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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 23:15

Is55/6-11

[6] Recherchez le SEIGNEUR puisqu'il se laisse trouver, appelez-le, puisqu'il est proche.

[7] Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme malfaisant, ses pensées. Qu'il retourne vers le SEIGNEUR, qui lui manifestera sa tendresse, vers notre Dieu, qui pardonne abondamment.

[8] C'est que vos pensées ne sont pas mes pensées et mes chemins ne sont pas vos chemins-oracle du SEIGNEUR.

[9] C'est que les cieux sont hauts, par rapport à la terre : ainsi mes chemins sont hauts, par rapport à vos chemins, et mes pensées, par rapport à vos pensées.

[10] C'est que, comme descend la pluie ou la neige, du haut des cieux, et comme elle ne retourne pas là-haut sans avoir saturé la terre, sans l'avoir fait enfanter et bourgeonner, sans avoir donné semence au semeur et nourriture à celui qui mange, [11] ainsi se comporte ma parole du moment qu'elle sort de ma bouche : elle ne retourne pas vers moi sans résultat, sans avoir exécuté ce qui me plaît et fait aboutir ce pour quoi je l'avais envoyée.

 

Mc 4/26-29 :

[26] Il disait : " Il en est du Royaume de Dieu comme d'un homme qui jette la semence en terre :

[27] qu'il dorme ou qu'il soit debout, la nuit et le jour, la semence germe et grandit, il ne sait comment.

[28] D'elle-même la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, enfin du blé plein l'épi.

[29] Et dès que le blé est mûr, on y met la faucille, car c'est le temps de la moisson. "

 

1ère piste avec Is 55

Entendre cet appel à rechercher Dieu.

Me demander comment je le recherche dans ma vie concrète. Et pourquoi je le recherche : quelles sont les raisons de cette recherche. Nous le cherchons bien tous et toutes.

 

2ème piste avec Is55

Ecouter ce qui nous est dit de Dieu dans ce texte : un Dieu qui se laisse trouver. Un Dieu qui est proche, Dieu de tendresse et de pardon.

Quelle expérience ai-je de cette proximité, de cette tendresse, de ce pardon ?

 

3ème piste avec Mc 4

Ce texte nous dit que la parole de Dieu est comme une graine. Comme une graine jetée dans la terre, elle va être jetée dans la terre de notre vie. Elle va faire son œuvre de vie en nous, elle va porter du fruit. Mais c’est un travail caché à nos propres yeux. Dieu travaille en secret notre cœur. C’est lui qui fait. C’est son travail.

Prendre donc un moment pour regarder cette semence qui pousse toute seule, qui se développe, qui devient herbe, puis épi, puis blé plein l’épi comme une image pour me montrer comment la Parole de Dieu agit dans ma vie : elle agit avec patience, lentement mais sûrement, ce n’est pas le résultat de ma volonté mais c’est le travail de Dieu.

Qu’est-ce que j’ai envie de dire à Dieu devant cela ?

 

4ème piste avec Mc 4

Me laisser faire par elle, m’abandonner à son travail en moi, être comme une terre qui accueille.

Comment est-ce que je ressens cet appel à la confiance ? Facile ou difficile pour moi ?

 

 

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 23:27

le bon berger ddmcanada.free.fr

Dans l’Evangile selon Luc au chapitre 15 verset 1 à 9

[1] Cependant tous les publicains et les pécheurs s'approchaient de lui pour l'entendre.

[2] Et les Pharisiens et les scribes de murmurer : "Cet homme, disaient-ils, fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux !"

[3] Il leur dit alors cette parabole :

[4] "Lequel d'entre vous, s'il a cent brebis et vient à en perdre une, n'abandonne les 99 autres dans le désert pour s'en aller après celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvée ?

[5] Et, quand il l'a retrouvée, il la met, tout joyeux, sur ses épaules

[6] et, de retour chez lui, il assemble amis et voisins et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée, ma brebis qui était perdue !

[7] C'est ainsi, je vous le dis, qu'il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes, qui n'ont pas besoin de repentir.

[8] "Ou bien, quelle est la femme qui, si elle a dix drachmes et vient à en perdre une, n'allume une lampe, ne balaie la maison et ne cherche avec soin, jusqu'à ce qu'elle l'ait retrouvée ?

[9] Et, quand elle l'a retrouvée, elle assemble amies et voisines et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée, la drachme que j'avais perdue !

Quelle joie de pouvoir être auditeurs de l’Evangile comme nous le sommes !

Quelle joie de pouvoir nous glisser dans ce groupe de publicains et de pécheurs  et comme eux s’approcher et écouter une parole où Jésus nous dit la valeur, le prix que nous avons à ses yeux.

Et oui, ces deux paraboles (comme le troisième bien connu, dite du « fils retrouvé ») nous disent d’abord le prix que nous avons aux yeux de Dieu.

Elles nous comparent à une brebis, une pièce d’argent et un enfant. Ces comparaisons disent toutes les trois à leur manière une richesse et  une valeur qui ne doivent pas se perdre et qui demandent de tout mettre en œuvre pour être retrouvées.

Et à chaque fois, cette valeur ou richesse est unique. Car pour Dieu, chacun, chacune de nous est sa brebis préférée, sa pièce précieuse, son enfant bien aimé !

 

Qu’il est meilleur le regard de Dieu sur nous si nous le comparons à celui que nous avons sur nous-mêmes ! C’est pourquoi l’Evangile est bonne nouvelle.

C’est pourquoi l’appel à la conversion est appel à changer notre regard. En fait, c’est faire un échange : renoncer au nôtre et accueillir celui de Dieu. Je suis sa brebis préférée, sa pièce précieuse, son enfant bien aimé et il n’a de cesse de me chercher, de me trouver et de me retrouver.

 

L’autre lieu de conversion est donc aussi un appel à transformer nos images de Dieu. Sont-elles en coïncidence  avec ce qui nous est révélé ici de Dieu ?

Dieu comme un berger qui court à ma recherche, qui me met sur ces épaules.

Dieu comme une femme qui allume une lampe pour me chercher sans se lasser.

Dieu comme un père qui fait la fête à l’enfant retrouvé que je suis.

 

Oui, c’est bien de bonnes nouvelles pour notre vie dont l’Evangile est porteur. Laissons-nous libérer par elles. Ce sont elles qui peuvent dilater notre cœur et transformer quelque chose en nos vies.

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 11:19

Dans l’Evangile selon Marc au Chapitre  6 verset 30 à 44

30 Les apôtres se retrouvèrent autour de Jésus et lui rapportèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.  31 Il leur dit : “Venez donc à l’écart dans un lieu désert, vous vous reposerez un peu.” Car les gens allaient et venaient en si grand nombre qu’on n’avait même pas un instant pour manger.

32 Ils partent donc en barque pour s’isoler dans un lieu désert,  33 mais on les voit partir et beaucoup comprennent ; de toutes les villes des gens accourent à pied et arrivent avant eux.  34 Lorsque Jésus débarque, il voit beaucoup de monde et il se sent plein de compassion pour ces gens, car ils font penser à des brebis sans berger. Et il se met à les instruire longuement.

35 Comme il se fait déjà tard, ses disciples s’approchent de lui et lui disent : “L’endroit est désert et l’heure est déjà passée.  36 Renvoie-les pour qu’ils aillent s’acheter de quoi manger dans les campagnes et les villages voisins.”  37 Jésus leur répond : “Donnez-leur vous-mêmes à manger.”

Ils lui disent : “Nous voilà partis pour acheter 200 deniers de pain, et alors ils pourront manger !” 38 Il leur dit : “Combien de pains avez-vous ? Allez voir.” Ils vérifient et lui disent : “Cinq, avec deux poissons.”

39 Alors Jésus commande à tout ce monde de s’étendre par groupes sur l’herbe verte,  40 et ils s’étendent par carrés de cent et de cinquante.  41 Jésus a pris les cinq pains et les deux poissons ; il lève les yeux vers le ciel et prononce la bénédiction, il rompt le pain et commence à en donner aux disciples pour qu’ils le servent. Il partage également les deux poissons pour tout ce monde.

42 Tous mangèrent et furent rassasiés.  43 On ramassa même douze pleins paniers de morceaux de pain et de poissons.  44 Il y avait pourtant là 5 000 hommes qui avaient mangé les pains.

45 Aussitôt Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder de l’autre côté, vers Bethsaïde, pendant qu’il renvoyait la foule.  46 Après les avoir congédiés, il s’en alla dans la montagne pour prier

Avec ce texte je vous invite à ouvrir grand les yeux et les oreilles. Nous sommes avec Jésus, parmi ses disciples de retour de mission. Et c’est vrai. Apôtres de Jésus nous sommes envoyé-es par lui au cœur de notre vie humaine, dans ce qui fait le plus ordinaire de nos vies.

Et maintenant nous allons vivre un temps de rencontre privilégié avec lui pour l’écouter et le contempler.

 

1ère piste :

D’abord le contempler. Oui, le regarder, s’imprégner de ce qu’il fait, de ses attitudes, de ses sentiments avec au cœur un désir : le connaître davantage pour mieux l’aimer. S’imprégner de lui pour que quelque chose de sa vie passe dans la nôtre.

- Il écoute ses disciples au retour de mission, attentif à ce qu’ils disent, comme aujourd’hui encore il est attentif à ce que nous lui partageons,

- il part pour un lieu désert,

- il est ému de compassion,

- il voit la foule,

- il enseigne longuement,

- il fait asseoir les gens,

- il rompt le pain et tous sont rassasiés.

Il s’agit de rester là à regarder et de sentir le poids d’amour qu’il y a dans tous ses gestes, ses sentiments

Il aime en nourrissant de parole et de pain. Il aime en écoutant ses disciples, il aime en les associant à son œuvre.

Il s’agit donc de se laisser aimer par Jésus. C’est aujourd’hui, maintenant que Jésus fait cela pour chacun-e de nous : il nous écoute avec attention, il nous rompt le pain de sa parole, il nous regarde avec amour. Laissons-le nous aimer ainsi !

Il ne s’agit pas d’avoir des idées sur ce texte mais de vivre une expérience de rencontre avec le Christ.

 

2ème piste :

L’écouter. Soyons attentifs à ce qu’il dit :

- venez à l’écart dans un lieu désert

- reposez-vous un peu

- donnez-leur vous-mêmes à manger

- combien de pains avez-vous ?

Prendre du temps avec chacune de ces paroles. Laisser chaque parole descendre en nous profondément, pour faire œuvre de vie en nous. La laisser travailler en nous. Rester sur celle dont je sens que pour moi, elle est appel à vivre.

 

3ème piste :

Ce pourrait être, à la fin de cette scène, de ne pas monter dans la barque comme les autres disciples mais un peu à l’écart contempler de loin Jésus, seul, priant. Rester à regarder cela : Jésus priant. Jésus en contemplation, Jésus en écoute du Père. S’imprégner de cette prière, être en simple présence devant la prière de Jésus.

 

 

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 11:18

Simeon-et-Anne.jpg

La présentation de Jésus au temple. Le vieillard Siméon et la prophétesse Anne

Rembrandt 1628, Hambourg Kunsthalle

 

Dans l’Evangile de  Luc au chapitre 2 verset 22 à 40

Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C'était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d'Israël, et l'Esprit Saint était sur lui. L'Esprit lui avait révélé qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Messie du Seigneur. Poussé par l'Esprit, Syméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l'enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient. Syméon prit l'enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d'Israël ton peuple. »

Le père et la mère de l'enfant s'étonnaient de ce qu'on disait de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. - Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d'un grand nombre. »

Il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s'éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. S'approchant d'eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

Lorsqu'ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L'enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

 

1ère piste : Regarder Syméon.

Qui est-il ? On ne sait rien de lui, on sait simplement qu’il s’est rendu au temple ce jour là poussé par l’Esprit. Ce même Esprit lui avait fait comprendre qu’il verrait le Christ avant de mourir. Le texte nous dit enfin que l’Esprit reposait sur lui. Il est de ceux qui se livrent sans réserve à l’action de l’Esprit à tel point que cela inspire leur action (ici se rendre au temple), éclaire leur intelligence (ici savoir qu’il verrait le Christ), et lui a fait discerner dans ce bébé, le Christ promis. Il n’est pas prêtre, ce n’est pas lui qui va sacrifier les deux colombes apportées par ses parents. Le texte ne dit pas qu’il est prophète. C’est un laïc qui a laissé l’Esprit habiter sa vie.

Ce regard sur Syméon, peut nous aider à réfléchir sur la place de l’Esprit Saint dans notre vie. Est-ce que je le prie en tant que tel ? Est-il Quelqu’un pour moi, à qui je peux parler ? Comment inspire-t-il mon action et éclaire-t-il mon intelligence ?

 

2ème piste : Regarder Marie

Elle rencontre Syméon qui ce jour là se rend au temple. Elle accepte que cet homme prenne Jésus dans ses bras. Le connaît-elle ? Rien ne nous renseigne là-dessus. Regarder Marie qui n’a plus Jésus, dont les mains sont vides. Elle a accepté de donner Jésus. Mains vides pour que celles de Siméon soient pleines.

Regarder ce transfert des mains de Marie à celles de Syméon. Réaliser le don que fait Marie. Ce don qu’elle nous fait car Syméon, c’est chacun, chacune de nous. Elle nous donne son enfant. Intérieurement, prendre Jésus dans nos bras. Réaliser le don qui nous est fait.

 

3ème piste : Un geste à faire, prendre Jésus dans vos bras 

Et vous dites en le regardant la même prière que Syméon:

"Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s'en aller en paix ;

car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël."

Laissez cette prière devenir la vôtre, la laisser descendre en vous.

 

4ème piste : Entendre la parole de Syméon à Marie :

"Vois ! Cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction,…, afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs."

Se demander pourquoi Jésus apporte à la fois chute et relèvement ? Pourquoi est-il signe de contradiction ?

 

5ème piste : Entendre Syméon dire à Marie qu’un glaive lui transpercera l’âme.

Sentir le désarroi de Marie aux paroles de Syméon. Le don qu’elle fait de son fils passera aussi par la souffrance, à cause du rejet qu’on fera de lui. Elle est disciple de son fils dans la communion à sa vie livrée.

Parler à Marie, lui partager ce qui aujourd’hui me fait peur. Elle sait ce que c’est et  peut nous comprendre.  Lui demander de nous aider  à se fonder dans la  confiance en Dieu,  pour avoir la force d’affronter  l’avenir.

 

6ème piste : Regarder Anne.

Le texte, pour elle, nous dit explicitement qu’elle est prophète. Regarder comment elle l’est. On nous dit son service de Dieu, sa prière, sa louange de Dieu, et son annonce du Christ  « elle parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem » Anne est prophète et apôtre du Christ sans que le Christ l’ait envoyée explicitement, puisqu’il n’est qu’un enfant sans parole. La  seule venue du Christ est Parole, sa seule présence est envoi.

Chacun, chacune de nous est Anne. Nous aussi nous sommes et prophètes et apôtres par le service, la prière, la louange, l’annonce du Christ. Prendre conscience davantage de cela. Quelle joie est la nôtre de découvrir et vivre cela ? Mais aussi peut-être quelle difficulté? En parler à Dieu comme un ami parle à son ami.

 

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 16:32


Vendredi dernier, au Centre Spirituel du Cénacle de Versailles, nous avons proposé une soirée pour des étudiants et des jeunes pro. pour écouter le témoignage de Thierry Bizot.

Il est l’auteur du livre : Catholique anonyme. D’où a été tiré le film : Qui a envie d’être aimé ?

Ce fut une superbe soirée.

J’ai été particulièrement intéressée par une de ses réflexions car elle rejoint ma propre expérience.

Thierry Bizot pose la question suivante : le succès du livre et du film montre bien que beaucoup sont travaillé-es par la question de Dieu. Pourquoi si peu font-ils le pas de la conversion ? A cette question, il répond : « Parce que les gens ont peur de Dieu. » Peur d’un Dieu qui demanderait forcément des choses à l’opposé de leurs désirs. Donc on reste à distance pour ne pas entrer dans cette opposition.

 

Thierry Bizot répond que cette image de Dieu est fausse. Dieu est au contraire celui qui nous aide à découvrir et réaliser nos vrais désirs.

Je signe mille fois cette réponse.

C’est cela que j’ai découvert en faisant les Exercices spirituels de St Ignace de Loyola : cette expérience m’a permis de libérer mon désir profond.

Ensuite, je n’ai pas cessé d’aider les gens que j’accompagne dans des retraites ou dans la vie, à découvrir cela.

 

Cela rejoint la question de la fausse compréhension de la volonté de Dieu. Elle n’est pas à chercher en dehors de soi. Comme si Dieu aurait écrit dans un grand livre ce que je dois faire. C’est terrible cette image, car comment découvrir ce qui y serait écrit ? Mais aussi quelle image de Dieu cela véhicule !  : Un tyran qui décide à notre place.

 

Non, l’expérience de Dieu  m’aide à aller au plus profond de moi pour découvrir ce qui me fera le plus vivre à plein, libère les désirs les plus profonds, les plus humains, les plus vivants qui vont me permettre de bâtir ma vie.

Ce n’est donc pas un conflit entre mon désir et le désir de Dieu mais la recherche du désir de Dieu au plus profond, au plus fort et au plus vivant de mon désir.

Un épisode de l’Evangile le montre très bien. C’est en Marc au chapitre 1 verset 40 à 45. Un lépreux vient vers Jésus et lui dit : « Si tu le veux, tu peux me guérir » et Jésus répond : « Je le veux, sois guéri ». Le désir de Jésus est le même que le désir de cet homme.

 

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 20:44

La-multiplication-des-pains3.jpeg

Dans l’Evangile selon Marc au Chapitre  6 verset 30 à 44

30 Les apôtres se retrouvèrent autour de Jésus et lui rapportèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.  31 Il leur dit : “Venez donc à l’écart dans un lieu désert, vous vous reposerez un peu.” Car les gens allaient et venaient en si grand nombre qu’on n’avait même pas un instant pour manger.

32 Ils partent donc en barque pour s’isoler dans un lieu désert,  33 mais on les voit partir et beaucoup comprennent ; de toutes les villes des gens accourent à pied et arrivent avant eux.  34 Lorsque Jésus débarque, il voit beaucoup de monde et il se sent plein de compassion pour ces gens, car ils font penser à des brebis sans berger. Et il se met à les instruire longuement.

35 Comme il se fait déjà tard, ses disciples s’approchent de lui et lui disent : “L’endroit est désert et l’heure est déjà passée.  36 Renvoie-les pour qu’ils aillent s’acheter de quoi manger dans les campagnes et les villages voisins.”  37 Jésus leur répond : “Donnez-leur vous-mêmes à manger.”

Ils lui disent : “Nous voilà partis pour acheter 200 deniers de pain, et alors ils pourront manger !” 38 Il leur dit : “Combien de pains avez-vous ? Allez voir.” Ils vérifient et lui disent : “Cinq, avec deux poissons.”

39 Alors Jésus commande à tout ce monde de s’étendre par groupes sur l’herbe verte,  40 et ils s’étendent par carrés de cent et de cinquante.  41 Jésus a pris les cinq pains et les deux poissons ; il lève les yeux vers le ciel et prononce la bénédiction, il rompt le pain et commence à en donner aux disciples pour qu’ils le servent. Il partage également les deux poissons pour tout ce monde.

42 Tous mangèrent et furent rassasiés.  43 On ramassa même douze pleins paniers de morceaux de pain et de poissons.  44 Il y avait pourtant là 5 000 hommes qui avaient mangé les pains.

45 Aussitôt Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder de l’autre côté, vers Bethsaïde, pendant qu’il renvoyait la foule.  46 Après les avoir congédiés, il s’en alla dans la montagne pour prier


Avec ce texte je vous invite à ouvrir grand les yeux et les oreilles. Nous sommes avec Jésus, parmi ses disciples de retour de mission. Et c’est vrai. Apôtres de Jésus nous sommes envoyé-es par lui au cœur de notre vie humaine, dans ce qui fait le plus ordinaire de nos vies.

Et maintenant nous allons vivre un temps de rencontre privilégié avec lui pour l’écouter et le contempler.

 

1er point :

D’abord le contempler. Oui, le regarder, s’imprégner de ce qu’il fait, de ses attitudes, de ses sentiments avec au cœur un désir : le connaître davantage pour mieux l’aimer. S’imprégner de lui pour que quelque chose de sa vie passe dans la nôtre.

- Il écoute ses disciples au retour de mission, attentif à ce qu’ils disent, comme aujourd’hui encore il est attentif à ce que nous lui partageons,

- il part pour un lieu désert,

- il est ému de compassion,

- il voit la foule,

- il enseigne longuement,

- il fait asseoir les gens,

- il rompt le pain et tous sont rassasiés.

Il s’agit de rester là à regarder et de sentir le poids d’amour qu’il y a dans tous ses gestes, ses sentiments

Il aime en nourrissant de parole et de pain. Il aime en écoutant ses disciples, il aime en les associant à son œuvre.

Il s’agit donc de se laisser aimer par Jésus. C’est aujourd’hui, maintenant que Jésus fait cela pour chacun-e de nous : il nous écoute avec attention, il nous rompt le pain de sa parole, il nous regarde avec amour. Laissons-le nous aimer ainsi !

Il ne s’agit pas d’avoir des idées sur ce texte mais de vivre une expérience de rencontre avec le Christ.

 

2ème point :

L’écouter. Soyons attentifs à ce qu’il dit :

- venez à l’écart dans un lieu désert

- reposez-vous un peu

- donnez-leur vous-mêmes à manger

- combien de pains avez-vous ?

Prendre du temps avec chacune de ces paroles. Laisser chaque parole descendre en nous profondément, pour faire œuvre de vie en nous. La laisser travailler en nous. Rester sur celle dont je sens que pour moi, elle est appel à vivre.

 

3ème point

Ce pourrait être, à la fin de cette scène, de ne pas monter dans la barque comme les autres disciples mais un peu à l’écart contempler de loin Jésus, seul, priant. Rester à regarder cela : Jésus priant. Jésus en contemplation, Jésus en écoute du Père. S’imprégner de cette prière, être en simple présence devant la prière de Jésus.

 

 

 

 

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 23:05

Dans l’Evangile de  Luc au chapitre  5 verset 1 à 11

 

 Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ; la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.

 Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage. Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait la foule.Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. »

 Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »

Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient.

 Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient.

A cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. » L'effroi, en effet, l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ;et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »

 Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

 

 

Première piste :

Étant donné la foule qui s’écrase autour de lui, Jésus a besoin d’une barque pour pouvoir mieux enseigner. Jésus a besoin de Simon. Il a besoin de nous. Il a besoin de moi.

*Regardez ce que fait Jésus : il demande de l’aide à Simon.

*Prendre conscience d’un style de comportement : aucune auto-suffisance, mais un désir de partenariat, de participation à sa mission.

*Regardez son humilité qui sait reconnaître le besoin qu’il a des autres.

*Comment je réagis à cela ?

 

2ème piste

Après un temps d’enseignement, Jésus demande une chose étonnante à Simon : avance au large et jetez les filets.

« Avance au large ». Cette demande du Christ est à entendre dans l’aujourd’hui de nos vies. C’est le Christ vivant, ressuscité qui aujourd’hui nous parle.

*Quel est ce « large » auquel Jésus nous invite ? Élargir l’espace de nos vies ? Elargir l’étroitesse de nos idées ? Ouvrir large notre cœur à son amour… ?

 

3ème piste

Il s’agit non seulement d’avancer au large mais « de jeter les filets ». On peut comprendre l’étonnement de Simon. C’est lui le professionnel de la pêche mais, malgré tout son savoir-faire, il n’a pris aucun poisson. Il n’y a aucune raison qu’ils en prennent maintenant. Pourtant il va le faire. Il va entendre cette demande.

*Sentir la confiance de Simon en la parole de Jésus

*Pressentir l’intuition qu’il a que, de Jésus, ne peut venir qu’une abondance de vie

*Regarder le résultat de la confiance : la grande quantité de poissons qui remplit deux barques entières.

*Pour moi, personnellement, quelles sont les raisons de ma confiance ?

 

4ème piste

Comme Pierre, nous nous savons pêcheurs, fragiles, dans le sens d’une résistance profonde à entrer dans la confiance, à convertir nos fausses images de Dieu. Mais l’inouï de tout l’Évangile, c’est d’être appelé au cœur même de ce péché, de cette résistance, de cette fragilité. Il a seulement besoin de disciples qui sont conscients de cela et qui font un chemin d’action de grâce envers celui qui les rejoint là où ils sont, les appelle comme ils sont.

*Goûter simplement cette joie d’être appelé au cœur même de mes résistances.

*Laissez monter en moi l’action de grâce. C’est le secret de la sainteté.

 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 09:10

Dans le 2ème livre des Rois au chapitre 5 verset 1 à 15

Naamân, chef de l'armée du roi d'Aram, était un homme en grande considération et faveur auprès de son maître, car c'était par lui que Yahvé avait accordé la victoire aux Araméens, mais cet homme était lépreux.

Or les Araméens, sortis en razzia, avaient enlevé du territoire d'Israël une petite fille qui était entrée au service de la femme de Naamân. Elle dit à sa maîtresse : "Ah ! si seulement mon maître s'adressait au prophète de Samarie ! Il le délivrerait de sa lèpre." Naamân alla informer son seigneur : " Voilà, dit-il, de quelle et quelle manière a parlé la jeune fille qui vient du pays d'Israël." Le roi d'Aram répondit : "Pars donc, je vais envoyer une lettre au roi d'Israël."

Naamân partit, prenant avec lui dix talents d'argent, six mille sicles d'or et dix habits de fête. Il présenta au roi d'Israël la lettre, ainsi conçue : "En même temps que te parvient cette lettre, je t'envoie mon serviteur Naamân, pour que tu le délivres de sa lèpre." A la lecture de la lettre, le roi d'Israël déchira ses vêtements et dit : "Suis-je un dieu qui puisse donner la mort et la vie, pour que celui-là me mande de délivrer quelqu'un de sa lèpre ? Pour sûr, rendez-vous bien compte qu'il me cherche querelle !"

Mais quand Elisée apprit que le roi d'Israël avait déchiré ses vêtements, il fit dire au roi : "Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements ? Qu'il vienne donc vers moi, et il saura qu'il y a un prophète en Israël."

Naamân arriva avec son attelage et son char et s'arrêta à la porte de la maison d'Elisée, et Elisée envoya un messager lui dire : "Va te baigner sept fois dans le Jourdain, ta chair redeviendra nette." Naamân, irrité, s'en alla en disant : "Je m'étais dit : Sûrement il sortira et se présentera lui-même, puis il invoquera le nom de Yahvé son Dieu, il agitera la main sur l'endroit malade et délivrera la partie lépreuse. Est-ce que les fleuves de Damas, l'Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d'Israël ? Ne pourrais-je pas m'y baigner pour être purifié ?" Il tourna bride et partit en colère. Mais ses serviteurs s'approchèrent et s'adressèrent à lui en ces termes : "Mon père ! Si le prophète t'avait prescrit quelque chose de difficile, ne l'aurais-tu pas fait ? Combien plus, lorsqu'il te dit : "Baigne-toi et tu seras purifié." Il descendit donc et se plongea sept fois dans le Jourdain, selon la parole d'Elisée : sa chair redevint nette comme la chair d'un petit enfant. Il revint chez Elisée avec toute son escorte, il entra, se présenta devant lui et dit : "Oui, je sais désormais qu'il n'y a pas de Dieu par toute la terre sauf en Israël !

 

1ère piste : Nous avons besoin des autres

Regarder toute la chaîne de gens qui se relaient pour que Naamân cesse d’être lépreux : une petite fille qui informe de la possibilité d’être guéri ; un roi qui donne une fortune à offrir au roi d’Israël ; un prophète qui ose faire des reproches au roi d’Israël ; des serviteurs pleins de sagesse qui lui font comprendre son erreur de jugement.

Regarder tous ces gens. Sans eux, Naaman n’aurait pas été guéri. Il en a fallu des gens !

Les regarder, sonder le poids de bonté que comporte leurs initiatives.

Ensuite, faire mémoire dans ma vie aussi de cette chaîne de ceux qui m’ont aidé dans telle ou telle circonstance.

 

2ème piste : Notre part d’initiative

Regarder Naamân. Regarder la part qu’il prend à sa guérison : il sait écouter ce que lui dit la petite fille ; il s’adresse à son roi car lui seul peut l’envoyer ; il se rend chez le prophète ; il écoute ses serviteurs qui le ramènent à la raison. En définitive, il fait ce que le prophète lui demande. Il reconnait Dieu comme source de toute bonté.

Admirer tout ce qu’il fait pour retrouver la santé, la force du désir quand la vie est en jeu.

Faire mémoire dans ma vie, de moments où j’ai su écouter ce que d’autres me disaient, où j’ai pris les moyens pour faire réussir ce qui était juste.

 

3ème piste : Le pourquoi de nos résistances

Regarder la réaction de Naaman quand Elisée lui demande de se baigner sept fois dans le Jourdain. Pourquoi refuse-t-il ? Il se faisait une idée de la manière dont le prophète agirait : « Sûrement il sortira et se présentera lui-même, puis il invoquera le nom de Yahvé son Dieu, il agitera la main sur l'endroit malade et délivrera la partie lépreuse. ». Puisque le prophète n’agit pas comme il le pensait et lui propose une autre manière d’être guéri, il la refuse avec colère.

Pourquoi ce refus ? Pourquoi cette résistance ?

Ai-je souvenir dans ma vie de foi d’avoir ainsi été dérouté-e ? Où Dieu s’est présenté à moi d’une manière inattendue, pas comme je l’imaginais ?

 

4ème piste : Un changement d’attitude

Au verset 9, on nous dit que Naamân ne rentre pas chez Elisée.

 Il s’arrête à la porte de sa maison. Au verset 15, par contre, on nous dit qu’il entre chez lui.

M’interroger sur ce changement d’attitude . Qu’est-ce qui peut l’expliquer ?

 

5ème piste : Un cri de reconnaissance

"Oui, je sais désormais qu'il n'y a pas de Dieu par toute la terre sauf en Israël ! » Voilà le cri de reconnaissance de Naamân.

L’entendre avec toute sa force de joie. Joie de la foi. Qu’est-ce qui dans ma vie, m’a déjà fait pousser un cri semblable ?

 

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 18:57

« La vie de l’homme sur la terre est une corvée

Comme l’esclave et le manœuvre je n’y ai gagné que du néant »

(dans le livre de Job au chapitre 7 verset 1)

Voilà une déclaration qui nous plombe !

Et qui peut faire sombrer dans une déprime profonde.

 

Le fil rouge de ma réflexion est de comprendre cette détresse profonde et pour cela la remettre dans le contexte de son expérience :

Il dit cela après qu’il ait perdu : ses enfants, sa fortune et sa santé.

 

Et en plus, pour en rajouter à son malheur, ses amis lui disent que c’est de sa faute, que sa souffrance est la juste punition de son péché.

Donc tout perdu et en plus on lui dit qu’il a perdu l’amitié avec Dieu.

C’est vraiment le comble pour vous enfoncer dans la détresse.

 

Pourquoi ses amis se permettent-ils de lui dire cela ?

Ses amis s’appuient sur tout un courant de pensée pour qui la réussite, la richesse, la santé sont  des récompenses de Dieu pour celui qui mène une vie moralement bonne.

Et au contraire, l’échec, la pauvreté, la maladie sont des punitions de Dieu pour celui qui commet le péché

Nous savons que Job refuse cette explication et clame son innocence.

Nous savons que le livre de Job est exemplaire dans la Bible d’un autre courant de pensée qui refuse cette théorie de la rétribution.

 

Mais cela nous place devant une question redoutable.

Pourquoi la Bible dit-elle une chose et son contraire ? D’autant que ce n’est pas seulement sur cette question de la rétribution qu’il y a des positions en totale opposition.

Devant ce constat de divergences, de théologies différentes, on peut se demander : Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est parole de Dieu, inspiré par lui ?

Pourquoi dans cette Bible, y-a-t-il cette juxtaposition de positions inconciliables ?

Pourquoi,  in fine, les rédacteurs n’ont-ils pas pris position en ne gardant qu’une des positions ?

 

Parce que les auteurs bibliques  ont une conception particulièrement novatrice  de la vérité.

Non pas une vérité éternelle, anhistorique, monolithe, absolutisée,  mais une vérité qui se cherche dans les méandres de l’histoire humaine, qui s’approfondit  grâce à des crises, quand les réponses anciennes ne sont plus audibles, quand l’expérience vient les contredire de telle sorte  qu’elles ne sont plus satisfaisantes.

Et c’est bien ce qui se passe avec l’expérience vécue par Job : les faits viennent contredire la pensée dominante.

 

Il faut alors se remettre en route à la recherche d’une vérité qui ne peut pas s’arrêter  à un moment donné.

Les auteurs bibliques ont gardé les  réponses anciennes et nouvelles comme mémoire d’un cheminement de pensée, comme anamnèse d’une résolution d’une crise. Elles sont là toutes deux pour « apprendre à penser » à partir de « choses provisoires, imparfaites, contradictoires »

Et ce côté provisoire et imparfait est positif. C’est la part d’erreurs de ce provisoire et de cet imparfait qui peut faire entrer en crise la connaissance antérieure.

Parce que l’erreur et sa rectification font partie intégrante  de tout processus de connaissance  profonde et mûre de la vérité.

 

Le plan divin ne consiste pas à distribuer une information correcte une fois pour toutes, mais à faire avancer un processus éducatif où l’on apprend à apprendre, où l’on apprend à penser.

 

Cela nous amène à ouvrir les yeux sur Jésus. Il donne raison à Job, à son refus de la rétribution. Car lui est l’innocent injustement condamné. Il brise ainsi tout discours  qui met un lien entre souffrance et faute.

 

 

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 21:03


 Les-noces-de-Cana 2

Dans l’Evangile de jean au chapitre 2 verset 1 à 11

[1] Le troisième jour, il y eut des noces à Cana de Galilée, et la mère de Jésus y était.

[2] Jésus aussi fut invité à ces noces, ainsi que ses disciples.

[3] Or il n'y avait plus de vin, car le vin des noces était épuisé. La mère de Jésus lui dit : "Ils n'ont pas de vin."

[4] Jésus lui dit : "Que me veux-tu, femme ? Mon heure n'est pas encore arrivée."

[5] Sa mère dit aux servants : "Tout ce qu'il vous dira, faites-le."

[6] Or il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures.

[7] Jésus leur dit : "Remplissez d'eau ces jarres." Ils les remplirent jusqu'au bord.

[8] Il leur dit : "Puisez maintenant et portez-en au maître du repas." Ils lui en portèrent.

[9] Lorsque le maître du repas eut goûté l'eau changée en vin - et il ne savait pas d'où il venait, tandis que les servants le savaient, eux qui avaient puisé l'eau - le maître du repas appelle le marié

[10] et lui dit : "Tout homme sert d'abord le bon vin et, quand les gens sont ivres, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à présent !"

[11] Tel fut le premier des signes de Jésus, il l'accomplit à Cana de Galilée et il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.

1-

Il y eut des noces.

L’écriture symbolique de Jean nous autorise à voir qu’à travers ces noces humaines, ce sont les Noces de Dieu avec nous dont il est question. Noces où nous sommes épousé-es et épousons. Ignace  de Loyola dans sa contemplation en vue de l’amour ( Exercices  Spirituels  n°230) est bien dans cette tonalité.  Il est question d’un aimé et d’un aimant en réciprocité de don où chacun donne et reçoit ce que l’on a et ce que l’on est.

La relation à Dieu sous l’image de noces. Joie de l’union à Dieu. Dieu comme une épouse, un époux.

Chacun de nous comme épousé-e et épousant-e.

Mais pour entrer dans cette réciprocité de partage et d’abandon confiant, il me faut creuser une question : qui est Dieu pour moi ? Pour que je puisse l’accepter, il faut de l’apprivoisement, du respect. Il faut Dieu à hauteur humaine: le Très-Bas qui se fait le Très-Petit. Celui de la crèche. Le vulnérable. Oui, celui-là, je peux l’accueillir. Le très-Respectueux. Celui de la brise légère, celui qui humblement frappe à ma porte. Celui qui me loue, me respecte, me sert pour que je puisse consentir à son amitié. Expérimenter que l’amour de Dieu pour moi n’est pas dévorant. Ces noces, c’est une relation intime mais qui reste respectueuse de l’un et de l’autre. Pas une fusion.

2-

Il n’y avait plus de vin, le vin des noces était épuisé.

« Ils n’ont plus de vin » Dans nos vies, certains jours, certaines périodes, le vin vient à manquer. Comme dans un couple où il n’y a plus d’amour, d’espérance, de foi. On a épuisé ses réserves, ce que l’on avait organisé, planifié. Vide. Plus rien. Qu’est-ce qui manque ? Peut-être ce qui manque, c’est le vin qu’on avait acheté de ses propres forces, de ses propres deniers. Vient le moment où cela est épuisé, où c’est épuisé. Que faire ? Consentir à ce manque. Attendre dans la patience. Il ne viendra peut-être que dans la Vision ou avant. Et la joie sera à la mesure de l’attente. Demeure là.

3-

Pourquoi la réponse de Jésus du verset 4 ?

« Mon heure n’est pas encore arrivée » se continue par une autre parole : « Remplissez d’eau ces jarres ». Comment le refus initial à la parole de Marie se transforme en acceptation ?

Jésus a modifié sa décision. Il est passé d’un non à un oui. Peut-être parce qu’il a continué à écouter la parole de Marie, il s’est laissé rejoindre par cette information du manque. Cela l’a touché au point de le faire changer de décision : « Ils n’ont plus de vin » cette phrase a fait son chemin en lui.

4-

Les serviteurs ne boivent pas le vin mais ils le servent.

Nous pouvons être comme ces serviteurs : servir le bon vin mais ne pas profiter de la joie du vin.  Ils ont cependant une joie qui leur est propre, celle d’être unis-es au Christ par une union de volonté en faisant ce qu’il  dit de faire :

Remplir

Puiser

Porter

5-

Les convives n’ont rien su de ce manque et de sa résolution.

Ils ont joui du vin, c’est tout, ne connaissant pas sa provenance.

Qui est dans le secret de ce vin ?

Marie, Jésus, les servants, les disciples à la fin.

Qui n’en connaît pas la provenance ?

Les mariés, le maître du repas, les convives, c'est-à-dire la majorité des gens.

C’est le don d’un vin en abondance (600 litres X 6= 3600 l) dont on ne connaît pas la provenance.

N’est-ce pas le cas de tous ceux qui ne connaissent pas le Christ ?

Et pourtant cela ne semble pas préoccuper Jésus : l’essentiel, c’est que le vin ne manque pas. Absolue gratuité du donateur, discrétion, humilité de Dieu. La joie de Dieu, c’est la joie des convives. Car leur bonheur est sa joie. Mais ils sont unis à Dieu, ils le sont car ils communient à sa vie dans l’acte même de boire le vin qui vient de lui, dans l’acte même de vivre.

Est-ce donc si nécessaire de connaître la provenance ?

Non ce n’est pas nécessaire. Mais c’est précieux.

Il n’est pas nécessaire de croire mais c’est un cadeau précieux.

Ce vin, c’est le Christ lui-même dans la surabondance du don.

Vin qui est son sang versé, livré pour nous, sang jailli de son cœur transpercé.

6-

Regardons l’action de Marie.

-elle invite les servants à l’écoute disponible : «  Tout ce qu’il vous dira de faire»

-elle les invite à l’action : « Faites-le »

Ce faisant elle les engendre à la foi.

Son ministère est celui de la communication de la foi

7-

Regardons l’action de Jésus.

Des paroles qui autorisent à agir :

-Remplissez

-Puisez

-Apportez

8-

Le vin est meilleur. Pourquoi est-il meilleur ?

Parce qu’il opère un changement radical. Il fait passer d’une religion de purification, où l’on pose des conditions pour accéder à Dieu, fait d’effort humain, il fait passer de cela  au vin meilleur de la pure grâce, de l’absolue proximité sans condition préalable.

 

 

 

 

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