Ps 138 (h139)
01 Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais ! 02 Tu sais quand je m'assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes pensées. 03 Que je marche ou me repose, tu le vois, tous mes chemins te sont familiers. 04 Avant qu'un mot ne parvienne à mes lèvres, déjà, Seigneur, tu le sais. 05 Tu me devances et me poursuis, tu m'enserres, tu as mis la main sur moi. 06 Savoir prodigieux qui me dépasse, hauteur que je ne puis atteindre ! 07 Où donc aller, loin de ton souffle ? où m'enfuir, loin de ta face ? 08 Je gravis les cieux : tu es là ; je descends chez les morts : te voici. 09 Je prends les ailes de l'aurore et me pose au-delà des mers : 10 même là, ta main me conduit, ta main droite me saisit. 11 J'avais dit : « Les ténèbres m'écrasent ! » mais la nuit devient lumière autour de moi. 12 Même la ténèbre pour toi n'est pas ténèbre, et la nuit comme le jour est lumière ! 13 C'est toi qui as créé mes reins, qui m'as tissé dans le sein de ma mère. 14 Je reconnais devant toi le prodige, l'être étonnant que je suis étonnantes sont tes œuvres toute mon âme le sait. 15 Mes os n'étaient pas cachés pour toi quand j'étais façonné dans le secret, modelé aux entrailles de la terre. 16 J'étais encore inachevé, tu me voyais ; sur ton livre, tous mes jours étaient inscrits, recensés avant qu'un seul ne soit ! 17 Que tes pensées sont pour moi difficiles, Dieu, que leur somme est imposante ! 18 Je les compte : plus nombreuses que le sable ! Je m'éveille : je suis encore avec toi. 19 [Dieu, si tu exterminais l'impie ! Hommes de sang, éloignez-vous de moi ! 20 Tes adversaires profanent ton nom : ils le prononcent pour détruire. 21 Comment ne pas haïr tes ennemis, Seigneur, ne pas avoir en dégoût tes assaillants ? 22 Je les hais d'une haine parfaite, je les tiens pour mes propres ennemis.] 23 Scrute-moi, mon Dieu, tu sauras ma pensée éprouve-moi, tu connaîtras mon cœur. 24 Vois si je prends le chemin des idoles, et conduis-moi sur le chemin d'éternité
L’auteur de ce psaume, c’est quelqu’un qui sait qu’on peut parler à Dieu et lui dire tout ce qu’on a sur le cœur.
Avant de prier avec ce psaume, je vous invite à parler à Dieu de manière spontanée. Dieu vous demande : « comment vas-tu ? » et vous lui répondez.
Justement cette familiarité avec Dieu, ce croyant en a l’expérience. Il sait que Dieu est celui à qui on peut parler, à qui on peut se confier, que l’on peut questionner et même à qui on peut faire des reproches !
Oui familiarité avec Dieu à qui on dit « tu »
Ensuite vous pouvez prendre les pistes suivantes :
1ère piste :
Il n’est pas forcément facile de rentrer dans l’intelligence de ce psaume : pour dire la familiarité, l’auteur utilise les mots de la dépendance. Nous pouvons avoir du mal l’accepter, en nous imaginant un dieu qui voit tout, qui sait tout, un dieu qui nous surveille…Ce sont de fausses images.
Est-ce ainsi que nous le comprenons ou est-ce que nous l’accueillons autrement ?
Sondons notre cœur et parlons à Dieu de cela
2ème piste
De ce fait on comprend mieux que le psaume commence par
« Tu me sondes », une affirmation qui n’est pas sans résistance, c’est un constat, du genre : « Même si ça ne me plait pas, c’est comme cela ! »
Mais le psaume se termine par « sonde-moi ». Là c’est une demande, un désir, ce que l’on veut vraiment.
Dans la prière de ce psaume, je vous invite à regarder le chemin que fait ce croyant :
ce passage d’une situation à laquelle on ne peut rien à une demande personnelle, à quelque chose qu’on veut, à un désir fort.
Qu’est-ce qui lui permet de faire ce passage ?
(Si vous ne trouvez pas, allez à la piste 5!)
3ème piste :
Il peut y avoir une difficulté à prier ce psaume : ce sont les versets 19 à 22
Voici une piste possible : « Impies, hommes de sang, adversaires, ennemies, assaillants »
Qui sont-ils ? Non pas des gens particuliers mais ce qui en chacun de nous s’oppose à la vie, ce mal qui rode et détruit et dont personne n’est indemne, ces fausses images de Dieu qui nous empêchent d’accueillir Dieu dans la confiance.
Quels sont les miens qu’il me faut combattre pour que la vie soit plus forte ?
4ème piste :
Vous pouvez enfin relire ce psaume en pensant que Jésus l’a prié. Lui, il a pu le prier en complet abandon et confiance. Et
voir avec le verset 18, une annonce de la résurrection : « je m’éveille, je suis encore avec toi »
5ème piste :
S’étonner de ce qui est dit de nous, de moi au verset 14. C’est le sommet de ce psaume. « Merveille que je suis » dans la traduction de la Bible de Jérusalem. Ici dans la traduction liturgique : « le prodige, l’être étonnant que je suis »
Laissez descendre cette révélation de nous, de moi, au plus profond de mon être. C'est le regard de Dieu sur nous. Alors on peut le laisser sans crainte nous regarder puisqu'il y voit la merveille que nous sommes.
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