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12 mai 2026 2 12 /05 /mai /2026 21:23
Méditer le psaume 137 (h 138) : De quel "Seigneur" s'agit-il?

Psaume 137 ( h138)  

01 De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce : tu as entendu les paroles de ma bouche. Je te chante en présence des anges, 02 vers ton temple sacré, je me prosterne. Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité, car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole. 03 Le jour où tu répondis à mon appel, tu fis grandir en mon âme la force. 04 Tous les rois de la terre te rendent grâce quand ils entendent les paroles de ta bouche. 05 Ils chantent les chemins du Seigneur : « Qu'elle est grande, la gloire du Seigneur ! » 06 Si haut que soit le Seigneur, il voit le plus humble ; de loin, il reconnaît l'orgueilleux. 07 Si je marche au milieu des angoisses, tu me fais vivre, ta main s'abat sur mes ennemis en colère. Ta droite me rend vainqueur. 08 Le Seigneur fait tout pour moi ! Seigneur, éternel est ton amour : n'arrête pas l'œuvre de tes mains.

Quel est donc celui auquel le psalmiste s’adresse ?

Il suscite sa gratitude : je te rends grâce.

Il dilate son cœur : je te chante.

Il provoque son adoration : je me prosterne.

Quel est donc celui auquel le psalmiste s’adresse ?

Il parle de son nom, sa parole, son amour et sa vérité.

Quel est donc celui auquel le psalmiste s’adresse ?

Il reconnait son œuvre en lui :

Il a fait grandir en lui la force

Il voit le plus humble

Il le fait vivre

Il le rends vainqueur

Il fait tout pour lui

C’est son œuvre

Quel est donc celui auquel le psalmiste s’adresse ?

La réponse semble facile : il l’appelle

le Seigneur

J’avoue avoir du mal est ce mot. Ce terme vient du latin : senior qui veut dire l’ancien, et son équivalent est dominus qui veut dire le maître de la maison. Deux mots pour dire une autorité sur des personnes qui sont sous sa dépendance. Un mot qui a été attribué à des hommes qui exerçait un pouvoir absolu sur un territoire et ses habitants. C’est la traduction de l’hébreu : Adonaï, qui veut dire maitre.

Dieu est-il un ancien, un maitre de la maison, celui qui exerce un pouvoir sur nous ? On a pu pendant des siècles le percevoir ainsi sans difficulté, aujourd’hui c’est un terme presque inaudible.

Le psaume de ce jour nous présente ce maitre de manière originale et loin de l’image d’un maitre surplombant d'autorité et de pouvoir. Il est plutôt décrit comme quelqu’un à nos côtés : celui qui fait grandir, qui fait vivre, qui est attentif à nos fragilités, qui nous rend victorieux. Celui qui est amour et vérité. Alors oui, il est juste et bon de le chanter , de lui rendre grâce. Se prosterner ? Oui aussi si c’est un geste d’amour.

Alors ce psaume peut nous inviter à « penser Dieu ».

Comment je le pense ?

Ce sera l’unique piste de prière que je vous propose. Avec un texte de quelqu’un qui a risqué une réponse. Lire cette réponse et risquer la vôtre.

« Dieu ne serait-il pas la Source de toujours ? L’élan premier et continu, un flux de vie sans fond qui se déploie sans fin et clarifie la profondeur de nos silences. La source secrète , l’eau vive recélée dans nos nappes souterraines. Toute chose ne vit que parce qu’un jour, elle a bu de son eau. Elles se faufile dans les failles de nos soifs. Elle nous lave du cynisme, de la haine, de la tristesse ou du désespoir. Elle ne se laisse pas endiguer dans l’étroitesse des religions. Elle irrigue tout vivant et tout chercheur de sens, sans retenue, sans condition. Sa « toute puissance «  est là. Elle ne désire rien, elle n’appelle pas à ceci ou à cela. Elle ne cesse pas de couler même quand nos terres se craquellent, elle est inépuisable au plus profond de nos abîmes. Elle se donne elle-même dans un fraicheur toujours neuve, comme une joie qui ne tarit pas. Dieu, la source qui jaillit dans les déserts humains, la fontaine qui désaltère sur la place du village, la nappe d’eau en dormance sous nos pas fatigués. Comme une source, Dieu n’attend pas qu’on le loue : il n’a aucun souci de lui-même et ne se demande pas si on le voit…Le plus grand fleuve et le plus simple des ruisseaux naissent continuellement de cette source qui sourd éternellement sans rien perdre d’elle-même. »

Raphaël Buyse,  une foi nomade

 

 

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10 mai 2026 7 10 /05 /mai /2026 15:42
Peinture dans https://www.evangile-et-peinture.org/

Peinture dans https://www.evangile-et-peinture.org/

RE-EAIR

Ce n’est pas le nom d’une compagnie de transport aérien !

C’est une manière de méditer !

R pour Regarder

E pour Ecouter

E pour s’Etonner

A pour Admirer

I pour s’Imprégner

R pour Remercier

A faire sur tout verset de l’Evangile où il y a un acte et/ou une parole de Jésus.

Exemple :

« Et il advient qu’en ces jours-là, Jésus vint de Nazareth de Galilée , et il fut baptisé dans le Jourdain par Jean» Mc 1, 9

REGARDER

Regarder cette décision de Jésus : quitter Nazareth  pour aller vers Jean qui  baptise dans le Jourdain.

Regarder que Jésus a pris une décision qui engage sa vie.

Regarder ce qu’il a quitté pour aller vers ce baptême de Jean.

Le regarder en chemin de Nazareth au Jourdain, le temps que cela lui a pris.

S’ETONNER

Pour nous aider à sortir du trop connu. Se demander pourquoi il a fait cela. Pourquoi quitter 30 ans d’une vie où il avait sa famille, son travail, ses relations, son cadre habituel. Qu’est-ce qui l’a fait se décider à ce choix ?

ADMIRER

Être dans l’admiration pour saisir l’enjeu de cette décision. Tout part de là. Sans cette décision, pas d’Evangile et toute la suite. Emplir son cœur d’admiration.

S’IMPREGNER

En le regardant, s’imprégner de cette décision, de la liberté qu’elle suppose. Adhérer à cette décision. Emplir son cœur de cette décision.

REMERCIER

Emplir son cœur de gratitude. Tout ce que nous avons reçu de cette décision de Jésus, ce que j’ai reçu. Tout ce que je reçois chaque jour. Une décision qui a changé le monde. Et lui parler comme un ami parle à son ami.

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8 mai 2026 5 08 /05 /mai /2026 09:33
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29 avril 2026 3 29 /04 /avril /2026 17:09
Homélie pascale de † Pierbattista Card. Pizzaballa Patriarche latin de Jérusalem

Homélie Pascale de la Résurrection

Jérusalem, Saint Sépulcre, 5 avril 2026

 

Ac 10,34.37-43 ; Col 3,1-4 ; Jn 20,1-9

 

 Frères et sœurs,

 

Ici, dans ce Sépulcre, nous ne sommes pas devant un symbole : nous sommes devant un vide réel. Un vide qui n’est pas une absence, mais une annonce. Un vide qui ne nous laisse pas tranquilles, car il nous arrache ce que nous voudrions retenir. Pâques commence ainsi : non pas par une explication, mais par une rupture. Non pas par une émotion, mais par une question qui nous désoriente.

 

L’Évangile d’aujourd’hui nous met tout de suite en mouvement. Marie de Magdala arrive « de bonne heure », alors qu’il fait encore nuit. Elle se rend à l’endroit où elle pense trouver Jésus. C’est un geste plein d’amour, mais aussi plein d’habitude : elle cherche là où elle l’avait laissé, là où la mort l’avait placé. Et elle trouve la pierre roulée, le tombeau ouvert, et surtout, elle ne trouve pas le corps. Et alors elle prononce cette phrase qui est, au fond, le premier mot de toute foi véritable : « Nous ne savons pas… » (Jn 20, 2). Nous ne savons pas où ils l’ont mis. Nous ne savons pas.

 

Voici la première provocation pascale, ici, dans le lieu le plus saint et le plus fragile de notre mémoire : Dieu ne se laisse pas posséder. Le Ressuscité n’est pas là où nous l’avions mis. Il n’est pas là où nos certitudes l’avaient installé. Le Ressuscité nous précède. Telle est l’idée forte de Pâques : ce n’est pas nous qui gardons Dieu ; c’est Dieu qui nous libère.

 

Nous, au contraire, nous voudrions une foi qui ne bouleverse pas. Nous voudrions trouver Jésus « à sa place » : dans nos images, nos formules, nos schémas religieux qui deviennent parfois des cages, dans nos nostalgies. Et pourtant, à Pâques, Dieu fait une chose que nous n’avions pas demandée : il se soustrait. Non pas pour fuir, mais pour nous sauver d’un malentendu : que la foi soit quelque chose à posséder, un contrôle, une preuve dans notre poche.

 

C’est pour cela que Marie court. C’est pour cela que Pierre et l’autre disciple courent. La foi, lorsqu’elle est authentique, n’est jamais immobile. C’est une course à la poursuite d’une absence qui devient une promesse. Ils entrent dans le tombeau et voient des signes : les linges, le suaire, tout est déposé avec soin. Ce n’est pas un détail secondaire. Ce n’est pas un décor. La mort n’est plus un vêtement qui recouvre, mais un habit qui a été rangé avec soin, sans qu’il soit plus nécessaire de le porter. C’est comme si l’Évangile nous disait : regardez bien, car la Résurrection n’est pas de la magie. C’est une liberté nouvelle. Jésus n’a pas été traîné dehors : il est sorti. La mort, pour Lui, n’est plus une prison : c’est un vêtement laissé là, plié, inutile.

 

Et ici, dans le Saint-Sépulcre, cela nous parle aussi avec force. Il y a des pierres qui ferment la vie. Il y a des « définitifs » que nous prononçons trop vite : définitif est l’échec, définitive est la blessure, définitive est la faute, la peur, la haine, la solitude. Et pourtant, dans le récit pascal, la pierre n’est pas seulement un objet : c’est le symbole de tout ce que nous considérons comme fermé, sans issue. Et Pâques dit : ce n’est pas le cas.

 

Pâques ne nous promet pas une vie « facile ». Pâques nous promet une vie ouverte. Et pour l’ouvrir, Dieu doit souvent d’abord nous priver de certaines certitudes. C’est pourquoi la Résurrection, avant de consoler, trouble. Avant de remplir, elle vide. Avant de donner, elle enlève. Elle enlève l’idée d’un Dieu apprivoisé. Elle enlève une religion qui n’est qu’habitude. Elle enlève une espérance qui ne risque rien.

 

Et alors on comprend la parole de Paul aux Colossiens : « recherchez les réalités d’en haut » (Col 3,1). Cela ne signifie pas fuir la terre. Cela ne signifie pas fermer les yeux sur la douleur du monde. Cela signifie plutôt changer d’orientation : cesser de vivre le regard rivé sur les tombes – y compris les tombes intérieures – et apprendre à vivre en ressuscités. « Votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3, 3) : c’est-à-dire que votre vie n’est pas définie par vos péchés, ni par vos peurs, ni par vos défaites. Elle est gardée ailleurs, avec le Ressuscité, en Dieu. Et c’est précisément pour cela qu’elle peut s’ouvrir à nouveau, ici, maintenant.

 

Et la première lecture, tirée des Actes des Apôtres, nous donne elle aussi une autre clé décisive : Pierre annonce que Jésus est passé en faisant le bien, qu’il a été mis à mort et que Dieu l’a ressuscité ; et il ajoute que cette nouvelle s’adresse à tous, sans distinction : « Dieu est impartial » (Ac 10, 34). Aucun peuple, aucune langue, aucune histoire n’est exclue de cette espérance. Si la mort a été vaincue, alors aucune vie n’est « trop perdue » pour être recherchée. Pâques est universelle parce qu’elle naît dans un lieu précis, concret, réel – ici – et c’est précisément pour cela qu’elle peut atteindre concrètement et réellement le monde entier.

 

Et voici la deuxième provocation pascale : le Ressuscité n’est pas un objet de culte ; c’est un sujet qui appelle. On ne se contente pas de le contempler : on le suit. On ne le retient pas : on le laisse nous précéder. Marie aussi devra l’apprendre. Les disciples aussi devront l’apprendre. Et nous aujourd’hui, qui sommes ici, dans le lieu le plus chargé de mémoire chrétienne, nous devons l’apprendre avec une humilité particulière : même les lieux saints peuvent devenir un musée s’ils ne deviennent pas un exode ; la liturgie peut devenir répétition si elle ne devient pas conversion ; et la foi peut devenir correcte mais stérile si elle ne devient pas courageuse.

 

C’est pourquoi, aujourd’hui, dans le Saint-Sépulcre de Jérusalem, je voudrais me rappeler une seule phrase : le Ressuscité n’est pas là où nous l’avions mis : il nous précède.

 

Il nous précède lorsqu’il nous appelle à sortir de nos tombeaux : non seulement ceux de la mort physique, mais aussi ceux de la résignation, du cynisme, de l’indifférence. Il nous précède lorsqu’il nous invite à cesser de définir les personnes par leurs erreurs, l’histoire uniquement par sa douleur, ou nous-mêmes par nos péchés. Il nous précède quand, au lieu de nous donner une réponse toute faite, il nous met en chemin.

 

Et alors nous comprenons aussi le sens des signes : la pierre roulée, les linges repliés, le tombeau ouvert. Ils sont comme un message laissé exprès pour nous : la vie ne peut plus être enfermée. Il ne s’agit pas de « regarder le ciel » pour s’évader de la terre, mais de regarder la terre avec des yeux nouveaux, avec le regard de celui qui a compris que le dernier mot n’est pas « fin », mais « commencement ».

 

Pâques n’est pas une phrase à répéter ; c’est une porte à franchir. La pierre a été enlevée. Le passage est ouvert. Mais c’est à nous de décider si nous voulons rester à l’intérieur ou sortir.

 

Sortir signifie, concrètement : choisir le pardon alors qu’il serait plus facile de se refermer sur soi-même ; choisir la vérité alors qu’il serait plus commode de s’adapter ; choisir l’espérance alors que tout semble indiquer le contraire ; choisir de faire le bien, comme Jésus « est passé en faisant le bien », même si cela ne fait pas de bruit, même si cela ne confère aucun prestige.

 

Car tel est le jugement de la Résurrection sur nous : elle ne nous demande pas si nous savons parler de Pâques ; elle nous demande si nous vivons comme des ressuscités. Elle ne nous demande pas si nous avons les mots justes, mais si nous avons un cœur en mouvement. Elle ne nous demande pas si nous savons trouver Dieu uniquement dans les lieux sacrés, mais si nous savons le reconnaître vivant dans les signes concrets de la vie, là où la vie et la mort se croisent chaque jour.

 

Et alors, une fois encore, ici, au Saint-Sépulcre, à l’endroit où l’histoire a changé de cap, nous ne prononçons pas une phrase de circonstance. Nous prononçons une décision. Nous prononçons une annonce qui nous dépasse et nous précède : Le Seigneur est ressuscité !

 

Et précisément parce qu’il est ressuscité, nous ne le trouverons jamais là où nous l’avions mis. Nous le trouverons devant nous, qui nous appelle à sortir.

 

Joyeuses Pâques !

 

† Pierbattista Card. Pizzaballa Patriarche latin de Jérusalem

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25 avril 2026 6 25 /04 /avril /2026 16:13
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18 avril 2026 6 18 /04 /avril /2026 15:58

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15 avril 2026 3 15 /04 /avril /2026 15:37
Méditer avec Nicodème en Jn 3,1-17

Il y avait un homme, un pharisien nommé Nicodème ; c’était un notable parmi les Juifs. Il vint trouver Jésus pendant la nuit. Il lui dit : « Rabbi, nous le savons, c’est de la part de Dieu que tu es venu comme un maître qui enseigne, car personne ne peut accomplir les signes que toi, tu accomplis, si Dieu n’est pas avec lui. » Jésus lui répondit : « Amen, amen, je te le dis : à moins de naître d’en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu. » Nicodème lui répliqua : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une deuxième fois dans le sein de sa mère et renaître ? » Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit.  Ne sois pas étonné si je t’ai dit : il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. »  Nicodème reprit : « Comment cela peut-il se faire ? » Jésus lui répondit : « Tu es un maître qui enseigne Israël et tu ne connais pas ces choses-là ?  Amen, amen, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? Car nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, 15 afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

Jn 3,1-17

 

Commentaire et pistes de prière

 

1-Se rappeler l’itinéraire spirituel de Nicodème. Il va de la nuit à la lumière. En effet, ici, il se cache pour aller voir Jésus, incapable de faire cette démarche en plein jour. Mais ensuite il prendra une position courageuse devant les grands prêtres en 7/50, et enfin en 19/39 il fera le don de 100 livres de parfum pour la sépulture de Jésus

Pour moi , qu’en est-il ? Quelle lumière après la nuit ai-je déjà vécu ? Faire mémoire de cela et entrer en gratitude.

 

2-Mais ici au chapitre 3, cela commence mal. Nous sommes dans la nuit. La même mention de la nuit qu’on trouve aussi en Jean 19/39 pour la trahison de Judas. Pourquoi venir de nuit ? Le texte ne le dit pas. Ne projetons pas trop vite une raison, comme la peur de se compromettre pour Jésus. C’est peut-être une raison plus profonde de l’ordre du verset 19 : préférer la nuit à la lumière. La nuit ici, ce peut-être de croire qu’on sait, il dit « nous savons ». Prétention à connaître qui est Jésus au lieu de laisser Jésus  se dire lui-même. Il reconnaît bien l’origine divine des actes de Jésus mais cette origine ne porte pas sur sa personne. Il lui fait un compliment qui enferme dans ce qu’il veut qu’il soit : un rabbi comme lui. Une manière de l’annexer à son monde.

En regardant cela, j’essaie d’entrer  dans une attitude d’accueil,  de me défaire de mes savoirs trop connus pour m’ ouvrir à ce que Jésus va me dire pour m’en étonner.

 

3-Comment Jésus réagit-Il devant quelqu’un qui croit savoir, qui affirme quelque chose de lui, qui le catalogue et veut l’annexer ? La réponse de Jésus est étonnante : au lieu de parler de lui, Jésus renvoie Nicodème à lui-même, Il lui parle d’une naissance d’en haut, il lui parle de quelque chose qui est important pour lui, qui l’implique, et qui concerne tout le monde. Naître d’en haut. Mais qu’est-ce que naître d’en haut ? Naître pour cet homme, chef des pharisiens, cela résonne comme une régression: lui le maître, redevenir enfant ? Cela implique un renversement de sa position de chef. Il n’entend pas la parole de Jésus et la transforme. Au lieu de reprendre l’expression exacte de Jésus, il dit autre chose : naître une 2ème du sein de sa mère, ce qui évidemment est impossible mais ce n’est pas ce que Jésus a dit ! Transformer une parole c’est une manière de se dérober, un refus d’entendre. Sa mauvaise écoute est signe de sa difficulté à accueillir une liberté identique à celle du vent.

Est-ce que je pressens quelle attitude il me faut-il quitter pour me laisser conduire davantage par la liberté de l’Esprit ? Demander la grâce de la découvrir.

 

4-Alors qu’est-ce que « naître d’en haut » ?

Peut-être que la réponse est dans la lettre de Jean où il dit que : « Quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu » 1 Jn 4/7

Naître d’en haut, c’est aimer. Aimer c’est connaître Dieu. Cela ouvre large la porte de la connaissance de Dieu, cela l’ouvre à l’universel au-delà des cloisonnements religieux. Cela fait entrer dans une fraternité et une sororité , où tout homme, toute femme est fils et fille du Père, frère et sœur de Jésus.

Laisser retentir en moi cet appel à naître d’en haut, de Dieu, et de connaitre Dieu en tout acte d’amour.

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7 avril 2026 2 07 /04 /avril /2026 23:01
Sr Marie Lacoste : Pâques, Jésus vient nous sauver.
Sr Marie Lacoste : Pâques, Jésus vient nous sauver.

Désormais il n’y a plus aucun lieu

que Dieu ne puisse atteindre !

 

Jésus vient nous sauver :

De la peur d’aimer, de la peur de vivre, de la peur de faire confiance, de la peur d’oser…

De la mort, du néant,

Des erreurs, des maladresses,

De la culpabilité, de la honte,

Des remords, des regrets, de l’amertume, des jugements,

Du perfectionnisme,

Du mal-être, du désespoir,

De la dévalorisation, de l’auto-évaluation,

De l’envie, du mépris, du cynisme,

De la jalousie,

De la comparaison,

De la course à la réussite,

De la vengeance,

De la rancune, de la rancœur,

De nos blessures, de nos échecs,

De la mesquinerie, du désir d’avoir raison,

Du mensonge, du découragement,

De nos cachettes, de la tristesse,

 

Par  son pardon,

Son amour sans limite, sans retour, sans condition,

Sa présence,

Sa vérité,

Sa vie,

Son relèvement,

Sa Bonté.

 

Sœur Marie Lacostecommunauté de Versailles

© Images Sanctuaire des Martyrs

 

Site des Sœurs du Cénacle :

https://www.ndcenacle.org/actualite/paques-2026-jesus-vient-nous-sauver/

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4 avril 2026 6 04 /04 /avril /2026 14:33
peinture de Maurice Denis (1894)

peinture de Maurice Denis (1894)

Il est de tradition d’appeler Marie-Madeleine l’apôtre de la résurrection, l’apôtre des apôtres.

 

Cependant elle n’est pas la seule à l’avoir été. Les quatre évangiles ont cinq récits de femmes qui reçoivent avec elle l’annonce de la résurrection et la mission de l’annoncer.

 

-En Mt 28,1-10, c’est avec « l’autre Marie » que Marie-Madeleine reçoit l’annonce par un ange et ensuite elles font l’expérience de la rencontre avec Jésus qui les envoie l’annoncer aux autres disciples.

-En Mc 1-,1-8, il s’agit de deux autres femmes avec elle, Marie mère de Jacques et Salomé, qui reçoivent l’annonce par un jeune homme habillé de blanc qui les envoie annoncer la nouvelle.

-En Mc 16, 9-11, Jésus apparait à Marie Madelaine seule et l’envoie.

-En Lc 24,1- 10 on nous parle de femmes et ensuite on sait leur nom : Marie-Madelaine, Jeanne et Marie mère de Jacques

-En Jn 20, 11-18, elle est seule à rencontrer le Christ et à recevoir la mission de l’annoncer aux autres disciples

Cinq mentions donc, où des femmes sont témoins et apôtres de cette annonce. C’est une impertinence face à la mentalité de ce temps qui n’apportait pas de crédit aux témoignages des femmes ! Impertinence de Jésus lui-même, impertinence des rédacteurs des évangiles d’avoir été fidèles à la transmettre.

 

Il est légitime d’en ajouter deux autres, à condition de ne pas tomber dans un biais cognitif.

Les disciples d’Emmaüs ? Deux hommes ? Pourquoi pas une disciple femme et un disciple homme ? Un frère et une sœur, un couple de disciples ? Cet épisode est intéressant aussi parce que ces deux-là reconnaissent Jésus à la fraction du pain, donc étaient présents à la dernière Cène…

L’apparition aux disciples en Jn 20, 19-29 : aucune raison qu’il n’y ait pas eu des femmes et des hommes. Comme cela sera dans la chambre haute du Cénacle dans les Actes : « tous d’un même cœur étaient assidus à la prière avec quelques femmes, dont Marie mère de Jésus et avec ses frères »

 

Alors comment comprendre la déclaration de Paul dans la 1ère épitre aux Corinthiens 15, 5-8

« Il est apparu à Pierre, puis aux Douze ; ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont endormis dans la mort –, ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres. Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis. »

Aucune mention de Marie-Madelaine, aucune mention des femmes !

Une épitre écrite dans les année 53-54, bien avant la rédaction définitive du texte des évangiles mais avec des témoins encore vivants. Le pharisien Paul reste marqué par la non crédibilité du témoignage des femmes.

 

Dernière remarque : il serait bon d’arrêter de parler des disciples et des femmes. En disant cela on nie aux femmes la qualité de disciple.

Des femmes ont suivi Jésus, étaient disciples de Jésus. La meilleur preuve se trouve justement dans un récit d’apparition en Lc 24, 1-8

Ils leur dirent : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée : “Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite.” »  Alors elles se rappelèrent les paroles qu’il avait dites.

Pour se rappeler des paroles de Jésus, il faut avoir été présente quand il les disait, donc être avec lui et le suivre. Suivre Jésus, c’est la définition du disciple.

 

 

 

 

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30 mars 2026 1 30 /03 /mars /2026 18:40
Peinture du site evangile-et-peinture.org

Peinture du site evangile-et-peinture.org

Il y a beaucoup de chemins !

 

En voici un tout simple que je présente à partir d’un exemple pour que ce soit concret.

 

1-Vous choisissez un récit évangélique , par exemple le lavement des pieds en Jn 13

 

2-Vous commencez la lecture et vous vous arrêtez là où Jésus fait un premier geste

« il se lève de table » v 4

              Vous restez à regarder ce geste le plus longtemps que vous le pouvez

              Vous vous étonnez de ce geste. Pourquoi est-ce étonnant ?

              Vous admirez que Jésus fasse ce geste

              Vous vous imprégnez de ce geste pour le laisser descendre en vous

              Vous vous réjouissez de ce geste

              Vous parlez à Jésus de ce geste qu’il vient de faire, comme un ami parle à son ami

 

3-Et ainsi de suite

« il dépose son vêtement »

Il prend un linge dont il se ceint

Il met de l’eau dans un bassin

Il lave les pieds

Il essuie les pieds

 

Avantage de cette manière de contempler

Elle est simple.

Elle n’est pas célébrale, il ne s’agit pas d’avoir des idées qui peuvent souvent nous éviter de nous laisser toucher.

Elle peut se faire en attendant le bus !

Elle permet d’être attentif aux gestes de Jésus pour s’imprégner de lui et donc nous transformer.

De ce point de vue, elle peut être « dangereuse » ! Non, elle est heureuse car elle nous christifie non par volonté mais par contagion de vie.

 

On peut l’appeler la prière RE AIR P pour se souvenrir des 6 étapes !

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