

Si nous entendons ces verbes comme une volonté précise de Dieu pour nous : tu dois faire ça, ce n’est pas non plus une bonne nouvelle. 

Mais si nous les entendons comme un appel à vivre, comme une demande d’amitié, comme une prière que Dieu nous fait, nous accédons à une relation de liberté.

Là, c’est une bonne nouvelle.

Si nous les entendons comme un appel à inventer notre vie à partir du désir le plus profond et vivant de notre cœur.

Là c’est une bonne nouvelle.

Comment les entendons-nous ?

 

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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 15:44
Le récit des tentations de Jésus: Une liberté à l'oeuvre, mt 4/1-11

Mt 4/1 à 11

Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. » Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. » Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.

 

Relire ce qu’il y a avant ce récit : le baptême de Jésus, car il nous révèle la source de la liberté du Christ. Mt 3/13-17

Le Christ est libre parce qu’il est fils, parce qu’il le sait, parce que de toute éternité, le Père le lui dit.

« celui-ci est mon fils, l’Aimé en qui je me plais » Etre fils en qui le Père se complait, c’est n’avoir rien à prouver, rien à conquérir, car tout est déjà donné, offert. Il ne peut pas avoir cette quête anxieuse, ce besoin de reconnaissance, cette avidité pour ce qu’on n’a pas, qui, pour nous, peut tellement nous rendre prisonnier des choses et des autres. Donc entendre cette parole du Père au Fils, entendre comme une parole qui dit sa liberté et croire que ce n’est pas seulement pour Jésus mais qu’il est venu pour nous partager sa liberté, pour nous ouvrir le passage, pour fendre les eaux et nous ouvrir le chemin à sa suite.

Entendre cette parole aussi pour chacun de nous

« Tu es mon fils, ma fille, l’Aimé-e en qui je me plais »

Après la source de la liberté, nous voyons la liberté à l’œuvre dans ce récit des tentations

1ère tentation

Jésus n’a rien à prouver, il est le Fils et le diable lui demande de le prouver.

Il part d’un doute : « si tu es… » La liberté de Jésus, c’est de croire la parole du Père.

La prison pour nous c’est souvent d’écouter d’autre voix, d’écouter la parole de soupçon

Et de ce point de vue ce récit est l’anti-Gn3 : Adam et Eve ont écouté le soupçon sur Dieu que le diable leur disait : Dieu est jaloux et ne veut pas tout vous donner, alors prenez le de force.

Notre liberté c’est de croire, qu’à la suite de Jésus, co-héritier avec lui, lui le Fils aîné, Dieu nous a tout donné puisque nous sommes ses filles et ses fils.

Ecouter la réponse de Jésus

« Il est écrit : ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de tout mot sortant de la bouche de Dieu »

Jésus ne dit pas : je te dis que ce n’est pas…

Il dit : « il est écrit » En même temps, il s’efface devant une parole qui n’est pas la sienne, une objectivité qui ne dépend que de Dieu, et en même temps, c’est éminemment sa parole, la sienne, lui qui est la Parole du Père.

Donner cette parole, c’est sa mission et c’est équivalant : se donner. Jésus en renonçant à faire de ces pierres du pain pour lui, va pouvoir un jour de sa vie publique, faire de quelques pains, une multitude de pains ; faire d’un pain son corps pour la multitude. Cette objectivité de la parole est aussi pour nous la source de notre liberté, cela ne dépend pas de nous, de nos bonnes ou mauvaises dispositions : la Parole nous fait vivre.

Ce qui est de nous, c’est d’y consentir, de nous laisser vivre par elle.

Nous recevoir de Dieu qui prouve notre vie. Pauvreté qui est source de fécondité.

2ème tentation

Entendre le 2ème piège à la liberté

« Il le met sur le faîte du temple…jette-toi en bas…car il est écrit : à ses anges, il commandera pour toi »

Il n’y a rein à prouver devant Dieu et rien à prouver devant les autres.

Le piège du diable est le refus de la liberté : s’imposer par l’évidence et non par le lent cheminement de la foi. Fais cela et on croira à toi, on sera forcé de croire en toi.

Il y a dans ce refus de cette tentation, un respect de nous-même : on n’impose pas la foi. Elle est lent travail d’éveil du cœur. Il y aura ce même refus quand Jésus dira qu’il pourrait avoir des légions d’anges pour empêcher son arrestation, refus qui va le briser, qui va faire de lui cette pierre rejetée par les bâtisseurs. Mais c’est ce refus libre qui fera de lui la pierre d’angle, pierre de fondation du vrai temple de Dieu.

Appel pour nous à vivre ce même respect, qui peut nous aider à être libre par rapport à la réussite ou aux échecs. Confiance, attente, patience. Jusqu’à consentir au mépris dont parle Ignace dans la méditation des 2 étendards. Etre méprisé plutôt que prisonnier de la quête des honneurs, du : « à tout prix de la réussite ».

Entendre la réponse de Jésus « Tu n’éprouveras pas le Seigneur ton Dieu »

A nouveau une parole qui n’est pas la sienne et qui est éminemment la sienne mais cette fois-ci en « Tu »

L’homme crée pour louer, respecter…et non manipuler, instrumentaliser, utiliser. Entrer dans une relation qui libère et qui n’aliène pas l’autre et moi-même. Ne pas vouloir avoir prise sur son origine mais sachant la source de ma vie qui est le Père, vivre ma vie en allant de l’avant, sûr d’une parole qui m’autorise à vivre ma vie, à l’inventer en pleine responsabilité. Cette liberté, Jésus, en nous interpellant directement, en nous disant « tu », il veut pour nous la même liberté qui est la sienne. Entendre la force de ce « tu ».

3ème tentation

Entendre le piège

« Il lui montre… tous les royaumes…je te le donnerai si tu tombes et te prosternes »

Nous sommes dans la même stratégie que dans Gn 3 où le serpent fait désiré un fruit en montrant combien il est bon. La séduction par le voir pour désirer la puissance. La stratégie du démon, c’est le donnant-donnant : la puissance au prix de la chute et du rejet de Dieu. La stratégie du Père, c’est ce que Jésus dira en Jean : « Tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi » et qui est dit aussi de notre relation à Dieu à la fin de la parabole des 2 fils : « tout ce qui est à moi est à toi » Lc 15/31

La stratégie du Père ce n’est pas le donnant-donnant mais le déjà donné de toute éternité.

Entendre la réponse de Jésus

D’abord sa victoire : le puissant ce n’est pas le démon, c’est Jésus, c’est lui qui donne des ordres : « retire-toi , va-t-en »

Le christianisme n’est pas rejet de la puissance, mais usage de la puissance comme forces neuves pour transformer ce monde, puissance de guérison et de résurrection

La source de cette puissance, c’est l’adoration du Père qui libère de toute idolâtrie et libère nos forces pour servir ce monde

Enfin je vous invite à lire la suite immédiate de ce passage des tentations,

On pourrait l’intituler : les fruits de la liberté:

-Ouverture à l’universel : une lumière pour tous : 4/12-17

-Eveil de liberté qui se donne: 4/18-22

-Puissance de guérison et puissance sur le mal : 4/23-25

 

 

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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 20:17
Baptême de Jésus dans l'Evangile de Matthieu 3/11-17

Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. » Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

Mt 3. 11-17

1ère piste :

Regarder Jean. Il a conscience qu’avec Jésus arrive un dépassement de son horizon. Jésus le dira aussi. Pas de plus grand que Jean mais il est le plus petit dans le Royaume. Quelle est cette petitesse par rapport au Royaume inauguré par Jésus ? La petitesse d’être encore  sous le régime d’un baptême d’eau pour le repentir alors que Jésus va introduire un baptême d’Esprit qui est pure grâce de Dieu. C’est la grâce de se recevoir comme fille ou fils du Père qui nous change et non une démarche volontariste.

Faire mémoire de mon itinéraire de foi. Quel chemin parcouru de Jean à Jésus, de la férule de la loi à la liberté de l’Esprit ?

 

2ème piste :

Continuer à regarder Jean. Au contact de Jésus, il va opérer une vraie conversion de son image de Dieu.

Dieu n’est pas celui à qui on vient mais celui qui vient vers nous. La conversion n’est pas d’abord morale, elle est accueil de Dieu qui vient à nous, elle est dans l’attitude de se laisser aimer, de le laisser faire.

Profiter de ce moment, maintenant pour me laisser aimer par Dieu, m’abandonner, le laisser faire.

 

3ème piste :

Regarder Jésus au milieu de la foule qui attend son tour. Le regarder attendant comme tout le monde sans privilège.

Un homme au milieu d’autres. Regarder Jésus qui rentre dans l’eau jusqu’au cou, entièrement enseveli par l’eau. Il descend dans cette eau à l’image de l’incarnation. Dieu Très-Haut qui se fait Très-Bas pour nous nous rejoindre.  Il n’a pas besoin de baptême, mais rentrant dans l’eau, il sanctifie toute la matière de nos vies. Il rend saint le plus quotidien de nos vies.

Me laisser étonner par ce que je vois, le Très-Haut qui se fait Très-Bas. Laisser parler mon cœur devant l’inouï de ce qui m’est donné à voir. Contempler l’humilité du Verbe qui s’est fait l’un de nous sans revendiquer aucun privilège. « Lui de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu… » Ph2/6

 

4ème piste :

Voir ce que Jésus voit : il vit l'Esprit de Dieu. Entendre ce qu’il entend : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur » C’est l’identité du Christ qui se dit là mais c’est aussi la nôtre. Nous sommes filles et fils avec le Fils. Il est l’ainé d’une multitude de frères et de sœurs. L’Esprit qui repose sur lui repose aussi sur nous et nous établit prêtre du Très-haut qui s’est fait le Très-Bas pour que chacun se retourne vers Dieu et pour être les célébrants de son amour. Il nous établit prophète du salut pour écouter sa parole, pouvoir en témoigner par nos actes, nos paroles et pour dire partout les merveilles de Dieu. Il nous établit roi et reine pour être au monde justice de Dieu et ainsi œuvrer à un monde selon le cœur de Dieu.

Laissez cette parole descendre au plus profond de nous : je suis sa fille, son fils bien-aimé. Comme le Christ, par mon baptême, je suis prêtre, prophète et roi. Regarder ma vie et voir quelle ma manière personnelle de l’être. Comment je suis prêtre ? Comment je suis prophète ? Comment je suis roi ? Et nous le sommes !

 

 

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 17:17
Un livre à lire: les clés du futur de Jean Staune

https://www.youtube.com/watch?v=fzh7URkpeAE

Suite du best-seller Notre existence a-t-elle un sens ?, cet ouvrage donne les clés pour comprendre les incroyables mutations que vit notre monde et exploiter les opportunités que ces changements vont engendrer.

Expert en sociologie, en économie, en management, en philosophie et en science, Jean Staune est un intellectuel atypique. Ses compétences pluridisciplinaires lui ont permis de développer une approche inédite pour appréhender l'extraordinaire mutation que connaît notre époque : cinq révolutions - scientifique, technologique, managériale, économique, sociétale - simultanément à l'ouvre qui vont profondément impacter notre façon de produire, de consommer et de vivre, bouleversant ainsi tous nos repères traditionnels. Dans cette synthèse exceptionnelle, fruit de quinze années de recherches, Jean Staune dessine les contours du monde de demain et livre à chacun d'entre nous les clés pour s'y adapter. Un ouvrage essentiel, résolument optimiste, nourri de dizaines de rencontres avec ceux qui développent les idées et inventent les pratiques d'une nouvelle aventure humaine

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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 14:34
Bonnes feuilles de Joseph Moingt

L'HOMME QUI VENAIT DE DIEU

Page 51 et 52

Jésus, toutefois, a pu déclencher une révolution religieuse sans être lui-même un révolutionnaire, ou encore l'être sans avoir mené des stratégies séditieuses. Quand il dénonce les croyances et pratiques liées à la pureté rituelle (Mc 7, 15), il s'en prend à une catégorie fondamentale de toutes les religions anciennes, celle du pur et de l'impur, et à toute la législation rituelle qui en découle… ; de nos jours encore, les règles alimentaires de pureté sont une partie essentielle de la plupart des religions et des spiritualités religieuses, et il n'est pas rare qu'elles sub­sistent alors même que les croyances ont disparu. Sur ce point majeur donc, Jésus est novateur, il est en rupture avec des mentalités et structures inhérentes au concept de religion ; la même remarque est à faire quand il refuse de tenir certaines catégories de personnes pour impures.

Il n'avait pas besoin d'attaquer la Loi ni le culte pour conduire à un dépassement radical de la religion traditionnelle. Il enseigne que l'amour de Dieu et du prochain l'emporte sur les sacrifices du Temple, sur le service cultuel de Dieu (Mc 12, 33) ; par son exemple autant que par ses paroles, il montre que ce même amour rend l'homme juge de la Loi, lui permettant éventuellement de s'en dispenser et même lui en faisant un devoir ; il apprend à ses disciples à chercher la volonté de Dieu comme si elle n'était pas d'avance inscrite dans le texte de la Loi. Sur tous ces points, et ce ne pouvait être par mégarde, il heurtait des principes bien établis dans la religion juive comme dans les autres : il détrônait le sacrifice de sa suprématie absolue, il ébranlait l'assurance de l'efficacité automatique du rite, l'assurance du mérite infailliblement obtenu par l'observance littérale de la Loi, et l'autorité de la lettre sacrée qui perd de son emprise sur les esprits si elle accepte d'être discutée par les uns et les autres et référée à une loi supérieure non écrite.

 

Ni « réforme » ni « révolution », ces comportements et enseignements de Jésus conduisent à la religion intérieure et spirituelle, dont l'évangile de Jean fera la théorie. Mais l’intériorisation de la religion constitue une profonde et radicale « innovation », car elle affranchit l'homme de l'obéissance inconditionnelle à la loi religieuse et de la peur du sacré, elle pose le principe — jusque-là inconnu — de la liberté de l'individu face à la société religieuse, de la liberté de la foi au sein de l'institution religieuse. Avec Jésus apparaît le concept nouveau (et dialectique) d'une religion affranchie des limites du religieux. Conclusion de toute façon justifiée par l'histoire, car les disciples de Jésus d'origine juive n'auraient jamais pu sortir du judaïsme, c'est-à-dire s'affranchir de la Loi divine pour tout ce qui concerne la législation religieuse de leur peuple, s'ils n'y avaient trouvé une incitation dans l'esprit et l'exemple de leur « maître ».

Cette attitude complexe de Jésus — zélée autant que distante — à l'égard de la religion de son peuple explique que sa rumeur était faite de bruits contradictoires ; elle ne colportait pas seulement sa renommée de prophète et de rabbi, mais aussi l'accusation ou le soupçon infamant qu'il pouvait être « possédé de Béelzéboul » (Mc 3, 22), un personnage satanique, irréligieux. N'est-ce pas finalement à ce titre qu'il sera condamné pour « blasphème » (14, 64) ? Le revirement de la foule contre lui à l'issue de son procès n'aurait pas été aussi massif (15, 11) si beaucoup n'avaient gardé de tels doutes au fond de leurs cœurs. Ou plutôt il est légitime de penser que, dans l'esprit de ces mêmes gens qui accouraient au-devant de lui, se côtoyaient l'admiration et la perplexité, la séduction et la frayeur, comme il est compréhensible face à un personnage indéfinissable, en dehors des communes mesures, qui ne se laissait pas enfermer — pour parodier le titre d'un ouvrage bien connu — dans les limites de la simple religion. Et si la rumeur de Jésus continue à intriguer nos contemporains après tant de siècles, en dehors même des cercles chrétiens et alors que plusieurs font le procès de la religion chrétienne ou sup­putent le déclin de l'Église, c'est parce qu'elle donne à pressentir en lui la grandeur d'un homme qui passe les limites de la religion et qui intéresse tout ce qu'il y a d'humain en tout homme.

 

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 11:42
Homélie de Sr Michèle:  La tranfiguration en Mt17/1-9 18ème dimanche

Mt 17/1-9

Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul. En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.

 

Une histoire de tentes ?

Pierre demande d’en planter trois. Mais il ne s’agit pas d’une affaire de camping !

Cela renvoie à la tente de la Rencontre, quand le peuple était dans le désert. Il allait à la tente de la Rencontre, lieu de la présence de Dieu. Et la nuée qui les couvre de son ombre (la même expression utilisée pour l’Annonciation en Luc 1/35) montre bien que nous sommes là dans une expérience de rencontre avec Dieu.

Enfin, une voix leur demande d’écouter Jésus, le Fils et ils ne voient plus que Jésus seul.

Tout cela nous permet de comprendre qu’il n’est pas question de planter trois tentes car il n’y a qu’une seule tente qui est la personne même de Jésus. La seule et unique tente de la rencontre, c’est le Christ dans la vérité de son humanité et de sa divinité.

Jésus seul : unique chemin, unique demeure, unique salut, unique lumière pour tous les temps et tous les peuples, unique pâque, unique passage de la mort à la plénitude de la vie.

Jésus, nouveau Moïse, nouvel Elie, nouvel Israël qui va accomplir un nouvel Exode, celui du passage de la mort à la résurrection.

1er né d’une multitude de frères et de sœurs, celui qui ouvre le passage pour que, à sa suite, nous entrions dans la vie aujourd’hui et pour toujours.

Avec la transfiguration, nous savons que sa résurrection est notre résurrection. Le Christ transformera, transfigurera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux (Ph 3/20)

Une victoire pour nous encore en germe, une résurrection encore en gestation mais bien réelle, déjà commencée et qui s’épanouira en vie éternelle. Nous sommes déjà citoyen-nes des cieux. Nous sommes déjà ressuscité-es.

 

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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 14:40
Volonté de Dieu...???

 L’amour de Dieu attend une réponse. Dieu est en attente de notre réponse.

Et c’est normal, pour que l’amour appelle la réciprocité.

Le don que Dieu me fait, attend une réponse libre de notre part.

« voici que je me tiens à la porte et que je frappe ». Ap3/20

Dieu est un amoureux, qui attend qu’on lui dise oui.

Dieu a tout donné. Il attend une réponse, oui, puisque sa décision à lui, c’est de proposer son amour, son amitié. Mais l’amour ne se commande pas et Dieu le sait et il ne veut qu’on l’aime par obligation mais par un vrai désir.

Dieu ne peut que se tenir à la porte, ne peux dire que : « veux-tu ? »

Cette réponse est au cœur des Exercices Spirituels d’Ignace de Loyola.

On les entreprend car on a un choix à faire et on veut que ce choix soit une réponse d’amour.

Comment faire de notre vie, une réponse à son amour ?

Qu’est-ce Dieu attend de moi ?

Vaste sujet. Je vais développer quelques points 

Il me demande de croire

Dieu me dit qu’il m’aime, je le sais mais est-ce que j’y crois vraiment ?

Croire c’est une décision, c’est un don de Dieu et une décision de ma part, un combat en nous et autour de nous : «où est-il ton dieu ? » Petite voix du soupçon « s’il t’aimait vraiment… »

Une décision : qui vais-je croire ?

                ce que Dieu me dit de lui

                ou les petites voix qui distille le soupçon ?

Dieu attend de nous la foi

Une foi qui réponde à la sienne

Christ a soif de notre foi « j’ai soif » dit-il à la femme samaritaine en Jn4/7 et sur la croix en Jn 19/28

Il me demande croire et de me laisser aimer par lui

Il m’appelle à vivre mon baptême

Le jour de notre baptême le prêtre a pris une huile qu’on appelle le St Chrême, il a fait le signe de la croix sur notre tête en disant « je te marque de l’onction qui te fait roi, prophète et prêtre »

On ne parle pas assez de cela, et je veux vous en dire qq mots : 

*Au baptême, nous avez été marqué-e de la dignité et de la mission de roi, de reine. Qu’est-ce à dire ? Evidemment pas de prétendre de monter sur le trône de France (ça ferait beaucoup de prétendant-e !)

Roi, Reine, régner, gouverner…sa vie dans le sens de Dieu, dans le sens de son royaume, gouverner sa vie dans la justice, la vérité, pour construire avec d’autre un monde où il fait bon vivre pour toutes et tous.

Servir, c’est régner= vivre sa vie comme un service.

Ça veut dire qu’il n’y a pas de séparation entre la foi et la vie, la foi doit être une lumière pour agir dans les choses les plus humaines, les questions sociales, politiques, les choix qui orientent ma vie et celle des autres et de mettre le Christ au centre de votre vie pour vivre toutes les dimensions de votre existence selon son Esprit. 

*Au baptême, nous avez été marqué-e de la dignité et de la mission de prophète.

Le prophète, c’est l’homme, c’est la femme de la Parole de Dieu, celle et celui qui l’écoute, qui la rumine car elle est parole de vie, scrutant les Ecritures, Ancien et Nouveau Testament et témoignant de Dieu par sa vie et ses paroles. 

*Au baptême nous avez été marqué-e de la dignité et de la mission de prêtre.

Nous sommes habilité-es à être des hommes et des femmes de prière, nous avons reçu mission de la prière, prière de louange, d’intercession, d’adoration, de contemplation et nous sommes habilité-es à célébrer l’eucharistie.

Et célébrer l’eucharistie, c’est communier à la vie du Christ qui se donne à moi, c’est devenir eucharistie dans ma vie de tous les jours, c’est à dire, comme le Christ, avec lui, et en lui, donner sa vie, offrir sa vie pour la vie du monde. 

Nous sommes baptisés. Pas un acte du passé, mais aujourd’hui. Acte permanent, la vie du Christ coule en nous maintenant.

Semence de vie planté dans la terre de notre vie. Semence qui a besoin pour grandir de notre consentement et de nos soins, de notre travail

Il veut que nous inventions pour nous et pour les autres des chemins de bonheur.

Chemin de justice, de liberté, de paix, de partage mais c’est à nous de les inventer, de les construire avec d’autres. Il ne nous dit pas : « tu dois » mais tu peux le faire. Ce qu’il veut, c’est que nous vivions à plein.

Il ne veut pas d’homme et de femme qui ne voudraient pas grandir, mais des femmes et des hommes debout, qui prenne en main leur vie, prennent des décisions, qui osent risquer. 

Il ne veut pas des choses particulières, Dieu n’a pas décider ce que je dois être et faire.

Caricature d’un Dieu avec un grand livre avec nos noms et en face la décision de Dieu.

 

Mais alors comment décider ? Comment décider dans le quotidien si ce n’est pas une parole extérieure à moi-même ?

Justement, en allant à l’intérieur de moi-même. Pour cela, au quotidien, favoriser l’intériorité, se donner des temps pour écouter ce qui se passe à l’intérieur de moi.  Se donner des temps de gratuité, de silence, de solitude. Ne pas vivre à 300 à l’heure, dans un tourbillon où l’on se perd. Se donner du temps pour prier en regardant le style de vie de Jésus et son chemin de bonheur. En faisant une retraite. Tout cela pour chercher et trouver le désir profond le désir fort. Il peut y avoir des désirs superficiels qui vont me satisfaire un moment mais qui ne peuvent me faire vivre profondément. Ils sont à la surface de nous-mêmes. Pour découvrir les désirs profonds, c’est comme désensabler une source, enlever des pierres, creuser profond pour atteindre la source qui va pouvoir jaillir en vraie vie.

Il s’agit de sonder mon cœur, me rendre attentifs aux mouvements qui l’habite. Et faire confiance à ce qui en moi est porteur des éléments suivants :

1 la perspective de décider telle chose me donne de la paix, de la force tranquille, une joie simple.

2- elle me donne confiance en moi, dans les autres, en Dieu ; elle me met en confiance pour l’avenir.

 

 

 

 

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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 22:55
Homélie du 17ème dimanche ordinaire: le trésor et la perle que nous sommes pour Dieu en Mt 13/44-46

Mt 13,44-46

44 Le royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ.45 Ou encore : Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines.46 Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle.47 Le royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons.

 

Il va vendre tout ce qu’il possède et il achète ce champ ; il va vendre tout ce qu’il possède et il achète la perle.

Qui donc est cet homme ? L’interprétation habituelle de cette parabole oriente toujours notre regard vers nous-mêmes, nous invitant à une réponse généreuse à l’appel de Dieu. Mais ce chercheur de trésor et ce découvreur de perle c’est d’abord Jésus Lui-même. Jésus qui donne toute Sa vie pour acquérir le trésor et la perle précieuse que nous sommes. « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime » disait déjà le prophète Isaïe (Is 43,4). Dans les deux cas, aimant de notre beauté. Cette parabole nous dit combien nous sommes précieux aux yeux de Dieu. Il nous voit : trésor et perles. Pour mieux nous accueillir nous-mêmes, échangeons notre regard contre le sien. M’accueillir comme il m’accueille, me voir comme il me voit.

 

Regardons la révélation du visage de Dieu que nous donne cette parabole interprétée ainsi : Dieu se révèle découvreur et chercheur. Surpris de la rencontre ou en quête de nous rencontrer. Sur la croix, où il donne tout, il va jusqu’au bout du désir fou de nous montrer le vrai visage de Dieu qui peut vaincre nos résistances. Il est le démuni devant qui toutes nos peurs de Dieu peuvent tomber.

Accueillons Dieu comme chercheur de notre amitié, offrant la sienne et l’ayant prouvé au prix fort de la Croix.

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 14:20
Invité-es: Rita Amabili, « Ailleurs », c’est l’affaire de tous.

 Heureuse d’accueillir Rita Amabili sur mon blog.

 

Rita Amabili
auteure, théologienne et conférencière
Tél.: (450) 813-7624

http://www.ritaaamabili.com/

 

Née à Montréal le 15 décembre 1954, Rita Amabili-Rivet est un écrivain canadien.

Elle travaille en milieu hospitalier durant une quinzaine d’années à titre d’assistante-infirmière-chef.

En 1980, elle suit des cours d'accompagnement en fin de vie ce qui la guide comme infirmière, et pour le reste de sa vie comme être humain "accompagnante de l'autre"

Depuis le début des années 1990, elle étudie la théologie tout en menant une carrière d’auteur, d’animatrice de radio (1995-2000) et de conférencière.

Elle obtient une maîtrise en théologie et travaille à la vulgarisation des textes bibliques et de l'ensemble du message chrétien.

Pour elle, la théologie féministe est un moyen de contrer toute forme d'exclusion.

La solidarité et la chaîne humaine universelle sont les thèmes de base sur laquelle repose son œuvre. Elle trouve son inspiration dans sa famille composée de son compagnon et de ses trois enfants.

Elle écrit sur les enfants du monde et consacre plusieurs textes et histoires aux enfants vivant dans des pays en guerre, ou victimes de conflits.

http://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/Rita%20Amabili-Rivet/fr-fr/

 

« Ailleurs », c’est l’affaire de tous.

C’est ainsi que se termine l’article de madame Chantal Guy publié dans La Presse. L’éditorial Le déficit de la paix [1] rappelle les conséquences concrètes des catastrophes humanitaires de la planète : plus de 50 millions de personnes déplacées sur terre présentement.

Ces dernières semaines, en jetant un coup d’œil à ma fenêtre le matin, ou en prenant un café, je spécule sur ces êtres humains déportés, sans domicile, comptés pour rien, dépourvus d’un avenir qui en vaille la peine. Nous prenons parfois pour acquis les merveilles de notre quotidien : les enfants qui dérangent notre calme, le téléphone qui n’arrête pas de sonner, et notre horaire surchargé qui nous laisse trop souvent pantelant mais en vie!

En vie comme lorsque s’empilent dans les différents casiers de notre crâne, les idées géniales ou non, sur d’innombrables sujets qui changent notre propre petit monde. En vie comme quand nous avalons mécaniquement une pilule quotidienne, que nous nous faisons notre injection journalière ou que nous prenons notre inhalation du matin, sachant fort bien qu’eux ne peuvent pas continuer leur vie à l’aide des avancées médicales mais qu’ils la perdent un peu à chaque jour, pris dans le marasme d’un conflit de grands, de si Grands qu’ils ne peuvent apercevoir le peuple écarté de la vie tandis qu’ils penchent un peu la tête pour approuver un autre combat.

Lors du conflit dans les Balkans dans les années 90, j’ai vu dans La Presse, une photo d’une jeune femme déportée avec son enfant dans les bras. Elle avançait au milieu de son peuple, groupe harassé et sans nom. Pour elle, j’ai créé SÉBAHATA, que mon fils Raffaelle a mis en musique et qu’il chante avec sa sœur Eva.

Je vous l’offre avec plaisir en hommage à tous les peuples privés d’une existence… ordinaire…

 

 

Sebahata, sur la photo tu sembles désespérée

Tu n'as pas pris part aux parlementions d'avant guerre

Car tu t'occupais à donner le sein à ton nouveau-né

Très mal appuyée comme des milliers d'autres aux pierres

 

Sebahata connais-tu une berceuse pour ton enfant

Qui raconte que les hommes du prochain millénaire

N'auront plus à effacer que les terribles frontières

Qui empêchent l'amour du monde et font hurler les printemps

 

Sebahata, tes longs cheveux sont sales et tes mains abîmées

A peine survivante, sans gémissement sans larme

Tu t'accroches de toute ton âme à ce petit bébé

Qui demain continuera ton peuple meurtri par les armes

 

Sebahata connais-tu une berceuse pour ton enfant

Qui raconte que les hommes du prochain millénaire

N'auront plus à effacer que les terribles frontières

Qui empêchent l'amour du monde et font hurler les printemps

 

Tu dormiras à la belle étoile, réfugiée sans nom

Ombre perdue parmi ceux que l'on veut effacer.

Dans ta mémoire, tu portes celui que l'on a tué

Et qui hier encore murmurait ton prénom

 

Sebahata connais-tu une berceuse pour ton enfant

Qui raconte que les hommes du prochain millénaire

N'auront plus à effacer que les terribles frontières

Qui empêchent l'amour du monde et font hurler les printemps

 

Sebahata, de mon pays s'ouvrent mille bras

Pour porter à tous les tiens l'espoir à la goutte

De si loin bien sûr nous pouvons faire la route

Qui relie ensemble tous les humains à la fois

 

Sebahata connais-tu une berceuse pour ton enfant

Qui raconte que les hommes du prochain millénaire

Feront tous chaîne humaine pour remplacer les frontières

Finalement par l'amour du monde par cent mille printemps

 

 

Sébahata

 

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 13:42
Jésus: une triple libération

S’exercer à l’étonnement. Après la gratitude, une autre attitude spirituelle : l’étonnement.

Ne pas s’habituer à l’inouï de notre foi chrétienne

Approfondir combien cette foi est étonnante, originale.

Approfondir cette foi pour mieux en vivre.

Mieux en vivre, pour vivre mieux, puisque c’est une bonne nouvelle pour notre vie.

« Commencement de la bonne nouvelle » Evangile de Marc 1/1

« Jésus proclamait la bonne nouvelle venue de Dieu » Mc 1/14

« Convertissez-vous et croyez en la bonne nouvelle » Mc 1/15

En 15 versets du début de Marc, 3 fois « bonne nouvelle ».

Nouveauté et bonté.

La conversion a opéré n’est pas d’abord morale mais changement de conception de Dieu : quittez vos images fausses et mauvaises pour vous, pour s’ouvrir à du neuf :

Ce neuf, c’est possible de le dire ainsi

-Dieu personnel

-Dieu d’amour qui nous propose son amitié

-Dieu qui se donne gratuitement

-Dieu dont la seule volonté, ce qu’il veut, c’est que nous vivions, que nous ayons la vie en abondance.

Si on se convertit, si on croit à cette bonne nouvelle, notre vie peu à peu va être libérée.

Comme les Hébreux, on va passer de l’esclavage de l’Egypte à la terre promise, on va vivre 3 libérations

Libération des fausses images de Dieu

Libération des fausses images de soi-même

Libération des fausses images des autres

 

  1.            Croire à la Bonne Nouvelle me libère de fausses images de Dieu qui peuvent empoisonner la vie.

 

C’est très important de prendre conscience des fausses images que nous faisons de Dieu, des représentations qui proviennent de notre imaginaire, qui n’ont rien à voir avec la réalité, l’Ancien Testament appelle cela des idoles et nous en avons tous.

Je vais donner quelques exemples pour bien me faire comprendre :

Le dieu qui se cache au coin de la rue pour me prendre en flagrant délit de faute ;

le dieu voyeur à qui rien n’échappe pour mieux m’accuser ;

le dieu fatalité qui a écrit sur son grand livre ce que je dois faire, sinon ce sera le malheur pour moi ;

le dieu paratonnerre, qui moyennant quelques sacrifices, me protégera des souffrances de la vie ;

le dieu puissant qui impose sa loi de fer etc…

 

On peut allonger la liste, les exemples donnés sont des caricatures, mais nous n’en sommes pas indemnes et elles peuvent s’insinuer en nous sans qu’on y prenne garde.

Le Christ guérit peu à peu de ces fausses images. Peu à peu car on est lent à se laisser convertir, à quitter nos fausses représentations.

Il nous faut beaucoup de temps et surtout il nous faut longuement regarder ce vrai visage de Dieu qui se donne à voir dans la fragilité de l’enfant de Noël, dans la charité, le respect, la liberté, la miséricorde de cet homme Jésus, le vrai visage de Dieu qui se dit par la croix : Dieu souffrant, et aimant jusqu’au bout. 

L’Eternel qui est Dieu entre dans notre histoire en se faisant petit enfant et connaît la souffrance et la mort de la croix comme nous.

C’est une révolution de l’image de Dieu, c’est une subversion, une contestation radicale de nos images spontanées, de nos fausses images. Les premiers chrétiens étaient considérés par leurs contemporains, gens très religieux, comme athées, par ce que leur foi ne correspondait pas du tout à l’idée commune de Dieu.

 

Jésus, un enfant qui ne sait pas encore parler et qui pourtant nous dit simplement par ce qu’il est : « je ne suis pas ce que vous croyez, regardez-moi et vous saurez qui est vraiment Dieu. »

 

Dieu qui nous aime le premier, qui nous rejoint dans notre histoire, qui se fait petit, vulnérable, à la merci de tous, ayant besoin de tous, qu’on peut prendre dans ses mains, dont on peur faire n’importe quoi, fragile.

Et Noël n’est que le début du dévoilement du vrai visage de Dieu.

Un jour, Jésus dira : « Qui me voit, voit le Père »

Pour être cohérent, il faut aller jusqu’à dire : Dieu a voulu vivre cela.

Pour quelle raison ?

1- Voilà ce que je suis, croyez ce que je vous dis de moi et renoncez à vos fausses images

2-Donc chassez toute crainte, allez à ma rencontre en toute confiance et en toute joie.

On peut relire les 4 Evangiles avec cette clé de lecture :

En Jésus on découvre Dieu à l’écoute des gens, Dieu proche de tous, Dieu qui propose, qui appelle, qui suscite la liberté, et jamais ne s’impose, Dieu qui pardonne, Dieu qui guérit.

 

La prière à faire pour chacun de nous, la demande à faire à Dieu : « Dis-moi mon Dieu quel amour de moi a pu te conduire à cette fragilité, cette vulnérabilité ?  Guéris les fausses images que je peux encore me faire qui sont des poisons pour ma vie et une offense à ton vrai visage. »

 

  1.            Croire à la Bonne Nouvelle me libère des fausses images de moi-même

Je ne sais pas quel est le plus inouï, cette 2ème affirmation ou la 1ère. En tout cas les 2 sont liées.

Par sa venue en notre chair, sa naissance, sa vie, sa mort, sa résurrection, tout cela POUR MOI, Dieu m’apprend que je suis infiniment aimable et viens me libérer des fausses images que nous avons de nous-même.

Puisque qu’il s’est dérangé pour moi, qu’il a fait tout le chemin pour me rejoindre.

Pour moi, pour toutes, pour tous, pour chacun-e.

Infiniment aimable, Dieu vient nous le dire, et nous demande de le croire, de renoncer à nos mauvaises images de nous-même, à nos mésestimes de nous-mêmes, à nos duretés envers nous-mêmes, à nos mépris de nous-même.

Notre vie a une infinie valeur car la vie humaine qui est la nôtre à chacun-e a été épousée par Dieu, elle a donc valeur divine.

Alors ma vie est définitivement sauvée, puisque Dieu l’a assumée. Dieu est définitivement solidaire de nos vies comme une alliance que rien ne peut briser.

Dieu pour nous et pour l’éternité.

 

On peut avoir tendance, pour trouver Dieu, à vouloir s’évader de notre vie, de l’humain. En perspective chrétienne, depuis l’incarnation, ce n’est pas possible.

« Où veux-tu aller loin de toi-même, alors que j’ai fait tout le chemin pour te rejoindre au cœur de ton humanité et de ta vie ? »

Déjà, du fait que nous sommes crées par Dieu à son image, cela doit nous inciter à un accueil de notre humanité comme un don, sinon quelque part, c’est faire injure au créateur.

Et en plus avec l’incarnation, nous pouvons vivre notre vie en communion avec son humanité.

Vivre, manger, dormir, se reposer, agir, sont devenus des actes du Dieu fait homme et pour nous des actes qui ont acquis valeur d’infini qui nous unissent à Dieu.

 

  1.            Croire à la bonne nouvelle me libère des fausses images des autres

C’est la conséquence des 2 premières libérations.

Etre libéré-e des fausses images de Dieu et de soi-même, fait entrer dans un chemin de pacification et d’unification intérieure.

Si je me vis comme aimé-e de Dieu qui m’ouvre ainsi un chemin de confiance en lui et en moi, si mon assurance est en Dieu qui me donne une dignité qui me vient de lui…

Je découvre que ce don est pour toutes, pour tous, pour chacun-e.

L’autre est aimé-e, l’autre a dignité infini, l’autre est visage de Dieu.

L’autre…comme moi.

L’autre ne peut plus être considéré-e comme un ennemi.

Je ne peux pas m’en servir comme d’un esclave, il a dignité de fils ou fille comme moi.

La foi chrétienne si elle va au bout de sa logique est contestation radicale de tout racisme et de tout sexisme.

Enfin, l’autre devient le Christ, puisque, comme Jésus le dit lui-même :

« A chaque fois que vous l’avez fait, c’est à moi que vous l’avez fait » Mt 25/40

 

 

 

 

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