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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 10:21

Voici un texte magnifique du dominicain Philippe Lefebvre. Cela permet de mieux goûter la beauté de la foi chrétienne.

Je l’ai trouvé sur le blog de Denis Chautard.

http://www.chautard.info/2015/01/caricaturer-dieu-par-philippe-lefebvre-dominicain-a-fribourg-suisse.html

 

Cet article a été publié dans la revue Vie spirituelle 281 de janvier-février 2009

 

Caricaturer Dieu de Philippe Lefebvre, op

Les Musulmans sont outrés de caricatures qu'un journal a produites du prophète Mahomet. Les Chrétiens se sont mobilisés récemment pour faire interdire telle affiche publicitaire dont la composition rappelait le tableau de Vinci représentant la Cène. Il n'est pas question ici d'entrer dans la complexité du débat, mais de rappeler un fait fondamental pour les Chrétiens : le Christ a assumé la caricature qu'on a faite de lui, pour en faire un paradoxal lieu de victoire.

Les Chrétiens ont pris comme insigne de leur foi l'objet même de la

dérision infligée au Christ : la croix. La croix est moqueuse : elle annonce la peine infamante, la basse extraction du condamné; elle porte sarcastiquement le motif de la condamnation : "Jésus de Nazareth roi des Juifs". La croix signale un lieu où l'on peut venir se gausser impunément :

"Sauve-toi toi-même", "Descends donc" chantonnent les imbéciles de tout poil à l'adresse du crucifié. La croix est une caricature : avec ses grands bras, sa trop longue jambe, elle parodie le corps; elle porte la carcasse écartelée d'un homme qui a dû auparavant —quelle ironie— la transporter lui-même. Elle représente toute la bouffonnerie meurtrière qui a conduit à la crucifixion : la couronne d'épines qui fait de Jésus un roi dérisoire, les insultes des soldats qui ont revêtu Jésus d'un manteau grotesque, les fausses révérences assorties de coups, la parodie de procès, les mensonges…

La pensée chrétienne dès les premiers siècles est allée dans le sens de plus de caricature encore pour subvertir la caricature. La croix qui ridiculise et qui fait honte, on l'appelle dans la tradition chrétienne le sceptre du roi, le trône du triomphateur, le siège de la justice, l'arbre de la vie, l'arbre de la connaissance, le drapeau de la victoire, le trophée glorieux, la seule espérance et bien d'autres noms encore. Le billet "roi des Juifs", écrit pour railler Jésus, est repris dans la liturgie comme l'aveu d'un credo irrépressible : c'est bien vrai, Jésus est le roi, fils de David, et sa croix est la souche de Jessé, père de David, laquelle devait porter un sauveur d'Israël.

Caricature, ironie grinçante, humiliation, dérision : rien de tout cela n'est évité, mais tout est assumé et transfiguré de l'intérieur. Pour les Romains qui entendaient les premiers Chrétiens revendiquer la croix du Christ comme un insigne de victoire, c'était indécent. Ils se disaient que vraiment les propos des Chrétiens étaient blasphématoires : prétendre que la croix, objet de justice et d'humiliation légale, pouvait être chantée et magnifiée comme un objet de vénération, c'était pour eux impensable, insupportable. On atteignait là le renversement complet : finalement, c'étaient les Chrétiens qui passaient pour caricaturaux et impudents en assumant sans complexe comme une "cause de joie" ce qui est prévu pour déshonorer. Reprendre la caricature comme emblème de gloire : c'est une ironie profonde, un humour théologique qui fait reculer la mort.

La foi des Chrétiens se fonde sur cette certitude que rien n'entame

finalement un être humain. La chair faible, piétinée, méprisée est le lieu d'où jaillit une vie plus forte que tout. Les Chrétiens n'ont pas peur de la caricature. Caricaturer le Christ ? Mais c'est déjà fait et cette caricature, je viens de le dire, a été assumée au point de devenir l'expression même de la foi : la croix, le corps supplicié, les mentions moqueuses de la royauté sont reprises, répétées, multipliées, elles sont même affirmées comme vraies, comme bienvenues, comme l'exact énoncé de ce qu'on voulait dire.

Je ne prétends pas répondre à tout ce qu'on peut dire sur les caricatures du Christ et de la religion chrétienne. Je veux affirmer ici qu'un Chrétien n'a pas à avoir peur des dessins burlesques et des paroles irrévérencieuses. Le Christ est plus fort et se rit des rieurs, bien plus il transfigure les outrances pour manifester l'excès de sa vie glorieuse.

Cela ne veut certes pas dire que tout doive être accepté et applaudi sans discernement, mais cela développe un certain style, une façon d'être : on ne pousse pas les hauts cris à tous bouts de champs, on ne demande pas tout le temps à être protégés de ceux qui disent des vilaines choses.

Un jour, je me trouvais à la sortie d'une messe d'ordination. Une dame passe et me voyant, moi et d'autres frères en habit religieux, elle me demande ce qui arrive. Je lui dis que des religieux dominicains viennent d'être ordonnés prêtres. C'était une époque où l'on parlait beaucoup de prêtres pédophiles; cette femme me dit alors avec une ironie venimeuse : "Des prêtres ? Alors il devait y avoir beaucoup de petits enfants tout près d'eux". Je lui ai répondu du tac au tac : "Des enfants ? Je ne sais pas. Mais en votre absence, il y avait moins d'imbéciles". "Comment osez-vous?" m'a-t-elle dit. "C'est moi d'abord qui doit vous poser la question" lui répondis-je.

Quand on suit le Christ, on apprend aussi à vivre avec la dérision, la

caricature, le mépris. Et —c'est à mon sens un don de l'Esprit saint— il arrive que l'on puisse jouer avec les mots mêmes qui étaient censés tuer, les retourner et en faire une occasion de triomphe.

 

Philippe Lefebvre, op 

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 11:02

Goûter la vie, à certains moments, peut-être longtemps, pour certains, il est difficile de goûter la vie, tellement elle est dure !

Mais à d’autres moment et pour d’autres, alors que rien ne s’y oppose, on le la goûte pas assez.

Dommage ! Nous nous privons ainsi de formidables forces d’énergie et de bonheur.

Comment remédier à cela ? Voici une proposition.

 

Le matin, vous mettez votre réveil 15 mn plus tôt que nécessaire.

Vous vous mettez à un endroit où vous êtes confortablement installé-e.

 

1-D’abord vous prenez du temps pour respirer profondément en goûtant la joie d’être en vie, goûter que le souffle de la vie vous traverse, vous irrigue.

 

2-Ensuite vous passez en revue tout ce qui va bien en vous et dans votre vie :

*Prendre conscience de son corps, de ce qui « fonctionne » bien.

 Cela peut aider de toucher ses pieds et ses jambes : je marche ; toucher son buste et penser à son cœur, ses poumons etc. ce corps qui est un vrai miracle ;

regarder ses mains qui sont des merveilles.

penser à toutes ces connexions qui sont dans notre cerveau.

« Merveille que je suis » dit le psaume 138 (h139) au verset 14.

*Et aussi tout ce qui va bien dans votre vie…

 

3-Enfin vous repassez dans votre mémoire le film de la journée d’hier en cherchant ce qui a été heureux, ce qui a été bon, ce que vous avez reçu  des autres, tout ce dont vous avez été bénéficière.

Ici il faut apprendre à élargir son regard et son cœur.

Quelques exemples :

derrière les repas que j’ai pris, il y a le travail de plein de gens ; derrière le train, le métro,  il y a des conducteurs ;

derrière les vêtements que je porte…la voiture que j’utilise…  ;

mais aussi tout ce que j’ai reçu de celles et ceux qui m’entourent.

 

De cela peut jaillir en moi des mercis qui vont me remplir de joie, d’estime de moi, de gratitude qui ouvre le cœur.

Quand on commence, cela peut n’être qu’un petit filet mais à mesure qu’on s’y exerce, vous pouvez arriver à avoir des montagnes de merci à dire…

Vous essayez ?

 

 

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 17:49

 

 

du Samedi 21 mars 2015 à 14h30 au Dimanche 22 mars 2015 à 17h


Chaque personne, quelque soit son orientation sexuelle ou son identité de genre, est un don de Dieu.

Le progrès dans l'expérience spirituelle consiste à s' accueillir comme don de Dieu. Cela se fait par un regard et une écoute du Christ qui nous dit son amour inconditionnel. Pendant ce WE, nous nous mettrons donc sous son regard pour nous laisser aimer par lui.

Dans ce WE, il y aura des temps de méditation, de relaxation, de partage, de créativité, de célébration.

Pour plus d’infos et pour s’inscrire en ligne :

http://www.ndcenacle.org/rubrique?lieu=4&proposition=953&id=24

 

Centre spirituel du Cénacle de Versailles

68 av de Paris, 78000 Versailles

cenacle.versailles@wanadoo.fr  

 

 

 

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 21:04

resurrection-de-la-fille-de-jaire.jpg

 Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer. Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds

et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. » Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait.

des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? » Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques.

Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant. Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur.

Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger. 

 

1-« Pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive »

Ce père a bien compris pourquoi Jésus est venu :

« Pour qu’ils aient la vie » Jn 10/10.

Donner la vie, donner de la vie. Voici la mission de Jésus.

Mais qu’est-ce que donner la vie ?

Donner santé, nourriture, culture, parole, respect, estime, amour…

Si Jésus a tant attitré les foules « qui se rassemble autour de lui », c’est bien qu’il donnait d’une  manière ou d’une autre, cela. Pensons à toutes ces rencontres où chaque personne se sent accueillie, écoutée, respectée, estimée…

Nos contemporains, viendront  nombreux, à lui, si c’est cela dont ils peuvent faire l’expérience : plus de vie, de vie qui a du sens.

 

2-« Crois seulement »

Dit Jésus au père de la fillette.

C’est la présence de Jésus et la foi humaine qui fait des miracles. Pas l’un sans l’autre. Et même Jésus donnera comme raison du miracle la seule foi humaine : « ta foi t’a sauvé ».

 

3-Talitha koum

Dresse-toi. C’est le mot même pour dire la résurrection. C’est ce que fera Jésus lors de sa victoire sur la mort : il se dressera.

Dresse-toi est un appel de Jésus pour chacun-e de nous.

Il nous appelle à la vie, à plus de vie : nous lever de nos morts, nous arracher à ce qui nous enferme.

Quelles sont nos morts auxquelles Jésus veut nous arracher ?

 

 

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 19:31

 

Abdennour Bidar a écrit dans le journal Marianne une lettre ouverte au monde musulman le lundi 13 Octobre 2014.  http://www.marianne.net/Lettre-ouverte-au-monde-musulman_a241765.html

Il est l’auteur de plusieurs livre dont : l'islam sans soumission : pour un existentialisme musulman, Paris, Éditions Albin Michel, collection L'islam des Lumières, 2008, 273 pages; Réédition en livre de poche, Albin Michel, collection Espaces Libres, 2012, 279 pages

 

Cet article mérite d’être connu car il montre le chemin qui est à parcourir pour que cette religion puisse se réformer, les conditions à remplir pour être facteur de paix et non de guerre.

C’est un musulman qui parle au monde musulman.

 

Lettre ouverte au monde musulman

Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin - de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd'hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d'isthme entre les deux mers de l'Orient et de l'Occident!

Et qu'est-ce que je vois ? Qu'est-ce que je vois mieux que d'autres sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ? Je te vois toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe ! Car je te vois en train d'enfanter un monstre qui prétend se nommer État islamique et auquel certains préfèrent donner un nom de démon : DAESH. Mais le pire est que je te vois te perdre - perdre ton temps et ton honneur - dans le refus de reconnaître que ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement interminable entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine.

Que dis-tu en effet face à ce monstre ? Quel est ton unique discours ? Tu cries « Ce n'est pas moi ! », « Ce n'est pas l'islam ! ». Tu refuses que les crimes de ce monstre soient commis en ton nom (hashtag #NotInMyName). Tu t'indignes devant une telle monstruosité, tu t'insurges aussi que le monstre usurpe ton identité, et bien sûr tu as raison de le faire. Il est indispensable qu'à la face du monde tu proclames ainsi, haut et fort, que l'islam dénonce la barbarie. Mais c'est tout à fait insuffisant ! Car tu te réfugies dans le réflexe de l'autodéfense sans assumer aussi, et surtout, la responsabilité de l'autocritique. Tu te contentes de t'indigner, alors que ce moment historique aurait été une si formidable occasion de te remettre en question ! Et comme d'habitude, tu accuses au lieu de prendre ta propre responsabilité : « Arrêtez, vous les occidentaux, et vous tous les ennemis de l'islam de nous associer à ce monstre ! Le terrorisme, ce n'est pas l'islam, le vrai islam, le bon islam qui ne veut pas dire la guerre, mais la paix! »

J'entends ce cri de révolte qui monte en toi, ô mon cher monde musulman, et je le comprends. Oui tu as raison, comme chacune des autres grandes inspirations sacrées du monde l'islam a créé tout au long de son histoire de la Beauté, de la Justice, du Sens, du Bien, et il a puissamment éclairé l'être humain sur le chemin du mystère de l'existence... Je me bats ici en Occident, dans chacun de mes livres, pour que cette sagesse de l'islam et de toutes les religions ne soit pas oubliée ni méprisée ! Mais de ma position lointaine, je vois aussi autre chose - que tu ne sais pas voir ou que tu ne veux pas voir... Et cela m'inspire une question, LA grande question : pourquoi ce monstre t'a-t-il volé ton visage ? Pourquoi ce monstre ignoble a-t-il choisi ton visage et pas un autre ? Pourquoi a-t-il pris le masque de l'islam et pas un autre masque ? C'est qu'en réalité derrière cette image du monstre se cache un immense problème, que tu ne sembles pas prêt à regarder en face. Il le faut bien pourtant, il faut que tu en aies le courage.

Ce problème est celui des racines du mal. D'où viennent les crimes de ce soi-disant « État islamique » ? Je vais te le dire, mon ami. Et cela ne va pas te faire plaisir, mais c'est mon devoir de philosophe. Les racines de ce mal qui te vole aujourd'hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre, le cancer est dans ton propre corps. Et de ton ventre malade, il sortira dans le futur autant de nouveaux monstres - pires encore que celui-ci - aussi longtemps que tu refuseras de regarder cette vérité en face, aussi longtemps que tu tarderas à l'admettre et à attaquer enfin cette racine du mal !

Même les intellectuels occidentaux, quand je leur dis cela, ont de la difficulté à le voir : pour la plupart, ils ont tellement oublié ce qu'est la puissance de la religion - en bien et en mal, sur la vie et sur la mort - qu'ils me disent « Non le problème du monde musulman n'est pas l'islam, pas la religion, mais la politique, l'histoire, l'économie, etc. ». Ils vivent dans des sociétés si sécularisées qu'ils ne se souviennent plus du tout que la religion peut être le cœur du réacteur d'une civilisation humaine ! Et que l'avenir de l'humanité passera demain non pas seulement par la résolution de la crise financière et économique, mais de façon bien plus essentielle par la résolution de la crise spirituelle sans précédent que traverse notre humanité toute entière ! Saurons-nous tous nous rassembler, à l'échelle de la planète, pour affronter ce défi fondamental ? La nature spirituelle de l'homme a horreur du vide, et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir elle le fera demain avec des religions toujours plus inadaptées au présent - et qui comme l'islam actuellement se mettront alors à produire des monstres.

Je vois en toi, ô monde musulman, des forces immenses prêtes à se lever pour contribuer à cet effort mondial de trouver une vie spirituelle pour le XXIe siècle ! Il y a en toi en effet, malgré la gravité de ta maladie, malgré l'étendue des ombres d'obscurantisme qui veulent te recouvrir tout entier, une multitude extraordinaire de femmes et d'hommes qui sont prêts à réformer l'islam, à réinventer son génie au-delà de ses formes historiques et à participer ainsi au renouvellement complet du rapport que l'humanité entretenait jusque-là avec ses dieux ! C'est à tous ceux-là, musulmans et non musulmans qui rêvent ensemble de révolution spirituelle, que je me suis adressé dans mes livres ! Pour leur donner, avec mes mots de philosophe, confiance en ce qu'entrevoit leur espérance!

Il y a dans la Oumma (communauté des musulmans) de ces femmes et ces hommes de progrès qui portent en eux la vision du futur spirituel de l'être humain. Mais ils ne sont pas encore assez nombreux ni leur parole assez puissante. Tous ceux-là, dont je salue la lucidité et le courage, ont parfaitement vu que c'est l'état général de maladie profonde du monde musulman qui explique la naissance des monstres terroristes aux noms d'Al Qaida, Al Nostra, AQMI ou de l'«État islamique». Ils ont bien compris que ce ne sont là que les symptômes les plus graves et les plus visibles sur un immense corps malade, dont les maladies chroniques sont les suivantes: impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion; prison morale et sociale d'une religion dogmatique, figée, et parfois totalitaire ; difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l'égalité, de la responsabilité et de la liberté; impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l'autorité de la religion; incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses.

Tout cela serait-il donc la faute de l'Occident ? Combien de temps précieux, d'années cruciales, vas-tu perdre encore, ô cher monde musulman, avec cette accusation stupide à laquelle toi-même tu ne crois plus, et derrière laquelle tu te caches pour continuer à te mentir à toi-même ? Si je te critique aussi durement, ce n'est pas parce que je suis un philosophe « occidental », mais parce que je suis un de tes fils conscients de tout ce que tu as perdu de ta grandeur passée depuis si longtemps qu'elle est devenue un mythe !

Depuis le XVIIIe siècle en particulier, il est temps de te l'avouer enfin, tu as été incapable de répondre au défi de l'Occident. Soit tu t'es réfugié de façon infantile et mortifère dans le passé, avec la régression intolérante et obscurantiste du wahhabisme qui continue de faire des ravages presque partout à l'intérieur de tes frontières - un wahhabisme que tu répands à partir de tes lieux saints de l'Arabie Saoudite comme un cancer qui partirait de ton cœur lui-même ! Soit tu as suivi le pire de cet Occident, en produisant comme lui des nationalismes et un modernisme qui est une caricature de modernité - je veux parler de cette frénésie de consommation, ou bien encore de ce développement technologique sans cohérence avec leur archaïsme religieux qui fait de tes « élites » richissimes du Golfe seulement des victimes consentantes de la maladie désormais mondiale qu'est le culte du dieu argent.

Qu'as-tu d'admirable aujourd'hui, mon ami ? Qu'est-ce qui en toi reste digne de susciter le respect et l'admiration des autres peuples et civilisations de la Terre ? Où sont tes sages, et as-tu encore une sagesse à proposer au monde ? Où sont tes grands hommes, qui sont tes Mandela, qui sont tes Gandhi, qui sont tes Aung San Suu Kyi ? Où sont tes grands penseurs, tes intellectuels dont les livres devraient être lus dans le monde entier comme au temps où les mathématiciens et les philosophes arabes ou persans faisaient référence de l'Inde à l'Espagne ? En réalité tu es devenu si faible, si impuissant derrière la certitude que tu affiches toujours au sujet de toi-même... Tu ne sais plus du tout qui tu es ni où tu veux aller et cela te rend aussi malheureux qu'agressif... Tu t'obstines à ne pas écouter ceux qui t'appellent à changer en te libérant enfin de la domination que tu as offerte à la religion sur la vie toute entière. Tu as choisi de considérer que Mohammed était prophète et roi. Tu as choisi de définir l'islam comme religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l'État que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu'à l'intérieur même de chaque conscience. Tu as choisi de croire et d'imposer que l'islam veut dire soumission alors que le Coran lui-même proclame qu'«Il n'y a pas de contrainte en religion» (La ikraha fi Dîn). Tu as fait de son Appel à la liberté l'empire de la contrainte ! Comment une civilisation peut-elle trahir à ce point son propre texte sacré ? Je dis qu'il est l'heure, dans la civilisation de l'islam, d'instituer cette liberté spirituelle - la plus sublime et difficile de toutes - à la place de toutes les lois inventées par des générations de théologiens !

De nombreuses voix que tu ne veux pas entendre s'élèvent aujourd'hui dans la Oumma pour s'insurger contre ce scandale, pour dénoncer ce tabou d'une religion autoritaire et indiscutable dont se servent ses chefs pour perpétuer indéfiniment leur domination... Au point que trop de croyants ont tellement intériorisé une culture de la soumission à la tradition et aux « maîtres de religion » (imams, muftis, shouyoukhs, etc.) qu'ils ne comprennent même pas qu'on leur parle de liberté spirituelle, et n'admettent pas qu'on ose leur parler de choix personnel vis-à-vis des « piliers » de l'islam. Tout cela constitue pour eux une « ligne rouge », quelque chose de trop sacré pour qu'ils osent donner à leur propre conscience le droit de le remettre en question ! Et il y a tant de ces familles, tant de ces sociétés musulmanes où cette confusion entre spiritualité et servitude est incrustée dans les esprits dès leur plus jeune âge, et où l'éducation spirituelle est d'une telle pauvreté que tout ce qui concerne de près ou de loin la religion reste ainsi quelque chose qui ne se discute pas!

Or cela, de toute évidence, n'est pas imposé par le terrorisme de quelques fous, par quelques troupes de fanatiques embarqués par l'État islamique. Non, ce problème-là est infiniment plus profond et infiniment plus vaste ! Mais qui le verra et le dira ? Qui veut l'entendre ? Silence là-dessus dans le monde musulman, et dans les médias occidentaux on n'entend plus que tous ces spécialistes du terrorisme qui aggravent jour après jour la myopie générale ! Il ne faut donc pas que tu t'illusionnes, ô mon ami, en croyant et en faisant croire que quand on en aura fini avec le terrorisme islamiste l'islam aura réglé ses problèmes ! Car tout ce que je viens d'évoquer - une religion tyrannique, dogmatique, littéraliste, formaliste, machiste, conservatrice, régressive - est trop souvent, pas toujours, mais trop souvent, l'islam ordinaire, l'islam quotidien, qui souffre et fait souffrir trop de consciences, l'islam de la tradition et du passé, l'islam déformé par tous ceux qui l'utilisent politiquement, l'islam qui finit encore et toujours par étouffer les Printemps arabes et la voix de toutes ses jeunesses qui demandent autre chose. Quand donc vas-tu faire enfin ta vraie révolution ? Cette révolution qui dans les sociétés et les consciences fera rimer définitivement religion et liberté, cette révolution sans retour qui prendra acte que la religion est devenue un fait social parmi d'autres partout dans le monde, et que ses droits exorbitants n'ont plus aucune légitimité !

Bien sûr, dans ton immense territoire, il y a des îlots de liberté spirituelle : des familles qui transmettent un islam de tolérance, de choix personnel, d'approfondissement spirituel ; des milieux sociaux où la cage de la prison religieuse s'est ouverte ou entrouverte ; des lieux où l'islam donne encore le meilleur de lui-même, c'est-à-dire une culture du partage, de l'honneur, de la recherche du savoir, et une spiritualité en quête de ce lieu sacré où l'être humain et la réalité ultime qu'on appelle Allâh se rencontrent. Il y a en Terre d'islam et partout dans les communautés musulmanes du monde des consciences fortes et libres, mais elles restent condamnées à vivre leur liberté sans assurance, sans reconnaissance d'un véritable droit, à leurs risques et périls face au contrôle communautaire ou bien même parfois face à la police religieuse. Jamais pour l'instant le droit de dire « Je choisis mon islam », « J'ai mon propre rapport à l'islam » n'a été reconnu par « l'islam officiel » des dignitaires. Ceux-là au contraire s'acharnent à imposer que « La doctrine de l'islam est unique » et que « L'obéissance aux piliers de l'islam est la seule voie droite » (sirâtou-l-moustaqîm).

Ce refus du droit à la liberté vis-à-vis de la religion est l'une de ces racines du mal dont tu souffres, ô mon cher monde musulman, l'un de ces ventres obscurs où grandissent les monstres que tu fais bondir depuis quelques années au visage effrayé du monde entier. Car cette religion de fer impose à tes sociétés tout entières une violence insoutenable. Elle enferme toujours trop de tes filles et tous tes fils dans la cage d'un Bien et d'un Mal, d'un licite (halâl) et d'un illicite (harâm) que personne ne choisit, mais que tout le monde subit. Elle emprisonne les volontés, elle conditionne les esprits, elle empêche ou entrave tout choix de vie personnel. Dans trop de tes contrées, tu associes encore la religion et la violence - contre les femmes, contre les « mauvais croyants », contre les minorités chrétiennes ou autres, contre les penseurs et les esprits libres, contre les rebelles - de telle sorte que cette religion et cette violence finissent par se confondre, chez les plus déséquilibrés et les plus fragiles de tes fils, dans la monstruosité du jihad !

Alors, ne t'étonne donc pas, ne fais plus semblant de t'étonner, je t'en prie, que des démons tels que le soi-disant État islamique t'aient pris ton visage ! Car les monstres et les démons ne volent que les visages qui sont déjà déformés par trop de grimaces ! Et si tu veux savoir comment ne plus enfanter de tels monstres, je vais te le dire. C'est simple et très difficile à la fois. Il faut que tu commences par réformer toute l'éducation que tu donnes à tes enfants, que tu réformes chacune de tes écoles, chacun de tes lieux de savoir et de pouvoir. Que tu les réformes pour les diriger selon des principes universels (même si tu n'es pas le seul à les transgresser ou à persister dans leur ignorance) : la liberté de conscience, la démocratie, la tolérance et le droit de cité pour toute la diversité des visions du monde et des croyances, l'égalité des sexes et l'émancipation des femmes de toute tutelle masculine, la réflexion et la culture critique du religieux dans les universités, la littérature, les médias. Tu ne peux plus reculer, tu ne peux plus faire moins que tout cela ! Tu ne peux plus faire moins que ta révolution spirituelle la plus complète ! C'est le seul moyen pour toi de ne plus enfanter de tels monstres, et si tu ne le fais pas tu seras bientôt dévasté par leur puissance de destruction. Quand tu auras mené à bien cette tâche colossale - au lieu de te réfugier encore et toujours dans la mauvaise foi et l'aveuglement volontaire, alors plus aucun monstre abject ne pourra plus venir te voler ton visage.

Cher monde musulman... Je ne suis qu'un philosophe, et comme d'habitude certains diront que le philosophe est un hérétique. Je ne cherche pourtant qu'à faire resplendir à nouveau la lumière - c'est le nom que tu m'as donné qui me le commande, Abdennour, « Serviteur de la Lumière ».

Je n'aurais pas été si sévère dans cette lettre si je ne croyais pas en toi. Comme on dit en français: «Qui aime bien châtie bien». Et au contraire tous ceux qui aujourd'hui ne sont pas assez sévères avec toi - qui te trouvent toujours des excuses, qui veulent faire de toi une victime, ou qui ne voient pas ta responsabilité dans ce qui t'arrive - tous ceux-là en réalité ne te rendent pas service ! Je crois en toi, je crois en ta contribution à faire demain de notre planète un univers à la fois plus humain et plus spirituel ! Salâm, que la paix soit sur toi.

 

http://www.marianne.net/Lettre-ouverte-au-monde-musulman_a241765.html

 

 

 

 

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 21:26

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Jn 1/35-42

Le lendemain encore, Jean se trouvait là avec deux de ses disciples.

Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. »

Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus.

Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? »

Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi).

André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus.

Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ.

André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.

 

Le thème de l’appel du Seigneur est au cœur des lectures de ce dimanche.
Samuel, appelé par trois fois, reconnaît la voix de Dieu grâce à Eli qui oriente son écoute dans la bonne direction.

André et son compagnon reconnaissent le Christ grâce à la parole de Jean Baptiste.

L’appel passe par un témoin qui désigne, oriente puis s’efface, ne retient pas à lui.
L’appel pour être reçu, entendu, demande un déplacement, un mouvement, une rupture.

André et son compagnon sont sortis de chez eux pour devenir disciples de Jean. Aux seuls mots prononcés par Jean-Baptiste, ils suivent Jésus.
« Que cherchez-vous ? »

C’est la première parole de Jésus dans l’évangile de Jean. Il a entendu les disciples s’approcher. Il se retourne, il a l’initiative de la rencontre. Il sonde leurs attentes, leurs désirs.
Aujourd’hui, Il guette nos cœurs, Il s’approche mais ne peut rien sans nous, sans notre soif de Le rencontrer. L’appel du Seigneur invite toujours à une réponse libre.
Les disciples répondent par une question : « Rabbi, où demeures-tu ? »

Quelle est la demeure du Seigneur ?

« Venez et vous verrez »

Rien n’est décrit, rien n’est rassurant dans cette réponse, seule la Foi permet d’emboîter le pas, de se mettre en route et de suivre.

Ils virent la demeure de Jésus. Cela leur a permis de déclarer : « Nous avons trouvé le Messie »

Ils ont vu la demeure de Jésus : Il vit dans l’intimité du Père, il est en complète communion avec lui. « Qui me voit, voit le Père qui m’a envoyé. »

Ils ont vu celui qui répand l’amour autour de Lui car Il n’est que don. Ils ont vu Celui qui est tout en vérité dans ses actes et dans ses paroles, Celui qui libère et leur montre le chemin :

Jésus, le Fils bien aimé du Père en qui Dieu a mis tout son Amour, leur montre comment vivre cet amour filial

Il les appelle à se laisser aimer afin d’aimer à leur tour.

C’est pour cela qu’André va chercher son frère Simon pour le présenter à Jésus.
La bonne nouvelle qui éclaire désormais sa vie  ne peut pas rester dans l’ombre.

Jésus pose son regard sur Simon et lui donne le nom de Céphas, en araméen cela signifie roc, image qui renvoie  à la parabole de la maison construite sur le roc, c'est-à-dire à une vie fondée sur l’écoute de la Parole de Dieu.
Nous aussi, sommes, comme le dit Saint Paul, les temples de l’Esprit. C’est à nous de rendre Jésus présent au cœur de notre quotidien. Cette présence se réalise dans les cœurs qui vivent selon l’Esprit de Jésus, qui se reçoivent de Lui et qui demeurent dans son intimité.

Soyons de ceux-là, de celles-là qui font réellement voir Jésus présent parmi nous.

 

Françoise Mirabel

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 23:12

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Mc5/1-20

Ils arrivèrent sur l’autre rive, de l’autre côté de la mer de Galilée, dans le pays des Géraséniens. Comme Jésus sortait de la barque, aussitôt un homme possédé d’un esprit impur s’avança depuis les tombes à sa rencontre ; il habitait dans les tombeaux et personne ne pouvait plus l’attacher, même avec une chaîne ; en effet on l’avait souvent attaché avec des fers aux pieds et des chaînes, mais il avait rompu les chaînes, brisé les fers, et personne ne pouvait le maîtriser. Sans arrêt, nuit et jour, il était parmi les tombeaux et sur les collines, à crier, et à se blesser avec des pierres. Voyant Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui et cria d’une voix forte : « Que me veux-tu, Jésus, fils du Dieu Très-Haut ? Je t’adjure par Dieu, ne me tourmente pas ! »

Jésus lui disait en effet : « Esprit impur, sors de cet homme ! »

Et il lui demandait : « Quel est ton nom ? » L’homme lui dit : « Mon nom est Légion, car nous sommes beaucoup. » Et ils suppliaient Jésus avec insistance de ne pas les chasser en dehors du pays. Or, il y avait là, du côté de la colline, un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Alors, les esprits impurs supplièrent Jésus : « Envoie-nous vers ces porcs, et nous entrerons en eux. » Il le leur permit. Ils sortirent alors de l’homme et entrèrent dans les porcs. Du haut de la falaise, le troupeau se précipita dans la mer : il y avait environ deux mille porcs, et ils se noyaient dans la mer. Ceux qui les gardaient prirent la fuite, ils annoncèrent la nouvelle dans la ville et dans la campagne, et les gens vinrent voir ce qui s’était passé.  Ils arrivent auprès de Jésus, ils voient le possédé assis, habillé, et revenu à la raison, lui qui avait eu la légion de démons, et ils furent saisis de crainte. Ceux qui avaient vu tout cela leur racontèrent l’histoire du possédé et ce qui était arrivé aux porcs. Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire. Comme Jésus remontait dans la barque, le possédé le suppliait de pouvoir être avec lui. Il n’y consentit pas, mais il lui dit : « Rentre à la maison, auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. » Alors l’homme s’en alla, il se mit à proclamer dans la région de la Décapole ce que Jésus avait fait pour lui, et tout le monde était dans l’admiration.

 

1-Le pays des Géraséniens

Nous découvrons ici quelle est l’autre rive du verset 35 que Jésus veut rejoindre : un pays non-touché par la révélation du Dieu unique. Cela vient de sa décision. Il veut sortir d’un cadre trop étroit et s’ouvrir à d’autres espaces.

 

2-Pas de parole mais une libération

Ce texte devait nous étonner : ne va-t-il pas là-bas pour « évangéliser » ?  Oui, mais à sa manière : évangéliser, c’est d’abord libérer de ce qui empêche de vivre. C’est pour cela qu’il est venu. « Je suis venu pour qu’ils aient la vie »

 

3-Nos emprisonnements

Regarder les emprisonnements qui peuvent aliéner l’humain : vivre dans des lieux de mort, être enchainé à…, se faire mal à soi-même. Etre divisé à l’intérieur de soi : cet homme ne dit pas JE, il est possédé par de contradictions où la vie se laisse vaincre par la mort.

 

4-Les signes de la vie

Le texte nous en donne trois : assis, vêtu, sain d’esprit.

Mais surtout désirant, ayant retrouvé son vouloir propre, l’exprimant : être avec Jésus comme sens à sa vie.

 

5-Etre avec Jésus, autrement.

Jésus lui propose une autre manière d’être avec lui : pas physiquement mais par l’acte du témoignage. Comme Jésus, non pas d’abord par un enseignement mais par le récit d’une action.

 

6- La vie d’un homme plus précieuse qu’un troupeau de porcs.

C’est le choix du Christ. Ce n’est pas celui des gens venus voir et qui lui demande de partir.

Que craignent-ils ? 

 

 

 

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 15:58

Je suis  Charlie

Je n’ai jamais acheté Charlie Hebdo. Dans les kiosques, en voyant la Une de ce journal, j’étais le plus souvent heurtée par ces caricatures.

Pour moi, ce journal allait trop loin dans l’humour. Je trouvais cela méprisant pour les personnes politiques ou religieuses qui étaient ainsi défigurées. Cette outrance, allant jusqu’au sordide, m’apparaissait comme un manque de respect qu’on doit critiquer. L’humour, la dérision a des limites, on le voit bien dans les relations interpersonnelles : l’humour est à manier avec précaution.

Je ne l’ai jamais acheté et continuerai de ne pas le faire, sauf celui du mercredi 14 janvier.

Et pourtant : je suis Charlie

En quel sens ?

Non pas, encore une fois parce que je suis d’accord avec ce journal mais parce que ceux qui ont commis ce crime peuvent aussi me faire la même chose.

Je m’assimile à Charlie parce que je suis aussi en danger de mort par ces fanatiques qui veulent rendre le monde entier semblable à eux par la violence et veulent tuer tous ceux qui ne pensent pas, ne croient pas comme eux.

Je suis Charlie comme je suis Ahmed, comme je suis juive, comme je suis chrétienne d’Irak …

Je suis Charlie en se sens là et permettez-moi de l’être de cette manière-là !

Dire «Je suis Charlie » c’est dire non à la barbarie, à l’intolérance qui va jusqu’au meurtre.

Le poème de Martin Niemöller dit bien la nécessité de « je suis Charlie » comme solidarité avec ceux qu’on tue.

 

Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n'ai rien dit,
Je n'étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n'ai rien dit,
Je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n'ai pas protesté,
Je n'étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n'ai pas protesté,
Je n'étais pas catholique. 

Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait personne pour protester

 

Aujourd’hui, dire je suis Charlie, c’est protester, agir, lutter contre une bête identique au nazisme.

 

 

1-Martin Niemöller (14 janvier 1892 - 6 mars 1984) est un pasteur et théologien allemand. Il combat lors de la Première Guerre mondiale.

Après celle-ci, bouleversé par les horreurs qu’il a vécu, il s’oriente vers la théologie et devient pasteur.

Il admire le régime hitlérien à ses débuts, mais quand celui-ci veut soumettre l’église allemande, Martin Niemöller demande à tous les pasteurs qui ne veulent pas accepter l’idéologie nazie de se rassembler afin de créer le Pfarrernotbund (Ligue d’urgence des pasteurs).

Cette organisation respecte et défend la profession de foi de l’Église Réformée et les principes de tolérance de la Bible.

À la fin de 1933, six mille pasteurs (plus d’un tiers des pasteurs protestants) ont rejoint l’organisation. Le Pfarrernotbund reçoit également le soutien de protestants de l’étranger.

L’organisation adresse alors au synode une lettre dénonçant les persécutions dont sont victimes les juifs et les pasteurs qui ne veulent pas se plier aux ordres des nazis.

En représailles, Martin Niemöller est déchu de ses fonctions de pasteur. La plupart de ses paroissiens lui restant fidèles, il continue d’assurer son ministère. 

Arrêté en 1937, il est interné au camp de concentration de Sachsenhausen. En 1941 il est transféré au camp de Dachau. Libéré en 1945, il devient militant pacifiste et consacre le reste de sa vie à la reconstruction de l’Église protestante d’Allemagne.

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2008/10/03/1279906_martin-niemoller-quand-ils-sont-venus-cherchers-les-communistes-je-n-ai-rien-dit.html

 

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 22:30

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 Mc 1/7-11

Jean-Baptiste proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales.

Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain.

Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe.

Il y eut une voix venant des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

 

1ère piste :

Regarder Jean. Il a conscience qu’avec Jésus arrive un dépassement de son horizon. Jésus le dira aussi. Pas de plus grand que Jean mais il est le plus petit dans le Royaume. Quelle est cette petitesse par rapport au Royaume inauguré par Jésus ? La petitesse d’être encore  sous le régime d’un baptême d’eau pour le repentir alors que Jésus va introduire un baptême d’Esprit qui est pure grâce de Dieu. C’est la grâce de se recevoir comme fille ou fils du Père qui nous change et non une démarche volontariste.

Faire mémoire de mon itinéraire de foi. Quel chemin parcouru de Jean à Jésus, de la férule de la loi à la liberté de l’Esprit ?

2ème piste :

Continuer à regarder Jean. Au contact de Jésus, il va opérer une vraie conversion de son image de Dieu.

Dieu n’est pas celui à qui on vient mais celui qui vient vers nous. La conversion n’est pas d’abord morale, elle est accueil de Dieu qui vient à nous, elle est dans l’attitude de se laisser aimer, de le laisser faire.

Profiter de ce moment, maintenant pour me laisser aimer par Dieu, m’abandonner, le laisser faire.

3ème piste :

Regarder Jésus au milieu de la foule qui attend son tour. Le regarder attendant comme tout le monde sans privilège.

Un homme au milieu d’autres. Regarder Jésus qui rentre dans l’eau jusqu’au cou, entièrement enseveli par l’eau. Il descend dans cette eau à l’image de l’incarnation. Dieu Très-Haut qui se fait Très-Bas pour nous nous rejoindre.  Il n’a pas besoin de baptême, mais rentrant dans l’eau, il sanctifie toute la matière de nos vies. Il  rend saint le plus quotidien de nos vies.

Me laisser étonner par ce que je vois, le Très-Haut qui se fait Très-Bas. Laisser parler mon cœur devant l’inouï de ce qui m’est donné à voir. Contempler l’humilité du Verbe qui s’est fait l’un de nous sans revendiquer aucun privilège. « Lui de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait  à Dieu… » Ph2/6

4ème piste :

Voir ce que Jésus voit : il vit l'Esprit de Dieu. Entendre ce qu’il entend : «Tu es mon Fils bien-aimé, en toi, je trouve ma joie » C’est l’identité du Christ qui se dit là mais c’est aussi la nôtre. Nous sommes filles et fils avec le Fils. Il est l’ainé d’une multitude de frères et de sœurs. L’Esprit qui repose sur lui repose aussi sur nous et nous établit prêtre du Très-haut qui s’est fait le Très-Bas pour que chacun se retourne vers Dieu et pour être les célébrants de son amour. Il nous établit prophète du salut pour écouter sa parole, pouvoir en témoigner par nos actes, nos paroles et pour dire partout les merveilles de Dieu. Il nous établit roi et reine pour être au monde justice de Dieu et ainsi œuvrer à un monde selon le cœur de Dieu.

Laissez cette parole descendre au plus profond de nous : je suis sa fille, son fils bien-aimé. Comme le Christ, par mon baptême, je suis prêtre, prophète et roi. Regarder ma vie et voir quelle ma manière personnelle de l’être. Comment je suis prêtre ? Comment je suis prophète ? Comment je suis roi ? Et nous le sommes !

 

 

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 18:52

Epiphanie-1.jpg

 

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

 

Devant l’enfant qui vient de naître, l’évangile de Luc fait venir des bergers et dans l’évangile de Mathieu, ce sont des sages païens. Dans les deux cas, nous avons là une intention théologique précise.

Les bergers qui sont, du fait de leur travail, des « mauvais » pratiquants de la Loi religieuse et dont le travail est sinon méprisé, du moins peu considéré dans l’échelle sociale, sont les premiers invités à se réjouir de la naissance de l’enfant Jésus. Cela préfigure toutes les options de Jésus, ses paroles et ses actes : rendre leur dignité aux exclus de la société de son temps et de tous les temps.

Les sages venus d’orient symbolisent la sortie de tout communautarisme et l’accès à Dieu sans aucune discrimination de peuples.

Ils suivent une étoile, manière de nous dire la recherche qui est la leur. Il cherche un roi. A Jérusalem on leur parle d’un Christ, d’un chef, d’un berger. Autant de titres ambigus. Un roi qui n’a de loi que son bon plaisir ? Un Christ qui va délivrer du joug de Rome ? Un chef qui se fait servir ? Le seul titre qui pourrait convenir est bien celui de berger comme identification à ceux qui sont considérés comme « peu valant ». Car Jésus sera roi crucifié, Christ libérateur des cœurs, chef serviteur.

Les mages pensent le trouver dans les allées du pouvoir. Que trouve-t-ils ? Des grands-prêtres et de scribes qui ont une connaissance inopérante. Ils savent où il va naître, c’est l’attente de leur foi depuis des siècles : ils auraient du se mettre en marche avec les mages. Comment comprendre cet immobilisme ? La nouveauté qui dérange et risque de les déloger de leurs privilèges, de leurs certitudes…

Les mages trouvent une ville qui s’émeut de cette nouvelle mais qui elle aussi ne bouge pas.

Ils trouvent un roi qui va se servir d’eux dans sa volonté de tuer cet enfant, danger pour son pouvoir.

Triste lieu ! Jérusalem n’est pas le lieu où peut naître  la vie ! Elle ne peut que donner la connaissance mais c’est insuffisant, il y faut le désir d’en vivre.

C’est à Bethleem qu’ils vont trouver ce qu’ils cherchent et c’est un enfant.

Pourquoi apportent-ils des présents ? Jésus ne leur a rien demandé. Pourquoi pensons-nous qu’il faille toujours donner des choses à Dieu ? En oubliant que notre seule présence lui suffit. Dieu n’exige rien. Il est en attente de notre amitié et c’est le plus beau cadeau qu’on puisse lui faire.

 

 

 

 

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