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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 21:27
Invité-es: Katrin Agafia, se laisser toucher Luc 8/42-48

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 8, 42-48

Les foules le pressaient au point de l’étouffer. Or, une femme qui avait des pertes de sang depuis douze ans, et qui avait dépensé tous ses biens chez les médecins sans que personne n’ait pu la guérir, s’approcha de lui par-derrière et toucha la frange de son vêtement. À l’instant même, sa perte de sang s’arrêta.

Mais Jésus dit : « Qui m’a touché ? » Comme ils s’en défendaient tous, Pierre lui dit : « Maître, les foules te bousculent et t’écrasent. »

Mais Jésus reprit : « Quelqu’un m’a touché, car j’ai reconnu qu’une force était sortie de moi. » La femme, se voyant découverte, vint, toute tremblante, se jeter à ses pieds ; elle raconta devant tout le peuple pourquoi elle l’avait touché, et comment elle avait été guérie à l’instant même. Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix. »

 

1ère piste : « une femme qui avait des pertes de sang depuis douze ans »

Cela fait douze ans qu’elle perd du sang… Elle est impure aux yeux de la loi, et contrainte de refouler sa féminité… Douze ans que personne ne l’a touchée. Elle en a vu des médecins, des prêtres et des faux-prophètes ! Mais toujours les mêmes discours creux, teintés de faux espoirs, la réduisant un peu plus au mutisme et à la honte ! Seul son corps parle encore avec vérité : elle est tout simplement épuisée.

Comme cette femme, je prends le temps ce soir d’écouter mon corps. Je peux me mentir à moi-même, mais mon corps, lui, ne ment jamais. Il porte mes intuitions, mes perceptions, et met à jour les maux de mon âme.

 

2ème piste : « elle toucha la frange de son vêtement »

Et l’audace de cette femme est à la hauteur de son désespoir. Elle touche le manteau de Jésus, en cachette. Toucher : ce mot est répété quatre fois. Quelle insistance ! Toucher l’autre, c’est dire avec son corps, sa soif de relation, sa soif de tendresse ; c’est le premier langage des enfants… et se laisser toucher, c’est risquer une rencontre et consentir à sa vulnérabilité.

Ainsi Jésus se laisse toucher. Il me laisse saisir Son manteau, Il me laisse risquer ma main dans la sienne. Et qu’importe si je me sens impur-e, indigne, Lui ne regarde que l’audace de ma confiance.

 

3ème piste : « Quelqu’un m’a touché »

Là où les disciples ne voient qu’une foule, indifférenciée, qui presse, qui étouffe toute forme de singularité, Jésus, lui, perçoit une personne unique. Non seulement, il rejoint cette femme, en la guérissant, mais il la cherche, comme Dieu cherche Adam dans le jardin d’Eden. Il cherche son visage, désire croiser son regard. « L’amour est le miracle d’être un jour entendu jusque dans nos silences »[1]. Il est peut-être là le véritable miracle pour cette femme : elle s’est sentie entendue, unique aux yeux d’un autre, du Tout Autre.

Tant de fois, j’ai cherché le visage de Dieu, à la force de mes poignets… et c’est Lui qui scrutait l’horizon pour y croiser mon regard. Tant de fois, je me suis concentrée pour écouter Sa parole, et c’est Lui qui, en secret, déchiffrait mes silences. Et, si ce soir, j’inversais l’ordre des choses et je me laissais trouver par Dieu ?

 

4ème piste : « elle raconta devant tout le peuple pourquoi elle l’avait touché »

La femme choisit de se laisser trouver par Jésus : elle s’approche. Sa façon à elle, de dire « me voici » à Dieu, est de sortir de l’anonymat. Certes, elle s’expose, tremblante, aux attentes et aux jugements étriqués de la foule, mais elle vient de croiser le regard de Jésus ; un regard qui interpelle, en elle, ce qui aspire à naître, un regard si attentif à sa vérité. Elle peut donc enfin parler, raconter son histoire et par ses mots, délier les liens de la honte qui l’enchaînaient.

Moi aussi, ce soir, je peux me risquer à dire au Christ, à ma façon, avec cette femme, « me voici ». Je peux risquer devant Lui une parole vraie, qui engage tout mon être : me voici, avec cette histoire qui est la mienne ; me voici, avec mes désirs profonds ; me voici, prêt-e à « marcher ma vie ».

 

5ème piste : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix. »

Après l’avoir regardée, Jésus s’adresse à cette femme, avec une infinie douceur : il parle à son cœur. Il reconnaît en elle cette force qui l’habite, cette confiance qui l’a faite avancer. Jésus, loin de tous les discours creux, loin des évidences toutes faites, risque une parole vraie, solide, fiable, reflet de Son intériorité. Cette parole donne la Paix.

Cette parole est pour chacun d’entre nous. Dans le silence de mon cœur, j’accueille cette délicatesse du Christ envers moi. Je prends le temps de contempler cette flamme qu’Il a déposée là, dans un coin de mon âme. Chaque fois qu’elle s’éteint, Il vient la réveiller par Ses mots de tendresse, afin que je continue ma route, dans la confiance et la paix.

Katrin Agafia

[1] Christian Bobin Ressusciter p.26

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 15:57
Méditons avec l'Evangile de Marc 6/14-29, les choix injustes

Mc 6/14-29

Le roi Hérode apprit cela ; en effet, le nom de Jésus devenait célèbre. On disait : « C’est Jean, celui qui baptisait : il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. »

Certains disaient : « C’est le prophète Élie. » D’autres disaient encore : « C’est un prophète comme ceux de jadis. » Hérode entendait ces propos et disait : « Celui que j’ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! » Car c’était lui, Hérode, qui avait donné l’ordre d’arrêter Jean et de l’enchaîner dans la prison, à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe, que lui-même avait prise pour épouse. En effet, Jean lui disait : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. » Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas

parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir. Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son anniversaire, Hérode fit un dîner pour ses dignitaires, pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée. La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai. »

Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume. » Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu’est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean, celui qui baptise. » Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus.

Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison. Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère.

Ayant appris cela, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau.

1-Hérode ou les choix de l’injustice

Regarder les impasses que cet homme prend :

* injustice de l’adultère

*injustice du pouvoir absolu qui enferme des gens innocents et sans procès, simplement parce qu’ils disent la vérité. Injustice toujours actuelle.

*Division à l’intérieur de lui-même qui l’empêche de faire le choix de ce qui est bien : il aime à écouter Jean mais ne se résout pas à le libérer.

*Injustice qui se nourrit de bêtises et de promesses inconsidérées

*Injustice qui se nourrit d’orgueil, de manque de liberté l’empêchant de revenir sur une promesse folle.

2-Hérodiade et sa fille

*Regarder l’impasse où Hérodiade s’enferme :

Hérodiade alimente en elle une volonté de meurtre vis-à-vis de celui qui s’oppose à elle.

*Regarder le manque d’autonomie des la fille d’Hérodiade, incapable d’un désir personnel et se pliant au désir de sa mère, elle épouse le désir de sa mère et même en rajoute.

3-Regarder ce meurtre, préfiguration de celui dont sera victime le Christ. Accusé injustement et assassiné, Jean est bien le précurseur de Jésus en sa Passion.

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 21:51

On peut penser mais pense-t-on jusqu’au bout ?

Par exemple, le Magistère de l’Eglise catholique romaine pense que le sacrement de l’ordre ne peut pas être donné à des femmes.

Ceci parce que Dieu ne le voudrait pas.

Mais, cette « pensée », pense-t-elle jusqu’au bout ?

Voit-elle jusqu’au bout ce que cela induit comme image de Dieu et comme image de l’humain ? Et si ce « jusqu’au bout » de la pensée arrivait à faire percevoir une théologie et une anthropologie fausse et source d’injustice ?

Essayons donc de penser jusqu’au bout.

Dans la plus belle présentation de ce sacrement, il nous est dit que c’est un service qui donne charge (munus) de gouvernement, de sanctification, d’enseignement.

Quel beau service !

Pensons jusqu’au bout :

*Ne pas appeler de femmes à ce service voudrait donc dire qu’elles n’en sont pas capables ?

Cet argument pouvait tenir dans les sociétés anciennes où les femmes étaient exclues de toutes les charges publiques, où elles étaient juridiquement et socialement considérées comme mineures, sous la dépendance masculine.

Cet argument ne tient plus alors que les femmes ont suffisamment prouvé leur capacité dans la société civile et aussi dans l’Eglise à accomplir ces charges.

Il faut trouver autre chose !

*Ne pas appeler de femmes à ce service, voudrait dire que c’est une volonté objective de Dieu qui ne voudrait pas qu’elles l’assument.

Argument massue !

Mais penser jusqu’au bout c’est poser la question : pourquoi ne le veut-il pas s’il a mis en elles toutes les capacités pour le faire ? Dieu serait-il incohérent ?

Il faut donc encore trouver autre chose.

*Le Christ s’est incarné dans un être masculin, le prêtre qui agit « in persona Christi » (en la personne du Christ) doit donc être de sexe masculin.

Penser jusqu’au bout, c’est d’abord se demander quelle est la convenance de cette masculinité ? Si on répond qu’il y en a une, c’est au nom d’une théologie qui ne peut concevoir Dieu qu’avec des traits masculins. Ce qui est contestable : Dieu est au-delà du masculin et du féminin. Si l’on répond qu’il n’y a aucune convenance, l’être humain étant sexué, l’Incarnation véritable ne pouvait être que dans l’un des sexes et n’a donc pas de signification. L’argument tombe de lui-même.

Encore autre chose ?

*Le Christ devait être un homme car ce serait dans la nature masculine d’être dans le registre de l’initiative et dans la nature féminine d’être dans le registre de la réception symbolisant l’Eglise qui reçoit tout du Christ.

Donc à l’un la possibilité d’être prêtre et à l’autre de ne pas l’être.

Alors là, on est franchement dans le domaine de l’idéologie !

C’est une anthropologie qui ne repose que sur des conceptions culturellement datées des relations homme-femme, une conception fixiste et déterministe de la nature : tant et tant de femmes prouvent chaque jour le contraire de cette imagerie.

Encore ?

*A bout d’arguments, il reste encore celui-ci : Jésus n’a appelé que des hommes à être apôtres.

Mais là encore, pensons jusqu’au bout. Il faut qu’il y ait une légitimité à ce choix. S’il est sans raison, il est arbitraire et Jésus serait injuste. Pour y répondre, je laisse la parole au théologien Joseph Moingt. Vous pouvez trouver la totalité de son article dans : http://www.womenpriests.org/fr/francais/moingt.asp

Ce site reproduit l’article qu’il a écrit dans :

Sur un débat clos

Recherches de Science Religieuse 82 (Juillet-Septembre 1994)

Numéro 3, pp. 321 -333.

Voici un extrait :

« Les faits [ c'est-à-dire le choix de 12 hommes] ne parlent pas par eux-mêmes, ils peuvent contenir en eux leur sens et leur raison d’être, mais ils ne l’expriment pas, il faut les faire parler, interpréter ce qu’ils signifient, et cela en se gardant de leur faire dire ce que nous voudrions qu’ils disent et qu’ils n’ ont peut-être pas l’intention de dire…

Il est donc vraisemblable qu’il a choisi des hommes sans que l’idée lui vienne qu’il pourrait appeler aussi des femmes à la même charge. Y eût-il songé qu’il a pu y renoncer pour ne pas heurter les convenances sociales ni troubler l’ordre public, et non pour obéir à une volonté expresse du Père ni pour établir une loi qui devrait être observée jusqu’à la fin des temps. Ce fait n’offre donc pas l’évidence d’une disposition divine révélée, il peut trop facilement s’expliquer par d’autres motivations, sociologiques peut-être, mais étrangères au type de discriminations, avant tout religieuses, contre lesquelles réagissait Jésus…

Quand on exalte la vocation des femmes dans l’Église, quand on les invite à y remplir des charges, quand on leur rend grâce des services qu’elles lui rendent-services sans lesquels, on ne le sait que trop, tant de communautés chrétiennes s’écrouleraient-, et quand il leur arrive de s’offrir à remplir des charges encore plus élevées, parce qu’il n’y a plus assez d’hommes pour le faire, et qu’il leur est répondu, sur un ton désolé, malgré le besoin criant qu’on en a, que l’Église n’a pas reçu le pouvoir de les y appeler: comment s’imagine-t-on que ce langage sera reçu, sinon comme le refus des hommes de partager avec les femmes les privilèges qu’ils tiennent du Seigneur ? Plus le discours se fait louangeur et compatissant à l’adresse des femmes, moins il dissimule le refus de passer aux actes, et plus il dévoile les enjeux de pouvoir qui se mettent à l’abri derrière les silences de Jésus…

Dans le cas de l’ordination, quand l’Eglise voit le Christ appeler des apôtres et ceux-ci se choisir des successeurs, ce qu’elle regarde avant tout, ce n’est pas le sexe des personnes appelées, c’est la volonté du Christ que des ouvriers soient incessamment envoyés travailler à sa mission. Voilà la loi fondamentale et absolue à laquelle l’Église obéit et qu’elle enseigne comme une vérité révélée par la pratique ininterrompue des ordinations sacerdotales. Si elle se voit dans le besoin d’ordonner des femmes pour remplir sa mission, soit parce que les hommes ne se présentent plus en nombre suffisant, soit parce que les fidèles réclament instamment un ministère de femmes, qu’est-ce qui pourrait empêcher l’Église de changer sa pratique, comme elle l’a fait si souvent dans le passé pour d’autres sacrements ? L’obligation de pourvoir à sa mission est le seul absolu qui s’impose à elle. »

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 19:57

Jesus-lisant-Isaie.jpg

 

Mc 6/1-6

Sorti de là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. »

Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

 

1-La réaction des gens de son village

La traduction de Sr Jeanne d’Arc, op, est très éclairante.

« D’où ? A lui ! Tout  cela ! Quelle sagesse ! Elle lui est donnée ? A lui ! »

Ceci à propos de l’enseignement qu’il donne et à propos de ce qu’il fait. On sent dans ces réactions une impossibilité à reconnaitre le don qui est fait à Jésus. Et donc l’incapacité à le recevoir en partage.

D’où vient cette incapacité ?

Dans cette synagogue, il y a ceux qui l’ont vu bébé, qui l’ont vu grandir, qui l’on vu charpentier. Il y en a aussi qui ont grandi avec lui, participé aux mêmes jeux : quelqu’un d’ordinaire comme eux. Et voici que celui-ci sort de l’ordinaire. Pourquoi tout cela est donné à Jésus et pas à eux ?

Devant le don donné à quelqu’un, deux réactions sont possibles :

La première est la joie, se réjouir du don qui est fait à un autre. D’autant plus réjouissant qu’il nous en fait bénéficier. Ce don vient de lui mais , par lui, il nous ai communiqué. Gratitude.

La deuxième est la jalousie. « Pourquoi lui et pas moi ? » On refuse alors à la fois le donateur et le don. C’est la réaction des gens de son village.

( Si vous avez vu le film Amedeus, c’est exactement de cela qu’il s’agit : le musicien Salieri ne supporte pas que le don absolu de la musique ait été donné à Mozart et pas à lui.  Au lieu de jouir de sa musique comme un cadeau du ciel, il cherchera à le tuer)

 

2- Il s’étonnait de leur manque de foi

On a ici la trace d’un sentiment de Jésus : l’étonnement.

Il s’étonne d’un manque. Il leur manque la foi. Mais ici qu’est-ce que la foi ? C’est la foi en un don qui vient d’un autre et transmis par un autre. Un don à recevoir et non à posséder. La foi, c’est consentir à recevoir.

 

 

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 22:49

envoi-en-mission.jpg

 

Sur les routes proclamez ces mots : « Le règne des cieux est proche ». Les infirmes, soignez-les. Les morts réveillez-les. Les lépreux purifiez-les. Les démons chassez-les ; et comme vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.

Les soixante-douze viennent d’être envoyés en mission. La feuille de route est claire, plutôt conséquente. Les disciples avaient-ils conscience de la portée de leur mission ? Ont-ils pris le temps d’y réfléchir, voire de poser des questions à leur maître ? Les voilà, en tous les cas,  lancés sur les chemins, les pieds nus, les poches vides, juste l’urgence du Royaume pour les guider, juste la confiance de leur maître pour les soutenir. Deux mille ans plus tard, ce sont les mêmes paroles que nous entendons, le même maître qui nous confie la mission d’annoncer son Royaume. Prenons donc un peu de recul pour comprendre l’actualité de cette mission dans notre monde, avant de nous lancer nous aussi sur la route.

Que se passe-t-il dans ce royaume ? D’après Matthieu au chapitre 10, verset 7 :

sur les routes proclamez ces mots : « Le règne des cieux est proche ». Les infirmes, soignez-les. Les morts réveillez-les. Les lépreux purifiez-les. Les démons chassez-les

c’est un lieu où les infirmes, les malades, les possédés, même les morts sont guéris, purifiés,  libres et sauvés. C’est un lieu où l’Homme est debout, digne, pour lui-même, faisant face à ses frères.

La mission de l’Eglise est avant tout celle-là : amener les hommes et les femmes de ce temps à se tenir debout. Nous sommes missionnés par le Christ pour être des éveilleurs d’Humanité.

Il ne s’agit pas là de religion, de rites, d’identité. 

Notre horizon est bien plus vaste. Ce n’est pas une question de savoir, mais une question d’être : percevoir ce point de lumière qui habite chaque femme, chaque homme pour faire grandir  ce qui, en chacun, aspire  à naître.

C’est par notre bienveillance, reflet d’un Amour bien plus grand,  que nous serons pour le monde passeur de sens, en route vers l’éternité. Il ne tient qu’à nous  de faire naître Dieu à ce monde, mais pour cela,  Il doit traverser notre terre intérieure souvent bien encombrée. La mission commence donc en nous-mêmes.

 

Et puis aller plus loin : risquer une parole. Pas n’importe laquelle ! Celle qui sera capable de cueillir  l’Espérance, l’attente de nos frères. On  ne peut se contenter d’un discours tout fait, déconnecté de l’expérience humaine. Notre parole se doit d’être habitée, sans cesse passée au feu de la Vérité.

Pour cela, oser partir des questionnements de nos contemporains.

La foi ne se transmet pas comme un paquet cadeau, bien ficelé.

Si la vérité que nous portons est bien le visage du Christ lui-même, elle est capable de s’affronter aux doutes, aux questions, aux remises en cause, elle est capable d’habiter nos lieux de fractures et de destruction les plus profonds.

Partir du questionnement des hommes, des femmes, des enfants (surtout en catéchèse),  c’est prendre le risque de ne pas savoir, de ne pas maîtriser, de se montrer fragile. Mais c’est aussi permettre à l’autre de pouvoir exister dans sa fragilité et ses propres tâtonnements.

Un chemin s’ouvre alors où  la joie, je dirai même le plaisir, de chercher ce Dieu qui fait sens,  devient  possible. La rencontre avec le Tout Autre  n’est pas loin.

On le voit bien, dans ce long chemin qui nous mène vers Dieu, vers les autres, vers nous-mêmes, la mission de l’Eglise ne se caractérise pas en terme de nombre ou de visibilité dans le monde.

N’ayons pas l’obsession du chiffre, à savoir combien de baptêmes, de pratiquants ou d’enfants catéchisés. 

Jésus ne cherchait pas la popularité, mais bien la vérité de relations susceptibles de faire naître chaque personne rencontrée,  à elle-même.

Nous ne devons pas  avoir peur, et nous laisser enfermer dans des dispositions serviles qui ne servent qu’à  nous rassurer sur notre propre identité.

Nous sommes fondés sur le Christ et notre identité est en Lui seul. Le monde passera mais Ses paroles ne passeront pas…

L’institution évoluera, peut-être disparaîtra, mais Ses paroles ne passeront pas.

Voici le message, l’Espérance qui porte toute notre mission : tout homme peut s’appuyer sur Sa parole.

 

Katrin Agafia

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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 20:17

hemoroisse-3.jpg Mc 5/25-34

Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… –

elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré –cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement. Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. » À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? » Ses disciples lui répondirent : « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” » Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela. Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »

 

1-« Une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans » Regarder cette femme

La  maladie dont elle souffre, est source d’exclusion sociale. Elle est considérée comme « impure » (Lv 15/9) et si elle a un contact physique avec quelqu’un, elle le rendra impur ! Au regard de cette loi religieuse, elle a donc rendu impurs tous les gens qu’elle a touché dans la foule et Jésus lui-même ! C’est une transgression majeure qui nous explique la stratégie d’anonymat de cette femme.

Sentir tout le poids d’exclusion que véhicule ce type de lois religieuses.

 

2-« Qui a touché mes vêtements ? »

Se demander pourquoi veut-il savoir qui l’a touché ?

 Il sait qu’il a guéri quelqu’un, cela ne lui suffit-il pas ? Que veut-il de plus ? Sûrement une rencontre personnelle. Car nous le savons, il est plus qu’un « guérisseur », il est sauveur. Le salut qu’il donne, c’est d’abord lui-même, c’est le cadeau d’une rencontre, d’une attention à l’autre, d’une question qui suscite une réponse, d’un dialogue qui s’installe.

M’étonner de cela.

 

3-« Qui m’a touché ? »

Comprendre l’enjeu qu’il y a à faire connaitre cette guérison

Rendre public aux yeux de tous cette guérison a des conséquences de salut pour elle et pour cette foule. Jésus ne se considère pas comme impur d’avoir été touché par elle et donc de fait, déclare caduque cette loi d’impureté qui excluait les femmes qui en étaient atteintes.

Me laisser rejoindre par la liberté de Jésus qui ose braver ces lois excluantes.

 

4- « Ma fille »

Entendre Jésus l’appeler : « ma fille »

L’appeler « Ma fille » n’est pas anodin. Dans un cas semblable de situation d’exclusion,  à Zachée le publicain, Jésus dira : «  N’est-il pas lui aussi fils d’Abraham ? » Lc 19/9. Les paroles qu’il lui adresse, lui rende sa dignité, la valorise au sujet de sa foi, la réintroduit dans l’espace social, lui fait cadeau de la paix.

Sentir toute la détermination qu’à Jésus pour libérer celles et ceux qu’il rencontre.

 

 

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 15:04

 

Pour lire l’intégralité de l’article :

http://www.ledevoir.com/societe/medias/431925/un-jouisseur-et-son-destin?utm_source=infolettre-2015-02-16&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

 

Un jouisseur et son destin

16 février 2015 |Stéphane Baillargeon | 

Le président François Mitterrand avait résumé prophétiquement le personnage de Dominique Strauss-Kahn au début des années 1990 en disant qu’il n’était qu’« un jouisseur sans destin ».

C’était faire trop peu de cas de sa sortie spectaculaire de la scène publique, après une montée fulgurante. L’ex-directeur du FMI, pressenti comme favori dans la course présidentielle, a éclaté en plein envol, comme une navette spatiale. C’était peut-être là son affligeante fatalité. 

« Qui nous impose ce théâtre obligatoire, demande un blogueur de Ouest-France. Combien de plateaux, de talk-shows, de commentaires, de micros et de caméras tendus faut-il pour que le phénomène soit soigneusement disséqué au nom de la sacro-sainte info ? Le public est censé sacrifier à la pulsion scopique, au fantasme de tout voir, de tout savoir. Comme s’il y avait derrière tout cela un vrai mystère après lequel nous soupirons, quelque révélation qui pourrait changer notre vie et le monde. »

 

Et pourquoi pas ? Cette triste tragédie des mœurs en dit autant sur le sujet, les médias et leur société.

On y retrouve en concentré la confrontation de deux perspectives fondamentales. 

D’un côté, DSK et son cercle de présumés proxénètes assument une sorte de droit de cuissage dans un vocabulaire libertin d’aristocrate dévoyé. C’est un monde de vieux machistes qui font trafic de femmes, en usent et en abusent à volonté. 

D’un autre côté, il y a la tradition humaniste et féministe s’efforçant de dénoncer les violences, les abus et les humiliations faits aux victimes dans cette affaire, toutes des femmes empêtrées dans la prostitution par des situations socio-économiques pénibles. Quand le huis clos réclamé leur a été refusé, elles ont raconté leurs vies déchirées dans un mélange de honte et de dignité.

 

Jade a parlé de « boucherie », d’« empalement ». Elle a raconté comment elle était devenue prostituée. « J’ai ouvert le frigo, a dit la mère célibataire. Je savais que j’allais avoir une enquête sociale pour la garde de mes enfants et j’ai vu que le frigo était vide. […] On ne choisit pas cette vie-là. Je ne me suis jamais acheté de sac ou une paire de bottes de marque. Et dès que je pouvais, je retrouvais un boulot par intérim. »

  

L’effondrement du « jouisseur sans destin » aura au moins servi à briser l’immunité de fait maquillée en antipuritanisme. Au Monde, par exemple, le travail remarquable de la chroniqueuse judiciaire Pascale Robert-Diard, tout en finesse et en compassion, fait ressortir les enjeux sociopolitiques en farfouillant dans la boue.

 

Ainsi dans ce blogue du 12 février racontant le témoignage du diacre s’occupant de la lutte contre la prostitution et du soutien aux prostitués dans le Nord–Pas-de-Calais. C’est de lui que Jade a obtenu de l’aide.

« Et soudain, dans cette salle d’audience si lourde d’impudeur et de vulgarité, la dignité s’est exprimée », écrit la journaliste dont les textes sont accompagnés de dessins de François Boucq qui amplifient le résultat. « Bernard Lemettre aide depuis quarante ans des femmes à sortir de la prostitution. Il parle cru lui aussi pour raconter la réalité de leur condition. “Sortir de la prostitution c’est comme sortir d’un tombeau. Personne n’arrive à la prostitution comme ça, par volonté. Il y a toujours des fragilités. Après, il faut réapprendre à vivre avec un corps qui a été pénétré, violé”.»

 

 

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 14:33

tempete-apaisee-3.jpg Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 8,22-25

 

Un jour il est arrivé ceci : il monte dans un bateau en compagnie de ses disciples et leur dit : traversons le lac jusqu’à la rive opposée. Ils embarquent. Pendant la traversée, il s’endort. Une tempête se lève sur le lac. Le bateau prend l’eau. Ils sont en danger. Ils s’approchent de lui pour le réveiller et lui disent : Maitre, maitre, nous sommes perdus ! Il se réveille et s’en prend au vent et aux vagues. Ils cessent. Le calme revient. Il leur dit : Mais où est votre foi ?

 Quel est le point commun entre l’Exode, l’Odyssée ou l’Evangile de Jésus ? A chaque fois il est question d’une traversée : traversée d’une situation de mort pour aller vers un lieu de libération. Ainsi va la vie des hommes : une inéluctable traversée. Et dans ce texte, nous n’échappons pas à cette réalité : il s’agit de passer sur la rive opposée. A cet endroit, la mer est particulièrement dangereuse et imprévisible. Les disciples auraient pu refuser et rester sur le bord, connaissant les dangers ; ou encore, devant la tempête qui s’annonce, rebrousser chemin pour retrouver le « déjà connu » d’une terre ferme… Mais voilà qu’ils se risquent à la traversée. Ils sont plutôt courageux d’oser une telle aventure ! Alors pourquoi, une fois la tempête apaisée, ce reproche de Jésus : « Mais où est votre foi ? » ? Ils viennent de frôler la mort, de risquer leur vie pour suivre leur maître et Jésus n’a pas un mot de réconfort pour eux ? Cette attitude est déroutante. Et si tout n’était qu’une question d’intonation et de regard ?

Le début du voyage se passe plutôt bien. Pas de tempête … on peut imaginer chacun à sa tâche, avec Pierre aux commandes, et l’embarcation qui  avance sans encombre sur une mer tranquille. A tel point que Jésus s’assoupit. Il quitte le monde réel. Il s’endort. Mais qu’importe si le sommeil l’arrache au temps présent, et aux bruits des vagues .Les disciples n’ont pas besoin de Sa présence. Ils savent manœuvrer ce bateau et sont remplis de certitudes. Les ordres fusent, les « il faut » se succèdent, par souci d’efficacité. Leur maître sera sûrement fier d’eux, une fois arrivés sur la rive opposée! Etrange contraste entre Jésus et ses disciples : eux s’agitent et se démènent quand Lui semble posé là, sur ce coussin, tel un livre rempli de mots bien rangés et parsemé de belles idées engourdies de sommeil !

Et puis très vite, l’aventure vire au cauchemar ! « Un tourbillon de vent tombe sur le lac » traduit Chouraqui. Plus de repères, plus de certitudes ! L’eau monte, les disciples sont engloutis par leur peur, leur angoisse devant la mort. Tous leurs « il faut » explosent sous la violence du vent … Il ne reste plus rien  que cette part d’eux-mêmes dévorée par la nuit de l’en-bas, noyée dans l’ombre d’un néant où rien ne semble tenir. Ceux qui en ont fait l’expérience le savent, les mots, à cet instant, sont de trop. Et pourtant, au bord du gouffre, un indestructible désir de vie transperce les ténèbres ; nul demande de miracle, nulle prière devant l’imminence de leur mort, mais trois mots criants de vérité : « Nous sommes perdus ! »… Un cri capable de réveiller, de ressusciter, ce  livre  qui était là, posé,  dans un coin de leur vie. Un cri capable de transformer tous ces mots bien rangés en Parole d’éternité. Une Parole qui les précède et se fait Présence jusqu’ aux confins de leur désolation. Un cri capable de toucher en eux ce point d’infinie tendresse, où  le vent se tait et les vagues s’apaisent. Les disciples se sont donc enfin mouillés : ils sont descendus pour de vrai, au creux de leur humanité,  acceptant d’être enfin ce qu’ils sont …  des hommes, solidaires les uns des autres en ce lieu de détresse.

«  Mais où est votre foi ? » Et s’il ne s’agissait pas d’un reproche de la part de Jésus mais d’une simple question dont l’urgence soulignerait la gravité de la situation ? « Où est votre foi ? » C’est-à-dire «  Quel est le lieu de votre foi dans cette traversée impitoyable de la vie? » Quand la peur, la haine, la honte nous submergent, quand il est question de trancher entre la vie et la mort, quand la tempête s’invite  à ce long voyage, quel est le lieu de notre foi ? Force est de constater que nos croyances, nos convenances, nos suffisances se trouvent bien vite balayées !

Seule reste l’expérience que viennent de vivre les disciples : là, au fond, tout au fond de leur détresse, se tenait un visage de tendresse qui les autorisait à habiter en vérité ce qui faisait leur humanité, dans ce qu’elle a de plus beau mais aussi de plus terrifiant, sans craindre d’être défaits, anéantis. Rassurés, les disciples s’étaient alors risqués à accueillir en eux, le souffle d’un murmure, bien plus fort que le vent. Il est peut-être là, le lieu de notre foi, au commencement de nous-mêmes, un lieu de grande faim, faim de tendresse, faim de vérité,  qui nous oblige sans cesse à creuser et  à avancer, comme les disciples,  jusqu’à la rive opposée.

Katrin Agafia

 

 

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 22:20

tempête apaisée 1 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 8/19-25

 

Sa mère et ses frères sont alors venus pour le rejoindre. Mais la foule les a empêchés de l’approcher. On lui dit : ta mère et tes frères sont dehors, ils veulent te voir. Il leur répond : ceux qui entendent et vivent selon la parole de Dieu sont ma mère et mes frères.

Un jour il est arrivé ceci : il monte dans un bateau en compagnie de ses disciples et leur dit : traversons le lac jusqu’à la rive opposée. Ils embarquent. Pendant la traversée, il s’endort. Une tempête se lève sur le lac. Le bateau prend l’eau. Ils sont en danger. Ils s’approchent de lui pour le réveiller et lui disent : Maitre, maitre, nous sommes perdus ! Il se réveille et s’en prend au vent et aux vagues. Ils cessent. Le calme revient. Il leur dit : Mais où est votre foi ?

 

1ère piste : Ceux qui entendent et vivent selon la parole de Dieu sont ma mère et mes frères.

Entendre cette parole de Jésus pour nous-mêmes. Nous sommes des frères, des sœurs, des mères pour Jésus dans la mesure où nous écoutons ses paroles et où nous en vivons.

D’abord me réjouir de cela. Car ce soir nous sommes frères et sœurs de Jésus puisque nous sommes là pour écouter sa parole. Parmi toutes celles qu’il a dites, quelle est celle qui me touche le plus et que j’essaie de vivre ?

 

2ème piste : « Traversons le lac jusqu’à la rive opposée»

Jésus est un itinérant. On le voit se déplacer d’un lieu à l’autre sans s’enfermer dans aucun. Ici la rive opposée va le conduire chez les païens.

Le semeur qu’il est, et qu’il raconte dans ses paraboles, doit semer en toute terre d’humanité, et sortir des terres trop connues.

Il nous invite à des passages avec lui.

Laissons résonner cette phrase en nous :« Traversons jusqu’à la rive opposée »

D’abord en faisant mémoire des moments de nos vies où nous avons vécu des passages sur d’autres rives.

Et aujourd’hui, y-a-t-il d’autres rives où on sent qu’il serait bon de passer ?

 

3ème piste : Pendant la traversée, il s’endort.

Jésus dort, fatigué de tous ces jours où il a enseigné. Il est bien ce semeur qui a semé la parole et qui maintenant, fatigué mais confiant, sait qu’elle fera son travail (« qu’il dorme ou se réveille, la semence germe » Mc 4/27).

Regarder l’humanité de Jésus, il est fatigué comme nous, il a besoin de dormir comme nous.

Regarder la confiance qu’il a en sa parole qui fera son œuvre en nous.

Regarder la confiance qu’il a en nous.

 

4ème piste : Une tempête se lève

Les disciples ont écouté le désir de Jésus de passer sur l’autre rive. Mais voilà qu’ils doivent affronter une tempête ! Avoir écouté Jésus leur fait affronter la tempête. N’aurait-il pas mieux valu rester en terre ferme et bien connue ? Et en plus de cela Jésus continue de dormir, cela ne le réveille pas ! Comme indifférent à ce qui se passe ? C’est pourtant à cause de lui que nous sommes perdus peuvent-ils se dire !

Quelle expérience avons-nous de cela ?

 

5ème piste : Il se réveille et s’en prend au vent et aux vagues. Ils cessent. Le calme revient

Jésus réalise ici ce que Dieu fait au psaume 107/29-30 : « Il ramena la bourrasque au silence et les flots se turent. Ils se réjouirent de les voir s'apaiser, il les mena jusqu'au port de leur désir »

« Il se réveille ». C’est un des mots qui est utilisé pour la résurrection

Jésus est là au cœur de nos tempêtes, non pas pour les enlever comme par miracle mais pour nous donner sa paix que nul ne peut nous enlever. Il vient non seulement pour nous rendre vivants pour affronter les tempêtes de nos vies mais aussi nous rendre plus vivants-es.

Laissons le Christ nous rejoindre aux cœurs de nos tempêtes, accueillons-les comme des lieux de combats pour croire sa présence à nos côtés, de notre côté et nous rendre davantage vivants-es.

 

6ème piste : Mais où est votre foi ?

Ne pas l’entendre comme un reproche mais comme une question qu’il nous pose.

Qu’est-ce qui, dans et par notre attachement au Christ, nous permet de traverser nos tempêtes ?

 

 

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 23:04

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Luc  Chapitre, 2 versets  25 à 35

Il y avait à Jérusalem un homme nommé Siméon, et cet homme était juste et pieux. Il attendait la consolation d’Israël. Un souffle saint l’accompagnait. Il avait appris par le souffle saint qu’il ne mourrait pas avant de voir le christ du Seigneur.

Mû par le souffle, il vient au Temple. Les parents font entrer Jésus, l’enfant, agissant pour lui selon les prescriptions de la Loi. Le prenant dans ses bras, il bénit Dieu. Il dit : A présent selon ta parole, Maître, tu peux congédier ton esclave dans la paix. Car mes yeux ont vu ta délivrance ; tu l’as préparée à la face de tous les  peuples. Lumière de révélation destinée aux nations ; Lumière de la gloire d’Israël ton peuple.

Son père et sa mère étaient étonnés de ce qu’on disait de lui.

Siméon les a bénis. Il a dit à Marie, sa mère : voici, il sera cause d’abaissement et de relèvement pour beaucoup en Israël et il sera un signe  réfuté- toi aussi une épée te transpercera l’âme ! – pour que soit dévoilé le fond de nombreux cœurs.

 

« Me voici à bout de souffle ». Les difficultés de la vie ouvrent parfois  en nous une terre si  aride, que le manque devient criant : manque de visibilité, manque de liens, manque de sens. Et au cœur de cette nuit humaine, notre désir se fait lancinant. Avec les mots de notre temps, nous évoquons un besoin d’évasion, de recul face aux évènements. Assoiffé, au cœur de ce désert,  la moindre goutte d’humanité devient  comme un torrent, le moindre élan vital, une brise légère. Notre sensibilité s’affine, toujours prête à déceler ce qui pourrait nous empêcher de sombrer. L’Espérance nous tient… L’inutile se dissipe, laissant place à la Vérité, ouvrant un espace à l’autre, parfois au Tout Autre. Et une évidence s’impose : nous sommes donc faits pour vivre l'éternité.

« Heureux les pauvres en souffle, le royaume des cieux  est à eux ». Heureux ceux qui sont à bout de  souffle car, un Souffle plus grand pourra les traverser, les habiter.

 

Siméon en a fait l’expérience, lui qui vit « accompagné par ce Souffle Saint ». Il  lui a forcément fallu  faire de la place, délester son cœur de ce qui n’est pas vital, accueillir  la promesse de cette ultime rencontre avec Son Seigneur, comme un chemin d’espérance.
Il a dû en traverser des déserts, Siméon, pour être autant à l’écoute,  pour qu’en lui soit inscrit à ce point, la crainte de son Dieu.  Non pas tant le sentiment de  frayeur devant une être distant et imposant, que la peur de passer à côté du Dieu Vivant, la peur d’oublier l’essentiel ,  de ne plus  creuser le sens, la peur de ne pas devenir  Humain.  Ainsi, il y a pour lui comme une urgence à tendre vers l’Absolu, à laisser le Souffle imprégné son être.

« Heureux les pauvres en souffle, le royaume des cieux  est à eux ». L’espace intérieur de Siméon est donc disponible pour accueillir le royaume. Il  tient dans ses bras, ce messie tant désiré et  à cet instant, il vit l’accomplissement de son humanité. Cette promesse reçue n’était  donc pas un mirage, cette parole  tant de fois méditée prend chair en cet enfant : le voici libre, Siméon, plus fort que sa peur de mourir.  Il est en  paix. Il fait l’expérience de Dieu : Celui qui délivre, qui libère, Celui qui accueille avec  sérieux et délicatesse les aspirations les plus profondes de son cœur. Siméon peut alors percevoir dans le regard de Jésus, le reflet de sa propre dignité. 

 

C’est ainsi que  Jésus vient nous rejoindre,  « pour que soit dévoilé le fond de nombreux cœurs ».  Siméon vient de le vivre : ce qui habitait le plus profond de son être, éclate à la lumière. Faisons bien attention à cette dernière phrase : Jésus n’est pas venu jeter la suspicion sur les hommes en  dévoilant leurs plus vils penchants. Certes, Il séparera l’ivraie  du bon grain et la jettera au feu, mais Il ne condamnera pas le propriétaire qui l’a laissée pousser dans son champ. Il sait combien l’ivraie est mêlée au bon grain. Il vient au contraire pour révéler l’homme à lui-même dans sa plénitude.

Nous y voilà  dans ce Royaume, ce lieu si discret qu’on pourrait, sans vigilance, complètement l’ignorer. Lieu de véritable présence les uns aux autres, à Dieu.  Lieu sans cesse traversé par ce Souffle, jusqu’en nos néants. Lieu où Dieu ne met aucune condition à nos propres existences.

 

Comme pour  Siméon, ce royaume aspire à naître en chacun de nous. Dieu désire nous hisser à Sa hauteur, j’oserais dire à Son égal, nous appelant, non plus serviteurs, mais amis. Mais peut-être notre vocation humaine  est-elle trop grande pour nous, au point d’enfermer Dieu dans des images  certes rassurantes, mais souvent rétrécies. Siméon en prenant Jésus dans ses bras se montre très audacieux. Jésus en se laissant porter par Siméon  fait preuve d’une infinie confiance.  ! A notre tour de risquer la confiance et  d’accueillir Jésus car «  Dieu est celui qui croit en nous, bien plus et bien mieux, que nous ne croirons jamais en nous-même » (Daniel Marguerat).

Katrin Agafia 

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